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Full text of "Recherches sur Louis De Bruges, seigneur de la Gruthuyse suivies de la notice des manuscrits qui lui ont appartenu et dont la plus grande partie se conserve a la Bibliotheque du roi"

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On trouve chez les mêmes Libraires les ouvrages suivons 
du même auteur. 

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Catalogue des Livres imprimés sur Vélin , de la Bibliothèque du Roi; 
avec le Supplément. Paris , 182a et i8a8 , 6 tomes en 5 vol. gr. 
in- 8. br. 4? fr. 5o c. 

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Catalogue des Livres imprimés sur Vélin, qui se trouvent dan* des 

bibliothèques tant publiques que particulières, avec le Supplément. 
Paris , i8a4 et i8a8 , 4 vo ^ 8 r • * / *“^« br. « 37 fr. 5o c. 

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dre , dans le xv* siècle, par l'auteur du Catalogue des Livres impri- 
més sur Vélin, de la Bibliothèque du Roi. 1 vol. in-S.Jig. cart. 9 fr. 

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DE L'IMPRIMERIE DE CRAPKLET, 
rur de Ysuginrd , n° 9. 



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RECHERCHES 

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SUR 

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LOUIS DE BRUGES, 

* * 

SEIGNEUR DE LA GRUTHUYSE; 4 . 





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DE LA NOTICE DES MANUSCRITS QUI LUI ONT APPARTENU, ET DONT 
LA PLUS GRANDE PARTIE SE CONSERVE A LA BIBLIOTHEQUE DU ROI. ^ 



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A PARIS, 

CHEZ DE BURE FRÈRES, 

LIBRAIRES DE LA BIBLIOTHÈQUE DU ROI, 

"% * RDI SERPENTE, !»• 7. 

M. DCCC. XXXI. 



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I 




Celui qui a élé le sujet de ces Recherches est 
peu connu en France ; cependant son nom se 
trouve lié à plusieurs événemens de notre his- 
toire au quinzième siècle. 

V r - * 

• t ^ ^ 
Louis de Bruges fut un puissant et magni- 
fique seigneur de Flandre , habile dans la guerre, . 
habile dans les négociations. Si le temps et les • 
révolutions ont détruit ou changé de destina^- 
tion les édifices élevés par lui dans son pays; *» 
si son tombeau même, qu’on voyoit autrefois à 
Bruges , n’existe plus , la France possède un 
autre monument précieux de sa magnificence. 
Les manuscrits (il y avoit alors peu de livres 
imprimés) qu’il avoit rassemblés à grands frais, 
et qui passèrent après sa mort dans la biblio- 
thèque de Louis XII , se conservent encore au- 
jourd’hui, à un très petit nombre près, dans 
la Bibliothèque du Roi. La Notice que nous 
en donnons pourra peut-être offrir quelque 



intérêt aux personnes qui sont curieuses de 

f * • 

détails littéraires et bibliographiques. 

Né dans la même ville que le seigneur de la 
Gruthuyse, de parens exerçant une profession 
qu’il protégea et encouragea à son origine, 
nous avons pensé qu’il nous appartenoit plus 
qu’à un autre de faire revivre sa mémoire. 




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RECHERCHES 



SUR 

* ** ^ ^ 

LOUIS DE BRUGES, 

1 - 

SEIGNEUR DE LA GRDXHUVSE 



Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse, prince 
de Steenhuyse, comte de Wincestre, seigneur d’A- 
velghem, de Hamste, d’Oostcamp, de Beveren, de 
Thielt ten Hove , etc. , étoit fils de Jean de Bruges et 
de Marguerite de Steenhuyse , et petit-fils de Guil- 
dolf d’Aa , dit de Bruges , seigneur de la Gruthuyse, 
cpii vivoit en iag3 (i), et d’Agnès de Mortagne. Le 
nom de Jean de Bruges son père est devenu célèbre 
dans les annales de l’ancienne chevalerie, par le 
tournoi qu’il donna à Bruges en 1 393 , le 1 1 mars 
(N. S.), et dans lequel fut déployée la plus grande 
pompe. Cent combattans environ y prirent part, et 
ce fut sans doute pour en conserver le souvenir, 
que cette ville institua ou renouvela, en 1417 (a), 
les joùtes ou tournois de la société dite de l'Ours 
blanc, dont le chef, ou plutôt celui qui y rempor- 
toit le prix de valeur et d’adresse , étoit pendant 
l’exercice de ses fonctions, tpi durait un an, qualifié 



a - RECHERCHES 

de Forestier, en mémoire des anciens gouverneurs de 
la Flandre, que les rois de France, qui les tenoient 
.sous leur domination, avoient revêtus de ce titre. 

Les chroniques du temps nous npprenueiit que 
ces joùtes avoient lieu tous les ans vers Pâques, et 
qu’elles ne 'cessèrent qu’en 1480. 

Louis de la Gruthuyse fit ses premières armes dans 
la joùte du mois de mars i 443 ( 3 ), et il y obtint 
le prix du dehors, c’est-à-dire de la joûte en dehors 
de la barrière. , 

Le a 3 avril > 447 » sc signala dans une autre 
joûte, en présence d'Isabelle de- Portugal, troisième 
femme de Philippe-le-Bon , duc de Bourgogne. Le 
soir cette princesse, accompagnée de son fils Charles, 
surnommé depuis le Hardi, se rendit à un magni- 
fique banquet, que les combattans avoient fait pré- 
parer à l’Hôtcl-de-Ville (4), et qui coûta à la ville 
de Bruges, suivant les comptes de 1447 à 1448 
(fol. 10), 697 livres 7 sous parisis. Dans ces comptes, 
Gruthuyse est qualifié de jeune seigueur (jonkheer). 

L’année suivante, le 7 avril , il remporta encore le 
prix du dehors, dans la joûte quirecommença le soir; 
car ce jour-là il y en eut deux très brillantes. ( 5 ) 
Enfin, le 19 avril i/jôo, il eut le prix du dedans, 
et il paroît que ce fut la dernière fois qu’il prit part 
à ces beaux jeux militaires, dans son pays. (6) 
Devenu échauson de Philippc-le-Bon en 1449 (7)» 
il l’accompagna en cette qualité dans un voyage de 
ce prince à Cambrai , le ai janvier i 45 o (N. S.). (8) 



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3 



SUR LOUIS DE BRUGES. * 

En i45a, après Pâques (N. S.), le même prince 
voulant mettre les villes principales de la Flandre à 
couvert des entreprises des Gantois, dont l’esprit 
de mutinerie lui inspirait des craintes continuelles, 
choisit des capitaines expérimentés pour en être gou- 
verneurs, et chargea les seigneurs de la Gruthuyse 
et d’Escornay ou Escournay de la défense d’Oudc- 
naerde (9) en cas d’attaque; mais ces deux comman- 
dans s’accordant mal ensemble, et d’ailleurs lesBru- 
geois ayant demandé avec instance au duc, que 
Gruthuyse leur fût renvoyé pour être gouverneur 
de. leur propre ville, celui-ci quitta aussitôt Oude- 
naerde, et vint prendre le commandement de Bruges, 
qui lui fut donné. Suivant les comptes de 1452 à 
i453 (fol. 49), il recevoit en cette qualité une livre 
de gros par jour. 

Deux mois après, il lit heureusement échouer le 
projet que les Gantois, révoltés contre leur prince, 
avoient conçu d’entraîner dans leur rébellion les 
habitans de Bruges. Déjà ils éloient arrivés en grand 
nombre devant la ville : à lem- approche Gruthuyse 
en fait fermer les portes , et de dessus les murs il les 
harangue , et leur dit qu’il ne peut laisser entrer 
dans une place dont, la défense lui est confiée, une si 
grande multitude de gens armés. Comme, sous pré- 
texte de besoin de vivres, ils avoient ensuite cher- 
che à avoir des communications avec les habitans, 
Gruthuyse leur ollrc de leur en faire passer au- 
dehors. Furieux de n’avoir pu réussir dans leur des- 



4 • RECHERCHES 

sein , ils s’en retournent brûlant et saccageant tout 

ce qui se rencontre sur leur passage. (10) 

En i 455 , vers la Saint-Jean, il se trouve avec Jean 
île Foix, le comte d’Étampes (Jean de Bourgogne, 
depuis comte de Nevers ) , le seigneur de Roche- 
fort, etc. , au camp formé par le duc, près du village 
de Renaix, pour mettre lin à In guerre, et faire ren- 
trer dans le devoir scs sujets rebelles. (1 1) 

Le 22 juillet, il conduisit contre eux , avec Jacques 
de Saint-Pol et le seigneur de Lille-Adam, la troi- 
sième et dernière colonne de l’armée du duc, com- 
posée de la noblesse de Flandre , de Picardie et du 
Boulounois. C’est à cette journée, appelée la journée 
de Gavre , où les Gantois perdirent près de seize 
mille hommes, qu'il fut armé chevalier par la main 
de son prince. (12) 

Il se trouva à celte fameuse assemblée du Vœu du 
Faisan, laquelle se tint à Lille le 17 février 
(N. S.). Le motif de la réunion étoit d'exciter toute 
la chrétienté, et particulièrement les pays sous la 
domination du duc de Boiy-gogne, à aller combattre 
les Musulmans, qui venoient de s’emparer de Con- 
stantinople (i 3 ). Grulhuyse porta, dit Olivier de 
la Marche (i 4 )> I e vœu suivant : « Messire Lois de 
« Gruthusc voa de servir Monseigneur audit voyage, 
a de son corps et de sa chevance, et 11e l'abandonnera 
« jusques à la mort en tous les voyages où il sera-, rtu 
« en son lieu, monseigneur de Charolois ou mon- 
« seigneur d’Estampes (Jeait de Bourgogne). » 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 5 

Matthieu deCoucy (1 5 ), dans les détails qu’il donne 
de ce qui se passa à cette réunion , rapporte que le 
même jour, « joustèrent plusieurs chevaliers et no- 
« blés hommes bien en poinct, comme le seigneur 
« de la Gruthuse , qui estoit couvert de velours 
« cramoisy. » 

Le 18 du mois suivant, il assista à une autre 
assemblée , dont les chefs étoient le comte de Cha- 
rolois, (ils de Philippe-le-Bon , David de Bourgogne, 
fils naturel du même prince, et - l’évêque de Té- 
rouanne , chargés de recevoir le vœu des seigneurs 
flamands. 

Il épousa, en i 455 , Marguerite de Borssele, issue 
d’une ancienne famille de Zeelaude , qui eut pour 
tige Lippold , comte de Souabe (16). Elle étoit fdle 
de Henri de Borssele, amiral de Hollande, et chevalier 
de la Toison-d’Or, et nicce de Wolfart de Borssele, 
(pii épousa en premières noces Marie , fille de Jac- 
ques I", roi d’Écosse, et en secondes noces, Char- 
lotte de Bourbon, fille de Louis, comte de Mont- 
pensier. , 

L’an 1461 , Philippe, dans l’intention d'empêcher 
le mariage du prince de Galles, fils du roi Henri VI, 
avec sa petite-nièce, fille de la reine d'Écosse, ma- 
riage dont il étoit question entre celle-ci et Mar- 
guerite, reine d’Angleterre, et que le duc voyoit de 
mauvais œil , parce qu’il étoit mal avec llené , duc 
d’Anjou, père de cette dernière princesse, députa 
vers sa nièce, sous prétexte de négociions mih- 



6 RECHERCHES 

taircs, le seigneur de la Gruthuyse (17), qui obtint 

d’abord, et sans peine, ce qui faisoit l’objet de sa 

mission. Néanmoins, après son départ, cette alliance 

s’ellectua. 

Philippe, dont il étoit devenu conseiller et cham- 
bellan , voulant récompenser ses bons et nombreux 
services , le créa , dans un chapitre qu’il tint h Saint- 
Omer, le a mai 1461 , le soixante et unième chevalier 
de l’ordre de la Toison-d’Or, à la place de Jean de 
Vergy, seigneur de Fouvens, mort en 1460. (18) 

L’année suivante, 1461 , il fut un des seigneurs 
de la suite du duc de Bourgogne , chargés de faire les 
honneurs de Paris, à Louis XI, lors de son entrée 
dans cette ville , le 3 1 août , après son sacre , célébré 
à Reims le i 3 du même mois. Pendant les fêtes 
données à cette occasion , il y eut des joûtes dans la 
grande rue Saint-Antoine, devant le palais des Tour- 
nelles : Gruthuyse s’y fit encore remarquer au milieu 
desjoûteurs. (19) 

Les registres de la confrérie de .Saint-Georges , 
dite des Arbalétriers , établie à Bruges, nom ap- 
prennent qu’en >462, à un défi au tir à l’oiseau, 
porté par les arbalétriers d’Audenaerde , aux arba- 
létriers de Bruges, accompagnés du comte d’É- 
tampes ( Jean de Bourgogne) et du héraut de Gru- 
thuyse, qui ne put pas probablement les suivre, 
ceux-ci se rendirent à Audenaerde, et y passèrent 
huit jours dans les fêtes. (20) 

La même année, lui et sa femme vendirent à Jean 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 7 

tic Bourgogne, évétjue tle Cambrai, bâtard de Jean 
duc de Bourgogne , pour un de ses bâtards , Arnoult, 
qu’il eut de Jeanne van Spontyn, la seigneurie de 
Rothuyn, et Helsmortel, située près Sysseele (ai). 
En i/| 65 , par lettres données à Bruges le 14 mai, 
le duc Philippe le nomme son lieutenant-général en 
Hollande, Zeelande et Frise, avec trois cents livres 
de gros de Flandre d’appointemens, pour tous gages, 
droits de robes, ustensiles d’hôtel, bois, tourbes, 
chariages , battellage et belle chère, (aa) 

Vers le commencement de i/|G6, il se réunit à l’ar- 
mée tpi se rassembloit, par ordre du duc, à Namur, 
et qui étoit destinée à faire le siège de Dinant (a5) , 
et le 28 du même mois il se mit en marche avec l'ar- 
rière-garde de l’armée contre la ville révoltée. (24) 

Édouard, roi d’Angleterre , ayant signé, le 12 oc- 
tobre, un traité d’amitié avec le comte tic Charolois, 
à tpi son père avoit cédé , depuis quelque temps , 
l’administration de ses États, Gruthuyse fut nommé 
par Philippe .pour aller, avec plusieurs seigneurs 
llamantls, conclure la paix, et. régler les conditions 
du mariage de son lils îtvec Marguerite , soeur du 
roi. (a 5 ) 

Le 1 5 juin 1467, le duc mourut à Bruges. Le 3 o, 
lorsque Charles-le-Hardi , son successeur, eut fait sa 
joyeuse entrée dans la ville de Garni , le peuple en 
émeute voulut exiger le rétablissement tle quelques 
privilèges dont son père avoit privé les Gantois en 
punition de leurs fréquente* révoltes, Gruthuyse, 



* 



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RECHERCHES 



8 

qui accompagnoit son nouveau souverain , fut assez 
heureux pour l'empêcher, dans cette circonstance 
critique , de se porter à des actes d’une rigueur dé- 
placée dans le moment. Il calma l'effervescence de 
ces séditieux, et il parvint encore, par son esprit 
conciliant., à obtenir leur pardon. ( 3 6) 

Le 9 avril rie l’année suivante, après avoir reçu 
le serment de fidélité du magistrat et de la com- 
mune de Bruges, Charles envoya Gruthuyse avec 
une forte année en Zeelande, où il se rendit lui- 
méme le 22 pour faire prêter aux habitans le même 
serment. (27) • 

Le 7 mai , il tint à Bruges son premier chapitre 
de la Toison -d’Or. Pendant trois jours de suite, il 
se rendit à l’église de Notre-Dame, entouré de la 
noblesse et des chevaliers. Ceux-ci marchant deux à 
deux , au nombre de treize , avoient à leur tête 
Gruthuyse à cheval, en robe écarlate, garnie d’une 
bordure en or et doublée de satin blanc : son cha- 
peron étoit de soie écarlate. Le second jour, ils allè- 
rent de la même manière à vêpres. Le troisième, qui 
étoit un dimanche, ils entendirent la grand’messe. 
Le soir ils assistèrent, vêtus de deuil, aux vigiles, et 
le lendemain , à la messe des morts, qu’on étoit dans 
l’usage de dire pour le repos de l’àme des chevaliers 
décédés depuis la tenue du dernier chapitre. 

Gruthuyse se trouva , le a 5 juin suivant, aux fêtes 
célébrées à Bruges, à l'occasion du mariage de son 
souverain avec Marguerite d’York , sœur du roi 




SUR LOUIS DG BRUGES. 9 

d’Angleterre, mariage qu’il avoit lui-même négocié, 
et il se mêla au pas d’armes, dont le tenant, sous 
le nom du chevalier de l’Arbre d’Or, étoit Antoine, 
b:\tard de Bourgogne. O11 trouve , dans la Chronique 
de Flandre et dans Olivier de la Marche, un long 
et curieux détail de cette joûte, qui dura depuis le 
dimanche 5 juillet jusqu'au samedi g. (28) 

En 1 46g, Gruthuyse et sa femme fondent à Bruges, 
et dotent le couvent des riches Claires , autrement 
nommées Sœurs coleiies. Ils posent la première 
pierre le 3 septembre (2g), après avoir obtenu, dès 
l’année 1466, la bulle du pape qui autorisoit cette 
fondation. ( 3 o) 

Vers le mois de mai 1470, le due de Bourgogne 
équipe à l’Écluse une flotte de trente-six voiles, des- 
tinée h combattre celle du comte de Warwick , qui 
s’étoit emparé d'un grand nombre de vaisseaux fla- 
mands richement chargés. Le commandement en est 
donné à Henri dcBorssele, seigneur van der Veere, 
amiral de la mer, et aux seigneurs de la Gruthuyse 
et de Halewyn ( 3 i), qui, 11e pouvant atteindre l’en- 
nemi , mettent au moins à l’abri de ses insultes la 
navigation du pays. 

Nommé depuis i 463 ( 3 a) gouverneur de Hol- 
lande , de Zeclande et de Frise , à la place de Jean 
de Lannoy, Gruthuyse eut, en 1470, le bonheur de 
sauver des mains des corsaires qui le poursuivoient , 
et de recevoir avec une magnificence presque royale, 
le même Édouard auprès duquel il avoit été ambas- 



IO RECHERCHES 

sadeur extraordinaire , et qui , chassé du trône par 
la faction de Warwick , venoit demander au duc de 
Bourgogne, son beau-frère, des secours contre ses 
ennemis. 

Gruthuyse se trouvoit heureusement à Alckmaer 
lorsqu’Édouard s’y réfugia. Quand il apprit que le 
roi étoit dans la rade avec son frère le duc-d’York , 
lord comte de Scales, frère de la reine, et sept à 
huit cents autres personnes de sa suite, il se jeta 
dans un bateau, et alla lui-mème le recevoir. Il resta 
auprès du monanpie depuis le g octobre jusqu’au 
26 décembre, qu’ils partirent ensemble pour la ville 
d’Aerden bourg ( 33 ). Le lendemain ils arrivèrent au 
château de Gruthuyse, situé à Oostcamp, village 
distant d’une lieue de la ville de Bruges. Après y être 
resté les deux jours suivans, le jeudi et le vendredi , 
le roi se mit en route le samedi pour Aire en Artois, 
où se trouvoit alors la belle-mère du duc. Celui-ci 
11e tarda pas à se rendre auprès de son beau-frère , à 
qui il promit les plus puiàsans secours, afin de l’aider 
à se remettre en possession de son royaume. Le roi 
revint à Bruges le i 3 janvier 147 0 ( ' 47 ' N. S.), 
et alla prendre son logement, avec une partie de sa 
suite, à l’hôtel de la Gruthuyse, jusqu’au 19 du mois 
suivant , jour de son départ pour la Zeelande , où 
l’attendoient dix-huit vaisseaux que Charles lui avoit 
fait préparer , pour le conduire en Angleterre. 
Gruthuyse s’offrit de le suivre et de le seconder dans 
tout ce qu’il entreprendroit. Au moment «le quitter 



SUR LOUIS DE BRUGES. 1 1 

la ville, l'affluence du peuple qui se précipitait sur 
le passage du roi , pour le voir encore une dernière 
fois, était si grande, (pie, touché de ce vif empresse- 
ment des Brugeois, et voulant les satisfaire pleine- 
ment, il prit le parti d’aller à pied jusqu a Damme, 
au lieu de monter sur un des vaisseaux pavoisés qui 
étaient à la porte dite de Spey, et destinés à le re- 
cevoir, et à le mener par le canal jusqn’à cette der- 
nière ville. 

Après son retour en Angleterre , et se trouvant 
affermi sur sou trône, Édouard voulut donner au 
seigneur de la Gruthuyse et aux citoyens de Bruges 
des marques de sa reconnoissance , pour l’accueil 
honorable et cordial qu’il en avoit reçu, il fit créer 
celui-ci , par le Parlement d’Angleterre , comte de 
Wincester, et il écrivit aux Brugeois une lettre de 
remercîment , qui leur fut apportée par un envoyé 
extraordinaire, le 7 juin 1471. ( 34 ) 

11 paraît que les beaux manuscrits qui se faisoient 
à cette époque à Bruges, excitèrent chez le roi le f 
désir d’en posséder quelques uus, et d’autant plus 
vivement, peut-être, qu’il avoit pu en voir un grand 
nombre dans la riche bibliothèque de l’hôtel de la 
Gruthuyse , où il avoit logé : il en commanda donc 
plusieurs ; et aujourd’hui encore on en trouve parmi 
les manuscrits des rois d’Angleterre, qui se con- 
servent au Muséum britannique. (54 bis') 

Le 26 mars de la même année 147 1 , le duc Charles 
étant alors en guerre avec Louis XI, fait Louis de 



■ 2 RECHERCHE* 

la Gruthuyse , Antoine, bâtard de Bourgogne, Adol- 
phe de Clèves, fils de Marie de Bourgogne, sa tante, 
et Jacques de Luxembourg , généraux de ses ar- 
mées (35). Le premier est un des seigneurs nommés 
par la Chronique de Flandre parmi ceux qui se 
distinguèrent le plus au siège d’Amiens, entrepris 
quelque temps après. (56) 

C’est à peu près vers le même temps que Colard 
Mansion, connu déjà comme libraire et traducteur, 
devint l’objet d’une protection toute particulière de 
la part de ce seigneur, honoré lui-même de celle de 
deux souverains. Il fut parrain de l’un de scs enfans, 
et tout porte à croire qu’il lui facilita les moyens 
d'établir, vers i 474> l ,: premier à Bruges, une im- 
primerie, dont les productions sont placées aujour- 
d’hui au premier rang des curiosités typographiques. 
Nous avons eu occasion d’en parler en détail dans 
la Notice «pie nous avons publiée sur ce célèbre 
imprimeur. 

En 147 a , l’archiconfrérie de Saint - Georges , 
dite des Arbalétriers , choisit Gruthuyse pour son 
chef- homme. Cette société, qui existe depuis le 
quatorzième siècle, et. qui, de militaire qu’elle étoit 
dans son origine , est devenue aujourd’hui une asso- 
ciation civile et d’amusement , fut instituée pour 
former des hommes au maniement de l’arbalète, et 
fournir son contingent d’arbaiêtriers à l’armée du 
prince. ( 37 ) 

Le 7 janvier de la même aiiucc (i47 2 N- S.), 



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SUR LOUIS DE BRUGES. i3 

Gruthuyse obtient par accord , du Chapitre et de la 
Fabrique de l'église collégiale de Notre-Dame de. 
Rrugrs , la permission de reconstruire en pierre un 
ancien oratoire qui étoit en bois, et servoit à sa Ca- 
mille depuis un temps immémorial. ( 58 ) 

En recbnnoissance de cette concession, il donna 
à l’église les objets suivans : 

i”. La propriété de la chapelle dite de sainte 
/ignés , appartenant aussi anciennement à sa famille. 

a“. Deux riches crosses de choeur, armoriées de 
ses armes, valant a/jo livres parisis. 

5 “. La somme de 600 livres parisis, pour maçon- 
nerie à faire faire à l’endroit où se conserve la châsse 
de saint Bonifacc, premier patron de l’église.' 

De riches et précieux ornemens servant à la 
décoration du maître-autel et du choeur, avec de 
belles tapisseries représentant la Vie et le Martyre 
du même saint, pour en orner et tendre le chœur 
les jours de grande fête ( 5 g) ; ce qui s’est exécuté 
jusque dans ces derniers temps. 

** 5 ?. Une rente perpétuelle de i 4 Uv. et 8escalins, 

sur laquelle somme le bedeau doit recevoir annuel- 
lement 48 escalins à la charge de fermer et d’ouvrir 
l’oratoire. (40) 

Le a avril Édouard IV, roi d’Angleterre, envoya 
au duc Charles une ambassade, dont Stow ( 40 1 
qui rapporte ce fait , ne dit point le motif. Les 
six personnes qui la composoient furent traitées 



14 RECHERCHES ' 
splendidement p:ir Gruthuyse, à leur passage par 
Bruges. 

Lui-même, au mois de septembre. Ta eu Angle- 
terre, chargé d’une mission auprès du roi, de la part 
de son souverain (4a). Il est accueilli avec tous les 
honneurs que sa conduite généreuse envers Édouard 
fugitif lui méritoit à juste titre. La nation entière 
voulant lui donner des témoignages publics de sa 
gratitude , pour les services signalés qu’il avoit ren- 
dus à ce monarque dans la circonstance malheureuse 
où il s’étoit trouvé , le Parlement , par l’organe de 
son président , Guillaume Alyngton , pria le roi de 
lui accorder une marque particulière de la recon- 
noissancc nationale (43). Ce fut alors qu’il reçut, le 

15 octobre de la même année, le titre de comte de 
Winccster; et, afin qu'il pût honorablement soutenir 
cette nouvelle dignité, le roi y ajouta pour lui et pour 
ses hoirs mâles un revenu annuel de deux cents liv. 
sterl., à prendre sur ceux du comté de Southampton, 
et sur les droits perçus à l’entrée de son port, payables 
par moitié à Pâques et à la Saint -Martin. Il lui 
accorda de plus, par lettres-patentes en date du 
3 novembre , la permission de porter les armes des 
anciens comtes de Wincester, cantonnées de celles 
d’Angleterre. En 1 5oo , la quinzième année du 
règne de Henri VII , et huit ans après la mort de 
Gruthuyse , les actes de cette donation furent ren- 
dus ( 44 ) à ce monarque, qui étoit alors à Calais, 
sans qu’on sache pourquoi. 



SUR LOUIS DE BRUGES i5 

En mars 1-473, la Hanse lui confie le soin et le 
pouvoir île î-égler ses intérêts commerciaux avec 
l’Angleterre. (45) 

Le aa mai, il assiste au vingtième chapitre île 
l'ordre île la Toison-d'Or, tenu à Valenciennes. ( 46 ) 
Le 18 mai i 474> lui ct ^ frmmc, Marguerite, 
comtesse deBorsselc, font un testament où respirent 
la dévotion la plus pure et l’amour le plus charitable 
envers les pauvres. ( 46 ) 

Nous.voyons dans dom Plancher (47) que même 
année il étoit au siège de Nùys, commencé le 5 août, 
et qu’il y fut chargé d'investir la porte de Toile avec 
sept cents chevaux et trois cents piétons. 

En i 475, il dote, conjointement avec sa femme, 
deux chapellenies à Notre-Dame de Bruges. ( 48 ) 
Arrivé le 28 janvier i 477» de Gand à Bruges, avec 
plein pouvoir de la duchesse Marie , qui venoit de 
succéder à son père, tué devant Nancy, le 5 du même 
mois, il apaise, de concert avec Jean, seigneur d’Es- 
pières, son fils aîné, Asseline, Adornes et Jean Brey- 
del, tous capitaines gp chefs-hommes de la ville, 
une révolte du peuple ^i demandoit le rétablisse- 
ment île ses anciens privilèges. ( 49 ) 

Dans le courant de février, il est envoyé avec le 
chancelier Hugonet, Guy de Brimeu, seigneur d’im- 
bcrcourt. Ferry de Clugny, évêque de Térouanne, 
Pierre de Rauchicourt , évêque d’Arras, Wolfart de 
Borssele, comte de Grandpré, Roland de Wcder- 
graet, premier échevin de Gand, Jossc de Halewyn, 



16 RECHERCHES • . 

I -• • 

(ils du bourguemestre de la commune de Bruges, et 
le grand-bailli d'Ypres, vers Louis XI, roi de France, 
de la part de Marie, seule et unique héritière du 
duc Charles, à reflet de prêter en son nom, foi et 
hommage de ses États , renouveler la trêve de neuf 
ans conclue par son père, et annoncer à ce monarque 
qu’elle prenoit le gouvernement de ses États , et que 
Hugonet , Imbercourt , la duchesse douairière et 
Adolphe de Clèves, seigneur de Ravesteyn, forme- 
ront son conseil. (5o) 

Peu de temps après , il fut obligé de renoncer à 
ses fonctions de gouverneur de la Hollande, parce 
que n’étant pas né Ilollandois, les États du pays, 
convoqués à La Haye le a8 janvier précédent, ne 
voulurent pas , en vertu d’un nouveau privilège 
qu’ils avoient obtenu, et (pii excluoit les étrangers 
des fonctions publiques , avoir égard aux lettres 
de Marie , par lesquelles il étoit maintenu dans un 
poste qu’il occupoit depuis 1463 (5i); mais il put 
au moins, par son crédit (5a), faire nommer pour 
son successeur Wolfart de R^pscle, son beau-frère. 

Le 5 mars suivant, Gruflfcyse, Adolphe de Clèves, 
seigneur de Ravesteyn, Philippe de Horn, seigneur 
de Gaesbekc, et Jean , seigneur de Dadizcelc, grand- 
bailli de Gand, sont envoyés de nouveau par la du- 
chesse, en qualité de commissaires chargés de calmer 
les I ia bilans de Bruges , qui avoient repris les armes, 
parce qu’ils vcnoicnl d’apprendre que le Franc de 
Bruges, en devenant quatrième membre des États 

I 



2 S f . .Câ fc 



V 



SUR LOUIS DE BRUGES. , 7 

de Flandre, alloit jouir de certains privilèges, qui 
ne pourraient que leur porter préjudice. (53) 

, Gi uthuyse et le grand-bailli de Gand parviennent, 
par leurs sages discours et l’annonce de l’arrivée pro- 
chaine d’une députation de l’empereur Frédéric, à 
leur faire entendre raison. Les envoyés de l’Empe- 
reur arrivèrent en effet le 16 avril au soir. Ils sont 
reçus en grande pompe. Gruthuyse et le grand-bailli 
les conduisent, à la lueur des flambeaux, au palais 
de la pi incesse, à qui ils font part qn ils viennent 
au nom de l'Empereur demander sa main pour son 
fils Maximilien ; et tout étant convenu des deux 
côtés, la cérémonie du mariage eut lieu par pro- 
curation le ai suivant. (54) 

Le 1 5 mai, la commune de Bruges ayant fait juger 
et condamner à mort , par le Magistrat , l’ancien 
bourguemestre des échevins Barbesaen , accusé d’a- 
voir train les intérêts du peuple, Gruthuyse, accom- 
pagné d'un grand nombre de notables de la ville de 
Bruges, et des deux jeunes filles de ce malheureux, 
veut intercéder en sa faveur, mais en vain ; Barbesaen 
est décapité le 17 sur le grand marché. (55) 

Comme gouverneur de Bruges, Marie lui donne 
I ordre de demander au Magistrat un nouveau se- 
cours d’hommes, à cause des nouvelles hostilités 
de la France. 

Le 19 juin , ayant obtenu sa demande, il part dès : 

le lendemain pour l'armée avec une nombreuse et t 

Initiante escorte de nobles hommes, tous bien éipii- r j 



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lt j RECHERCHES 

pés. Le contingent des Brugeois et celui du Franc le 
joignent successivement. A peine arrivé à l'armée 
flamande, campée aux environs de Tournai, on le . 
voit aussitôt, armé de toutes pièces, eu parcourir les 
raugs, et aller d’une tente à une autre, afin d’encou- 
rager ses compatriotes. (56) 

Cependant ceux qui se trouvoient déjà à Berghes , 
sous le commandement de son fils Jean , de Jean 
Breydel et de Jean van Nieuwenhove , mécontens 
de ce qu’il ne se trouve point à leur tête , comme 
on le leur avoit promis , demandent le père avec 
instance. (5q) 

Après la bataille de Guingatc, Guinguette ou Qui- 
negate, livrée le 7 août, et où le fils aîné de Gru- 
lliuyse et quelques autres seigneurs flamands tom- 
bèrent au pouvoir de l’ennemi (58), on fit a Bruges, 
en actions de grâces des succès obtenus par les armes 
flamandes, une procession générale, à laquelle as- 
sista la duchesse, nu-pieds, tenant un cierge à la 
main. La Chronique de Flandre, (pii rapporte cette 
dernière circonstance, observe que le seigneur de la 
Gruthuyse se tint constamment à côté de la prin- 
cesse. ( 59 ) 

Maximilien arriva le 18 du meme mois a Gand, 
suivi d’un grand nombre de seigneurs du pays , qui 
étoient allés à sa rencontre jusqu’à Dcndermonde. 
Parmi eux on distinguoit le comte de Chimay et 
Gruthuyse. Ces deux seigneurs eurent l’honneur de 
donner la main à la princesse çour monter à la 



SUR LOUIS DE BRUGES. If) 

chapelle où elle devoit recevoir la bénédiction nup- 
tiale. (60) 

Les fêtes auxquelles cet événement donna lieu, et 
qui sont décrites au long dans V excellente Chronyke 
van Vlaenderen, durèrent cinq jours, et. elles ne 
furent interrompues que par le départ précipité de 
Maximilieu pour l’armée, sur la nouvelle qu’il venoit 
de recevoir que les François s’étoient présentés en 
force devant la ville de Coudé. 

Le 5 x , Ferry de Clugny, évêque de Tournai, fait, 
en présence de Maximilien, de Marie, et au milieu 
d’un grand concours de peuple et de seigneurs, la 
consécration et la bénédiction de l’église et des quatre 
autels du couvent de Sainte-Claire fondé par Gru- 
thuysc et sa femme, en 1466 : l’un et l’autre sont 
témoins de cette cérémonie. (61) 

Conformément à d’anciens privilèges qu’avoient 
les habitons de Bruges , et à leur rétablissement 
accordé par Marie le x8 avril, le Magistrat de la ville 
lut renouvelé le 1 septembre. Gruthuyse fut un de 
ceux que Maximilien et Marie chargèrent de pré- 
sider à cette opération. (&0 

Les Annales de Bruges (63) nous apprennent, 
sous la date du 7 du même mois , qu’on lit sortir du 
pays plusieurs personnes, à cause de leur caractère 
turbulent, et, entre autres, un jeune homme de 
Malines qui avoit injurié Gruthuyse, et qu’011 bannit 
pour dix ans , après leur avoir percé la langue. 

Le 10, il eut 1 honneur de recevoir à son château 



30 



RECHERCHES 



d’Oostcamp, Maximilien et son épouse, qui, après 
y avoir pris deux repas, et passé la nuit (64), s’en 
retournèrent le lendemain tiès satisfaits de La magni- 
fique réception qui leur avoit été faite. 

Le 3o avril 1478, jour de l’Ascension, Maximilien 
assista au premier Chapitre de la Toison-d’Or, qu’il 
tint dans l’église collégiale de Saint-Sauveur à Bruges, 
et s’y fit créer chevalier. Rjfvesteyn, comme le plus 
noble des chevaliers présens , lesquels n’étoient 
qu'au nombre de cinq, plusieurs étant prisonniers 
ou transfuges en France , donna h son souverain 
l'accolade, et de Lannoy, comme le plus ancien, le 
revêtit du collier de l’ordre. (65) 

Le même jour, à la messe célébrée par l’évêque 
de Terouanne, Henri, cardinal de Lorraine, depuis 
évêque de Metz, chancelier' de l’ordre, Gruthuyse, 
cjui étoit chargé de représenter le roi cl’ Angleterre , 
alla pour lui à l'offrande (66). Le soir, les chevaliers 
entendirent les vêpres et vigiles, et le lendemain, 
r er mai, la messe qui fut dite pour les chevaliers 
morts depuis le dernier Chapitre. Ensuite, en vertu 
des statuts de l’ordre, on procéda à l'examen de la 
conduite, vie et moeurs de chacun des chevaliers 
présens ou absens. Engelbert de Nassau fut trouvé 
répréhensible pour ses déréglemens. Gruthuyse , 
alors en contestation avec Jossc de Lalaing, seigneur 
de Montigny, fut invité à mettre fin à son dillërend 
avec ce seigneur. (67) 

Le 7 mai 1 4-7 3 » >1 donna quittance du paiement 



v. 



SUR LOUIS DE BRUGES. ai 

d'une partie de ses gages, en qualité de chevalier 
d'honneur de Marie (68), et la signa ainsi : 




Cette princesse étant accouchée le 22 juin de son 
premier enfant, Gruthuyse, et Martin Lcm, pour 
lors bourguemestre des échevins , ordonnèrent aussi- 
tôt, en réjouissance de cet heureux événement, la 
cessation de tous les travaux , et firent jeter de 
l’argent au peuple dans tous les quartiers de J a 
ville. (69) 

Les réjouissances durèrent trois jours. Gruthuyse 
fut nommé chambellan du prince nouveau-né , et , 
en cette qualité , assista «à la cérémonie du baptême, 
qui eut lieu le 29 du même mois, dans l’église de 
Saint-Donat. La duchesse douairière portoit l’enfant 
enveloppé dans un drap d’or, et Gruthuyse marchoit 
devant elle, tenant les bassins et la serviette. (70) 

N’ayant pu se rendre, au jour marqué, au Chapitre 
de l’ordre de la Toison-d’Or, convoqué à Bois-le- 
Duc le 6 mai 1481, il fut condamné, malgré ses 
excuses et sa procuration , <pi’on ne trouva pas va- 
lables , à une amende de cent écus , au profit de 



?.2 RECHERCHES 

quelques maisons religieuses, et à un souper à don- 
ner au souverain et à tous les chevaliers de l'ordre. 
Il fut en outre accuse 1 d'avoir, par indiscrétion, fait 
échouer (71) une entreprise que Maximilien méditoit 
contre les François. Le lendemain de son arrivée à 
Bois-le-Duc, un héraut d’armes de l’ordre lui fit la 
notification des plaintes dont il étoit l’objet. 

Le 1 1 mars > 483 , Grulhuyse, Adolphe de Nassau, 
archevêque de Metz, et Philippe de Bourgogne, sei- 
gneur de Beveren, fils d’Antoine, grand-bâtard de 
Bourgogne, fils de Philippe-le-Bon , intercèdent en 
vain auprès des Gantois , pour que la sentence par 
laquelle avoit été banni du pays pour cinquante ans, 
sous peine de mort, Philippe van Heurne, seigneur 
de Gacsbcke, fût rapportée (7 a). Le crime de ce 
seigneur étoit, aux yeux des Gantois, de s’ètre tou- 
jours montré leur ennemi déclaré , et d’avoir inspiré 
à Maximilien, contre eux et contre les Brugeois, 
une haine implacable. Ils en vouloienl aussi à ce 
prince, dont il étoit le principal conseiller, de ce que 
l'assassinat commis le 3 octobre 1481, sur leur grand- 
bailli, le seigneur de Dadizeele, qu’ils regrettoient 
beaucoup, parce qu’il 11’avoit cessé de combattre 
pour la conservation de leurs privilèges, étoit resté 
impuni, quoique l'on connût les auteurs, et même 
les instigateurs de ce meurtre (73). Ces trois seigneurs 
parvinrent cependant .à déterminer les Gantois à 
envoyer des députés à Bruges , où étoit le prince , 
qui les reçut généreusement. 




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SUR LOUIS DE BRUGES. a3 

Le 34 du même mois 1483 (i 485 N. S.'), Gru- 
I h 11 j se , en qualité de membre de la noblesse de 
Flandre, et au nom de son souverain naturel , ratifie 
la paix faite à Arras en la même année , entre 
Louis XI, roi de France, et Maximilien. 

Dans l'acte de ce consentement , en priant de 
Louis XI, Gruthuyse appelle ce monarque son sou- 
verain seigneur, et Maximilien , son souverain natu- 
rel. Il avoit raison de faire cette distinction , parce 
que les comtes de Flandre devant au roi de France 
foi et hommage pour leur comté , n’étoient re- 
gardés par leurs sujets que comme leurs seigneurs 
suzerains. (74) 

Trois jours après, la princesse Marie meurt des 
suites d'une chute de cheval. Gruthuyse est nommé, 
avec Jean de Lannoy , abbé de Saint-Bertin, et Jean 
Parmentier, son exécuteur testamentaire. Il assiste 
à l’enterrement le 1 avril , et marche , en’ grand 
deuil, avec un long manteau et un chaperon noirs, 
après Maximilien et Philippe son fils , qui n'avoit 
encore que deux ans et huit mois. (75) 

La même année il signe un inventaire « de eer- 
« tains joiaulx jadis npparlcnans à feu madame Marie 
« la duchesse, que Dieu pardonne, trouvez à la cour, 
« en la ville de Garni, et rensegnez par certain iu- 
« ven taire signé de la main de monseigneur dé la 
« Gruthuyse, l’an 1483. « (76) 

’ En 1484» l’hôpital de Saint-Jean, à Bruges, lui 
pic trois livres de gros seize escalins pour trente- 



a4 RECHERCHES 

six cuves de bière, à raison de deux sons par cuve; 
droit qu’il prélevoit à son profit sur toutes les bières 
qui se brassoicut à Bruges. (77) 

Dans le premier mois de l’année i 485 , Gruthnyse, 
qui avoit été un des chefs du parti qui vouloit que la 
tutelle du jeune prince Philippe fût donnée à quatre 
personnes nommées par les trois États du pays, à 
l’exclusion de Maximilien (78), est arrêté et jeté 
en prison par ordre d'Engelbert de Nassau; et du 
consentement des Bnigeois , d’après une des con- 
ditions de la paix faite avec eux , tous scs biens 
sont confisqués, et donnés à celui qui s’étoit chargé 
de le faire arrêter (79). Mais ayant quitté la prison 
civile qu’il avoit d’abord choisie, pour se faire juger 
par le Magistrat de Bruges, son affaire est portée au 
tribunal des chevaliers de la Toison-d’Or, avec in- 
jonction à lui de se présenter au premier Chapitre 
qui sera tenu , pour rendre compte de sa conduite 
et pour s’y justifier. D'après cette décision , qui 
satisfit peu Maximilien , qui aurait voulu perdre 
Gruthnyse (80), il partit sur-le-champ pour Malincs, 
■ lieu de sa nouvelle prison , sous la garde du maitre- 
d’hôtel du prince, Olivier de la Marche, qui le laissa 
près de Dendermonde (81). Il resta à Malincs avec 
ses deux fils (82) jusqu’au i 5 février 1488, (pie la 
commune de Bruges, <pii s’étoit de nouveau insur- 
gée contre Maximilien , qu’elle faisoit étroitement 
garder, lui envoya un député pour l’engager à y 
revenir. ( 83 ) 



SDK LOUIS DE BRUGES. s 5 

, • *. 

A son arrivée le ao du- mois suivant, il sc rend, 
avec Jean de Fontaigne , chez le roi des Romains , et 
lui fait des ouvertures de paix de la part de Philippe 
de Clèves. 11 se présente ensuite au peuple assemblé 
sous sa bannière, dans le grand marché, et rengage 
fortement à restituer et à envoyer à l’Écluse les 
effets de ce seigneur, qui étoient sous le séquestre, 
dans la Halle, depuis le départ de Gruthuyse. Sur la 
■réponse qu’il reçoit, que Philippe de Clèves pouvoit 
venir lui-même chercher ses eflèts , jugeant que sa 
démarche resteroit sans succès, il s’en retourne à 
Gand , transporté de colère. (84) 

Il signe le 1 " mai, dans cette ville, un traité d’al- 
liance et d'union entre les trois États du duché 
de Brabant, et les États de Middelbourg, Luxem- 
bourg, Flandre, etc., approuvé et conlirmé par 
Charîes VIII, roi de France. (85) 

Par un des articles de l’accord fait le 10 du même 
mois, entre Maximilien et les États de Flandre, il 
est dit que Gruthuyse et les autres nobles qui avoient 
été décrétés d’arrestation , à cause de l’emprison- 
nement du monarque, seroient libres et dédom- 
magés. (86) 

Par un autre article de la paix conclue par les État? 
de Flandre avec Maximilien, et an-été en leur assem- 
blée à Gand le J a mai , Louis de Bruges , seigneur 
de la Gruthuyse , David , évêque d’Utrecht , Jean , 
duc de Bourbon, connétable de France, Jean, duc 
de Clèves, le seigneur de Brimcu, le comte de Cler- 



3 6 RECHERCHES 

muni , Adolphe de Clèves, seigneur de Kavcstcyn, 
Philippe de Clèves , Antoine, bâtard de Bourgogne, 
seigneur de IJeveren, sont invités , comme parois 
et amis de leur prince naturel , du côté de sa femme, 
à signer, par approbation et pour plus grande sûreté, 
tous les articles de cette paix , et à y apposer leur 
sceau. (87) 

Les Flamands ayant repris les armes, Grathuysc 
est envoyé le 18 juillet, de la part des trois Etals j 
avec Adrien Vilain , seigneur de Kassegem , et avec 
d’autres magistrats, vers Philippe de Clèves, qui 
étoit venu secourir les Flamands , et qui retour- 
nuit avec ses troupes en France , pour l’engager à 
s’arrêter dans sa marche , et à continuer de les 
défendre. (88) 

Le 5 août il donne eu son hôtel , aux frais de la 
ville de Bruges , un magniiique repas au comte 
François de Vendôme (89) , que Desquerdes , qui 
se retirait , emmenant les vingt mille hommes que 
Charles VIII avoit envoyés , sous son commande- 
ment, au secours des Flamands, leur laissoit pour la 
défense de leur pays , avec un détachement de trois 
mille hommes. (90) 

A ce banquet , qui coûta douze livras de gros et 
huit cscalins, assistèrent plusieurs nobles chevaliers, 
ainsi que les dames et demoiselles de distinction de 
la ville. 

On remarque dans les comptes de 1489 à <490 
(fol. 157, i 58 et <^9), où il est fait mention de 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 27 

pareils banquets donnés , soit à l'Hôtcl-de-Ville, soit 
à l'hôtel tle la Maison commune (de Poorterlyke 
loge), que le seigneur de la Gruthuyse, lorsqu’il se 
trouve au nombre des convives, est toujours nommé 
avant le bailli , l’écoutète et les bourguemestres. 

Le i* r septembre il se rend à Bruges, accompagné 
d’Adrien Vilain , seigneur de Rassegem , de Colard 
de Halcwyn , seigneur de Bosinghen , de Jean de 
Nieuwenhove , et de Philippe de Sickele, chargés par 
les États du pays de renouveler, au nom du jeune 
prince Philippe, le Magistrat de la ville et celui du 
Franc. (91) 

Vers la lin d’octobre, lui , Éverard d’Aremberg et 
l’écoutète Picavet, sont nommés pour commander, 
sous le seigneur Louis de Halewyn , les troupes du 
Frauc contre celles de Maximilien. (92) 

Ce monarque ayant conclu la paix avec Char- 
les VIII, à F'rancfort, le 22 juillet 1489» et étant cou- 
venu , par tan article du traité ", de prendre le roi de 
France pour médiateur entre lui et les F'iamands, les 
États de Flandre envoient en conséquence vers le 
Roi , le 20 du mois d’août, pour traiter de la paix, 
une députation de vingt-six membres, au nombre 
desquels se trouve Gruthuysc. Charles VIII étpit 
alorsii son château de Montilz-lez-Tours; les députés 
de Maximilien s’y rendirent de leur côté. 

Ces envoyés restèrent au \Jontilz jusqu’au- 1" oc- 
tobre suivant , jour de. la signature de la paix ; mais 
ils 11e furent de retour à Bruges que-le 5 décembre; 



28 RECHERCHES 

Louis de Bcauchamp, évêque de Paris, l'abbé de 
Saint-Denis, Jean de Groslaye , autrement de VilHers, 
cardinal de Sainte -Sabine, et plusieurs seigneurs 
françois, les accompagnèrent. (g 5 ) 

C’est à ce voyage de Gruthuyse à Tours qu’il faut 
fixer l’époque à laquelle il fit hommage à Charles VIII 
«lu beau manuscrit qu’il ayoitfait exécuter dans cette 
intention , et «pii contenoit la description du tournoi 
dont son père , Jean de Bruges, seigneur de la Gru- 
thuyse, avoit donné le magnifique spectacle à Bruges 
en i 3 ga, tournoi fameux, sur loque! nous entre- 
rons dans de plus longs détails lors«pie nous décri- 
rons ce même manuscrit «pii nous en a conservé la 
mémoire. 

Le 6 avril 1490 , sur la demande de Gruthuyse , 
on bannit du pays pour cincpiante ans, sous peine 
de la vie, vingt-sept personnes, tant hommes que 
femmes, qui s’étoient prises de querelle avec quel- 
ques soldats de la garnison allemande de la ville de 
Damme , querelle qui aurait pu avoir des suites fu- 
nestes. Un Anglois nommé Édouard Nicoles, se plai- 
gnant hautement de l’injustice de ce bannissement, 
et fort de l’appui des autres proscrits , court en 
armes à l’Hôtel -de -Ville, avec l’intention de se 
venger sur Gruthuyse, le grand - bailli , et tout le 
Magistrat. Les deux premiers étoicnt au moment 
d’être percés d’une lapce «pie tenoit ce furieux , lors- 
que le bourguemestrc «le la commune, Autoine de 
Witte, en voulant détourner le coup, le reçut lui- 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 19 

même, et tomba mort. Ou sc met en défense aussi- 
tôt ; deux des mutins sont tués, et les autres prennent 
la fuite. (94) 

Le 7 mai, le duc Albert de Saxe nomme écoutètc 
de Bruges Corneille Metteneye, à la place de Josse 
de Baenst, qui s’étoit enfui à Damme, parce qu’il 
n’a voit pu engager la commune à observer de point 
en point tous les articles de l’arrangement fait avec 
le duc, et qu'il avoit promis de faire adopter par le 
peuple; la commune refuse de reconnoitre le nouvel 
écoutète. A cette nouvelle, le duc vient lui-même 
à Bruges, avec Engclbert de Nassau, convoque le 
Magistrat et la commune, leur demande, en pré- 
sence des seigneurs de Gruthuyse et düylkercke, 
les motifs de leur refus, et pourquoi ils ne veulent 
point consentir à la diminution de la valeur des 
espèces, nécessitée par le haut prix auquel l’argent 
étoit monté , diminution que beaucoup de villes 
avoienl approuvée. A cette dernière question ils ré- 
pondent qu’ils suivront les mesures que prendront 
à cet égard les Gantois ; à l’autre , que le rempla- 
cement de l’écoutète ne leur paroit pas une atlàire 
si urgente, attendu que les troubles cesseraient 
bientôt, si le duc vouloit éloigner de Damme, aussi- 
bien que de tout le pays, la garnison allemande qu’il 
entretenoit dans cette ville, et qui gènoit extrême- 
ment , et même anéantissoit entièrement le com- 
merce de la Flandre. 

A une réponse si hautaine , les deux seigneurs 



3o RECHERCHES 

entrèrent dans une telle colère, qu’ils partirent im- 
médiatement pour Y près. 

Cependant ils font accroire au Magistrat de cette 
ville qu'ils ont obtenu des Brugcois la diminution de 
l’argent qu’ils demandoieut. Le peuple, ne se dou- 
tant point de la supercherie, ne fait aucune difficulté 
d’y adhérer. Munis de ce consentement, ils revien- 
nent à Bruges, et requièrent la commune d’imiter 
celle d’Ypres. Mais Gruthuyse, qui avoit intérêt de 
s’opposer à cette mesure, mit tant de motifs en avant 
pour ne point. l’admettre, cpt’on ne. décida rien; de 
manière que le duc et le comte furent obligés de s’en 
retourner. Celui-ci , en passant par Damme, y donne 
ordre de gêner de plus en plus l’approvisionnement 
et le commerce de Bruges , (pii se fnisoient par ce 
port ; c’est ce qui donne occasion , au commence- 
ment du mois suivant, d’envover en députation au 
duc de Saxe, qui étoit alors à Malincs, Gruthuyse, 
Grégoire Heyn, Corneille van Doone, le pension- 
naire Jean Boyts , pour le supplier de retirer de i 
Damme la garnison allemande. Ils reçoivent pour 
réponse qu’il ne pourroit y consentir qu 'autant que 
Philippe de Clèves éloigneroit celle qu’il tenoit à 
l’Écluse, et qu’on auroit accédé à la diminution des 
espèces. 

Ces conditions nouvelles pour les députés les je- 
tèrent dans un grand étonnement , et leur position 
devint extrêmement embarrassante à l’égard de leurs 
compatriotes, qui regardoient l’assurance de la di- 



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SUR rouis DE BRUGES. 3i 

mi ntl (ion comme arrimée. Gmthuyse reste seul à 
Matines, et les laisse partir sans loi , parce qu’il ne 
désapprouvoit plus cette diminution, ayant dans l’in- 
tervalle de la négociation remboursé, suivant l’an- 
cien taux, les rentes et redevances dont son droit 
de gniyte étpit chargé. (95) 

Il faut croire que son luxe domestique, et de 
grandes dépenses occasionnées par un long et con- 
stant séjour à la cour des ducs de bourgogne, l’a voient 
obéré, et qu’il fut plus d’une fois contraint d’avoir 
recours à des emprunts considérables. 

Le 2/ ( mai 1491 > jour de la Pentecôte, Maximilien 
assemble à Malines le vingt-troisième Chapitre de la 
Toison-d’Or. Gruthuyse, qui redoutoit, sans doute, 
les reproches qu’il avoit encourus en prenant sou- 
vent parti pour les États de Flandre, et en défendant 
les privilèges de sa ville contre les entreprises de ce 
prince , n y parât point. 

Dans ce Chapitre furent produites plusieurs accu- 
sations contre quatre chevaliers qui avoient pré- 
cédemment eu part aux mouvemens populaires des 
Flamands. 

Gruthuyse fut accusé d’avoir, par suite des trou- 
bles qui agitoient le pays, et à la faveur du soulève- 
ment du peuple, fait livrer aux François (96), avec 
lesquels on étoit en guerre, la ville d’Alost , et leur 
avoir rendu lui-méme le château de Lille, dont il 
étoit capitaine; d’avoir, étant, par un des articles 
de la paix conclue avec Maximilien et le Magistrat 
de Bruges , devenu leur prisonnier, afin de se sous- 



3j recherches 

traire au jugement du tribunal de l'ordre de la 
Toison-d'Or, mieux aimé garder la prison commune, 
ce qui inettoit en sûreté ses biens, qu'on ne pouvoit 
conlisquer à cause des privilèges dont jouissoit la 
bourgeoisie, et cela plutôt que d'être honorablement 
jugé par ses pairs; mais que, cependant, comme on 
lui avoit fait entendre qu’il ne pourroit pas toujours 
se soustraire à leur jugement, il setoit décidé à sortir 
de prison. On ajouloit qu'ayant eu pour lieu de 
détention la ville de Malines, d'où il avoit cherché à 
s’évader, on avoit été obligé de le garder plus étroi- 
tement ; et qu'enlin , après avoir trouvé le moyen de 
s’échapper et de se rendre à Bruges, il avoit pris 
part à la détention de Maximilien, que le peuple 
garcloit à vue dans une maison située sur le grand 
marché de cette ville. (97) 

D’après ces motifs, plus ou moins fondés, au Cha- 
pitre suivant, convoqué à Bruxelles le i 5 octobre 
i5i6, loug-temps après sa mort, les çxeuses qu’il 
avoit alléguées pour se dispenser d’assister à celui de 
1491 , et de répondre aux reproches dont sa conduite 
avoit été l’objet, furent discutées et trouvées non 
valables; eu conséquence , un décret de Maximilien 
et du Chapitre ordonna , conformément aux statuts ’ 
de l'ordre , que ses armes seraient enlevées de dessus 
la stalle où elles avoient été anciennement peintes, 
dans le choeur de l’église métropolitaine de Saint— 
Rombout de Malines, où s’étoit tenu ce Chapitre. 

Pareil jugement fut porté contre Adolphe de Clè— 
ves, seigneur de Ravesteyn, et contre Wolfart de 



«* 



K* 



" T)ïgitlzeaby Gnogic 



• SUR LOUIS DE BRUGES. 33 

Borssele, seigueur van der Veere (98); et pour le 
.surplus, on s'en remettoit au jugement de Dieu. Mais 
à la prière des pareils et des amis de Ravësteyn et de 
Gruthuyse, et à la sollicitation de messire.de Belle- 
ville, envoyé par Louis XII à Philippe, pour engager 
ce prince à passer par la France en allant en Espagne 
par terre, les armes de ces deux seigneurs furent 
replacées au-dessus des stalles où elles étoient aupa- 
ravant. (99) 

Le 16 mars 1493 (N. S.), Gruthuyse voit mettre, 
la dernière main au manuscrit de la Consolation de 
la Philosophie, de Boèce, traduite en flamand : il 
l’avoit fait .exécuter à Gand ; c’étoit le plus beau 
manuscrit de sa bibliothèque. 

Le 14 novembre il arriva de Gand à Bruges, mais 
déjà tellement malade, qu’il mourut le a 4 du même 
mois, âgé de plus de 70 ans. (100) 

Le 27, vers les neuf heures du soir, son corps fut 
déposé dans le tombeau qu’il s’étoit fait construire 
dans l’église de Notre-Dame. A son convoi , cpii fut 
très simple, il n’assista que douze ecclésiastiques en 
ceinture, chacun tenant à la main une torche ar- 
dente ; il n’y eut qu’un très petit nombre d’autres 
' assistons en deuil. Son cercueil, sans armoiries, fut 
porté par quatre chanoines. Au moment de l'in- 
humation il régnoit un si violent ouragan , que plu- 
sieurs arbres du cimetière de Notre-Dame furent 
déracinés. (101) 

Ces détails s’éloignent un peu de ce cpii se lit dans 

5 






34 RECHERCHES 

un acle public rapporté par üierix ( 10 a), et oit 
Jean de Gruthuyfce dit que son père termina ses jours 
dans une maison qu’il possédoit à Garni. Peut-être, 
pour accorder cette dernière version avec la nôtre, 
suflira-t-il de croire que le fils de Gruthuyse a voulu 
faire entendre que son père fut attaqué, dans cette 
maison , de la maladie dont il mourut à Bruges , 
onze jours après y avoir été transporté. 

Gruthuyse jouit de toute la faveur de Philippe-le- 
Boti , de Charles-lc-Hardi et de Marie de Bourgogne, 
ses souverains seigneurs , dont il étoit aimé. 11 eut 
aussi l’ailèctiou des Brugeois, qui l'employèrent dans 
toutes les circonstances où leurs fréquens soulève- 
mens les forçoient de recourir à la clémence de leui-s 
princes. De son côté, il eut beaucoup moins d’atta- 
chement pour Maximilien, contre qui il se déclara 
après la mort de Marie, en faveur des États de Flan- 
dre, avec lesquels ce prince eut de grandes contesta- 
tions, comme on a pu le voir. 

Il aimoit les lettres. La riche bibliothèque qu'il 
s'étoit formée , et qu'on ne pouvoit comparer à au- 
cune autre de son temps, si l’on en excepte celle des 
ducs de Bourgogne , en est une preuve incontestable. 

11 les prolégeoit aussi dans ceux qui les cultivoient, * 
témoin Colard Mansion , traducteur de plusieurs 
ouvrages en françois , et le premier imprimeur à 
Bruges , dont il tint un des enfans sur les Fonts bap- 
tismaux (io3). 11 étoit magnifique en tout. Le vaste 
hôtel (to4) qu’il fit élever sur l’emplacement d’un 



* 



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SUR LOUIS DF. BRUGES. 35 

plus ancien , et qu’il orna de tout ce que les arts 
oilroient alors de plus recherché, ses beaux et nom- 
breux châteaux, ses dons multipliés, nttestoient son 
goût et son opulence. 11 fut en même temps reli- 
gieux, sage et prudent, libéral, et charitable en- 
vers le pauvre ; son esprit étoit orné , et il parloit 
bien (ioâ). 11 a laissé, dans divers monumens qui 
existent encore, des témoignages non équivoques de 
ses heureuses et brillantes qualités. 

Son portrait se trouve peint dans plusieurs manu- 
scrits qui lui ont appartenu (106). Le plus ressem- 
blant doit être, sans contredit, celui qui le repré- 
sente en pied , oflrant à Charles VIH, roi de France, 
le livre du tournoi de son père. La statue de celui-ci, 
qu’il avoit fait exécuter en marbre blanc /de gran- 
deur naturelle, ainsi que celle de sa mère, si voyoient 
encore avant nos derniers temps de destruction , pla- 
cées, debout, derrière le maitre-autel, et vis-à-vis 
l’endroit où se conservoit la châsse de saint Boniface, 
patron de l’église de Notre-Dame. (106 bis) 

Il tiroit son nom de Gruthuyse, qui s’écrit di- 
versement Gruythuysc , Gruuthuuse, Gruthuyse et 
Gruthusc, et qui signifie , en langue flamande, mai- 
son de la gruyte , ainsi appelée d’un droit ou impôt 
tpii se prélevoit à son prolit sur la fabrication et la 
vente de la bière, sous la dénomination de gruyte, 
sorte de dréche , et dont le pi-oduit s’appeloit gruyte 
geldt (argent de gruyte). Ce droit, qui consistoit 
en deux gros sur chaque tonneau de bière qui se 



3<J RECHERCHES 

brassoit dans la ville de Bruges, avoit été accordé 
en 1200, à un de ses ancêtres, par Baudouin, comte 
de Flandre, au moment où, s’étant croise contre les 
Infidèles, il étoit sur le point de partir pour Constan- 
tinople, afin que le produit pût mettre le seigneur de 
la Gruthuyse, capitaine de la ville, en état de secon- 
der le seigneur de Gliistelles, à fpii Baudouin avoit 
confié pendant son absence l'entretien des digues et 
la défense générale des côtes, depuis Calais jusqu'au 
port de l'Écluse, et auquel il avoit /gaiement accordé 
à cet effet un droit de sortie de quatre gros pour 
livre sur toutes les marchandises du pays (107). Il 
pa l'oit que dans la suite les hahitans purent, moyen- 
nant une rétribution pour le droit degmyte, brasser 
avec leur propre mouture. Plus tard, la ville de 
Bruges prît à ferme, des seigneurs de la famille de 
la Gruthuysc, le fief de cette gruyte, quelle aflèr- 
moit à son profit. 

Louis de la Gruthuyse étoit prince de Steenhuysc, 
principauté à deux lieues de Grammont , que son 
père, Jean de Bruges, acquit à sa famille par son 
mariage avec Marguerite , fdle et unique héritière 
de Félix, prince de Stcenhuyse et seigneur d’Avel- 
ghem , grand-bailli de Bruges, mort vers l’an t 4 a 4 * 

Il fut ci'éé, comme 011 l’a vu plus haut, comte de 
Wincester, par Édouard IV, roi d’Angleterre. Il 
étoit en outre seigneur banneret de Flandre, et pos- 
sédoit les seigneuries : 

1 ". D Avelghem , à deux lieues et demie de Cour- 



-Dinitb grt hu C .nno le 



SUR LOUIS DE BRUGES. 3 7 

Irai , seigneurie de la châtellenie d’Audenaerde, que 
son père eut de sa femme, et dont l’antique château 
se voit gravé dans l’ouvrage de Sanderus. (108) 

2°. De Hamste ou Haemstede, beau village et sei- 
gneurie dans l’ile de Schouwen , qu’il acheta avec 
toutes scs dépendances, revenus, fermes et château , 
le 2i juin i 455 , de Philippe-le-Bon. Par succession, 
cette seigneurie passa à Jean son fils, à qui la posses- 
sion en fut confirmée par lettres de Maximilien et 
de Philippe son fils, datées du 20 novembre i 4 g 5 . 

Vers 1 5 q 2 , Catherine de Gruthuyse, fille de René, 
la vendit au seigneur Eevvoutsen Teeling, conseiller 
des États de Zeelaude, et à Jean Anthonissen de 
.longe , bourguemestre de Ziericzée. Smallegang, 
dans sa Chronique de Zeelande (pages 682 et 68g), 
donne les noms de tous les seigneurs de Hamste avant 
Gruthuyse; il a même porté le soin jusqu’à faire 
graver une vue du village. 

3 °. D’Oostcamp, fort village à trois quarts de lieue 
de Bruges. On 11e peut à présent se faire une idée du 
beau château qui s’y trouvoit, que par la gravure 
qui est dans Sanderus (tog), car on n’en voit plus 
aujourd’hui que quelques vestiges. C’est aujourd'hui 
la propriété de M. le duc d’Ursel. 

4 °. De Beveren, terre seigneuriale à quatre lieues 
de Courtrai, et dont les armes sont de gueules au 
sautoir d’argent. 

5 °. De Thielt ten hove, autre terre à peu de dis- 
tance de la ville de Thielt, qui est à quatre lieues et 



38 - RECHERCHES 

demie de Bruges. Sanderus a donné la vue de ce 
bourg. Une dame de la Gruthuyse dont cet écrivain 
(tom. III, p. 38 ) ne rapporte pas le nom, a été 
enterrée dans l’église de ce village. 

6°. D’Espierres, en flamand Spiere, seigneurie 
autrefois dans le llainaut autrichien , et (jm venoit 
du chef de sa grand’mère, Agnès de Mortagne, ville 
du Toumésis. 

Gruthuyse ordonna par son testament que son 
corps serait inhumé dans l'endroit où étoit le tom- 
beau de ses ancêtres; et il laissa le plan de celui 
qu’il vouloit qu’on lui élevât. Ce tombeau, qui a 
év 1 détruit en 1797, étoit dans le choeur de l’église 
canonicale et paroissiale de Notre-Dame de Bruges, 
à gauche du maître-autel , et non loin de ceux de 
Chavles-le-Hardi , duc de Bourgogne, et de Marie 
sa fille, lesquels occupoient le milieu du chœur; mais 
ils ont été déplacés depuis. Celui de Gruthuyse , 
au-devant duquel étoient deux lions de bronze, cha- 
cun placé sur un piédestal , l’un tenant les armes de 
Gruthuyse, et l’autre celles de sa femme, étoit en 
marbre noir, et les figures dont il étoit orné, en 
cuivre jaune. 

O11 y voit ce noble Flamand couvert de son armure 
et décoré du collier de l’ordre de la Toison-d’Or, 
ayant les mains jointes , la tête posée sur un coussin, 
et les pieds appuyés contre un lion , couché tout de 
son long, à côté de sa femme, dans la même posi- 
tion , h chacune des deux extrémités d’une voûte 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 39 

formée de huit arcades en ogive et soutenue par neuf 
colonnes en bronzé cannelées. On avoit placé un 
ange à la tête et un autre aux pieds de ces deux 
figures. Le premier portoit le casque de Gruthuyse, 
son cimier et l’écu de ses armes, entouré de son 
. collier, et surmonté de son chiffre ; l’autre teuoit 
une croix et les mêmes armes , mais sans déco- 
ration. 

Au milieu d’une autre enceipte de colonnes d’or- 
dre different, et qui supportoient le monument, se 
voyoit représenté en pierre blanche, de grandeur 
naturelle, un homme couché, dont le corps étoit 
rongé par les vers; c’étoit vraisemblablement le père 
de Gruthuyse, ou un de ses ancêtres dont il aura fait 
détruire l’ancien tombeau, pour y élever le nouveau. 
Sur celui-ci se lisoient les deux épitaphes suivantes : 

« Hier light hooghe ende mogende heere rn’er 
« Lodewyck van Brugghe , heer vau Gruuthuuse , 

« grave van Wincestre , prince van Steeuhuuse , etc., 

« eersten camerlinck van onscn geduchtigen heere 
« en rudder van der ordcne, ende in synen tydt 
« gouuerneur general van Hollandt , Zeelant ende 
« Vriesland ende rudder van eeren van onse ge- 
« duchtige et vramve Marie , die starf in ’t jaer 
« M. vierhundert xcij , den xxvj van nouembre. » 

« Hier light vrauwe Marguriete van Borssele, ge- 
« selnede van myn heere booven genoemt, dochter * 
« van myn heer Hendrick van Borssele,. heere van 




t 



4o RECHERCHES ■ 

« Vere , grave van Granpré , die starf in ’t jaer 
« duysent V tien de» 25 dag van ougst, godt hebbe 
« de zielen. » 

C’est-à-dire , 

« Ci-git haut et puissant seigneur messire Louis 
« de Bruges, seigneur de Gruuthuuse, comte de 
« Wincestre, prince de Steenhuyse, etc., premiee 
« chambellan de notre redouté souverain , et cheva- 
« lier de l’ordre , et en son vivant gouverneur géné- 
« ral de Hollande, Zeelande et Frise, et chevalier 
« d’honneur de notre redoutée dame Marie, lequel 
n mourut en l’an mil quatre cent quatre-vingt douze, 
« le 26 de novembre. » 

« Ci-git dame Marguerite de Borssele, femme de 
a mondit seigneur, fille de monseigneur Henri de 
.1 Borssele , seigneur de la Vere , comte de Grandpré, 
« laquelle mourut en l’an mil cinq cent dix , le a 5 * 
« jour d'aoftt. >1 

« Dieu veuille avoir leur âme. » 

La devise de Gruthuyse : Plus est en vous , en 
flamand meer es in u, acconipagnoit ces inscriptions. 
11 se plaisoit à marquer de cette devise 'tout ce <pii 
lui appartenoit, et ce qui étoit à son usage. •’ 

Si l’.on peut s’en rapporter à une tradition popu- 
, Faire , il la prit à l’occasion d’une demande qu’il 
adressa à PJhilippe-le-Bon , qui lui répondit par ces 



« • 

i 




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SUR LOUIS DE BRUGES. 



4 < 

mots, voulant ainsi lui faire entendre que la grAce 
ou la faveur qu’il sollicitoit, étoit autant et peut-être 
plus en son pouvoir qu’cn celui de son prince ; mais 
il vaut mieux noire que cette devise étoit un effet 
de l’extrême modestie de Gruthuyse. 

Dans son ouvrage intitulé Description des Plans 
de la ville de. Bruges , pl. 20 , M. Rudd a fait graver 
ce tombeau avec la plupart de ses détails, d’après un * 
dessin exact qu’en avoit fait prendre M. van Heurne, 
au moment où on alloit le détruire. 

j 

Gruthuyse portoit aux 1 et 4 d'or, à la croix de 
sable, qui est Gruthuyse, aux 2 eC5 de gueules au 
sautoir d’argent, qui est van der Aa. Son cimier 
étoit un bouc ou capricorne issant de sable, accollé 
d’azur et accomé d'or dans un vol d’hermine de trois 
rangs. Ses supports étoient deux licornes. 

On lie sait pourquoi il accompagna , dans la suite, 
son énisson de deux mortiers posés sur leur affût , 
et lançant une bombe qui s’enflamme, t 

Cette machine de guerre , connue d’abord sous le 
nom de bombarde , et le projectile sous celui A' engin 
volant , paroir avoir été employée pour la première 
fois au siège de Bordeaux, en i45a. 

Sa maison , qui fut coustruite après le milieu du 
quinzième siècle, se trouve également gravée dans 
le tome II, p. 148 , du Flandria illustrata , de 
Sanderus. C etoit un des plus beaux et des plus vastes 
hôtels qu'il y eût alors. La décoration de l'intérieur,, 
dont on voyoit encore quelques restes il y a une 



4i RECHERCHES SUR LOUIS DE BRUGES, 
cinquantaine d'années, en faisoil un palais magni- 
fique. 11 est bâti en briques rouges , sur un canal , 
vis-à-vis d’un pont appelé Gruthuyse-Brugge , et 
communique par une tribune à l’église de Notre- 
Dame (iio). Le terrain des jardins qui en dépen- 
doient est maintenant couvert de maisons particu- 
lières; et on a établi dans cet hôtel depuis 1628, 
un Mont-de-Piété. 

Quoique M. Moke ait fait, de Louis de Bruges, le 
principal personnage d'un roman <pii a eu quelque 
succès, intitulé le Gueux de mer, ou la Belgique 
sous le duc d'Albe , Paris, 1827, 2 vol. in-12, les 
faits qu’on y raconte sont tout-à-fait étrangers à ce 
seigneur, ainsi qu’au siècle où il a vécu. 





* 



GENEALOGIE 



DES 



SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 



La généalogie que nous donnons ici a été dressée 
d’après cinq autres, plus ou moins complètes, de la 
famille de la Gruthuyse. Nous les ayons trouvées : 
i *. Dans un beau manuscrit du dix-septième siècle, 
rempli de blasons enluminés, et de généalogies, pour 
la plupart relatives aux grandes familles des Pays- 
Bas, et qui a passé de la bibliothèque de d’Hozier 
dans celle du Roi. 

2 °. Davis le tome 11 , page 1 1 o , des Trophées du 
Brabant, par Butkens, où l’on trouve aussi les gé- 
néalogies des van der Aa et de Grimberge ou Grim- 
berghe, dont un descendant épousa, au treizième 
siècle, l’héritière de la Gruthuyse. 

3”. Parmi les généalogies de Scohier, conservées 
à la bibliothèque du Roi. 

Feu M. le comte de Peelaert, de Bruges, nous en 
a communiqué une autre qu’il avoit tirée d’un ma- 
nuscrit contenant plusieurs généalogies d’anciennes 
familles de Flandre ; elle est plus détaillée et moins 
fautive que celles dont nous venons de parler. Notre 



44 GÊNÉALOjBfi 

travail s’cst donc borne à comparer entre elles ces 
différentes généalogies, à les corriger les nues par les 
autres, et à nous montrer, autant que cela nous a 
été possible, plus exact que nos prédécesseurs. Nous 
y avons fait entrer des faits et des détails de mœurs 
qui n'ont pu trouver place (Lins ces Recherches; 
peut-être rachèteront -ils la sécheresse inséparable 
de ces sortes de dénombremens. 

La famille de la Gruthuyse , dite de Bruges , qui 
lire son origine des anciens châtelains de cette ville, 
et dont le premier connu, Érembold, suivit le comte 
Robert dans son voyage à Jérusalem en 1 096 , por- 
toit, dans le principe, d’or à la croix de sable; et 
depuis qu'elle s’étoit alliée à celle de van der Aa , elle 
écartcloit aux 1 et 4 de Gruthuyse , aux 3 et 3 de 
gueules, au sautoir d’argent, qui est van der Aa. 

O11 n'a pu jusqu’ici découvrir la filiation des in- 
dividus de cette famille qui suivent , et dont il est 
fait mention par plusieurs historiens. 

1 °. Henri de Bruges XI”, échevin du premier banc 
de la Keure de Gand en 1 3 o 5 , rapjvorté par de l’Es- 
pinoy. ( Recherche de l'antiquité des familles de 
Flandre, p. 353 .) 

3 0 . Catherine de Bruges de la Gruthuyse , pre- 
mière femme de Guy de Ghistelles , chevalier, sei- 
gneur de Lacque (Lacken) en i 38 o (le P. Anselme, 
t. I, p. 161); et Recueil généalogique des Familles 
originaires des Pays-Ras, 1775, in-8°, p. 161. 

Le manuscrit d’Hozier (p. 45 ) ne parle que de la 



DES SEIGNEURS DE f.A GRUTHUYSE. 45 
seconde femme de ce Guy, seigneur de Lacken , mort 
en <4^9, laquelle étoit Agnès de Barlaimont, fille 
de sire de Ville, morte le 10 septembre 1429 , et en- 
terrée à Sainte-Catherine-lez-Bruges. ( liée., ibid.) 

Le manuscrit de M. de Peelaert dit rpie Catherine 
de Bruges mourut religieuse de Sainte-Clair», le 
14 décembre i34a, et qu'elle avoit épousé ^Jean , 
sire d’Axele , chevalier. 

3°. Lysbette de Gruthuyse, femme de lluygens 
de Zieremlieke, fille de Guy d’Oyenberghe, en i355, 
et de Lysbette, fille de lluygens de ZieremKeke. 
Celle-ci recueillit la succession de son père en 1416 , 
et eut quelques contestations avec sa mère, au sujet 
d’une rente viagère. ( De l'Espinoy, p. 274 *) 

4°. Marie, fille de messire Guildolf de Bruges, 
laquelle épousa par traité, en janvier 14 %, Olivier 
d’Asschove, sire de Malines. Les aimes de celui-ci 
étoient un lion. (Ms. de M. de Peelaert.) 

5°. Léon, bâtard de la Gruthuyse, qui épousa, 
vers i348, Ligarde Cortschoof, fille de Colard, 
bourguemestre de Bruges. (Mss. particuliers de 
M. de Peelaert.) 

6°. N. de la Gruthuyse, qui épousa Sohier de 
Dudzeele , fille de Baudouin , sire dudit lieu , et de 
Marie de Bailleul, vers i363, dont un enfant. 

( Ibid. ) 



46 GÉNÉALOGIE , 

I. LAMBERT DE BRUGES , sire de la Gruthuyse, 

chevalier, nommé en ia 5 o, et mentionné, en 
1 248, en un registre de Saint-Donat , à Bruges. 

Femme N. 

1 . Guildolf, qui suit : 

* 2. Guillaume. 

II. GUIDOLF ou GUILDOLF, sire de là Gruthuyse, 
vers l’an 1248. Sanderus ( Fland . ill., lom. II, 
."p. 17) a trouvé mentionné, dans les archives 
des Dominicains de Bruges, un miles du nom 
de Guidolf. 

A s 

Femme. Gisele ou Ghiselle. Le manuscrit 
d’Hozier la dit fille du sire de Ghistelle. Scho- 
hier l’appelle Marguerite, fille de Jean, seigueur 

de Ghistelles, lequel mourut l'an I2i3. 

. # \ 

1. Guildolf, qui suit : 

2. Jean, qui suit après son frère, art. IV. 

3. Jeanne, qui épousa Jean de Ghistelles, 
sire de Formizeele, Motte, etc. , mort en 
1 3 1 5 , grand-chambellan de Flandre, fils 
de Jean et de Marguerite de Formizeele. 

4 - Marie , qui épousa messire Gérard de 
Halewin , sire de Lichtervelde et de Moii- 
net, dont il n’est fait nulle part mention, 
ni dans le Ms. d’Hozier ni dans le P. An- 
selme (tom. 111, p. go8). 



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\ 



DES SEIGNEURS DE LA GULTHUYSE. 47 
5 . Marguerite, qui, selon le Ms. d’Hozier, 
épousa Roland, seigneur de Halewyn et 
» d’Uytkerke. 

III. GELDOLF ou GUILDOLF DE BRUGES, sire 
de la Gruthuyse , châtelain de Bruges, vivant 
en 1382, suivant d’Hozier, et aussi en 1282, 
suivant le Ms. de M. de Peelaert , et signant , 
au rapport de Beaucourt ( Jaerboeken van 
den Frye , p. 146)-, avec d’autres seigneurs 
un acte daté du i 3 juin 1292, où il prend le 
nom de Guildolf , sire de la Gruthus de Bruges. 

Femme. Gertrude, fille du sire d’Assche, en 
Brabant. 

Anne de Bruges, suivant le Ms. de M. de 
Peelaert; et, suivant Butkens, Catherine, 
héritière de la Gruthuyse. Elle épousa Gé- 
rard d’Aa, chevalier, sire de Grimberghe, 
dont la postérité , art. V. 

IV. JEAN DE BRUGES, sire de la Gruthuyse, 
‘frère de Guildolf ci-dessus , art. III. 

Femme. Marcuerite de Ghistelle , fille de 
Jean II du nom, sire de Ghistelle, mort en 
1257, selon l’auteur du Recueil général des 
Familles des Pays-Bas , 1775, in-8. tom. II, 
p. i 55 , et en 1289, gisant au champ de Ghis- 
telle, selon le Ms. d’Hozier, p. 45 , qui nomme * 
cette fille Jeanne, et d’Isabeau de la Woestine 



48 GÉNÉALOGIE 

el de Formizecle, suivant le Recueil général 
( lbiil. ) , laquelle, dit le Ms. d’Hozier, renonça 
au douaire auquel elle pouvoit prétendre sur la 
terre de la Motte , tenue du sire d’Armentières, 
au profit de Gautier de Ghistelles , son fils 
mainé, suivant lettres datées de i3o8., 

i. Jean de Bruges, sire de la Gnithuyse, 
qui épousa la fille de Percherai de la Woes- 
tyne, sire de Knessclacr, sans enfnus. 
a. Marguerite de Bruges. 

Y. GÉRARD VAN DKR AA ou D’AA, fait che- 
valier à la bataille de Woeringe en 1 288, men- 
tionné en 1 281 , 1 387, 1 29g, 1 534, 1 35g ( Table 
des Monumens anciens , de M. de Saint-Ge- 
nois, p. g), mentionné sire de Grimberghe en 
1392 et 1297 (Butkens, tom. Il, p. 110; et 
Miræus (Lamire), Donal. bel g. , lib. 4, p- 256), 
porte de gueules au sautoir d’argent. 

Femme. Anne ou Catherine de Brug^, héri- 
tière de Gruthuyse. . - 

1 . Jean , qui suit : 

2. Gérard d’Aa, sire de Grimberghe, qui 
épousa Isabeau van Leefdacle, veuve de 
Willaume, sire de Petcrshem , chevalier, 

» vivant en i3oa ( Recueil gén. , tom. I, 

p. 326), el qui étoit mort en 1 347* (But- 
kens, tom. Il, p. 1 10.) 



DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 4., 
yi. JEAN D’AA, premier du nom, sire de Grim- 
berghe et de la Gruthuyse, en i 322 , i32g, 
i 336 , 1359, et mort vers i 36 o. 

Il signa le 5 décembre i33q, à Garni, avec 
un grand nombre d’autres seigneurs flamands, 
un traité d'alliance et d’assistance entre le duc 
de Brabant et le comte de Flandre ( Saint-Gé- 
nois , p. ao 5 , et C/irnn. van Flaetul., tom. II, 
p. 1 15 ). Il est mentionné par Miræus ( Donal . 
belg., p. a 56 ) en i 35 o, et par Rutkens (tom. II, 
p. 108) le 3 février et le i* r octobre i 555 . 
Beaucourt (Jaerboeken van den k ijen, t. III, 
p. 147) a trouvé dans un manuscrit l’énumé- 
ration de ses fiefs, faite au bourg de Bruges, 
en i55i. 

A son mariage il reçut de la ville de Bruges, 
pour présent de noces , une coupe pesant sept 
marcs, lacptelle fut payée , suivant les comptes 
de la ville de 1367 à i 368 , fol. 77, la somme 

de 6 livres de gros, ou 72 livres parisis. 

% 

1. Femme. La fille de Jean de Steelandt, sei- 

gneur de Lophem, dont il eut Jean, suivant 
Sanderus (tom. II, p. 17), qui épousa Isabelle, 
dame d’Agimont , Aishove et Herines , et que 
Puteanus ( Prœlium IVoering., p. 106), fait 
vivre en i 384 - ' ♦ 

2. Marguerite de Dutzeele, vers i 36 o, fille de » 
Baudouin , sire dudit lieu , et de Marie de Bail- 



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♦ » 



5„ GÉNÉALOGIE 

leul , moi te le 5 mars 1 565 , et enterrée à 
Dutzeele (Sanderus, tom. II, p. 218). Elle por- 

toit d’argent au chevron de gueules. 

* 

1 . Jean d’Aa , qui suit. 

2. Marguerite. Butkens (tom. Il, p. 111) 
et La Morlicre [Hcr., p. 72) la nomment 
Marie. Le P. Anselme T^tom. III, p. 508) 
lui donne pour mère Beatrix de Grimbcr- 
ghe. Elle épousa Roland, fils de Hugues, 
sire de Halewyu , Watervliet, etc., gou- 
verneur, suivant le même, de Rotliel , et 
décapité à Gand, par les mutins, et d’Isa- 
beau, dame d’Uytkerke. Les Mss. d’Ho- 
zier et de M. de Peelaert n’en font nulle 
mention. 

5 . Jeanne de la Gruthuyse, qui épousa, 
vers 1076, Gilles Hosle (Ms. Peelaert), fils 
de Jean et de Marie Vande Walle , sans 
enfans. 

VII. JEAN D’AA, deuxième du nom, chevalier, 
sire de Gruthuyse et de Grimberghe, drossaert 
de Brabant, nommé en 1574» 1 576, 1578. 

1. Femme. Isabelle de Looz, fille de Jean de 
Looz, sire d’Agimont, Walhain , et d’Isabelle 
de Gavre, dame d’Aishove, Herines, en 1572, 
r 576, héritière de Bruglettes, et veuve du sire 
de Roohefort , fils de Thierry et de la fille 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 5, 
Haneffe. Butkens la donné pour la première 
femme de Jean III son fils. 

1. Jeanne d’Aa, dame de Grimbei-ghe, en 
partie , et Wnlhain , qui épousa Henri de 
lîautershem , sire de Berghes-sur-le-Zoom, 
veuf en 1408, mort en 1418. 

2. Jean, qui suit. 

5 . Roland de la Gruthuyse, tué à la ba- 
taille d’Azincourt, en 1 4* 5 (Chron. van 
Vlaend. , tom. II, p. 175), qui épousa 
Catherine Trions, dame de Stoxeghem 
( Sotteghem ou Stockera ) , sans hoirs. 
( Registre des Parchons de Gand , l’an 
1414, fol. 47.) 

4. Agnès de la Gruthuyse, dame de Heers, 
Walbrugghe, Schothoucke. Butkens la dit 
fille d’une seconde femme de Jean III, et 
morte en couches d’un fils de Jean Vilain , 
sire de Hase. 

Meyer (fol. 292, verso) parle d’Agnès de la 
Gruthuyse comme ayant rendu de grands 
services aux trente-sept Picards faits pri- 
sonniers sur les insurgés contre Philippe- 
le-Bon, en juin 1437, et que les mutins, 
le 1 3 février de l’année suivante, renvoyè- 
rent au prince pour le fléchir et en obte- 
nir leur pardon. 

5 . Guildolf de la Gruthuyse. 



* 



r>-_. GÉNÉALOGIE • 

6. Catherine de la Gruthuyse , chanoi- 
nesse de Nivplle, inconnue à Butkens. 

■ . 

2 . Femme.- M arie de Ghisteu.es. Butkens lui 

Sf , V. 

donne pour seconde femme Agnès de Mortagne, 
oui étoit celle de son fils, Jean III. 

VIII. JEAN D’AA, troisième du nom, sire de la 

, 'w .« » 

Gruthuyse , prend le nom, et armés de Bruges 
écartelées d’Aa , par traité du 25 janvier 1589. 

Femme. Agnès de Mortagne, dame d’Espières, 
en flamand Spiere, veuve de Gérard de Ha- 
lewyn , chevalier, sire de Lichtcrvelde et du 
Molinet , fils de Daniel , et fille de messire 
Alard, sire dudit lieu, et d’Anne de le Watines. 

Jean de la Gruthuyse épousa Agnès de Mortagne le 18 mars 
i 38 g. Sanderus ( Flâne/ tom. Il, p. 18) dit, par erreur, en 
1437. Le Carpentier (tom. IL, p. 8 1 4 ) 1 “ dit femme du châ- 
telain de Fumes. Elle mourut le a 3 juillet i 438 , d’après l’épi- 
taphe suivante , qui se lisoit sur son tombeau , aux Carmes 
chaussés , à Bruges, 
s 

• Hier vooren ligghet begraven Agnes van Mortaignen, vrauwe van 
« den Gruuthuuse, emle van Spire, die slarf in ’t iaer « ccce xxxvm 
• den 111 daghc in Hoymaendt. » (98) 

l 

Son père étoit Jean , sire d’Espières, et sa mère, Agnès, fille 
* de Baudouin de Pennes ( Piennes) , et d’Alix de Créquy ( Le Car- 
pentier, tom. II, p. 812). Son grand-père , Éverard ou Gérard 
Radoul , sire de Mortagne , mourut en 1 3 gi , et fut enterré avec 
grande pompe à l’abbaye de Saint-Martin de Tournai , dans un 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 53 
lumbeau où un seigneur de Mortagne étoit déjà enterré. On y 
lisoit les deux épitaphes que voici : 

i. « Chy gist Gérart de Mortaigne, dit dTspieres, chevaliers, sires 
• de Ka urines , k y trespassa lan de grasse i3qt t le jour du mois de 
« julet. Priez adieu pour same. » 

a. « Chy gist Marie de Warison, veufve de feu noble homme Mgr. 
« de Caurines, qui trespassa lan de grasse i4»8, le xi* jour de sep- 
« tembre. Priez pour same. » 

Il sera question du cérémonial qui frit observé k 
l’enterrement de Gérard de Mortagne , dans la Notice 
des manuscrits de la bibliothèque de Louis de la 
Gruthuyse^ son arrière-petit-fils, et qui possédoit 
un manuscrit où sont rapportés les détails de cet 
enterrement. „ 

1 . Jean de Bruges , quatrième du nom , qui 
suit. ' 

2. Catherine de Bruges, dite de la Gru- 
thuyse, qui épousa Henri, sire de Wasse- 
naere, vicomte de Leyde, qui mourut en 
1447. Elle - , en 1460. (Butkens, p.- 1 1 1.) 

3. Jeanne d’Aa, de la Gruthuyse, dame de 

Grimberghe, fille aînée, qui épousa Henri 
de Bautershem, chevalier, sire de Berghès- 
sur-le-Zoom. • 



IX. GUILDOLF DE LA GRUTHUYSE, sire de 
Proorslé , chevalier, bailli de Tenremonde, 

*378, puis d’Alost, i 385 . Porte brisé de Ghis- r 

telles sur le tout. y 

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54 GÉNÉALOGIE 

* i •«. 

Femme. Catherine de Kehpb (Butk.), Cremps, 
dame de Wellecomme, Piemies, fille (Bulkens, 
veuve) de Jean de La Haye (van der Haghe), 
par traité , 1406. 

Il est probable que c’étoit au faiseur de la 
grate (grute maker ) que cette dame, et peut- 
être pendant son veuvage, que la ville de Bruges, 
- suivant ses comptes de 1417 à 1418, de 1418 
v h 1419, et de 1420 à 1431, paya dilférens sa- 
laires qui lui étoient dus. 

1. Catherine df. la Gruthuyse, Au épousa, 
vers 1 334 , messire Jean , sire d’ Axcles , 
décédé en 1342 , gisant à Saintf Claire-lez- 
Gand, fils de Philippe, sire d’Axeles, et 
de N. de Steelandt. 

Louis, bâtard de la Gruthuyse, procréé 
d'Agnès van Toi re. Jieg. des Parchons.) 

femme, i4>3. Licarde de Cortschoof, 
fille de Colard. IJlid.) 

1. Ligarde de la Gruthuyse, qui épousa, 
vers 1 an i 4 2 4 > Jacques van den Heede 
(Ibid.), fils de Louis et de Catherine 
de Burcq , et qui eut, de Claire Lauwe- 
reyns , morte le 1 8 septembre 1 529 , 
* _ » François van den Heede , vicomte de 
Vive-Saint- Éloy., seigneur de Negre- 
putte, mort le 37 mai 1537. ( Dict . de 
la Noblesse, tom. XJV, p. 376.) 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHllYSE. 55 
<a. Alix de i.a Gruthuyse, qui épousa 
Alexandre Schotte (Reg. des Parc/tons), 
dont Marguerite de la Gruthuyse, qui 
épousa Pierre van den Woestyne, dont 
enfant. (Ibid.) 

JEAN DE BRUGES , quatrième du nom , che- 

d’Espières , Oosl- 
camp, Tliielt, Avelghem , etc. , grand-vgneur de 
Flandre, i 582, capitaine du château de Lille. 
c i 

Des malveillans avant répandu, à Lille, des lettres anonymes, 
en flamand et en françois , dans lesquelles on accusoit Jean de 
la Gruthuyse de trahir Louis, eomte de Flandre, qu'on avertis* 
soit de se tenir sur ses gardes, ce seigneur s’empressa d’aller 
trouver son souverain, cl pour garans de sa lidélité, de mettre 
à sa discrétion , en présence d’un grand nombre de chevaliers et 
d’écuyers du pays de Flandre, sa personne et tous ses biens. 
Pleinement satisfait de cette démarche , le comte adressa au 
Magistral de Bruges, des lettres patentes datées du i4 juin i383, 
pour l’avertir du délit dont s’éloient rendus coupables des mal- 
veillaus envers son fidèle chevalier et conseiller, le seigneur de 
la Gruthuyse , et pour déclarer qu’il le regardoit , et qu’ou devoit 
le regarder, "comme un loyal chevalier, tel qu’il avoit tou- 
jours été. 

Voici la teneur de ces lettres, dont l’original en parchemin 
nous appartient. 

« Wy Lodewyc grave van Vlaenderen, hertoghe van Brabant, 
graue van Artois endc van Bourgocngiieu , Palatin , here vau 
Salins , grave van Nevers , van Rethei code liere van Machline , 
doen te wetenc allen lieden dat ousen gheminden capiteiu , 
bailliu, seouteten onde goeden liedea gheineenlike van onser 
«tede van Brugghe ende clkeu zouderlingen wien onse présente 



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I 



4 



il 






56 GÉNÉALOGIE 

letteren ghetoocbt worden saluut : Vte dieu dat ghisteren 
tilcke vele brievcn vonden waren ghestroyt bineu onscr stedc " 

van Rysselc, inhoudende ende gbescreven an dcene aide aldus in 
walssche : Conte de Flandres, wardez-vous bien ; le sire de Gmu- 
t bu use vous a trahit, ende an dandre zide aldus in vlacmsche, 
de herc vpn den Gruuthuse heeft verraden den grave van Vlaen- •* 
demi , ende oui dat nien nict gheweten can wie de vorseido 
brieven ghestroyt oft ghemnect mach hebben , ende wel te pein- 
sene es dat de zaken ghedaen zyn vte nide ende qunder aerthe- 
deu di«‘ yement ghepeinst heeft op onser ghetrauwen niddre 
ende raed den here van den Gruuthuse vorseit , so eist dat onse 
vorsede getrauwc ruddre voor ons gecommeu es , in de pres- 
sentie van vele vreroden ruddren , ende andren ruddren ende 
knapen van onsen lande van vlaendren , ende heeft ghepre- 
senteert zyn lyf ende goed in honsen handen ; zegghcnde eist 
yement wie hi z y 11 te ghesteken segheren van Rysele of audre 
meulemakers ons contrarie wesende ende mainteneren wille ^ 
dat hi eneglie zaken van aertheden of verranessen ieghen ons 
of eneghen andren herc ghedaen zoude hebben dat wille hi 
ende es vulvaerdich te verandwordene met sinen liue als een 
goed ende ghetrauwe niddre sculdiçh es te doene. Eist voor 
ons of elrc in wics lien hove dat zy vte ghesteken uns of yement 
van onsen bloede, ende waert dat yement van onsen hlnede, de 
saken vors’ op hem mainteneren wilde. Daerof stelt hi hem ter 
ordenaneheu van ons. Supplyerende oinoedelike dat wy de 
vorseide presentatie ontfaen wilden ende die in ghedinkenesse 
houden , want hi die altoos bereet ware te volcommene ende 
daertoe te doene al dat een goed ende ghetrauwe ruddre sculdich 
es te doene also vors* es, Wy anziende de ghewilleghe pre- 
sentatie voorseidt bi onsen vors’ ruddre voor ons ghedaen, in 
de presentie van den ruddren ende knapen vors ’ ende ooc 
ghemact dat wine altoos goed ende ghetrauwe tonswaert von- 
den hebben Zonder eneghc faute, houden onsen vorsciden rud- 
dre vau den zaken vors ' over ouseuldich , euenverre dat in ons 






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57 



DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 

enware dat yement qualité die hem o|> de zakeu vors’ voor ons 
of elrc alsoo hehoerde anspreken wilden, Iwelke bi allons bereert 
es te vernndwoordenc alsoo vors ’ es bi den oorconscepc hier 
af van dese van onser lellcren gbeseghelt met onsen zegbclc, 
ghegheuen te Ryssele den xxiiij dach van wedemaend inl jaer 
ons heren h. ccc. drie en tachlentich. » 



* 



Meyer (fol. 168, verso) fait mention , à Tannée 1377, d’une 
réconciliation qui eut lieu par la médiation de la vertueuse Mar- 
guerite de France, fille de Ph»lippe-le-Long, et mère de Louis 
de Mâle, comte de Flandre, entre Geldolphe de Gmthuyse, le 
seigneur de Gruthuyse (vraisemblablement Jean son frère, dont 
il est ici question) et la famille de ces deux seigneurs, et entre 
Jean Bonin ou Bovin, seigneur de Meulenbeke , d'une famille 
puissante et hautaine et ses proches parens. Ces deux familles 
se portoient une haine qui alloit nôn seulement jusqu’aux pro- 
vocations, mais tournoit souvent en rixes. Meyer ne rapporte* 
ni le motif ni Forigine de cette animosité. Il ajoute simplement 
que Jean, seigneur de Ghistelles, chevalier, sans doute Jean IV 
du nom , dit le grand Dnigt, «voit pris parti dans cette querelle 
pour les Gruthuyse. 

Jean de la Gruthuyse étoit bailli d’ Y près en i 383 (Sanderus, 
ton». II, p.‘ 268). La niéme année, lui et Jean de Ghistelles, 
gouverneur de Bruges , signent la paix faite avec les Gantois 
( Idem , tom. II , p. 25 1 ). Aux obsèques de Louis de Male, mort 
le 6 janvier 1 384 •* ce f' 1 * ^ Ul T 11 * P ort: ‘ Técu de Philippe de Bour- 
gogne, qui avoit épousé Marguerite, fille unique et héritière de 
Louis. Le 3 i mars 1392, et non en i382, ainsi que le dit San- 
derus ( ibid. ) , il ^(p rendit sur le grand marché de la ville de 
Bruges, à la tète de cinquante chevaliers, pour combattre Wol- 
fart , seigneur de Ghistelles , qui Tattendoit au même lieu avec 
un égal nombre de chevaliers. Ce tournoi est représenté , avec 
tous ses détails, dans un très beau manuscrit, dont nous aurons 
'occasion de parler au long, parla suite. 



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4 



4 * 



58 ^ GÉNÉALOGIE 

Oïl le voit, en i 3 q 5 , conseiller de Philippe-le-Hardi , 
de. Bourgogne ( Mém . pour servir à F Hist . Je France , Paris, 
172g, ia-* 4 % toni. I, p. i 4 ). A la même époque, le duc de 
Bourgogne , qyi envoie une armée commandée j>ar son fils Jean, # 
comte de Nevers, au secours du roi de Hongrie, en guerre avec 
les Turcs, confie à Gruthuyse le pennon, ou bannière ^de cette 
armée. ( fd. , ibid. ) . 

Les Brugcois partent, en i 436 , au nombre de quatre ceut 
cinquante, pour Calais, dont leur prince faisoit le siège, et lui 
laissent le gouvernement dedeur ville {Ann. de Bruges , tom. II, 
p. 23 ); mais' il se démet, au bout de quelque temps, de cette 
fonction ( Tableau , tom. lî, p. 64 ; de l’Espinoy, p. 168; Chron. 
van rugw. , tom. II, p. 249), après avoir inutilement tenté 
de ramener par la persuasion et la douceur le peuple mutiné qui 
venoit de massacrer, sous ses yeux , l’écoutète Eustache Brix. 

Le 21 septembre ce même peuple le supplie, de concert avec 
le.bourguemestre de la commune Louis van de Walle, et un 
dominicain , docteur en théologie , nommé Antoine Coen , de 
porter nu l'ointe des paroles de paix , et d’en obtenir le pardon 
de sa révolte (Meyer, fol. 286, verso ; Chron. van Vlacn., tom. II, 
p. 2 . 5 1 ). A force d’instances auprès du prince, il parvient à tout 
arranger, au gré de celui-ci, et à la satisfaction du peuple. 

( Exceil . chron., fol. lxxxviij , recto.) ' * 

II est nommé, en la même année i 436 , un des commissaires 
chargés de renouveler le Magistrat de Bruges (Sand., tom. II, 
p. 26). La meme commission lui est encore donnée le 7 avril 
i 438 [Exceil. Chron. , fol. xcix , verso). 1 Enfin, on le trouve 
parmi les confrères de l’archi-confrérie de Saint-Georges , dite 
ides Arbalétriers , dans le registre des réceptions, commencé eu 
1437. ( Jaerb., p. 184.) 

Femme. Marguerite, princesse de Steenhuyse 
■ et dame d’Avelghem ,, l’an 1 4 1 5 , (ille et héri- 




DES SEIGNEURS DK LA GRUTHUYSE. 5<> 
tière de Félix, prince de Steenhuyse, grand- 
hailli de Flandre, mort vers 1424, et de Mar- 
guerite de Stavele, fille de messire Guillaume, 
vicomte de Furnes, et de Marguerite, dame 
d’Isenghien. Félix étoit fils de Gérard , mort 
vers 1379, qui étoit fils de Halcard, vers i3oo. 
(Van Ghistel, Hist. arc/i. Mechel., tom. II, 
p. 229; de l’Espinoy, p. 86.) 

1. Louis de Bruges, sire de la Gruthuyse, 
qui suit : 

2. Louise , qui épousa Louis de Flandre , 
chevalier, sire van Praet et de la Woes- 
tyne , Ommelé (Omezée) Beveren, lils«dc 
Jean et de Jeanne de Reyghersvliet , et qui 
fut aussi gouverneur de Hollande, et des- 
cendoit d’un bâtard de Louis de Mâle, en 
1 38 1 . File mourut le jour de la Saint-Bar- 
thélemi 1488, et gît à Altre, devant le 
maître r autel. 

3 . Jeanne de Bruges, dite de la Gruthuyse, 
qui épousa à Bruges, en i 455 , Jean de 
Ghistelles, chevalier , sire d’Esclebeke , 
grand-veneur de Flandre, au rapport du 
P. Anselme (tom. 111 , p. 913). 

4. Catherine de Bruges, morte en 1460, 
qui épousa Henri, baron de Wassenaerc, 
mort en i 44 - 7 > suivant le Ms. d'Hozier 
(pages 147 et 160). Butkens la dit sœur, 
au lieu «le fille, de Jean IV. 



n 



tio GÉNÉALOGIE 

5. Marguerite, dans Butkens; inconnue au 
généalogiste de M. de Peelaert, et ne se 
trouve point dans le Ms. d'Hozicr ; elle 
épousa en i 456, suivant un autre Ms. de 
M. de Peelaert, Pierre van den Woestyne, 
fils de Pierre et d’Isabelle Coenc. 

6. Isabeau , religieuse à Galilée, à Gand, 
morte en 1491 - Dans Butkens, niais in- 
connue aux auteurs des Mss. d’Hozier et 
de Peelaert . 

XJ. LOUIS DE BRUGES , seigneur de la Gru- 
thuyse, prince de Steenhuyse, seigneur d’Avel- 
ghem, Hainste, Oostcamp, Beveren, Thielt ten 
Hove, Espières, comte de Wincester, chevalier 
de l’ordre de la Toison-d’Or, marié, suivant 
Butkens, en i 465, mais plutôt en 1 z*55 ; autre- 
ment son fils Jean n’eût eu qu’environ treize 
ans lorsqu’il fut fait prisonnier à la bataille de 
Guinegate, mort en 149 a : c’est lui qui est 
l’objet de ces Recherches. 

Femme. Marguerite (Sanderus l’appelle, par 
erreur, Jeanne ; et Butkens, Marie) de Borssele, 
fille de Henri de Borssele , comte de Grandpré , 
seigneur de la Veere, Vlissingue, Westcapelle, 
Domburg, etc., chevalier de la Toison-d’Or, 
gouverneur de Hollande, mort en «474» et de 
Jeanne de Halewyn, fille d’Olivier, troisième 



.* 



DES SE 1 GWEURS DE LA GRUTHUYSE. 61 
fils de Roland , et de Marguerite de Bruges. 
Elle mourut en i5io. 

Suivant les comptes de la ville de Bruges, de 
1489 à i49°> fol. >68, il lui est donné par la 
ville 5 livres de gros, pour êti-e distribuées par 
elle en aumônes. Aux mêmes comptes, on lui . 
paie 4 livres de gros, somme qui lui est allouée 
tous les ans pour ses épingles; et , chose remar- 
quable, c’est qu'011 lui donne le titre de Mer 
( Mess ire ) comme à un seigneur. 

Voici ce qu’on y lit : 

« Bctaelt mer vrouwe van den Gruutliuusc 
ter cause van hueren spelle ghelde dat zoe jaer- 
licx heeft van den Gruute mynen heere van 
den Gruutliuuse toebehoorende, die dese stede 
Jaerlicx hem in pachte heeft, en dit van eenen 
jaer ghcvalle, iiij. liv. gr. » 

Nous devons cet extrait et quelques autres 
des mêmes comptes , à la complaisance de 
M. Scourion , bibliothécaire de la ville de 
Bruges. 

1. Jean, sixième du nom, qui suit. 

a. Marguerite de Bruges, dite de la Gru- 
thuyse, morte sans avoir été mariée, gît 
à Caubcrghe, à Bruxelles. 

3. Louis de la Gruthuyse, sire d’Espières, 
mort , ayant toujours gardé le célibat , le 
5 janvier 1461 , gît à Oostcamp. Inconnu 
à d’Hozier et à Butkens. * 



67. GÉNÉALOGIE • 

4 - JeInne de la Gruthuyse , qui épousa 
Jacques II, comte de Hornes, seigneur 
d’Altena, en Hollande. (Duchesne, Gén. 
de la maison de Montmorency, p. 276 ; 
et le P. Anselme, tom. VII, p. 171.) 

Lors de son mariage ou de celui de sa sœur Marie, 
le 1" décembre (1476), la duchesse de Bourgogne 
étant à Gaud, avec mademoiselle de Bourgogne, 
ordonna quatre plats de creue, c’est-à-dire de 
plus, pour les fiançailles de la fille du seigneur de la 
Gruthuyse; ce’qui étoit une grande marque d’hon- 
neur ( Mcm. de Comines, Brux., 1723, in - 8 *, 
tom. III, p. 4 ° 4 ). Elle est enterrée aux Cordeliers 
de Malines, avec cette épitaphe : 

« Dieu face mertv à noble (lame , dame Jehanue de Bruges, 
« fdle de messire Loys de Bruges, Sgr. de la Gruthuze, comte 
» de Winchestrc , etc. , et de dame Marguerite de Borsscle, et 
« femme de noble et puissant seigneur messire Jacques, comte 
« de llorues, laquelle dame trépassa l’an 1 5 o 2 , le 5 de janvier. » 
( Prot'incie stad cndc. district van Mcche/cn, Bruss., 1770, 
2 vol. in- 4 °, tom. II, p. 1 5 . ) 

5 . Marie de Bruges, qui épousa Adrien, 
sire de Gruninghen ou Cruninghcn en 
Zeelande, Heenvliet. 

6. Jean de Bruges, dit de la Gruthuyse, 
seigneur d’Avelghem, Northou, etc., sé- 
néchal d’Anjou, conseiller et chambellan 
du Roi. Il mourut en 1 5 og. Portoit, Borssele 



DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 63 

s 

sur le tout, et épousa Louise de Nesle, 
dame d’Offremont , Mello, Encre, Bray- 
sur-Somme , etc., iillr héritière de Jean 
de Nesle et de Jacqueline de Cray. ( La 
MorUère , in~4°, p. 26a.) 

11 succéda à son frère Jean dans la place de séné- 
chal d’Anjou, et fut reçu en cette qualité à la Cham- 
bre des Comptes de Paris, eil juiu 1498. L’an- 
cienne Coutume de Senlis, de i5o6 (Louvet, ffist. 
de la Noblesse de Beauvoisis, p. 75a), le qualifie 
de seigneur chastellain et baron de Mello. 

1. Louis de Bruges. 

Louise de Nesle étant veuve de Jean de Bruges, elle 
donna, par contrat du i5 avril i5a4, les terres d'Of- 
fremont, de Mello, d’Encre et de Bray-sur-Somme, 
à François de Montmorency, seigneur de la Roche- 
pot, gouverneur de l’Ile-de-France , et à Charlotte 
d’Humières, son épouse, en faveur de leur mariage, 
à condition que, venant à mourir sans enfaus, les 
terres d’Olfremont et de Mello demeureraient à la 
maison de Montmorency , et celles d’Eucre et de 
Bray-sur-Somme, à la maison d’Humières. 

D’après cette disposition, Moreri {Paris, 1759, 
tom. 111, p. 7 5 7 ) a cru (pie Jean de Bruges n’avoit 
point eu d’enfans de Louise de Nesle. Mais à l'époque 
des arrangemens pris par cette dame , elle a voit 
perdu son fils, qualifié, dans Moreri, de messire 
Louis de la Gruthuyse, sire d’OIfremont, Avelghem, 



•ÿ. 

ti4 GÉNÉALOGIE 

un tici-s de la Gruthuyse , Bray, Encre, Mello , 

chevalier, mort en avril i5a4, sans cnfans. 

Il avoit épousé Marie de Mouy , fille aînée de Ni- 
colas, baron de Mouy, et de Françoise de Tardes. 

( Maison d'Harcourt, tom. II , p. 1 1 1 a.) 

Il donna, le 8 septembre r5aa, quittance à Jean 
Testu, trésorier et receveur général des finances du 
Roi (' 7 . pays de Languedoc f Lyonuois, Forez, Bcnu- 
jolois, de la somme de a/Jo livres, pour sa pension 
annuelle et entretenement au service du Roi. Il y 
prend le titre setd de chevalier, seigneur d'En- 
formont, et scelle de Gruthuyse , sur le tout de 
Borssclc. 

XIT. JEAN DE BRUGES, sixième du nom , sire de 
Gruthuyse, prince de Stecnhuyse, comte de 
Wincestcr, seigneur d’Avelghcm , Espières , 
Oostcamp, llamste, Berchem. 

Dans le courant de juillet *477» Jean» qualifié par l'excel- 
lente Chronyke van Vlacndcrcn (fol. cxj, recto), de jonkrr , c’est- 
à-dire de jeune seigneur, voulant , avec Jean de Luxembourg , 
apaiser, à Courtrai , une émeute excitée par les Gantois contre 
ceux que ces deux seigneurs y connnandoient , sont blessés et 
poursuivis jusque dans leurs maisons, où, après avoir perdu six 
des leurs, ils s’étoient réfugiés, et dans lesquelles les révoltés les 
attaquèrent. ( Chron . van Vlacnd. , tom. II, p. 5^.) 

Vers le mois de juin 1478 , la noblesse et les corps de métiers 
de la ville de Bruges , pour s’opposer aux progrès de l’armée de 
Louis XI , roi de France , laquelle commettoit les plus grands 
dégâts dans la West-Flandrc, se mettent en armes sous le com- 
mandement de Jean d’Espières, Jacques de Raumont, Jean de 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSB. 65 
Nicuwenhove, fils do Nicolas, et Jean Brcydel , auxquels vien- 
nent se joindre cinquante Espagnols levés aux frais du bour- 
guemestrc des échevins Martin Lem. ( Citron, van Vlacnd . , 
tom. II , p. 566. ) 

Jean étoit, à cette époque, châtelain de Ruppelmolidc (De 
l’Espinoy, p. 236). Il fut créé chevalier par Maximilien d’Au- 
triche, avant la bataille de Guinegnte, qui se donna le - août 
1479» et où il devint prisonnier des François avec un grand 
nombre d’autres seigneurs flamands, parmi lesquels se trouvèrent 
Louis de Walewrn, qui «voit épousé Jeanne de Ghistellcs, fille 
de Jeanne de Gruthuyse, tante de Jean ; et Jacques de Halewyn, 
bailli de Bruges , oncle de Louis de Gruthuyse , père de Jean , 
qui y périt ( Christyn ., Pars. I , p. 3^2, qui le confond avec Louis 
son père; Chron. van Vlaend. , tom. II, p. 58tv ; Mém. de 
Dadizeele , Messager des Sciences , 1829, p. 110; Chron., 
tom. II , pages 586 et 588 ; Chroniques de Molinct , tom. II , 
pages 2 o 5, 209 et 218). Depuis lors, l’un et l’autre s'atta- 
chèrent au parti de Louis XI , qui sut les récompenser hono- 
rablement , en les faisant ses conseillers et chambellans , et en 
les comblant de pensions et de places (le P. Anselme, tom. III , 
p. 912). Jean surtout eut part aux plus grandes faveurs du Roi. 
Ce prince lui fit épouser Renée de Bueil , fille d’Antoine de 
Bueil , comte de Sancerre , chevalier de l’ordre du Roi , et son 
chambellan , et de Jeanne, bâtarde de Valois, fille naturelle de 
Charles VII et d’Agnès Sorel. 11 la maria comme sa nièce, et 
lui donna pour dot les revenus des greniers à sel de Caen , de 
Caudcbec , de Honfleur et de Lizieux. (Le P. Anselme, tom. VII, 
p. 85o , et M ,,e de Lussan , Hist. de Louis XI, tom. VI, p. 252.) 

En 1 483 , Jean ratifie , comme un des membres de la noblesse 
des États de Flandre, et au nom de Maximilien son souverain 
naturel, la paix faite à Arras, entre Louis XI et ce prince (Go- 
defroy, Hist. de Charles y III , p. 344» cl Dumont, Corps 
diplomatique , tom. III, part. Il, p. ion)» et il preud . dans 
l’acte de consentement rapporté en enti«$ par les deux auteurs 

5 



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« 



* 



GÉNÉALOGIE 



qu’on vient de nommer, les titres de seigneur d’Espières, con- 
seiller et chambellan du duc d’Autriche, grand -veneur de 
Flandre, et capitaine dn rhastrl de Lille. A cette occasion on 
frappa une médaille à son effigie , avec cette légende : Johannes 
Je Grulhnsa castellanus insularttm. Van Mieris l’a fait graver 
(Hisl. dtr Ncderlamlschc vorslen , lom. I, p. 167 ), et a inter- 
prété l’initiale A, qui s’y trouve une fois à côté et deux fois au- 
dessous de la figure, par ces mots : Arma armis anémia. Il 
éloit sénéchal d’Anjou, le 29 janvier 1 4^4 (N. S.) (le P. An- 
selme, tom. VII, p. 85o) ( 99 ), et il en prend la qualité. 

En la même année 1 4^4 > >' csl nommé, par les Gantois, 
capitaine militaire de Lille, Douai et Orchies, afin de maintenir 



embrassé, et qui vouloieut avoir la tutelle des enfans de Maxi- 
milien. ( Chron . van y larnd . , tom. III, p. ai.) 

A la même époque les Gantois l'envoient en députation, avec 






Maximilien, retourne presque aussitôt en France. 

Par les préliminaires de cet accommodement , quelques sei- 
gneurs llauiands sont mis hors de la paix, le père du seigneur 
d’Espiéres est condamné à perdre tous ses biens ; cependant ce 
dernier, quoiqu’il eôl livré la citadelle de Lille , conserve les 
siens, et obtient en outre du Magistrat de Bruges, la liberté 
d'aller où il voudrait, et une somme de trois mille lis d'or. 
( Chron van V lacnd . , tom. III, p. 35; Chron. de Motmel . 
loin. II , p. 444 ' ) 

Le lundi 11 juillet 1 485, à l’occasion de l’emprisonnement 



ces 




beaucoup d’autres nobles du pays, vers le roi Charles VI 1 1 , pour 



lui demander, au nom des États, des secours contre l’armée de 
Maximilien. Le roi de France leur fournit trente-six pièces d’ar- 




tillerie à poudre, cinq cents lances, et six ou sept mille boulines 



* Di giliz ed bv Guosjlt: 



DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 67 

de trois soldats allemands qui nvoicnl tenté de violer Ta servante 
de leur hôte, et que leurs camarades, en forçant les portes de 
la prison , délivrèrent , les Gantois courent aux armes , sous les 
yeux même de Maximilien ; mais, dès le mardi, la révolte est 
apaisée par le supplice des sept principaux chefs de la sédition. 
Jean de lu Gruthuyse , qui les avoit soutenus , paya , pour rache- 
ter sa vie, trois cent mille écus, dont cent furent donnés au duc 
de Nassau. (Chron. de Molinel , tom. II, p. 455 .) 

Retiré en France, où il prit du service, il donne quittance, 
le i 4 mars i486 (N. S.), à Jean Lallemant, receveur général 
des finances en Normandie, de la somme de cinq cents livres, 
faisant partie d’une pension de quatre fents livres que le Roi lui 
faisoit »« pour avoir de quoi entretenir honorablement son état 
« au service du Roi ». (110) 

Dans une quittance dont l’original en parchemin êst conservé 
ù la Bibliothèque du Roi, et qu’il délivra le 21 février 1488, a 
Antoine Bayard , trésorier et receveur général des finances de 
Languedoc , duquel il reconnoît avoir reçu douze cents livres , 
pour la pension de cette année , il prend le titre de sénéchal 
d’Anjou j cette pièce est souscrite connue 011 voit ici : 



X' 




Tl conserva cet emploi jusqu’au 9 juin 1498, que son fils, à 
qui il passa , fut reçu en la même qualité à la Chambre des 
Comptes de Paris, (iti) 

Vers le mois de mars de la même année (V. S.), il arrive, 
avec le seigneur de Rossy et dePecne, en Flandre, comme envoyé 

5 * 



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68 GÉNÉALOGIE 

de France pour traiter de la paix, pendant la trêve qu'on venoit 
de eonclnre à Saint-Omer jusqu’au mois de mai. ( Chrnn . van 
Vlaend., lom. III, p. -j 5 .) 

Le i o du même mois la paix est arrêtée entre Maximilien et 
les États de Flandre, mais l'Empereur n’en ayant pas voulu 
ratifier les articles, la guerre recommence bientôt après. Il entre 
dans le pays avec une armée de vingt mille hommes. Philippe 
de Clèves et Jean d’Espiéres se mettent à la tète des Gantois et 
des Brngeois, et parviennent, le 18 juin, à lui enlever quatre 
rents chariots de vivres , tuent trois cents cavaliers, et font pri- 
sonniers les trois cents .fantassins qui les escortoient. ( C'bron . 
van Vlaend., tom. III, -p. 98; Tableau, p 9 . 38 . ) 

Le iqpis suivant , Jean d’Espières , Philippe de Clèves et Phi- 
lippe de Sqnrgogne, seigneur de Beveren . vont au-devant de 
Philippe de Crèvecoeur, qui leur amène, de la par» du roi de 
France, un secours de six cents chevaux; il était en outre chargé 
, * i< ■ les complimenter, et desc concerter avec eux. ( Id. , toni. a III, 

p. 100; Tableau, p. 9 . 38 .) 

Le 98, Jean est nommé écoutète de Bruges, à la place de 
Bol and de Hnlexryn. Georges de Picavet, natif de Lille ( Tabl. , 
p. a 3 i)), dans une aifaire qui a lieu à Beeslbruggc, près de 
Dixmudc, le t 3 juin 1489, entre les troupes allemandes et les 
Brngeois, ceux-ci, commandés par Daniel van Praet, ayant été 
mis en fuite, d'Espières vient à propos pour couper le chemin 
aux vainqueurs, et empêcher la déroute totale de ses compa- 
triotes; il fait en outre prisonniers trois capitaines et treixe sol- 
dats. (Tiré/., p. a 46 ; Chron., tom. III, p. 106. J 

Les seigneurs Descordes , de Bavesteyn , de Beveren et d’Es- 
piéres se réunissent , le 24 juin , pour aviser aux moyens de 
v résister à l'armée de Maximilien ; et à la suite d'un conseil tenu 

7 le 27, ils envoient à Bruges mille hommes de troupes. Ravesteyn 

s’y rend lui-même le 4 août , avec une suite nombreuse de gé- 
néraux françois richement montés. A ses côtés étaient à cheval 
d'Espières et le capitaine des Kcossois. (Id . . fol. ccl viij, recto.) 



t 1 



V . 






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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 6y 
Cependant le 29 il reçoit ordre de Ravtsteyn de rassembler 
tout ce qu’il peut de troupes , pour se porter sur Nieuport , et 
empêcher cette ville, qui le trahissoit, de recevoir celles du roi 
des Romains. (Id., fol. ccl viij , verso.) 

11 donne, le dernier jour de mai 1 4^4 > quittance à Antoine 
Bayard, trésorier et receveur général des finances du Roi en ses 
pays de Languedoc, Lyonnois, Forez et Beaujolois, de la somme 
de cinq cents livres, pour le parfait paiement de deux mille livres 
de sa pension de l’année précédente. 

Le Heu de Rousse ville, cité par le P. Anselme, (tom. VIII , 
p. 108), rapporte qu’il étoit grand-maître des arbalétriers de 
France en 1498- I* l’appelle seigneur de Fumechon , seigneurie 
qu’il tenoit de sa première femme Marie d’Auxy. 

Le P. Daniel ( Hist . de la Milice fr. , tom. I , p. 198) ne le 
comprend pas dans la liste des grands-maîtres des arbalétriers 
de France. Peut-être succéda-t-il à son beau-père Jean, sire et 
ber d’Auxy , qui l’étoit en 1461. 

Il est de la députation, avec Guy de Rochefort, chancelier de 
France, Philippe de Clèves, Ravesteyn , le seigneur de la Ver- 
npdc, et Raoul de Lannoy, bailli du Vermandois, que le roi 
Louis XII envoie en i 499 à Arras, vers Maximilien , pour eu 
recevoir l’hommage de sçs comtés de Flandre , Artois et Charo- 
lois. (F’elly, tom. XXI, p. 108.) 

Le Roi, par ses lettres patentes du 3 i janvier i 5 oo (N. S.), 
lui ayant fait « un don annuel de vingt-quatre poinçons de vin 
« clairet du crû d’Orléans, du meilleur, disent ces lettres, qu’on 
<> pourra choisir aux vignobles dudit Orléans , pour qu’il ait tou- 
<« jours meilleures provisions et fournitures de vin au château 
« du Louvre à Paris , dont il est cnpitaine , et aussi en recon- 
« noissanee des grands et recommandables services qu’il nous a 
« pu donner, faire et fait chaque jour. » D’Espiéres en donne 
sa première quittance le 12 février suivant, â Guillaume Viret, 
receveur des domaines du cointé de Blois>(i 23 ) 

En 1499, ^ av °it donné sa quittance de qualre-vingt-ilix livres 



1 



7 p GÉNÉALOGIE 

tournois pour un quartier de solde de trente lances, fournies à 
raison de vingt sous par lance , ou pour six hommes d’armes à 
cheval. 

En 5o i , i 5o2 , 1 5o3 , il donne de semblables quittances 
pour soixante lances , à raison de quatre-vingts livres pour un 
quartier. 11 reçut encore, en 1607 et i5io, deux cent quarante 
livres par quartier pour quatre-vingts lances. 

A sa mort il étoit un des capitaines , tous gens de qualité , des 
4 quinze compagnies d’ordonnance, composées de cent lances cha- 
cime , et chaque lance de six gens d’armes à cheval, créées par 
Charles VII , et formant ensemble une armée permanente de 
r neuf mille chevaux. 

* En 1 5oi , il tient un fief dont la redevance consistoit en sept 
i$illc cinq cent* tourbes à fournir au comte de Flandre. (Beau- 
coart , ' Beschr., van den Proosche, in-8% p. 9.^ 

■# 1JF % En i5o2t, il fait don d’une bannière armoriée de ses armes à 

* l'hôpital des lépreux de Bruges, dit de S ainte-Maric-Madclcine , 
autrefois Situé entre les portes de Bouverie et des Maréchaux, et 
aujourd'hui réuni a celui de Nazareth. Cette bannière historique, 

^ qui faisoit partie des objets curieux de M. Deys (Voyez le Cmt. 

Bruges, 1829, in-8°, p. 93, n°66), a été acquise par l’auteur 
de cette Notice, (il 3) • ^ 

^ Étant gouvérneur et lieutenant-général du Roi en Picardie, 

poste auquel il avoit été nommé le 1 3 juin de la même année , 
il invite, au nom de son prince, les moines de Saint-Riquicr 
d'Abbeville à élire pour leur premier abbé commandataire 
Théobalde de Bayencourt , d’une famille recommandable ( Chro- 
nicon centulensc , opéra Victoris Cotronf in-fol. Ms.) (11 4)* 0° 
trouve dans Y Histoire (T Amiens , par le P. Daire (t. I, p. 256), 
que le cardinal Georges d’Ainboise , passant à Amiens au mois 
-de mai j5o 8, à son retour de Cambrai, où il étoit allé arranger 
les différends survenus entre le pape, l’Empereur et le roi de 
France, étoit accompagné de Charles d’Amboise, seigneur de 
Clermont , grand-maître de France , son neveu , et de Louis 






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DES SEIGNEURS DE LA GRUTIIUYSE. 71 
(Jean, et non Louis) de Rruges, seigneur de la GrulhuySe, 
maréchal de France, gouverneur d’Abbeville. (U., p. 5i l.) 

C’est enfin dans cette dernière ville qu’il meurt, en i 5>2; 
il est enterré à l’abbaye de Saint-Riquier, dans le chœur, du 
côté de l’Evangile. 

Sa tombe, en inarbre noir, élevée de quatre ou cinq pieds, cl 
qui a été déplacée depuis , s’y voit encore , ainsi que l’épitaphe 
suivante, gravée sur uue petite pierre bleue d’environ deux 
pieds de hauteur, et scellée dans un pilier derrière le cbœur : 

Ici g!h .. 

MelTire Jehan de Bruges, * 

Prince de Stenneufe, feigneur 
de la Grutuzc, Chevalier de l’Ordre . • • 

Gouverneur et lieutenant-general • . 

%• du Roy es pays de Picardie, etc./ ' * v 

Capitaine de cent hommes \ , 

d’armes; il trefpalTa à t . 

Abbeville, en Lan Mille v > * 1 * 

v c et xii , et fut grand et* ¥ 

redoutable feigneur. 

Plusieurs historiens, tels que La Morlière (Anliq. tf Amiens , 
fol. 296) , Jean le Feron ( Hist. des Connétables , i658, in-fol . , 

* p. 44 des Maréchaux) et le P. Anselme, le mettent au nombre 
des maréchaux de France , sans nous dire en quelle année il fut 
pourvu de cettç dignité. 

Tl occupa , à Abbeville , le magnifique palais que Philippe 
Desquerdes , gouverneur de cette ville avant lui , et son beau- 
frère (ayant épousé Isabeau d’Àuxy, sœur de sa femme), avoit 
commencé , et que Jean fit acheter. 

Cet hôtel , devenu la propriété de son fils Louis , les droits 
seigneuriaux en furent payés, en i5i 5, par Pierre de Bommi, 
son concierge , receveur et procureur , à dom Jean de Tiell , 
secrétaire de Saint-Pierre. (Hist. du Ponthicu , p. 5g6. ) 

Lorsque Charles VIII , au retour de son pèlerinage de Bou- 



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7 2 a GÉNÉALOGIE 

l«%nc, passa par Abbeville , il admira la grandeur el la belle 
ordonnance de cet édifice , qui , après avoir reçu des changemens 
et des augmentations , devint , sous le nom A’ Hôtel de la Gru- 
thuyse, une des demeures des rois de France. Louis XII y 
épousa, le g octobre i 5 i 4, Marie, sa seconde femme. Devenu 
’ , depuis , et successivement , siège du bailliage , du présidial et de 
l’élection , il a été entièrement dévoré par les flammes dans 
l’hiver de I 7 g5; et on ne peut aujourd’hui en avoir une idée, 
encore bien imparfaitement , que dans une ancienne topographie 
* d'Abbeville , conservée au Cabinet des Estampes de la Biblio— 
j thèque du Roi. • 

» Outre les hôtels et seigneuries dont Jean de Gruthuyse avoit 

hérité de son père, il possédoit encore un hôtel à Gand, dans 
lequel celui-ci termina ses jours . ( Dicrix , Continuation des 
Mfmoirei de ta ville de Gand. Gand, i8t5, in— 8 3 , p. 23o.) 

4 s On lit, dans la Chronique manuscrite de Saint-Riquier déjà 

* * citée , que , le 6 septembre 1 5i 2 , l’abbé de ce monastère racheta 
pour quatre cents francs , avec une partie de l'argent que Jean 
de Gruthuyse avoit laissé pour fonder plusieurs messes, de Jean 
Malifla l’ainé, chevalier, le fief noble de la haute salle située au 
' village de Millincourt. (i 1 5) 

, La même Chronique rapporte, sous l’année i 524, que le 

, môme abbé fit enfermer la tète de saint Riquier dans un buste 

^ % ‘ t de vermeil de grandeur naturelle , du plus beau travail , enrichi 

de pierreries , et soutenu par deux anges ; et elle ajonte qu’on 
voyoit au cou de ce buste le collier de l’ordre de Saint-Michel 
qu’avoit offert à saint Riquier Jean de la Gruthuyse au moment 
de son décès. (116) « 

Après sa mort, pour conserver la mémoire de ce guerrier, 
* enterré loin du lieu de sa naissance et de la sépulture de ses 
‘ V ' ancêtres, son fils Réné fit, en i 552, exécuter en vitraux de 
. différentes couleurs, et d’un travail fini, dans une croisée haute 

de plus de six mètres , et large de plus de trois, à côté de la tri— 
bune, et vis-à-vis la tombe de sa famille, qui éloit à Notre-Dame 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 7 3 

de Bruges , un tableau cintré très curieux , qui le représentoit 
debout dans une attitude guerrière , armé et cuirassé des armes 
de Gruthuyse, tenant d’une main sa bannière armoriée de même, 
et portant l’autre sur la garde de son épée. Il étoii couvert d’un 
long manteau d’écarlate, garni d’hermine, et avoit sur sa tète 
une couronne de prince; sa barbe étnit longue et touffue, son 
casque et ses gantelets se voyoient par terre entre ses jambes. 

Au-dessus de sa tête, dans le haut du tableau, étoient les 
armes de son père, entourées du collier de la Toison -d’Or, 
écartelées de Gruthuyse et d’Aa , et deux bâtons de maréchal , • 

posés en sautoir derrière l’écu, de chaque côte duquel étoit, eu 
forme de supports , un mortier sur son affût , lançant une bombe 
enflammée. 

Plus bas sc Uou voient posées en losange les armes de sa troi- 
sième femme , qui portoit écartelé de Gruthuyse et d’Aa , mi- 
parti de Melun , d’azur à sept besans d’or, au chef de même. 

Aux deux côtés étoient les mêmes armes non écartelées et 
non posées en losange. 

A sa droite, et dans une partie de l’encadrement, il y avoit, * 
au nombre de sept , à la suite l’un de l’autre , les blasons de la . 
famille et des alliances de la maison de Gruthuyse ; et à sa gau- 
che , ceux en même nombre de la famille Melun. Ils étoient 
surmontés chacun d’une couronne différente , et placés dans 
l’ordre suivant : ^ û 

À Droite \ 

1 . 

De sable à la face d’argent, qui est Borssele, famille de la 
mère de Jean.' 

2. 

D’argent , à trois bandes d’azur. 

3. 

D’azur à trois fleurs de lis d’argent au bâton de gueules, qui 
est la Chambre. Son fils René épousa Beatrix de la Chambre, 
mais long-temps après la mort de celui-ci. 






* 



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^4 , GÉNÉALOGIE 

4- 

D'argent à quatre chevrons de gueules. 

5. 

Vairé de gueules et d’argent. 

6 . 

> Écartelé aux i et 4 d’argent à la croix de sable , aux a et 3 de 
gueules, à un anneau d'argent. 

7- 

D'azur à trois fleurs de lis d’argent, à la bordure de gueules. 

A Gauche , 

i . 

D’argent au lion de gueules, qui est Luxembourg. Isabelle 
de Luxembourg étoit mère de Marie de Melun. 

а. 

D’azur au lion d’argent. 

, ' 3. 

De gueules à un soleil d’argent, qui est Beaux. Son grand- 
père , Jean de Melun II , avoit épousé Marguerite de Beaux. 

4 - 

D’argent à trois écussons de gueules , bordés d'argent , qui est 
Abbeville. Son aïeul, Jean de Melun 1", avoit épousé en se- 
condes noces Jeanne d’Abbeville. 

5. 

Burelé d’argent et d’azur, au lion de gueules brochant sur le 
tout, qui est Luxembourg. La fille de son aïeul , Philipotte de 
Melun, avoit épousé Thibaut de Luxembourg. 

б . 

D’azur au lion d’argent. 

7- 

D'azur à trois lions d'argent. 






* 



DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. * 7 5 

Au bas se lisoit, en lettres capitales, une inscription qui n'of- 
froit plus , dans ces derniers temps , que les mois suivans , dont 
quelques uns seulement ont pu être restitués ainsi : 

Messire Jean de Bruge, seigneur (de la) Gruthuse, (prince) 
de Steeuhuse — 

Co(n)te (de) Winchester, baron et de Weitterca(pelle) — 

Seigneur Doiscamp bras bernes et c — % 

gouverneur lieutenant (ca)pita(ine) lieutenant 
» (gene)ral du Roi de Fransse — 

en son pais de Picardie et. chevalier 

de son ordre — * 

capi(ta)ine de cent homme gouverneur 

dahbeville etc. 

NN DE 

VEROSSCHE 

Ces vitraux, détruits en 1788, et dont M. van Heunie de 
Puyenbeke avoit eu l'heureuse idée de faire faire un dessin très 
exact, viennent d'être gravés dans la troisième livraison de la 
Collection des Plans de la faille de Bruges , par M. Rudd. 

Ainsi , grâce au zèle de deux Brugeois , ces précieut monu- 
mens ne seront pas toul-à-fait perdus ni pour l'art ni pour 
l’histoire , qu'ils intéressent également , et nous en avons nous- 
meme fait faire une nouvelle gravure , afin d’en enrichir cette 
Notice. 

1 . Femme. Marie , dame héritière d’Auxy, Chà- 
teau-Flavy , Fontaine-sur-Somme , Bazentin , 
Fumechon , Froheux, Maisière, Bulles, Lamet, 
147g (Le Carpentier, tom. II, p. 146). Son 
père, Jean IV, chevalier de la Toison -d’Or, 
gouverneur du Ponthieu, vivoit encore en 1470. 
(Le P. Anselme, tom. VIII, p. 106; Le Car- 
pentier, tom. I, p. 144.) 



7 6 . GÉNÉALOGIE 

i. Margukrite de Bruges, dite de la Gru- 
thuyse , dame d'Auxy , Château - Flavy , 
Bazcntin , Leanue , Avrédoing , etc. Elle 
épousa Jacques de Luxembourg, comte de 
Gavre, sire de Siennes (Piennes), Sotte- 
ghem , d’ Arquenghien ( peut-être Arquen- 
neghem), d’Armentières, etc., cheTalier 
de la Toison -d’Or, par traité du i5 juin 
1 494 » sans hoirs. (Maurice, p. 122; Le 
Carpentier, tom. I, p. 1 44 > La Morlière, 
Recueil in-4 0 , p. 109.) 

2. Renée de Bueil, fille d’Antoine et de Jeanne, 
bâtarde de Valois , fille naturelle de Charles VII , 

» roi de France, et d’Agnès Sorel. Il l’épousa le 
18 mars 1479 (>48o) 0 e P- Anselme, tom. VIII, 
p. 85o). Thaumas de la Thaumassière ( Hist. 
de Berry, p. 438) l’appelle de la Gruture, et 
Souliers ( Noblesse de Touraine , p. 3o), de la 
Grature. Aucune des trois généalogies ne parle 
de ce second mariage. 

3. Marie de Melun, dame de Montmirnil, d’An- 
toing, qu’il épousa le 3o novembre i5o5 (le 
P. Anselme, tom. VIH, p. 106, et tom. VII, 
p. i3a; Moreri, tom. X, Suppl., p. 3 7). Elle 
survécut à son second mari , et vivoit encore en 
1 536. Elle s’étoit mariée en secondes noces à 
Jacques de Chabannes , deuxième du nom , sei- 
gneur de la Palice, maréchal de France. 

i. Louis de Bruges, etc. (Sanderus, t. III, 



♦ 



* 



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DES SEIGNEURS DE LÀ CRUTHUYSE. 77 
p. 18; Le Carpentier, p. i/j6). Le premier 
le dit mort célibataire en i 528, à l’armée 
d'Italie, commandée par le maréchal de 
Lautrec. Butkens le fait naître du premier 
lit, et le Ms. de M. de Pcelaert, à la cour 
de Naples. 

* 2. René, qui suit. • 

3. Anne de la Gruthuysb, religiei*e aux 
Annonciades de Béthune, i554- 

4. Charlotte de Bruges, bâtarde de la 
Gruthuyse, qui épousa Jean Quieret, sieur 
d’Iseux. 

Inconnue à d’Hozier et à Butkens. 

XIII. RENÉ DE BRUGES, sire de la Gruthuyse, 
prince de Steenhuyse , etc. , baron de Mont- 
mirail, seigneur d’Anlhoing, Hamstede, Avel- 
ghem , Oostcamp , Berckem , mort à Bruges en 
i 5 7 2. Il est qualifié de chevalier sieur de Brac 
(Bray), par les Coutumes de Montdidier, de 
l’an 1 567 . (Louvet, Hist. de la Noblesse de 
Beauvoisis , p. 25o.) 

11 fonde, jeune encore etfeu tutelle, en i53 1 , 
dans sa seigneurie de Berchem , près d’ Aude- 
naerde ( Chrislj-n . jurisp., tom. I, p. 241), un 
hôpital desservi. par cinq religieuses. Les lettres 
de fondation sont rapportées par Miræus» (Le- 
mire, Dipl., tom. IV, p. 653.) 

Femme. Beatrix de la Chambre, fille de Jean, 




GÉNÉALOGIE 

comte de la Chambre , en Savoie , et de Barbe 
d’Amboise. 

i. Catherine de Bruges, dame de la Gru- 
thuyse , princesse de Steenhuysc , etc. , 
principauté qu’elle vendit en 1 5g5 , fille 
unique , baronne d’Espières , Hamstede , 
• Montmirail , Anthoing, Avelghem, Oost- 
♦ camp, etc. 

En premières noces elle épousa , le 
g juin i574j Louis de la Baulme, dit 
de Lorgenon-de-Poupet , comte de Saint- 
Amour, chevalier de l’ordre de Savoie, 
qui succéda à Guillaume de Poupel , qui 
l’a voit institué son héritier ( Hist. de Poli- 
gny, tom. Il, p. 463). En i5y5, il aug- 
• menta de plusieurs bonniers de terre les 
revenus de l’hôpital de Berchem, fondé par 
son beau-père. (Miræus, Dipl . , tom. IV, 
p. 655. ) 

En secondes noces, en i6i5, Achille 
de l’Hospital , baron de Cordoux , mort 
sans enfans, fils de Jacques de l’Hospital 
et de Madelaine de Cossé, mariés le ig mai 
1578 . (Le P. Anselme, tom. VII, p. 435.) 

En troisièmes noces, Charles de Messey, 
sire de Montiomient. 

En quatrièmes noces, Scipion de Cham- 
pier, seigneur de Saint-Hilaire, capitaine 
des cent gentilshommes de la maison du 




DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 79 
Roi, sans enfans. (Guichenon, Hist. de 
Bresse, continuation de la 111 ° Partie,, 
page 78. ) 

E11 cinquièmes noces, le 5 o avril 1621, 
René de la Haye, seigneur de Reyseux. 

2. Marguerite, bâtarde, ou Michelle , sui- 
vant le Ms. d’Hozier. 

1 . Emmanuel-Philibert , fils de Catherine 
de Bruges et de Louis de la Baulme , qui 
suit. 

2. Guillaume, mort jeune, en 157g. 

3. Charles-Emmanuel, seigneur de Ca- 
cheux, mort sans hoirs en i584- 

4- Philippe, prieur de Vaux, puis abbé de 
Luxeul. 

5 . Antoine, baron de la Chaux, qui a fait 
branche , et qui épousa Jeanne de Ri- 
chardot. 

6. Françoise-Catherine. 

EMMANUEL-PHILIBERT, de la Baulme, dit de 
Poupet, de Bruges et de Corgenon , comte de 
Saint-Amour, marquis de Saint -Genis et 
d’Yenne. 

Femme. Hélène Perrenot de Granvelle, fille 
de Frédéric Perrenot, seigneur de Champagne, 
baron de Renais, gouverneur d’Anvers, chef 
des finances des Pays-Bas , et de Marie Bercan. 




8o GÉNÉAL. DES SEIGN. DE LA GROTHUYSE. 

1. Jacques-Nicolas, qui suit. 

2. Philibert, seigneur de Peçè|, baron de 
Bfcaujeu , bailli d'Aval, au corfité de Bour- 
gogne, marié à Dorothée de Rye, fille de 
Claude , baron de Balançon , et de Claudine 
Prospère de la Baulme-de-Montrevel. 

3. Jean , mort jeune. 

4. Catherine , femme de Jean-Claude de 

* Levis ,• baron de Maumont , marquis de 

Chàteau-Charlus, et de Diane de d’Aillon. 

5 . Caroline, femme d'Emonfroy-François, 
deuxième du nom , baron d Oyselet. 

6. Geneviève , morte jeune. 

JACQUESt-NICOLAS DE LA BAULME, comte de 
Saint-Amour, marquis de Saint-Genis, cheva- 
lier d’honneur au Parlement de Bourgogne, 
gouverneur de Dole, et gentilhomme de la 
chambre du Roi catholique, vivant en 1661. 

Femme. Makik de Porcf.let-dk-Malliane, fille 
d’André de Porcelet, seigneur de Malliane, ma- 
réchal de Barrois, et d’Élisabeth de Cemay. 

1. Philippe, marquis de Saint-Genis. 

2. Charlot-Antoine, baron de Montmirail. 

3. Marie. , * 



BIBLIOTHEQUE 

j 

DE 

LOUIS DE LA GRUTHU.YSÈ. 



La bibliothèque de Louis de Bruges, seigneur de 
la G rut h uy se , étoit , après celle des ducs de Bour- 
gogne , la plus belle et la plus nombreuse de toute 
la Flandre. 11 avoit fait exécuter lui-même , à Bruges 
et à Gand, par des écrivains et des enlumineurs ha- 
biles , qui se trouvoient en grand nombre à cette 
époque dans ces deux villes, la plus grande partie 
des manuscrits qu’elle renfermoit. La grandeur des 
volumes, la beauté du vélin et dé l’écriture, la ri- 
chesse et la quantité des miniatures et des ornemeus 
-dont ils sont décorés; le luxe des reliures, qui , à en 
juger par celles que l’on voit encore , étoient géné- 
ralement en velours de diverses couleurs, garnie? de 
coins, de clous et de' fermoirs de cuivre doré, attestent 
que rien de ce qui pouvoit rendre un livre précieux 
n’avoit été épargné par le seigneur de la Gruthuyse. 
Après sa mort, cette magnifique biblibthèque, dont 
il avoit été le créateur, passa à son fils Jean de Bruges. 
Plus tard, Louis XII la réunit à celle que son père 
et lui-méme avoient formée dans leur château de 

6 




8a BIBLIOTHÈQUE 

Blois : il serait difficile , aujourd’hui , de dire à quelle 
condition et en quelle année précisément taut de 
Beaux livres devinrent la propriété des rois de 
France. Nous n'avons trouvé, ni dans les Archives 
des anciennes Chambres des Comptes , ni dans celles 
de là Bibliothèque du Roi , rien qui ait pu nous pro- 
curer le moindre renseignement à cet égard. Est-ce 
un, hommage pur et simple que Jean de Bruges aura 
voulu faire à la France, au service de laquelle il étoit 
depuis le règne de Louis XI? Il faudroit alors avouer 
que l’on mil un peu trop d’empressement à faire 
oublier l’origine de ces nouvelles richesses, en en- 
levant de chaque volume tout ce qui pouvoit rap- 
peler le premier possesseur. Afin de laisser à la pos- 
térité des monumens de son amour pour les livres, 
le seigneur de la Gruthuyse avoit fait peindre, sur 
un grand nombre de feuillets, ses armes et sa ban- 
nière, avec son chiffre et sa devise. Lors de la réu- 
nion des deux bibliothèques, ces emblèmes, ces 
écussons, etc. , furent ellàcés ou recouverts par les 
armes du Roi. Heureusement que cette détériorât ion 
n’a pas été exécutée assez complètement pour qu’on 
ne puisse retrouver encore les traces des premières 
marques distinctives; il suffit, pour cela, de présen- 
ter au jour et de regarder au travers du vélin , le 
feuillet sur lequel d'ailleurs, en les faisant disparaître, 
on a laissé subsister les deux licornes qui en sont les 
supports, et les deux mortiers ou bombardes qui les 
accompagnent. La devise : Plus est en vous, en 




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DK LOGIS DK LA (iHLTHÜYSK. 83 

flamand Meer is in u, n’est pas non plus ellàcée dans 
toutes les bordures oït elle se lisoit. Mais le plus grand 
dommage qu’on ait fait à une miniature très curieuse 
et très belle, qui orne une géographie latine de Pto- 
lémée, où Louis de la Grulhuyse étoit représenté, 
à genoux, sur un prie-dieu, placé devant un autel, 
c’est d'avoir mis sur les épaules de ce seigneur la 
tête de Louis XII, et d'avoir semé d’L couronnées 
et de Heurs de lis un tapis et une tenture qui por- 
toient vraisemblablement le chiffre avec la devise, 
ou les armes de l’ancien possesseur. 

Dans l’inventaire de la bibliothèque de Blois , 
dressé en 1 544 > lorsque François 1" la fit transporter 
a Fontainebleau , les livres de Gruthuyse furent 
confondus avec ceux de Louis XI, de Charles VIII 
et de Louis XII. Cet inventaire ou catalogue, qui 
existe en original à la Bibliothèque, du Roi, décrit 
chaque volume, en indique le contenu et la reliure, 
et en fait connoitre la forme, la qualité et les orne- 
mens , de manière qu il est aisé de distinguer ceux 
du seigneur flamand. Quelques mots écrits sur tin 
feuillet séparé, placé à la tète du volume, nous 
apprennent aussi le lieu qu’il occupoit au château 
de Blois , et la tablette sur laquelle il étoit placé. 



NOTICE 



DES MANUSCRITS 

. r - • • K 

m DE LA 

V. * ** i 

BIBLIOTHÈQUE DU ROI 

QUI PROVIF.NnENT DE CELLE DE LA GRUTHUYSE. 



THÉOLOGIE. 



La Bible moralisée. Petit in-folio, couvert de ve- 
lours violet, figuré, n° 7268 des Mss. françois de la 
Bibliothèque du Roi. 

Manuscrit sur vélin du milieu du quinzième siècle, 
écrit en ancienne petite bâtarde , sur 2 col. de 4<> lignes 
chacune. Les deflx premiers feuillets contiennent la table 
des Livres du texte, lequel commence au troisième. Le 
premier feuillet est enrichi d’une jolie miniature mono- 
chrome , représentant l 'Ouvrage des six Jours, et le 
Jugement dernier, et en outre il est orné d’une bordure 
au bas de laquelle on voit les armes de la Grulhuyse 
recouvertes de celles de France. 

Cette miniature a 129 mm. (4 p. 9 1.) en hauteur, sur 
147 mm. (5 p. 5 1.J en largeur. Soixante -trois autres 
petites miniatures de 63 mm. (2 p. 4 L) environ et en 
carré , exécutées de la même manière, dérorent les autres 



* S» 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 83 

feuillets, chiffrés depuis i jusqu’à cc xxviij, non compris 
les deux de table, dont la première porte en tête : 

Cy apres fen fi uent les livres cpii font contenus en ce volume félon- 
ies biftoires de la BiMc moralizec et premièrement * 

Sur un feuillet séparé est écrUe: 

Des hiftoires et litirrj en francoys pult" 3* a la cbeminee 

Le texte commence ainsi : 

W Vif 1 

In principio creauit deus celum et terram, etc.; au commencement 
dieu créa le ciel et la terre et dieu dift lumière foit faite et lumière 
fut faite la création de lumière emporte la création de^afges car ils 
ont lumière dentendement. Texte. Et dieu regarda que lumière eftoit 
bonne et la diuifa des tenebres et appclla la lumière jour et les tene- 
bres nuit et fut celle vefpree et la matinée en fuivant contre pour le 
premier jour la diuifion des tenebres emporte la diuifion des bons 
attges cl des mauuais et lignifie la diuifion des vertus et des vices. 
Expocion. Les docteurs dient que lomme eft comme le petit monde 
car la création du grant monde peut- eft rc figurée delà création et 
régénération du petit monde ceft a dire de lomme lequel a fept cages 
dont le premier eft appelle enfance ce qui dure jusqties a fept at 9f 
duquel nous pouons dire que dieu au commencement de lomme créa 
le ciel et la terre ceft a dire lame et le corps car le ciel lignine lame 
laquelle eft pardurable comme le ciel et la terre fignifie le corps* 

lequel finablcment en terre comme en fa mere retourne tpufiours 

* fV 

Le dernier feuillet finit au verso par ces mots : 

Ce que lefpoux et lefpoufc dient dieu fignifie que toute la trinitc 
et faincte eglife nous ammonefte que nous ayons mémoire de la refur- 
rection de Jhcfucrift et que nous entendons la faincte eferipture félon 
ce quelle dift laquelle ebofe nous oltroyc celles qui eft benoit par- 
durablement. 

Fin de la bible moralifee en francois. 

Cetle Bible historiée n’est pas celle de Comestor, tra- 
duite, en 1291, par Guiard Desmoulins. Le P. Lelong 
( Bibl. sacra, tom. I, p. 3 i 4 ) soupçonne que cette tra- 
duction est celle qui fut commandée à Nicolas Oresme 
par le roi Charles V. . 






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86 BIBLIOTHÈQUE 

Ce monarque avoit . dans sa bibliothèque du Louvre, . 
plusieurs manuscrits de la Bible traduite en (rançoisff 
jisle plus curieux et le plus intéressant, sans contredit , 
ï>it celui qui lui fut présenté, en i 3 ja, par Jean Vau- 
'detar, son servant. 

* D éloit enrichi^lc très jolies miniatures, attribuées mal . 

jr propos, dans une description latine placée à la tète du 
u- v.olume, .VJean de Bruges, inventeur de la peinture à 
l'huile, qui n’étoit pas né en 187a, et aurait pu tout au; 
plus en étfp le fils. 

L’inscription cl la première miniature , exactement 
copiées d’après l’original , se trouvent dans le porte- 
feuille IV des dessins de Gaignières, au cabinet des Es- 
tampes de la Bibliothèque du Roi * et la gravure de la 
miniature seule, dans le tome III, pl. xit, des Monu- 
ment de la Monarcliie^françoise , du P. de Montfaucon. 

** Cette miniature représente Jean Yaudetar, un genou 
en terre, offraut-à Charles V, assis sur son pliant ou fau- 
•teuil , placé sous un dais, le manuscrit de celle Bible 
ouvert au commencement de la GenèSe , où est une 
autre miniature qui offre le Créateur tenant le globe du 

monde dans sa main. ' ik > 4 ê( W 
A la fin du livre sont les vingt-deux vers suivans, qui 
sont aussi rapportés par Lelobg, ainsi que par le rédac- 
teur du Catalogue de Gaignat , lom. I, p. 18 : 

r %i . 

A vous Charles roy plaiu tlonnour "J 

Qui de fapience la flour 

Fftes sur tous les roys du monde 

Pour le grant bien quen vo 9 babonde 

Prefente & donne ceftni linre 

El a genolz c y le vous liure 

Jehan Vaudelar votre reniant , # 



£ Vv v 

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W r • - 

DE LOUIS DE LA GRÇTHUY§E. 

• Qui rft c y ligure detiant 

Conque* je ne ti en ma rie 
Bible dhyftoiret fi garnie. 

• Dune main pourlraite* cl fait** . v> 

Pour lesquelle* il en a fuites 
Plufrurs alecs 5c venues 
Soir 5c matin paun)’ les 
Et mainte pluye for fon chîef 

Jfc Ain* quil en foit venu a ebief 

Si fu au prince fusnome 

* . Ce liurc baille 5c donne 

Par le dit Jch. que je ne mente 
Lan Mil ccc xij 6c foixanlc 
De bon cucr et vuulfift mil mars 
Xxviij jours clu mois de mars. 

L inscription, qui paroil être postérieure à l'exécution 
du manuscrit, dont l'écrivain , au rapport du P. Lelopg, 
est un nommé Raoul d’Orléans , est ainsi conçue : 

♦ ’**'** 

AN N O DOM1N1 M1LLESIMO 

TRF.CENTF.S1MO SFPTUAGESIMO 
PRIMO ISTUD OPUS FACTÜ FUITJ 
AD PRECEPTE AC HONORË ILLUSTRI 
v PRINOPIS KAROLI REGIS FRANCIE 

ETATJS SUE TRICESIMO QUINTO ET 
REGN1 SUI OCTAVO ET IOHÂNES 
DE BRDGIS P1CTOR REGIS PREDIGTI 
fecit hang picturâ propria 
SUA MANU. 



/V 

i i. 



V 



Ce Vaudelar éloit peut-être le père de Guillaume Yau- 
delar, valet de chambre du roi Jean U, et l’un de ceux 
qui furent chargés d’inventorier les deniers qui se trou- 
voient dans les coffres de ce monarque, en la tour de son 
hôtel, le 3 juillet 1 357 , trois moi i après qu’il eut été 
conduit prisonnier à Londres , malheureux résultat de la 



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88 . .BIBLIOTHÈQUE ^ ' „ / 

bataille de Poitiers. ( Voyez Y. Auditeur dçs Comptes , 
in-8. p. 68. ) 

Cette Bible n’est point portée dans l’inventaire de la 
bibliothèque de> Charles V, qui eut lieu en i 3 y 3 , mais 
elle est décrite, ainsi qu’il suit, dans celui qui fut dressé 
en 1 4^3 , après la mort de son fils Charles VI : 

* • ..v 

Jtcm. Une très belle Bible en fraocois qac Jehan «le Vaudctar donna 
au Rtoy tre? parfaitement bien eferipte et hiftoriëe a ij col. conuert 
fle foye aznrcc a fleurs de lis -dor de brodure garnie dune graade 
chemife aznree et de iiij ferm. et une pipe dor (eftiroee xt livres 

parisis). »' ^ ■ 

'Elle a eu depuis pour propriétaires connus, d'abord, 
en i66j, un avocat de Paris, nommé Bluet; ensuite, les 
Jésuites de la Flèche , qui en firent présent à Nicolas- 
Joseph Foucault. Après la mort de celui-ci , arrivée en 
ijai ( Mcm . de l’ si nul. des Inscript., tom. \ ). on ne 
sait-pas si elle resta dans sa famille jusqu'en îj 64 envi- 
ron , que le receveur général des consignations des re- 
quêtes du Palais , Gaignat . en fil l'acquisition ; enfin , 
MM. Meerman père et fils; le premier l’acheta à la mort 
de Gaignat (/ ojez le Cât. , tom. I, p. 18, n'jfl). Le 
dernier la possédoit encore eh, ,18 1 4 , Comnq&fflctfls le 
tenons de lui-même. Elle ne s’ést point i couvée parmi les 
livres de sa bibliothèque qui furent vendus en i8«4. et 
on ignore à présent ce qu’elle estxlevonüe. 

M. Parison , à qui nous avons déjà eu occasion , dans 
le Catalogue des Livres imprimés sur Vélin , et dans la 
Notice sur Colard Mansion , de témoigner notre recon- 
noissance , pour les divers renseignemens qu’il a bien 
Voulu nous donner, vient de nous communiquer encore 
une des nombreuses pièces manuscrites dont il a enrichi ^ 



V 



r 






DEjLOUlS DE LA GRUTI1UYSE. 



«9 



sa bibliothèque, qu’il arformée avec autant de goût que 
de connoissance. Cette lettre constate que la Bible de 
Charles V a réellement appartenu , au commencement 
du siècle dernier, comme l’assure le P. Lelong, aux 
Jésuites de la Flèche. Elle est adressée au P. Soucie! , et 
datée de la Flèche le 9 septembre 1708, et lui annonce 
que ce, monument littéraire et national fut donné avec 
quelques autres livres assez rares par le P. de Lafarre, 
alors recteur du collège de la Flèche, à M. Foucault, 
intendant de Caen , lors de son passage dans celte ville. 

Après la mort de Charles VI, la Bible de son père par- 
tagea le sort de tous les manuscrits qu’il avoit rassemblés, 
au nombre de plus de neuf cents, dans une des tours de 
son château du Louvre, d’où ils furent enlevés par ordre 
du duc de Bedford, régent du royaume, et maître de * 
Paris, à qui Garnier de Sainl-Yon , qui en avoit la garde, 
en fit la remise le i 5 octobre 1.429 (117) : c’est ainsi 
qu’un prince anglois donna le premier, parmi les mo- 
dernes, l’exemple de ces spoliations littéraires faites en 
pays conquis, exemple que suivirent plus tard d'autres 
vainqueurs. Pour réparer, autant que possible, la perle 
de la bibliothèque du Louvre, Charles VIII et Louis XII 
s’emparèrent par représailles, l’un, en 1491, de celle des 
Sforce et Visconti , qui étoit à Pavie; l’autre, en 1495, 
des livres de la famille royale de Naples, et les firent 
transporter en France. 

Après la prise de Bruxelles, en 1746, Louis XV, usant 
des mêmes droits, envoya également à sa bibliothèque 
de Paris, tous les manuscrits qui avoient appartenu aux 
anciens ducs de Rourgogue. 

Plus d’un siècle auparavant, le pape Grégoire XV ne 



« 4k. 






• • * 

• i à + 






+ 4, 



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. 0 BIBLIOTHÈQUE , 4 

s ’éioil fait aucun scrupule de rcqjjvoir ceux de la fameuse 
’ bibliothèque de Heidelberg, que lui avoit envoyés Maxi- 
milien I, duc de Bavière, après que le général de Tdly 
.. se fut emparé de celle ville, en i6aa. Ce qui fut cons.- 
' J gné par l’inscription suivante , qui se lisoit dans tous les 
.* volumes venant de cette bibliothèque : 

• Sum de Bibliolhcca , quam Hcidclbcrga 

capta fpolium fecit, fie 

P. M. 

Gregorio XV. 
trophsum mifit 

Maximilianus utriufquc Bavariæ dux, ficc. 

* S. R. I. archidapifer et princep» clector. 

Anno Chrifti cio. ico. uni. 

En 1795 , la bibliothèque de Saint-Pétersbourg, qui 
* doit sa première origine aux livres pris en Courlatido et 
dans d’autres provinces conquises , reçut une augmen- 
tation considérable de ceux de la bibliothèque que les 
deux frères André -Stanislas et Joseph-Andre Zaluscki 
a voient fondée à Varsovie, pour l’usage de leurs compa- 
triotes; noble institution , que l’impératrice Catherine ne 
fut pas assez grande pour respecter. La bibliothèque 
Zaluscki étoit de »6a,64o volumes ( Essai su, un nouvel 
Ordre bibliographique de la Bibl. irnp. de Pétersboui g , 
par le chevalier Olenin ). Et tout récemment un des 
petits-fils de Catherine, l’empereur Nicolas, n’a-t-il pas 
dépouillé d’environ 3oo volumes, tant manuscrits qu im- 
primés, la bibliothèque d’Ardebil, cl celle de la mosquée 
d’ Ahmed à Akalzikh. On en trouve la liste détaillée dans 
la Gazette littéraire de Leipsick , du mois d’avril i83o, 
p. 7*9 — 736 , et p. 777^-7 83 - 



• *7 . •- 

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DE LOUIS DE LA GHUTHUYSE. 91 

En 1799, la Compagnie angloise des Indes, après lu 
destruction de l’empire du Mysore , s’appropria tous les 
livres de Tvpoo-Saib, et les plaça dans son hôtel à Lon- 
dres, où ils sont encore maintenant. 4 

Enfin, en 1798 l’Autriche, dans le peu de temps 
qu’elle occupa le territoire de Venise, choisit les quatre 
plus précieuses éditions que possédoit la bibliothèque de 
Saint-Marc, et les plaça dans celle de Vienne, où on les 
expose aujourd’hui à l’admiration des étrangers. 

Après tant de conquêtes littéraires, dont plusieurs 
eurent lieu avant la révolution françoise, du consente- 
ment et avec la participation de plusieurs souverains de 
l’Europe, il éloit bien permis à la France nouvelle de se 
glorifier de semblables trophées, obtenus par les mêmes 
moyens , c’est-à-dire par la victoire ; elle en jouiroit en- 
core, elle et les étrangers eux-mêmes, si, au mépris des 
stipulations du traité de Paris de i8i5, et malgré les 
observations et les remontrances du prince Talleyrand , 
alors ministre des affaires étrangères, adressées, au nom 
du Roi, à lord Caslelreagh , ce ministre, par un acte 
de violation de la foi promise , ne les eût fait enlever de 
force. (M. Monlvcran, Hist. critique de la Situation de 
i Angleterre , tom. VIII, p. Q 35 . ) 

11. 

r ■ .. 

La Bible, en françois, énorme volume in-folio, 
eji m. r. , autrefois couvert de velours violet figuré, 
n" 6701. 

Manuscrit du quatorzième siècle, sur vélin, en lettres 
dè forme, sur a colonnes, de 61 lignes chacune, enrichi 



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gi BIBLIOTHÈQUE 

de miniatures. Prél. i feuillets contenant la table des 

livres. Texte, fol. j — ccccxiiij. 

Le premier, qui est orné d’une bordure, dans laquelle 
,,on voit les armes de Gruthuyse recouvertes, commence 
ainsi au recto, première colonne : 

El commencement créa dieu ciel et terre la terre a decertes eOoit 
uain et uoide et tenehres efloient fur la face de abifme et lefprit de 
dieu eftoit porte fur les eawes et dift dieu foit fait lumière et fait eft 
lumière 

L’Apocalypse, qui occupe plusieurs feuillets, est im- 
parfait à la fin. 

Le P. Lelong ( Bibl. sacra, tom. I, p. 3 i 4 ) entre dans 
quelques détails sur cette traduction ancienne de la Bible 
en françois, qu’il croit antérieure à celte que fit faire 
Charles V par Nicolas Oresme. ( l r oycz , sur quelques 
traductions françoises de la Bible , le Cal. des Manuscrits 
de la Bibl. de Genève, p. ag 3 et suiv.) 

III. * 

Les Épitres et Évangiles. Petit in-folio, relié en 
m. r. , autrefois couvert de velours violet figuré, 
n° 7269. 

» , t 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit en 
ancienne bâtarde , sur 2 colonnes, de 37 lignes chacune. 
Il devoit être enrichi de miniatures , mais les endroits 
qdi leur étoient destinés sont restés en blanc. 

Prél. 10 feuillets, contenant la table des chapitres, 
qui porte pour sommaire : » 

Cj commence la table des rubriccs de re liure pour trouuer les 
efpitres et les euangilles du rimmel teftament par tonte lannee cnm- 
mvnehant an premier dimanche de laduedl. 




UE LOUIS UE LA GRUTHUYSK 9 3 

Texte, fol. j — ccxciij. Au bas du premier sqnt les 
armes de Gruthuvse recouverles , il commence ainsi : 



Ceft le liure île la lignee ihefu crift filz de dauid filz dabraham et 
„ abraham engendra yfaac. 

Plusieurs Mss. de. cette traduction se trouvoient dans 
la bibliothèque de Charles V, en 



L’Apocalypse représenté par figures. In-folio en 

m. r. , autrefois couvert de velours ciselé, n' 17013. 

* 

Manuscrit sur vélin, du treizième siècle, en lettres 
de forme, sur a colonnes; contenant 47 feuiUets, avec 
90 figures coloriées. • v 

Sur un feuillet séparé est écrit : 

Dm hil'toires etliures En fraoçojr» Put*» (Pulpito) 3° A la chemine». 

i . 

On lit au haut du premier, qui n’offre que des figures, 
et au bas duquel on aperçoit les armes recouvertes, ces 

mots en écriture ancienne : 

■ ' ' * ... 

* Apocalipf' in Pictura fact karola Magno. 

* Le texte commence ainsi , au verso du 3 * feuillet : 



Apocalipfis chrifli jefu 

jefu crift fu en ile que cft apelec pade tefmoignc ihefu crift qui fu en 
efprit apres moi une grant uoix aufi dift efcriucz en livre ceo ke nos 
anfaint Johan Tant fignifie li bon prélat de feinte rglife qui unt la uoie 
del cuangile ce entendent. 

K » 

i<t II finit de celle manière : 

* , ■* ,1 * ‘ ■' 

en jbucrjft.cn terre qui fu p nos eferite en la croix. 

C’est le même livre qui a été imprimé en planches de 
bois , avant et depuis la découverte de l’imprimerie , et 
dont il y a beaucoup d’autres manuscrits. * 



;>4 



BIBLIOTHÈQUE 



V. 

. ■> , 

La Pénitence d’Adam, traduite de latin en fran- 
çois, par Colard Mansion. Petit in- 4 % relié en maro- 
quin rouge, autrefois couvert de velours noir pelé, 

n* 7864. 

Celle rêverie rahbinique n’a jamais êlê imprimée ; elle 
ne le sera probablement jamais. Nous allons eu donner 
un extrait suffisant pour faire connaître cet ouvrage, et 
nous y joindrons la gravure de la miniature dont le 
manuscrit est orné, et que nous avons déjà décrite dans 
la Notice sur Colard Mansion. 



Après que Dieu eut fait Adam du limon de la terre , 
au cbamp de Damas, il le transporta dans le Paradis ter- 
restre, lieu de délices, planté par lui-même. 



Adam ne jouit pas long-temps de l’état de bonheur où 
Dieu l’a voit placé ; il mangea du fruit défendu, à l’insti- 
gation d’Eve, trompée elle-même par le diable, qui, 
pour la mieux séduire , avoit pris la forme de la bête la 
plus aimable , celle du serpent ; ils furent chassés en terre 
basse au %<al d’F.bron, et condamnés à souffrir, pour 
peine dç leur désobéissance, des douleurs mortelles. , 
Les premières qu'ils éprouvèrent furent celles de la 
faim et de la soif ; ils cherchèrent en vain pendant qua- 
torze jours les moyens de se soulager. Ce fut alors qu’Ève 
voyant les funestes suites du péché qu’elle avoit fait rom- 



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DE I,OUIS DE LA GRUTHUYSE. <) r . 

mettre à Adam, le pria, dans son désespoir, de là tuer. 
Peut-être, lui dit-elle ^fiDieu te replacera dans le Paradis 

terrestre. **a£ 7 ' r ' ’ 'A "jy 

î *■ . . 

Cependant , pour apaiser la colère de Dieu , l’un et 
l’autre songèrent*» faire pénitence. Adam se condamna à \ 
quarante jours de jeûne , et à rester soixante jours dans 
le fieu* e Jourdain , debout sur une pierre, ayant de l’eau 
jusqu’au cou. DVs qu’il y entra; les poissons l’environ- 
nèrent, et l’eau resta immobile jusqu’à la fin de la péni- 
tence. Ève, par le conseil de son mari, s’en alla au fleuve 
du Tigre, et s’y tint de la même manière. Elle devoity 
rester pendant trente-trois jours sans proférer une seule 
parole. 

. ' * 

Elle supporta courageusement, durant vlngft-buit jours, 
les rigueurs de cettfe pénible situation; mais Satan, pour- 
suivant sans cesse cette créature mally^UBnuse^ et craignant 
que, par sa persévérance, elle ne trouvât grâce devant 
le Seigneur, résowl*de M%-dmper une seconde fois* A cet 
effet, il prit la forme d’m^*t»ge, et sobs ce déguisement 
il se présenta devant elle ; il fui dit que Dieu s étant laisse 
émouvoir, lui avoit commandé d’aller à son secours, et 
de‘la«Wirér.<fa fleuve. Elle crut aux paroles trompeuses 
du diable; elle sortit de l’eau, et conduite par son perfide 
séducteur', elle alla trouver Adam, qui, à son approcha, 
reconnut aussitôt le démon. Il commença à pleurer amè- 
rement sur cdtle seconde foiblesse de sa femme. Dans 
l’excès de sa douleur, ^'-s'adressa à l’esprit malin , et lui 
demanda quel cruel plaisir il trouvoit à les poursuivre 



. __ Digitized by Google 



I 



CJ 6 BIBLIOTHÈQUE 

sans relâche, en les poussant d'abîme en abîme. Alors le 
diable lui répondit en gémissant , 'qu’il lui porleroit une 
haine éternelle, parce qu’il éloil la cause de son expul- 
sion du Paradis, n’ayant pas. voulu le reconnoitrc pour 
l’image du Seigneur qui l’avoit créé. 



A ces mots , Adam pria Dieu avec ferveur d’éloigner 
de lur cet ennemi attaché à sa perte. Sa prière fut exau- 
cée, le diable disparut, et ne s’offrit plus à ses yeux. 



Adam continua sa pénitence, en restant dans l’eau le 
temps qu’il s’étoit prescrit. 

Eve, bien déterminée à ne point porter obstarle au 
salut de son mari , alla en Occident , où « elle fist et char- 
« penla au mieulx qu’elle put un petit habitacle; car elle 
« avoit conçeu de son Seigneur un fils; et quant le temps 
« de parturer ou d’enfanter aprocha, elle se commença 
u à troubler et avoir moult grant douleur, pourquov elle 
« adressa sa prière envers son .Seigneur. » , 



Cependant Adam tournant sa pensée vers Ève , et se 
ressouvenant que Dieu la lui avoit donnée en garde , 
commença à s’inquiéter sur l’état où elle poUvoit être 
réduite. Il partit de l’Orient, arriva au lieu quelle habi- 
toit, et la trouvant dans les douleurs de l’enfantement, 
il se jeta à genoux, en suppliant le Seigneur de délivrer 
promptement sa malheureuse épouse. Ses vœux furent 
exaucés. Dieu lui envoya aussitôt douze Anges acoom- 



j* 



4 



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DF, LOUIS DE LA GKUTIIUYSE çyj 

pagués de douze Vertus, qui touchèrent Ève, et lui an- 
noncèrent qu’elle avoit trouvé grâce devant le Seigneur. 
Lieve sus , lui dirent-ils, et te prépare à te délivrer de 
ton fruit, duquel descendra le Sauveur du monde. Eve, 
de ces parolles moult reconfortée, s'acoucha prestement 
d'un beau fils , quelle nomma Cayin , lequel tantost 
qu'il fu nez il s’en courut arracher une poignée d’herbe, 
qu’il apporta à sa mère. 

— 

Après son retour en Orient avec sa femme et son en- 
fant, Dieu leur envoya l’archange saint Michel pour leur 
enseigner à semer et à cultiver la terre. Eve eut un 
second fils , nommé Abel. Un jour elle vit en songe que 
celui-ci tuoit son frère. Ce songe se vérifia ( ce qui est 
contraire, comme on voit, à ce que dit l’Ecriture). Lors- 
qu’Adam fut parÿnu à l’âge de cent trente ans, il eut 
un troisième fils , et successivement trente fils et trente 
filles , qu’il engendra dans l’espace de 700 ans. Il apprit 
à Selh tout ce qui étoit arrivé à lui et à Eve, ainsi que 
les maux et les biens qui adviendroient à sa race dans les 
siècles à venir ; enfin il lui prédit le déluge et la nais- 
sance du Sauveur, événemens que Dieu lui -même lui 
avoit fait connoitre. K . * 

* a # t * * 

• ♦ * - 

• ¥ ■ V * • 

Ayant atteint l’âge de io 3 o ans, et sentant sa fin ap- 
procher, il assembla tous ses enfans , et leur dit que la 
cause de la mort qu’en lui l’homme alloit subir pour la 
première fois, provenoit de la désobéissance de leur mère 
aux ordres de Dieu. Dans l’instant Ève et Seth le quit- 

7 



<(8 BIBLIOTHÈQUE 

tèrcnt pour aller chercher, à l’entrée du Paradis ter- 
restre, l’huile de miséricorde afin d’en oindre Adam et 
de le guérir. Ils trouvèrent en leur chemin le serpent, 
qui attaqua Seth et le mordit. Arrivés aux portes du 
jardin , ils couvrirent leur tète de poussière en signe 
d’humilité, se prosternèrent la face contre terre, et pous- 
sèrent de longs gémissemens, en suppliant le Seigneur 
d’avoir pitié des souffrances d’Adam. Dieu leur envoya 
l'archange saint Michel , qui leur dit que l'huile de misé- 
ricorde qu’ils demandoient ne seroit accordée que dans 
5oao ans , lorsque Jésus-Christ viendrait sur la terre en 
oindre ceux qui croiront en lui. 

Ils s’en retournèrent accablés de tristesse, emportant 
avec eux, des environs du Paradis terrestre, des plantes 
odoriférantes , quelques parties d’un arbre précieux , 
nommé nardui, du safran, de la cinnamome, de la graine 
de paradis et du calamentum, et allèrent rejoindre Adam, 
à qui ils racontèrent ce qui leur éloit arrivé. Adam , 
après avoir reproché une seconde fois à Eve son péché, 
qui devoit peser sur tout le genre humain, expira. Au 
même moment le soleil, la lune cl les étoiles s’obscur- 
cirent. Ce phénomène dura sept jours. Au bout de ce 
temps, saint Michel eut ordre de Dieu d’ensevelir Adam 
en présence de son fils Abel , pour apprendre aux mortels 
à enterrer leurs semblables. Six jours après la mort du 
premier homme, Eve, près aussi de rendre le dernier 
soupir, assembla ses fils et ses filles, au nombre de 
soixante, et leur annonça qu’à cause de sa désobéissance, 
le moude périrait une fois par l’eau et une fois par le 
feu. Elle leur commanda de faire deux tables : l’une de 
pierre , et l’autre d’argile , et d’y inscrire les événemens 







V» 



DE LOUIS DE LA GRÜTHUYSE. 
de la création, sa vie, celle d'Adam, et tout ce qu’ils 
avoient vu et entendu, afin que le genre humain en fût 
exactement instruit. La table d’argile devoit résister au 
feu, celle de pierre, à l’eau, dans le cas où le monde 
périroit par l’un ou par l’autre de ces deux élémens. 

Quand les enfans d’Eve eurent pleuré leur mère pen- 
dant quatre jours, saint Michel leur apparut, et leur dit 
de ne pleurer désormais leurs morts que six jours , parce 
que Dieu s’étoil reposé le septième de ses travaux. 

Selli ayant cessé ses larmes, suivant l’ordre de l’ar- 
change, se mil en devoir d’exécuter les derniers comman- 
demens de sa mère. J1 fit les deux tables, et les plaça 
dans l’endroit où son père avoit l’habitude de se retirer 
pour prier. On les trouva après le déluge ; mais personne 
ne put ni les lire ni les comprendre jusqu’au temps de 
Salomon. Ce Roi, soupçonnant qu’elles contenoient quel- 
ques mystères , pria tant le Seigneur de les lui dé- 
couvrir, qu’il lui envoya, par saint Michel, l’ordre de 
construire un temple dans l’endroit meme où elles s’é- 

toient trouvées. 1 

#•, t Au 

Dans la copie ancienne de cet ouvrage, qui est à la 
bibliothèque de l’Arsenal , on a fait quelques change- 
mens; les chapitres sont autrement disposés , et au lieu 
de seize qu’offre l’original, il s’en trouve trente-deux. 

Le vingt-troisième contient un résumé des précédens, et 
ceux qui suivent, jusqu’au trente-deuxième, continuent 
la vie d’Adam comme il suit : 

Lorsque l’ange Chérubin vit arriver Seth aux portes 
du Paradis terrestre pour chercher l’huile de miséricorde, 
et qu’il sut pourquoi il étoit venu, il lui dit de regarder . * - 
à l’entrée. Seth fut ravi d’admiration à l’aspect de tontes Q - ’ 









« 



I 



* 






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IOO BIBLIOTHÈQUE 

les merveilles <|iii s’offrirent à sa vue, au nombre des- 
quelles étoit une fontaine éclatante, d’où s’échappoient 
quatre fleuves appelés Phison, Sion, Tigris et h'uphrales, 
et qui se répandoient par tout l’univers. Auprès de cette 
fontaine étoit un arbre dépouillé de son écorce et de ses 
feuilles, mais ayant un grand nombre de branches. Se 
doutant que c'éloit à cause des péchés de ses premiers 
pareils que l’arbre se trouvoit dans cet état de dénuement, 

' il retourna vers l’ange lui raconter ce qu’il avoit vu. Ché- 
rubin lui ordonna encore deux fois de se présenter à la 
porte du jardin , et lui dit qu’il y verroit de plus grands 
mystères. En effet, la première fois Seth aperçut un ser- 
pent au pied de l'arbre, et la seconde fois il vit l’arbre 
s’élever à une telle hauteur que sa cime touchoil au ciel. 
Sur le sommet étoit un enfant nouveau-né enveloppé de 
langes. Dans son étonnement ayant baissé les yeux , il 
trouva les racines de l’arbre descendues jusqu’aux enfers, 
où il découvrit lame de son frère Caïn. L’ange lui déve- 
loppa ce mystère, et lui apprit que l’enfant qu’il avoit vu 
étoit le fils de Dieu , qui pleuroit déjà sur les péchés du 
premier homme, qu’il les rachèterait quand le temps en 
seroit venu, (t que c’éloit lui qui étoit l’huile de miséri- 
corde , promise à ses parens et à leur postérité. 

Seth, au moment d’aller rejoindre son père et sa mère, 
reçut de l’ange trois graines du pommier dont ils avoient 
mangé, et il lui prédit en même temps que trois jours 
après son retour son père mourroit. De plus, l’ange lui 
ordonna aussitôt après qu’il seroit mort , de mettre les 
trois graines dans sa bouche , ajoutant que de ces trois 
graines sorliroient trois rameaux en forme d’arbre, dont 
l’un sera cèdre, l’autre cyprès, et le troisième pin; que 




DE LOUIS DK LA GRUTHUYSE. 101 

par le premier, qui est le plus haut des arbres, est figuré 
le Père; par le second , qui est l’emblème des souffrances 
et de la douleur, on doit entendre le Fils; et par le der- 
nier, qui porte un fruit utile, le Saint-Esprit. 

La mort d’Adam arriva au jour prédit. Seth, en l’en- 
sevelissant, lui mit les trois graines dans la bouche, d’où 
il sortit très promptement trois vergetles d’une aune de 
long; elles restèrent toujours vertes jusqu’aux temps de 
Noé, d’Abraham et de Moïse. Celui-ci, après avoir mené 
le peuple d’Israël au travers de la mer Rouge , vint au val 
d’Ebron , arracha les vergetles de la bouche d’Adam, et 
il s’écria devant le peuple, d’un ton prophétique, qu’elles 
représentoient la sainte Trinité. Ces vergetles répandirent 
une odeur si douce, que le peuple croyoitdéjà être dans 
la terre promise. Moïse les porta au désert, et s’en servit 
miraculeusement pendant quarante-huit ans, pour guérir 
le peuple d’Israël, toutes les fois qu’il fut mordu par les 
serpens et autres bêtes venimeuses. Ce fut aussi par leur 
vertu qu’il fit jaillir l’eau de la roche. Avant de mourir il 
les planta au pied du mont Thabor : elles restèrent dans 
ce lieu l’espace de mille ans. David, averti par le Saint- 
Esprit de les aller chercher, et ayant employé neuf jours 
à ce voyage, les apporta à Jérusalem, et les coupa. 
L’odeur suave qu’elles exhalèrent le transporta de joie; 
il se mit à danser, à chanter, et à jouer de divers instru- 
mens, en glorifiant le nom du Seigneur. Tous les malades 
qui allèrent à sa rencontre et qui touchèrent les ver- 
gettes furent à l’instant guéris, par la vertu de la sainte 
croix , dont elles annonçoient le mystère à venir. 

A son retour il les mit dans une citerne, en attendant 
qu’il pût les planter dans un endroit plus convenable. Le 



10a BIBLIOTHÈQUE 

lendemain il les trouva élevées et verdoyantes. Enchanté 
de ce nouveau miracle, il les laissa dans la citerne, qu’il 
fit entourer d’un mur. Elles restèrent dans un état de 
croissance pendant quarante ans. Après son adultère, 
David alla faire pénitence sous leur ombrage; ensuite il 
commença à faire construire le temple du Seigneur, au- 
quel il fit travailler pendant vingt-quatre ans, et dont il 
ne put, à. cause de l’énormité de ses péchés, voir l’achè- 
vement. Salomon , qui lui succéda , finit l’édifice en 
trente-deux ans. Pour sa construction on coupa le saint 
arbre , quoiqu’il fût d’une coudée plus long qu’il ne fal- 
loit; mais quand on le mit en place, il se trouva être 
plus court. 

Un jour une femme nommée Manilla étant venue au 
temple avec une multitude innombrable de peuple pour 
adorer Dieu et le bois du Seigneur, s’étant assise sur le 
bois, elle sentit aussitôt ses vêlemens s’enflammer, et 
s’écria , comme inspirée : Dieu ! mon Dieu ! Les Juifs 
l’entendant proférer le nom de Jésus-Christ, l’accusèrent 
de blasphème, la traînèrent hors du temple, et la lapi- 
dèrent. Elle devint ainsi le premier martyr qui mourut 
pour le nom de Jésus. 

Les Juifs, furieux des miracles opérés par le saint fust, 
l’enlevèrent du temple, et le jetèrent dans une piscine; 
mais Dieu , pour empêcher cette indigne profanation , 
envoya un ange remuer l’eau de la piscine, qui eut sur- 
le-champ la vertu do guérir les malades qui y descen- 
dirent. Ce dernier miracle ne fit qu’accroître leur fureur, 
au point qu’ils tirèrent le saint fust de la piscine, et en 
firent un pont sur le torrent de Siloê, espérant qu’à la 
longue il seroit usé par les pieds des passons. Il resta en 




DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. ioî 

cct état jusqu’à l’arrivée de la reine de Saba à Jérusalem , 
qui, en le traversant, l’adora. Dans la suite les Juifs le- 
prirent pour en faire la croix sur laquelle ils crucifièrent 
Jésus-Christ. 

La Bibliothèque du Roi vient de se procurer un exem- 
plaire de l’original latin de cette vie d’Adam, imprimé 
sans date, sans nom d’imprimeur ni de ville, mais, à 
en juger par les caractères , sorti des presses d’Arnoldus 
de Bruxella , qui exerçoit son art à Naples en 147a- Aussi 
cette édition ne ressemble à aucune des trois mentionnées 
aux pages 96 et 99 de la Notice sur Colard Mansion. 
Paris, 1839, in-8°. Elle doit être regardée comme la 
première de ce petit ouvrage. En voici la description : 
Elle est petit in- 4 °, en lettres rondes, à longues lignes, 
de 28 à la page , et contient 8 feuillets, dont les premières 
lignes sont : 

De création* Ade et formative Eue 
, ex cofta eius. Et quomodo decepti 

fuerunt a ferpente. 

• 

Oft cafum Juciferi q fuperbia inflatus ait 
ponam fedem me2 in aquilonem zéro fi mil’ 
altiffimo. Deus autem fumme bonitatis 
uolens horainem cffe participent regni fui. Adl 

Elle finit au verso du dernier feuillet, qui a aussi 
a8 lignes, par les deux suivantes : ; 

fed régna bût per infinité fecula feculoTZ. Am? 

C Vite Ade 0c Eue abfoluta S féliciter. 



« 



io4 



BIBLIOTHÈQUE 1 



* y p 



VI. 

.v* • * 

Le Miroir de l'humaine salvation. In-folio, relié 
en m. r. , autrefois couvert de velours incarnat , 

n° 6848. 

Manuscrit sur vélin" du milieu du quinzième siècle, 
écrit en ancienne bâtarde, sur a colonnes, de 4° lignes 
chacune. A la tète de chaque colonne est une miniature 
qui a 81 mm. (3 p. de haut) sur 95 mm. (3 p. 6 1 . de 
large). H y en a 19a en tout. Il contient liij feuillets 
chiffrés , et il commence ainsi : , * 

Ci commence le miroir de Inmainc faluation. Le prologue de ce 
prefent liure ouquel font compris et defignes foubz briefte les cbap- 
pitres et matières defquelles ledit liure fait mencion. 

Le texte : 

Comme doneques le prefent traitic miroir de lumaine faluation foit 
appelé ouquel appert le cas de lômc et la maniéré de fa reparaciô. 

Fin : * 

• 

Par cefte feptiefme joye mere très glorieufe ie te fupplie très hum- 
blement que il te plaife cftre mon aduocate et intercéder vers noftre 
dit faulueur ton benoift filz ihùcrift que apres ce morteil exil il me 
daigne reccpupir et logier au trofne de fon royaulme aueucques les 
fains anges et archanges et aultres bieneureux aueucq lesquels le puifle 
contempler et loer fon fainct nom par tous les fîecles auenir amen. 

A la suite se trouve : 

Senfieut les lignies des roys de franco et comment les générations 
font defcendües lune de lautre et comment elles font faillies et fi 
parle en brief de leurs fais et en quel temps ils ont régné et com. 
longuement et ou ilx gifent et quelx enfans ilz ont eu et en quel temps 
la cite de luteffe fut coramencie et comment elle fut nomme paris et 
comment le royaume de gaulle fut nomme franco. 



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* 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. io5 

La iraduction du Miroir de l’humaine Salration , con- 
tenue dans ce manuscrit, a subi , dans les éditions qu’on 
en a publiées à Lyon et à Paris, des changcmens considé- 
rables. Elle a été faite par Jacques Mielot en 1 44 ® ( ce 
que nous apprend l’original qui se conserve à Bruxelles); 
il en reçut l’ordre de Phiiippe-le-Bon. 



En tète du volume on lit ces mots 









Dm hifloirc» et liurcs en franeovs. Pult'’ i ° A la clieminee. 

VIL 

_ jj. 

L'Horloge de Sapience, traduit du latin de Henri 
de Souhait (de Sews), 2 vol. in-folio, en peau de 
mouton rougie, aux armes de Béthune, n°‘ 7041 
et 7043. 

Beau manuscrit sur vélin, exécuté après le milieu du 
quinzième siècle , en ancienne grosse bâtarde , sur 2 col., 
de 39 lignes chacune; il est divisé en deux volumes. 

Le premier a en tète ix feuillets chiffrés, qui contien- 
nent la table des chapitres. Le x* est enrichi d’une belle 
miniature, qui a 189 mm. (7 p. de haut sur autant de 
large). Elle représente l’intérieur d’un appartement où 
l’on voit une grande horloge , devant laquelle Louis de 
la Gruthuyse est debout, etparoit étonné en voyant celte 
merveilleuse mécanique. Il est vêtu d’une longue robe 
de tissu d’or, et il a la tète découverte : le collier de la 
Toison -d’Or est passé autour de son cou. Sa suite se 
compose d’un seigneur et de plusieurs dames. Le cadre 
qui orne cette pagç renferme ses armes entourées du col- 
lier de l’ordre dont il étoit chevalier. 



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io6 BIBLIOTHÈQUE 

Le texte commence ainsi au même feuillet : , 

Hane atnani et equifiui a juvénilité mea et quefiui eam micbi affu- 
mere fponfam. Ce font les paroles que Salomon le Sage dift en fon 
liure de Sapience ou iiiij* chappitre en cjuoi il dift jay aime efapience 
et fi lay quife des en ma jeuneffe pour de elle faire mon efpoufe. Ou 
temps pafTc fut un homme qui en la fleur de fon eage fe donna moult 
fort a la iolite et a la vanité du monde .... ? 

Le tome second, commençant au fol. clxvij, et finissant 
au fol. ij c lxviij , est aussi enrichi d’une miniature de la 
même grandeur, où de la Grulhuyse, habillé comme 
dans la première miniature, se voit debout, couvert d’un 
bonnet, el accompagné d’un seigneur et de trois dames. 

Dans une pièce de vers qui termine ce manuserit, il 
est dit que la traduction fut faite en l’année 
* f «■ 

y Que le miliaire couroit 

Q* propre!» I cOptcr vouroit 
Mil trois cSs iiij** dix neuf. 

Par ordonnance de maiftre dominique dit de jtort 

Faite fu la traoflation 
« En lan de lincarnation 
Deirât an îour xxviij* 

Du mois danril enuiron prae 
Priex adieu le créateur. 

Il y a d’autres manuscrits de cet ouvrage à la Biblio- 
thèque du Roi. Dans celui qui a appartenu aux ducs de 
Bourgogne, il est dit que l’Horloge de Sapience fut tra- 
duit en françois par un Franciscain en i38q, et écrit en 
i458 par Jean Dordenay, natif de Paris, el demeurant 
à Lille. 

Dans celui qu’on voyoit aux Feuillans de Paris, le tra- 
ducteur est nommé père Jean de l’ordre des Mineurs , 
du couvent de Neufcliâleau en Lorraine. La première 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 107 

édition de celte traduction porte le nom de Verard et la 
date du 10 mars i 4 g 3 . L’original latin parut à Venise, 
chez Jean de Guarengis, en 149a. 

Il en a été fait une traduction allemande, imprimée à 
Augsbourg par Antoine Sorg, en 1482, et une autre en 
anglois, imprimée à Londres , sans date, par Guillaume 
Caxton. j . < , 

VIII. 

Le Jardin de vertueuse Consolation. Enseigne- 
mens de divine Sapience à l’ancelle et ame devotte. 
Petit in-folio, m. citron, anciennement recouvert 

de velours noir pelé, n° 73a4- 

* 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, en an- 
cienne grosse bâtarde, à longues lignes, au nombre de 16 
sur les pages entières, contenant 46 feuillets. 

Il est enrichi d’initiales peintes en or et en couleurs, 
et de trois jolies miniatures, qui ont i 35 mm. (5 p.) de 
haut sur io 4 mm. (3 p. 10 I.) de largeur. Dans la bor- 
dure en arabesques du premier feuillet sont les armes de 
Gruthuyse recouvertes. Il commence ainsi : 

En labbeye de deuote religion fondée en ce mondain deferi cft le 
iardin de vertueufe confolation ou le vray dieu daraours habite ceft 
le iardin gracieux ou demeure le doulx ihefus a ouquel il appelle fa 
raie quant il dift ou liure des canchonnettes amoureufes vieng dift il 
en mon iardin ma deuote douche fœur et ma chere efpeufe. Cette dou- 
dbette voix cette canchonette amonreufe chante roelodieufcment ihefu- 
crüt le loyal amant en appellant a foy la fainte ame qui eft dieu en- 
amourée par ardent charité et le nomme fa fœur et fon efpeufe fa fœur 
par confanguinite de nature et fon efpeufe par affinité de graceî 

Ce traité est terminé au recto du 28* feuillet. Le second 
commence ainsi au verso du même feuillet : 



■ io8 BIBLIOTHÈQUE 

Enftrignemcns de diuine fapience a lancelle et ame deuotte. 

C y apres dit et récite comment la pardurablc fapience enfeigne fon 
ancellc a paliamment riure. 

La première miniature représente un pèlerin entrant 
dans le jardin de vertueuse Consolation , à la porte du- 
quel il est reçu par dame Obédience, accompagnée de 
quatre femmes. Il est, dans la seconde miniature, à ge- 
noux devant un arbre, auquel est attaché un christ; et la 
troisième offre divine Sapience enseignant l’aucelle et 
l’âme dévote. 

Cet ouvrage a été imprimé pour la première fois, sans 
date, par Colard Mansion, qui le donne pour la première 
production de son imprimerie. ( Notice sur Colard Man- 
sion , in-8°, p. a 5 .) 

XI. 

• . Y' ' . v - "■ 

Le Retour du Cœur perdu, et autres Traités ascé- 
tiques. Petit in-folio, en m. r., autrefois couvert 
de velours vert, u° 73 1 3 . 

Beau manuscrit sur vélin ,• du milieu du quinzième 
siècle, en ancienne grosse bâtarde, avec sommaires en 
rouge , à longues lignes , au nombre de 20 sur les pages 
entières; contenant 93 feuillets. Le premier porte ce 
titre en rouge : 

C y commence on petit traittie intitule le Retour du Cucr perdu 
compofc par un de nos religieux nomme Alexandre. 

Au bas du second feuillet, qui est enrichi d’un cadre 
et d’une jolie miniature qui représente un pèlerin con- 
duit ‘par une religieuse , et prosterné devant un Christ 
mort que soutient et lui présente un pontife, sont les 
armes de Gruthuyse. 




« 



DE LOUIS DE I,A GRUTHUYSE ■ 

r 1 
Le premier traité commence ainsi : 

J a *ZÎ7 mifcric °” rt il1 "" <iui P nur «on, cou Touchiez a nou, 
p^re. pefcheur. ,,Ue n ° U ' ÏO ' IZ Ve ° ir r " 0, '"- er «V «» oyr merchi 

" ,1 m " F ; rcc 7 uo, ; m "r '<"> ra Ûinant et ojr merchi e, moy ,,„i 

per.1.1 me fui, par toy eflong.er par roie relournanl.. 

Fol. 14, verso : 

a. Senfieul une moult bonne et profitable confeffion a noftrefeigneur. 

Fol. 17 , verso : 

3 . Piteufe complainte a jhefucrift. 

Fol. ai , verso : /? V 

4 - Senfieul une deuotc méditation fur la paffion noftre feigneur et 
primes a matines. 

Fol. ü 3 , verso : 

5 . Méditation a primes. # 

Fol. 24 > verso : • ; 

6. Méditation a tierce. 

Fol. 27, verso : •*. ‘ » 

7. Méditation a midy. i 

Fol. 29, verso : . * • r 

8. Méditation a nonne. * 

• * . # • 

Fol. 33 , recto : , 

g. Cy paroi le tant lomme a ion amc comme a ion corpa èl premiè- 
rement commence a noftre henoift iauucur. 

Fol. 36 , verso : 

10. Comment on doit profer a la mort au jugement et aux painc» 

tlenfer. » r * 

Fol. 48, verso 

11. Des grans biens qui font en paradis appareilliez a ceulx qui la 

font glorifiiez. 

Fol. 54 , recto : 

ta Des trois douaires de lame et premièrement do premier douaire. 



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no MBLIOTHfcQUE 

Fol. 56, recto : J* 

■ 3. Du fécond douaire de lame glorifier. 

Fol. 58, recto : 

i$. Le tiers douaire de lame. 

Fol. 6 », rcc tj^- Jç 

15. Des quatres douaires du corps. • • ' 

* w • ^ % 

Fol. 77 , verso : 

16. Oraifon pour maniéré de complainte a la vierge marie 

•Fol. 83, verso : K 

Autre oraifon a la vierge marie mère de dieux aduocate. 

Fol. 90 , recto : 

18 Autre oraifon a')a rierge marie. 

VÊf j, ” 'S 

Cctle. dernière oraison fiait par ces mots : 

Que en Tuis laffus gloire de dame ainfi cfleuee par occafion de 
pécheurs vecz mercy recepuei moy a mercliy. 

On lit au commencement du volume : 

Du hiftoire* et li lires en francojs pult” 1* a la cheminee. Dlojrs 

«L. $ 

.. * *• 

Les Fleurs de toutes Vertus. Petit in-folio, relié 
en m. r. f autrefois couvert en velours, n* 7321. 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit 
en ancienne bâtarde, à longues lignes, au nombre de 28 
sur les pages entières, et orné d’une miniature de 1 24 nam. 

(4 p. 7 1.) de haut. Sur 120 mm. (4 p. 5 1.) de large. La 
totalité du volume est de 63 feuillets. Sur le premier, où 
se trouve cette miniature, on voit les armes de Gru- 
thuysc recouvertes. Il commence ainsi ; 

En ce prSttfps q les humains efpris 

Sont pins agus en fcience ê efpris 



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UE LOUIS UE LA GHUTIIUYSE. 

Et en vertu» que nulle ault faifon 
En mon refit cil fus tic defir furpris 
A tranflater aulcun liure de pris 
Non trop liaultain mais mois par raifoq 
Lors me fouuins quauoie en ma maifon 
Ung liure grec lequel auoit eflc 
A ung empereur Conftantin prefente 
Sjr me louay eftant en ce propos 
Sans arredtrr ni prendre aucun lepos 
Pour preftement quérir apres le liure 
Veuillent mettre mon entente a deliure 
Quant ieux trouue le liure deffurdit 
Je le lus tout et y iy maint beau dit 
Coiifbien qoil fuft concilie et (ait en profe 
Uun lee le texte et dautre part la glofe 
Sy perchus bien quun ouuricr excellent 
Lauoit trarttie de cuer fans cftre ient 
Et (juil auoit en vaiore et juAice 
Veu maint beau point puis de fent augufiin 
El domera» trailtoit entinement 
En demOftrant maint bel enfeignement 
Des enfuîmes e t meurs <| lomc liumain 
Doit par raifon obtenir foir et matin 
Pour complaire au vray dieu de droiture. 
Seul créateur de toute créative 
Aflin donqs qiinucitns peufTcnt auoir 
De ce liure moult proufitahle auoir 
Le tranflatoit a mon entendement 
Au niieulx que peuli mais afTex rudement 
De grec Jangaige en langaige francois 
TA pour caufe quil cftôit a mon chois 
Fleurs de toutes vertus lay mis a nom 
A celle fin que plus en fuft renom 
Pour tant fupplpr a ceulx qui lorroàtlire 
Ou qui vouldroqt defdites fleurs eflire 
Qui fa y faillir en aujeun ohfcur pas 
Supportes raoy grep langaige neft pas 
Doulx au fmnrois aincois eft aflez rude 
Dur eft au clercq changier nouuelle eftudc 

^ y Cy fine le prologu e du trannateor. 



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I 



ni BIBLIOTHÈQUE 

Amour bieoiiellançe délectation et plaifir cft prcfque une imirme 
chofc. 

A la fin : 

> ( * 

Saint yfidore dift qu*il vouldroit mieulx a tomme deftre auecquea 
vng muet quil ne feroit de oir dire pardieu qui len neu peufi entendre. 

Rxplicit les fleurs des vertus. 

Cet ouvrage existe aussi en italien, sous le litre de 
Fiore di Virtii. Il s’en trouve beaucoup d’éditions im- 
primées dans le quinzième siècle. La première est de 

*, 474 - 

La Vertu du Sacrement de Mariage. Petit, in-folio, 
relié en veau marbré, autrefois couvert de velours 
bleu, n° 73g3. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle . en ancienne 
bâtarde', à longues lignes , au nombre de 34 sur les pages 
entières, orné de quelques miniatures; contenant f. 1 — 
189. Au premier sont les armes recouvertes. Les onze 
premiers renferment, 1°. le prologue, qui porte le som- 
maire suivant : ' , 

Le prologue <1u liore de la vertu du fièrement de mariage 
Et du reconfort des dames mariées. 

Ensuite : 

Entre les fainctes doctrines de noftrc rcdemplcur Jefucrift il eft 
efeript en Icuangilc lioc eft preceptum meum vt diligatis inuicem 
fieut dilexi vos r.'eft a dire que par eûmadement efpecial et fipguler 
du doulz iliu nous deuons amer lun lautre fi cOroc il nous a ame et 
feint Jehan leuangctifte en continuant ledit câmandement efeript en 
Tes t'\ 

i°. La table des chapitres des quatre livres. 




DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



it) 



Le dernier feuillet finit pâr ces mots : 

? r ' 

Benois fôycs tu qui es venus ou nom de dieu roy difrahel ofanna in 
excelfis ayes pitié de moy amen. 

XII. 

♦ 

Le Livre des Quatre dernières Choses à venir. 
Petit in-folio, en m. r., autrefois couvert de velours 
incarnat ciselé, n° 7310. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en an- ' » 
cienne grosse bâtarde, à longues lignes, au nombre de 
a5 sur les pages entières ; contenant 98 feuillets. Les trois 
premiers contiennent la table et le prologue » *11 est enri- 
chi , au quatrième , au bas duquel on voit les armes de 
Gruthuyse recouvertes, d’une jolie, miniature qui pré- /-> 
cède le texte , dont le commencement est conçu en ces , 
termes : 

«T ♦ • 

C y commence la première partie des quattre desrenieres chofes qui t 
font a aduenir. 

La mémoire retrait lomrae des pcchie. Ccft la mort prefente en tem- 
porelle et pour ce dit faint bernard en miroir des moyennes Ja fou-^ 
ueraine philofophie eft toufïours penfer a la mort. 

U finit ainsi : .* • 

Or pleuft dieu quilz fuflent bien fages et bien entendans et quils 
pourueiffent aux chofes defrenieres dont la fréquente mémoire et recor- 
dation rappelle des pechiez a couple des vertus et confirme en bonnes 
oeuvres parquoy ont paruiêt a la gloire eternelle amen. 

Ezplicit liber de quatuor nouiflïnns. 

On Ht sur un feuillet séparé au commencement du 
volume : 

Des hiftoires et liures en francoys pult° i® a la cheminee- 

C’est la traduction faite en i455 , par J. Mielot, de 

8 



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A 



u4 BIBLIOTHÈQUE 

l'ouvrage lalin de Denis Rifcel, intitulé Cordiale de qua- 
tuor novissimis , dont il existe un grand nombre d’édi- 
tions du quinzième siècle , ainsi que de traductions en 
plusieurs langues. 

La plus ancienne imprimée en François, paroit être 
celle d’Audenaerdc , par de Keysere, sans date, d’en- 
viron i49<>' 

* .. XIII. 

Le secret Parlement de l’Homme à son Ame, et 
de l’Ame à l’Homme. In-folio, relié en m. r. , autre- 
fois couvert de velours, n° G85o. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
écrit en ancienne grosse bâtarde , sur 2 colonnes , de 
• 28 lignes chacune , et enrichi de cinq très jolies minia- 
tures, qui ont 108 m. (4 p.) de hauteur, sur 70 m. 
(2 p. 7 1 . ) de largeur. Les feuillets où elles se trouvent 
sont.ornés de cadres. Au fol. 1 , armes de Gruthuyse ré- 
ouvertes, cinq devises, dont deux effacées, et deux 
mortiers. Au fol. cij , armes recouvertes, deux devises : 
Plus est en vous , deux mortiers. Au fol. cxliij , armes 
recouvertes. Au fol. ciiij“ iij , armes recouvertes, devise 
Plus est en vous. Au fol. ccvij , armes recouvertes, 
mortier, devise. 

Prél. 7 feuillets , contenant la table des chapitres. 
Texte, fol. j — ce xxxviij. 

Le premier commence ainsi : 

Cy commence le fccrct parlement de Ihomme contemplatif a fon 
ame et de lame a Ihomme fur la pourete et mendicité efpirituele pour 
apprendre recourir a dieu et a fes faints par oraifon deuote et pour 
receuoir le* aumofnes de grâce et de rertu» et pour venir auffi a la 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i,5 

fcience des affection* qui proprement fc nOme fapience ce«t a dire 
fauereufc fcience et contient deux parties. La première fait queftions 
et refponfes diucrses de Urôme a fofa ame et de lame a Ihftme. La 
fécondé ptie contient oroifon» diuerfes et méditations que fait lame en 
guife dune poure m?diant qui fe pourecbace et quiert fon pain. w 

A la fin : - „ • ** 

Et ainfi fine icy le liure de lame contemplatiue. 

A la suite, fol. ciiij“ iij :• . * 

C y cOmence le liure de fcneque qui parle des quatre vertus prin- 
cipaulz. 

Au verso du dernier feuillet : 

» * 

C y fine le liure de fenequc des quatre principales vertus tranflate du 
latin en cler francois par maiftre jehan Trouffcau en la cite de Bourges 
en Berry lan de grâce mil trois cës Ix et douze. 

Au fol. 207 , recto : • • » ' • ; 

Cy fenlïeut ung petit traitie de moralité de philozophie et premiè- 
rement prologue de Jactë. 

L’auteur est le traducteur de l’ouvrage précédent ; il 
dédie ce traité au même prince. 

Le livre des quatre Vertus de Sénèque se trouve im- 
primé à la suite de l’histoire d’Orose , traduite en fran- 
çois, et mise deux fois sous presse pour Verard, en i4gi . ' 
et vers i5o3. 

Cette traduction est celle que fit, au commencement 
du quinzième siècle, Laurent de Premierfait. Il en existe 
un manuscrit dans la bibliothèque du Muséum de Lon- 
dres, parmi ceux des rois d’Angleterre. ( Casley , p. 3o».) 

Le Secret Parlement de l’Homme est de Jean Gerson. 

Il s’en trouve un autre beau manuscrit dans la biblio- 
thèque de Bruxelles. Il a appartenu à Marguerite d’York, 
femme d’Edouard IV, roi d’Angleterre. Sa signature se 
voit sur un des feuillets. 



■ .6 TIFBLIOTHÊQUE 

XIV. 

Le Miroir de l’Ame. Petit in-folio, en basane 
rouge, n° 73 1 5 . 

Manuscrit du quinzième siècle, sur papier, écrit en 
ancienne bâtarde, à longues lignes, au nombre de 24 sur 
les pages entières; contenant 67 feuillets. Le premier 
contient la table des chapitres, qui commence ainsi : 

Cy commence le miroir de lame lequel ung chartreux fift a la 
requefte dun fien cordial amy, 

Le premier chapitre parle de la grant vilete et misere 
de Ihomme. 

Le second, du pechie en general. 

Le troisième, de penitance. 

Le quatrième , du mesprisement du monde. 

Le cinquième , de la vaine gloire du monde. 

Le sixième, de la mort. 

'Le septième , des joyes de paradis et des paines de 
lenfer. 

Au second feuillet, au bas duquel sont peintes les 
armes de la Grulhuyse entourées du collier de la Toison- 
d’Or, commence le prologue , précédé d’une figure colo- 
riée qui représente l’auteur composant son livre, par 
les mots suivans : 

Cy commence le prologue de ce prefent traitie : 

Vanitas vanitatum et orania vanitas dixit ecclefiaftes. Le fage roy 
Salomon efeript cefte auctorite au commencement de fon liurc quon 
appelle ecclefiaftes difant que en cc monde cft la ranite des vanités 
et que tout quanques y cft ccft vanité comme dift lexccllcnt docteur 
monff. faint Grégoire. 11 neft nul facrifice plus agréable a Dieu que 
lamour et la jaloufie du falut des âmes 



4 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 117 

Les premiers mois du texte , qui comntence au qua- 
trième feuillet , sont ceux-ci : ' 

De la grant vilcte et mifere de lhomme. Pourquoy fuis-je failli hors 
du ventre de ma mere affin que je vciffe labeur et doleur et que mes 
jours fuffent degoftcs en confufion 

Et il est terminé de la manière suivante : 

Je ne fcay qui tu es laquelle dure chofe tourne arriéré dcuant jcfu- 
crift noflre doulz fauueur qui vit et régné éternellement par fiecles 
infinis amen. 

Cy fine le miroir de lame pechereffe lequel ung chartreux fift a 1 a 
requefte dun fien cordial amy lequel a efte extrait et efept lan mil 
iiijc foixante et treize en la ville dabbë leql fut parfait la nuit de la 
fire dame mi ouft les jours et an deffd’. 

Scriptor î|m feptit cura x° viuere polTit pro pena Tua detur fibi dei 
elî. 

C’est vraisemblablement à Abbeville que ce manuscrit 
a été 'exécuté. L’ouvrage qu’il contient est d’un frère 
Laurent, de l’ordre des frères Prêcheurs. Il le composa 
en 1379, pour Philippe-le-Hardi . Les manuscrits en ont 
été très multipliés. Il s’en trouve plusieurs à la Biblio- 
thèque du Roi, et dans celle des ducs de Bourgogne à 
Bruxelles : les uns sont intitulés la Somme le Roi, des 
Vices et des Vertus-, les autres, Traité du Monde, Miroir 
du Monde , etc. Beaucoup offrent des différences. A la 
suite de celui de la bibliothèque de Bruxelles, il y a un 
autre traité qui porte pour titre : le Livre du Jeu de la 
Paulme moralise a jouer, et spirituellement , composé 
par un marchand de draps de Bruges, en 1 435 . 

L’ouvrage du frère Laurent a été imprimé en françois 
pour Verard, vers i 5 oi , in- 4 °. Il l’a été également en 
flamand , et imprimé à Delft en 1478. 

Le P. Échard (Bibl., tom. I, p. 386 ) cite plusieurs 




, ,8 BIBLIOTHÈQUE 

manuscrits en espagnol et en catalan comme existant à la 

Bibliothèque du Roi. * 

XV. 

Le Livre des Saints Anges, de François Ximenès, 
traduit de la langue catalane en françois. In-folio , 
m. r. , autrefois couvert de velours violet, n° 6846. 

Très beau manuscrit sur vélin, d’environ l’an 1460, 
écrit en ancienne grosse bâtarde, sur a col. , de 3 o lignes 
chacune , avec initiales et ornemens peints en or et en 
couleurs , et cinq jolies miniatures , dont quatre ont 
99 m. (3 p. 8 1 .) de haut, sur 77 m. ( 3 p. moins a 1 .) 
de largeur. Les 8 premiers feuillets contiennent la table 
des chapitres, qui porte l’inscription suivante : 

Cy commence la table des rubrices de ce prefent liure qui fe- nomme 
le liure des angeles lequel liure contient chincq parties et premier 
commence le prologue. 

Le neuvième, coté ix, est orné d’un cadre, dans lequel 
on voit les armes de la Gruthuyse recouvertes de celles 
de France, et d’une belle miniature de 180 m. (6 p. 8 1 .) 
de hauteur, sur 176 m. (6 p. et demi) de largeur, et 
représentant Dieu dans sa gloire, assis sur un trône d’or, 
et tenant le globe du monde dans la main. 

Le texte commence ainsi, au même feuillet : 

Moult faig. et honnnurablr feigueur mon feigneur pierre clartés 
maiftre racional de très hault et puiftant prince jehan par la grâce de 
dieu roy darragon le fîen feruiteur frere francoys examinez de lordre 
des frores mineurs a foi meifmes ouec toute reuerence en celui etemel 
dieu qui eft pere de tous les fains et bieneurez cfperilz en gloire..... 

Ce prologue ou dédicace est terminé par l’indication 
de la division de l'ouvrage, dont le premier Livre traite 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 119 

de la haultesse et nature excellente des anges; le second, 
de leur ordre reverend; le tiers, de leur service diligent; 
le quart , de leur victoire feruent; le cinquième, de leur 
hunnourable présidence. 

Le dernier, qui est chiffré cclv, finit ainsi : 

Acheue doneques eft le Hure des angeles félon ma ygnorance com- 
pofe des ditz des faints peres et docteurs ne refte fi non faire grâces a 
dieu tout puiffant en loffrant a moult honnourable et fage cheuaKer 
merrirc Pierre dartes maiftre racional et chambellan de moult hault 
prince et feigneur jehan Huy par la grâce de dieu Roy darragon 
régnant qui comptons 1V| iije ifij** et rij. Suppliant a voftre bonté 
quil vous plaife prendre ceftui petit feruice de ma fimplcffe a la reue- 
rcnce de monfeigneur faint roichiel et des fains angeles aufquelz il fcay 

que auez efpecialc devocion 

Explicil le liure des angeles. 

Le nom de l’auteur de cette traduction est inconnu. 
Elle a été imprimée à Genève en 1 47 ®- L’original parut 
à Burgos en 1490, in-fol. 

XVI. 

Vita Christi , traduit du latin de Ludolphe Char- 
treux (par Jean Mansel). Grand in-folio, relié eu 
m. r. , autrefois couvert de velours, n° 6844- 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
écrit en ancienne grosse bâtarde, stîr 2 col. , de 3 a lignes 
chacune , et enrichi de seize superbes miniatures en 
camaïeu gris, dont onze ont i 56 m. (6 p. moins 3 1 .) 
de haut, sur 169 m. (6 p. 3 1 .) de large, et les autres 
n 5 m. (4 p- 3 1 .) de haut, sur 74 m. (2 p. 9 I.) de 
large. 

La bordure du fol. 1 offre deux fois les armes de la 
Gruthuyse recouvertes; celle du fol. xv, les armes recou- 






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120 BIBLIOTHÈQUE 

vertes, et bannière effacée; du fol. 1, les armes recou- 
vertes; du fol. Ixxiij, les armes recouvertes, trois devises, 
dont deux effacées ; du fol. iiij** xvij , deux écussons 
recouverts; du fol. cij , quatre écussons effacés, et deux 
fois la devise Plus est en vous; du fol. evij , : qualre écus- 
sons effacés; du fol. cxvj, écusson effacé, et autour duquel 
on lisoit la devise, qui est aussi effacée ; du fol. cliij, deux 
idem, autour ln devise non effacée; du fol. ciiij*’ xiij, deux * 
écussons effacés, mortier autour duquel on lit la devise. 

Prél. la feuillets, contenant le prologue et la table 
des sommaires. 

Texte, fol. j — ciiij** xvij. 

Cet ouvrage a été traduit deux fois en françois par 
Jean Mansel de Hesdin , compilateur de la Mer des His- 
toires, et traducteur de Valère Maxime , et par Guillaume 
le Menaud. 

La première, qui n’a jamais été imprimée, est celle 
qu’offre notre manuscrit. 

La Bibliothèque du Roi possède un autre magnifique 
manuscrit des deux premiers volumes, qu’elle a acquis 
chez le duc de La Vallière (le Cat., tom. I, p. 4 a» n“ 146). 
Le troisième volume du même manuscrit, qui contient la 
troisième et la quatrième partie, étoit chez M. Desroches, 
à Bruxelles, en 1776; il se trouve maintenant à Londres 
dans la bibliothèque d’un particulier. 

On en a une traduction portugaise, qui a été imprimée 
pour la première fois à Lisbonne en i 4 g 5 , en quatre 
volumes in-folio, par Nicolas de Saxe et Valentin de 
Moravie. 

Une Vie de Jésus-Christ , qui vraisemblablement est la 
même, et dont le manuscrit a été exécuté à Gand en 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 121 

1 479 •» se conserve dans le Muséum Britannique, parmi 
les livres- des rois d’Angleterre (Casley, p. 390). Cet 
auteur le dit enrichi de belles peintures, et écrit par 
David Aubert, habile calligraphe , dont la même biblio- 
thèque (Casley, p. aga) possède les anciennes chroniques 
de la Grande-Bretagne. 

Parmi les manuscrits du Roi, à Paris, n° 6766, il 
existe une chronique de Naples , écrite par le même 
Aubert, pour Philippe, duc de Bourgogne, à Hesdin , 
en i 463 ; parmi ceux de Bruxelles, les Faits de Charles 
Martel, exécutés en deux volumes in-fol. en t 465 ; et à 
l’Arsenal, à Paris, le Roman de Perccforest, en plusieurs 
volumes in-folio. 

XVII. 

Les Dix Gommandemens de la Loi. In~ 4 °, < en veau, 
dos de m. r. , autrefois relié en velours violet, 
n° 7284. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en lettres 
de forme, sur a colonnes, de a 5 lignes chacune , enrichi 
de deux miniatures qui ont 7a m. (a p. 8 1.) de haut, 
sur 108 m. (4 p.) de large. Au bas de la page où se 
trouve la première, on aperçoit les armes de la Gru- 
thuyse recouvertes. 

La totalité du volume est de 170 feuillets. Le premier 
commence ainsi : 

Le premier commandement qui dieux commande eft cenlx tu ne 
aouras mie diuers dieux. 

A la fin on lit : 

Ceft liure compila et parfift uns frere» de lordre de» freres pref- 
cheurs a la requefte de Philippe le Roy de France en Un de lincar- 







A 



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1 22 BIBLIOTHÈQUE 

nacion M. cc lxxix deo gracias. Copie et double fu ceft prefeut liure 
jufques a la lin commence a dieu a la vierge marie et a tous les fains et 
faintes de paradys fur la vigile de la Penthecoufte en lan de grâce 
mille quatre cens trente et huit. 

Autrefois, sur un feuillet séparé, au commencement 
du volume, on lisoit : 

Liure des dix Commandements de la loy des hiftoircs et liures en 
francoys pult® a* a la cheminee. 

C’est le même ouvrage que celui qui est annoncé sous 
le n° XIV. 

XVIII. 

Traité du péché de Vauderie. Petit in- 4 ", couvert 
de velours figuré jaune, n° 7294. 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
écrit en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au 
nombre de 16 sur les pages entières, enrichi d’une belle 
et curieuse miniature qui 8117 m. (4 p- 4 1>) de haut, 
sur 95 m. (3 p. 61 .) de large. La totalité du volume 
est de exx feuillets chiffrés. 

Il commence ainsi, après la table des chapitres : 

Par lenuie du diable la mort print entrée ou monde et fe fenfuiuent 
ceux qui tiennent fon party. Ceft la parollc du faige ou fécond liure 
de fapiencc. Dieu tout puiffant créateur du monde uniuerfel fift et 
créa tous les celeftiens efperis. 

Ce livre est un traité contre les hérétiques qu’on 
appeloit alors vaudois , et qu’on accusoit de fréquenter 
le sabat; aussi on a représenté, dans la première minia- 
ture qui orne ce manuscrit, le lieu où se tient le sabat. On 
y voit un bouc , devant lequel treize hommes et femmes 
sont prosternés, tenant chacun un petit cierge à la main. 



♦ 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. ia3 

Un d’eux lève en l’air la queue de l’animal. Des hommes 
et des femmes, à califourchon sur des halais, sont en- 
levés par des diables. Parmi les médaillons qui décorent 
la bordure, il s’en trouve un qui représente un animal 
dont un diable fait baiser le derrière à différées person- 
nages qui sont à genoux devant lui. 

Colard Mansion a imprimé cet ouvrage sans date et 
sans nom, mais avec son monogramme. (Voyez Notice A- 

sur Colard Mansion, in-8”, p. 45 . ) < 

XIX. 

La Forteresse de la Foi (par Alphonse de Spina, 
traduite par Pierre Richart), 3 vol. grand in-folio. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit en . 
ancienne bâtarde , à longues lignes , enrichi de cinq 
grandes et belles miniatures, et d’autant de riches bor- 
dures. Dans la première on aperçoit les armes du seigneur 
de la Gruthuyse entourées du collier de la Toison-d’Or. 

L’abbé Rive a donné, de ces cinq miniatures, qui ont 
a 35 m. (8 p. 8 I.) de haut, sur a vj m. (8 p. ) de 
large, des copies informes. (Cat. La Vallière, lom. I, t 

Suppl., p. 86.) 

Ce beau manuscrit a élé acquis par la Bibliothèque du 
Roi à la vente des livres du duc de La Vallière. (Le Cat. 
tom. I , p. a66, n° 8 1 5 , et Add. , p. 3 a. ) 

Ce duc l’avoit trouvé parmi les livres de la famille * 
d’Urfé, qu’il acquit eu 1777 : ce qui prouve que tous les 
manuscrits de la Gruthuyse ne sont pas entrés ancienne- 
ment à la Bibliothèque du Roi. 

La souscription suivante , qui termine le manuscrit du 



* 



v A 



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124 ‘ BIBLIOTHÈQUE 

même ouvrage que possède la Bibliothèque de Berne, 

nous apprend le nom du traducteur. On y lit : 

Le prefent volume a efte tranflnte de latin en francois par Pierre 
Riebart dit lOifelet preftre et cure de Marques. 

Il en existe deux autres manuscrits d’une égale beauté 
dans la bibliothèque des ducs de Bourgogne à Bruxelles, 
et dans celle des rois d’Angleterre (Casley, p. 24 1)- 
troisième manuscrit , mais des quatre premiers Livres 
seulement , est indiqué par le même Casley, p. 3 oo. 

On a deux éditions du quinzième siècle de l’original 
latin ; l’une et l’autre ont été imprimées sans date et sans 
nom d’auteur. On attribue la plus ancienne à Mentelin , 
de Strasbourg, et la seconde à Bernard Richel, qui a 
imprimé à Bâle avec les mêmes caractères, vers x 474 » 
une Bible latine. 

XX. 

» 

Histoire en brief prinse sur le Dialogue de saint 
Grégoire. Petit in-folio en m. r., autrefois relié en 
velours vert, n" 7271. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
écrit en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au 
nombre de 38 sur les pages entières ; cont. a g 5 feuillets. 
Il est enrichi de sept miniatures très jolies, lesquelles ont 
ras m. ( 4 p- 6 1.) de largeur, sur 167 m. (6 p. 2 1.) 
de hauteur. Elles sont peintes sur les fol. 7, recto; 
3 1 , recto ; 66 , recto ; 86 , verso ; 8g , recto ; g4 , recto ; 
320, recto; 270, verso, feuillets qui sont en outre ornés 
d’encadrement. i 

La première représente • saint Grégoire écrivant ses 
Dialogues dans l’intérieur d’une belle église gothique ; au 




125 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 
bas du cadre s’aperçoivent les armes de ta Gruthuyse re- 
couvertes de celles de France. Dans la bordure de la 
troisième miniature on voit un homme sonnant d’une «1 
trompette, à laquelle est attaché l’étendard de la Gru- 
thuyso , aussi recouvert. Un autre étendard se trouve 
dans la bordure de la cinquième miniature. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoires et Hures en francois pult® a*' a la chemince. Bloys. 

Les six premiers feuillets renferment le prologue et la 
table des chapitres. 

Le septième commence ainsi : 

Cy commenche liftoire en brief du dialogue faint gregoirc et pre- 
mièrement fur le premier liure proheme, etc. 

Dialogue ceft a dire parolle de deux hommes et le liure qui a nom 
dialogue que faint gregoire pope fift fu ainfi appelé pareeque le diacre 
de mon feigneur faint gregoire lequel auoit nom pierre lui dift ung 
jour comme par admiration quil fe donnoit grant merueille quil auoit 
eu fi peu de faintes gens en Italie au regard des aultres nations du 
monde et pour ce que faint gregoire auoit congneu plufieurs faintes 
perfonnes comme par reuelation des notables gens dignes de fojr plu- 
fieurs faintes perfonnes et de grant mérité il refpondy par fon dialogue 
a ladmiration de pierre fon diacre et lui remaint a mémoire les mer- 
ueilleux fais et miracles de cculx dont il parle par lefqucls fais peut 
aparoiftre clerement que ceulx eftoient fains pour qui dieu faifoit tels 
œuvres et departy fon dialogue en quatre parties ou premier ou fécond 
et ou tierche il touche plufieurs exemples par lefqucls il donne a con- 
gnoiftre que les âmes viuent apres quelles font yffues des corps et pour 
ce que le fécond liure dicellui dyaloguc ne parle que de la vie et 
des miracles de faint«Benoit et liftoire eft touchie cyde/Tus en liftoire 
des fains fur ce je ne procederay icy que fur le premier le tierche et 
le quart et primes. 

Senfieuent les exemples du premier liure. 

Cette traduction n’est pas celle qui a été imprimée pour 
Verard en i5o9,in-4°. 




BIBLIOTHÈQUE 

XXI. 



1 26 



La Cité de saint Augustin , traduite du latin en 
françois par Raoul de Praeles, énorme volume in- 
folio , relié en m. r. , autrefois couvert de velours 
incarnat, n° 6712. 

Superbe manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, sur 
a colonnes, de 4> lignes chacune, et orné de dix très 
belles et curieuses miniatures de a.{4 m. (9 p-) de haut, 
sur 207 m. (7 p. 8 1.) de large. 

Dans les cadres qui ornent les fol. i et ix, les armes de 
Gruthuyse sont recouvertes. Le volume est composé de 
5 o 6 feuillets, numérotés depuis i jusqu’à v c vj. 

Le premier commence ainsi : 

Cy commence le liure intitule de la cite de dieu de monfeigneur 
faint auguftin. Vous très excellent prince Charles le Quint Roy de 
France je Raoul de Praellea voftre humble feruiteur et fubiect tout 
Toftrc et tout ce que ie fcay et puis faire a voftre commandement. 

On lit au recto du dernier : 

Cy fine le x« liure et derrenier de ce premier volume de monfeigneur 
fainct auguftio de la cite de dieu. 

Sur un feuillet séparé, au commencement du volume, 
est ce qui suit : 

De» hiftoirea et liure» en francoys. 

Au premier pult” par terre dever» le» foflea bloya. 

On trouve des manuscrits de cette traduction dans 
beaucoup de bibliothèques, mais il y en a peu d’une 
exécution aussi belle que celle de Gruthuyse. 

Ceux des rois d’Angleterre, au Muséum Britannique 
f (Casley, p. 294), et de M. de Mac-Carthy (le Cat. , 



t 






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DE LOU JS DE J, A GRUTHUYSE. 127 

tom. I, p. 88, n° 547), méritent d’être distingués. Il y 
en a quatre plus ou moins ornés dans la bibliothèque des 
dues de Bourgogne, à Bruxelles. On en compte plus de 
dix-huit dans celle du Roi. 

La première édition de cette traduction a été faite à 
Abbeville, en i486, par Jean Dupré et Pierre Gérard, 
in-folio. 

XXII. 

La Cité de Dieu de saint Augustin , traduite en 
françois par Raoul de Presles, liv. xi — xxu. Grand 
in-folio, relié en m. r. , autrefois couvert de velours 
incarnat figuré, n° 6836. 

Beau manuscrit du commencement du quinzième siè- 
cle, écrit sur vélin, en ancienne bâtarde, sur 2 col., de 
46 lignes chacune. Il y a une grande et belle miniature 
sur le premier feuillet du texte , qui est enrichi d’une 
bordure dans laquelle on voit les armes de Gruthuyse 
recouvertes. Une petite miniature décore le commence- 
ment de chaque Livre. 

Sur un feuillet séparé se trouvent ces mots : 

De» hittoyres et liures en françoys. 

Au pulu» premier devers les foffes. 

Prél. 2 feuillets, contenant la table des chapitres du 
xi* Livre, par lequel ce volume commence. 

On lit sur le recto du dernier : 

Cefte tranflacion 2 cOpoficion fu commencée par mettre Raoul. 

Au verso : 

de praelles a la touttains Lan de grâce Mil trois cens faisante 2 onze 
Et fu acheuee Le premier jour de Septembre Lan de grâce mil ccc. lxir. 
Deo gracias. , 



1 28 BIBLIOTHÈQUE 

Au bas , et d’une écriture différente : 

Des linres de MarcoufTy po* mBfg de Guicnne mis au louure en 
garde. 

J darfonual. ** 

Ce volume ne contient que les Livres xi à xxii de la 
Cité de saint Augustin. Avec le précédent il complète 
l'ouvrage. Les deux volumes sont de grandeur inégale, 
et écrits dans des temps très éloignés l’un de l’autre. Ils 
n’ont point été exécutés pour Grulhuyse; mais les ayant 
acquis , il y a fait peindre ses armes. 



JURISPRUDENCE. » 



XXIII. 

Les Décrétales de Grégoire IX, traduites en fran- 
çois. In-folio, relié en velours bleu figuré, n° yo53. 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, en lettres 
de somme, avec miniatures, sur 4 colonnes, de 48 lignes 
chacune-, contenant 210 feuillets. 

On lit sur un feuillet séparé : „ 

Bloys. 

Des hyftoires et liures en francoys Pult 0 3° contre la muraille deuers 
la court. 

* 

Les deux premiers feuillets renferment la table des 
chapitres. Au troisième , sur lequel on voit les armes de 
France cachant celles de la Gruthuyse, commence le 
texte par ces mots : 

« 




v 



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» 

* 

DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 129 

Ci commencent les décrétâtes en frücois. Ci commence li prologues 
fur la nouelc compiloifon Gregorius. Gregorius eueiqs fers a toux les 
fera* dame dieu et fes ch fs fuilz a ans meftr? a a tous les efeoliers 
demoranz a paris falut a fa bencienn 

On li^à la fin : 

Gi finiffent les decretales en francois. 

Il y a cinq Livres, qni sont numérotés : Liv. t, fol. i — 
lxiiij ; Liv. h , fol. i — lij ; Liv. in, fol. i — lxiij ; 
Liv. îv, fol. i — xx ; et Liv. v, fol. i — lj. 

Le traducteur est inconnu. 

XXIV. 

Les Institutes de Justinien , traduites en françois. 
Très petit in-folio, relié en m. r. , autrefois couvert 
de velours bleu, n° 7643. 

Manuscrit sur vélin , du quatorzième siècle , en lettres 
de forme, sur 2 colonnes, de 33 lignes chacune, avec 
quelques figures; contenant 85 feuillets. 

Le premier, sur lequel on voit les armes recouvertes, 
commence ainsi, première colonne : 

El non del perc et del fil et del feint efpit. Ci contiennent le» Infti- 
tnles au ft empereor juftinian. 

Il conuient que la maiefle leropereor foit aornee ne mie tant folemt 
, (armes mais de lois fi que li uns et li autres tens ce et cil de pes et cil 
de guerre puiz fe eflrc gouuernee par droit a li empereres de romc foit 
vainqueur ne mie tant folement es bataillez quil a contre fes ennemis : 
Ainz bout arriéré par la force des lois. „ 

Le dernier finit au verso , colonne première , par ces 
lignes : 

j Vous en fera donnes en liures de digefte fe deu plaift. 

Ci faillent les inflitutes a lempereur iuftinian en francois. 

9 



* 



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» 



i3o BIBLIOTHÈQUE 

Sur la colonne seconde on trouve la signature de 
Charles. 

Le traducteur est également inconnu, ainsi que celui 
des quatre ouvrages suivans. 

XXV. 

Les Institntes du Justinien : les trois Livres du 
Code. Grand in-folio, couvert en velours bleu figuré, 
il' 7057. 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, en lettres 
de forme, sur a colonnes, de 4’ lignes chacune, avec 
miniatures^ contenant ada feuillets. 

Sur un feuillet séparé est celte inscription : 

Bloy». 

De» hiftoyres et liure» en francoys Pult° 3 # contre la muraille de- 
vers la court. r 

Le teste commence ainsi, au recto du premier feuillet, 
sur lequel on aperçoit les armes de I-’rancc recouvrant 
celles de la Grulhuyse : 

11 conuient que la magcfle lempcreor foit aotirncc ne mie tant feule- 
ment de armes me» tle lois. Si que lun et lautre temps ceft cil de pes 
et cil de guerre puift cftrê gouucrne par droit. 

Le dernier finit de cette manière : 

Ses oilices cera punis de paine de xxx lv. dor. 

Ci Unifient les trois liure? du code de lempereour iuftinien Et furent 
fes lan mil iij cens quarante i ij. le famedy apres qunfimodo par 
.p. le franco» qui lemblera pendu fera. 

XXVI. 

Le Digeste , en françois. In-folio , relié en velours 
bien figuré, n° 7054. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE i3i 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, en lettres * 
de somme, sur a colonnes, de /{R lignes chacune, avec' 
miniatures; contenant a8a feuillets. 

On lit au commencement , sur un feuillet séparé : 

Des hiftoires et liurcs en francoys Pull» 3» contre ta muraille de 
devers la court. 

Le premier, sur lequel on voit les armes de France 
qui couvrent celles de la Gruthuyse , commence ainsi , 
au recto : 

Ci commence li premiers liurcs de digefte vielle au gloriex empe- 
reur juflinià. Ceft tytres eft de iotlife a de droit ulpians dit. Il conuient 
que luit cil qui uuelent douer entente a fauoir droit facient premiè- 
rement dont la netTance de noftrc droit deffent. 

* a 

Le dernier finit ainsi : 

Chofc que eles aient doeres poruoefier en faui a por emplir en ta 
terre. * . 

Ci finifl La digefte vieille en franco» deo gracias amen. 

EX PL JC J T. 

*' s 

XXVII. 

Le Code Justinien, en françois. In-folio, couvert 
de velours bleu figuré, n° yo55. 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, en lettres 
de forme, sur 3 colonnes, de 48 lignes chacune; con- 
tenant 347 feuillets. 

Sur un feuillet séparé sont ces mots : 

Des liurcs et hyftoires en francois Pult* 3° Contre la muraille de 
devers la court. 

Les six premiers feuillets renferment la table des cha- 



* 



1 32 IflBLIOTHÈQl E 

* pilrcs. Le septième, sur lequel sont les armes cachées tle 
la Gruthuvse , commence ainsi : 

El non del pere a del fui a del feint efperit Ci commence li premiers 
liùres del code au très feint prince juftinian lempereur. Cefte confti- 
tution eft dordener le nouue) code juftinian. 

A la fin , les dernières lignes sont : 

Soit les moinz non pas del daropnement mes de la paternel douceur. 
Ci finift li codes au très faint empereur juftinian. 

XXVIII. . 

L’Ordinaire de maître Tancrez. Petit in-folio, 
relié en m. r. , autrefois couvert de velours tanné, 

n ° 7 5 47 - 

Manuscrit sur vélin , du quatorzième siècle, en lettres 
de forme, sur a colonnes, de lignes chacune, avec 
figures coloriées; contenant i — exxj feuillets. 

On lit sur un feuillet séparé : 

Des hyftoires et Hures en francoys Pult® 3° contre la muraille de- 
vers la court. 

Les deux premiers renferment la table des chapitres, 
qui a pour sommaire : 

Cy commence la table des chapitres de ce prefent volume jnlitule 
lordinairc de roaiftre Tancrez qui traitte comment toute perfonne le 
doit auoir ciî iuftice Et contient quatre liures dont les rubrices du 
premier fenfuiuent. 

Au troisième feuillet, où sont les armes recouvertes, 
commence ainsi le texte, première colonne : 

Ci commCce li ordinaires raeftre tancrez Li compagnon uos nous 
eftes grant pieca entre mis q ie nous Gffe vn liurct par quoi li deman- 
dietres fuft enfeignez comment il doit demander a comment li deffen- 
dietres fe doit dcffendie et H iuges. 



A 



* 



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DE LOÜIS DE I,A GKUTHUYSE. 1 33 

Le dernier finit ainsi au recto , première colonne : 
Loenge en Toit a la heooite trinite jterc fil/ et faint efperit. A mr 

Un semblable manuscrit est annoncé dans l’inventaire 
de la bibliothèque de Charles V -, c’est la traduction de 
l’ouvrage de Tancredus de Corneto , jurisconsulte qui 
vivoit dans le treizième siècle, intitulé Apparalu.s ordi- 
narii tant juris canonici quant civilis , ouvrage qui est 
resté manuscrit. La traduction n’a pas été publiée non 
plus. 

XXIX. 

La Somme rurale, par Jean Bouteillier, 2 vol. 
grand in-folio, en m. r. , autrefois reliés en un 
volume , couvert de velours vert , 11" 6857 . 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
à longues lignes, au nombre de 29 sur les pages entières, 
en ancienne grosse bâtarde. 

Tome I. Table des chapitres, fol. j — viij. Texte, 
fol. ix — ccciiij. 

Le premier est enrichi d’une très belle miniature, qui 
a 196 m. (7 p. 3 1 .) de haut, sur 167 m. (6 p. 2 1 .) 
de large. Elle représente un vestibule d’architecture go- 
thique, où l’on voit le seigneur de la Cruthuysc assis 
dans un fauteuil , placé sous un dais tendu en drap d’or. 
Il est habillé d’une longue robe rouge-, il a sur la tète un 
chaperon noir, et autour du cou le collier de la Toison- 
d’Or. L’écrivain , vêtu d’une longue robe grise, son cha- 
peron noir rabattu sur l’épaule, et à genoux aux pieds 
du seigneur de la Gruthuyse , lui présente son volumé , 
dont la couverture est en velours vert, avec des clous 
dorés. On lit deux fois, sur les marches du fauteuil, en 

* 






— • • - D i a iti z i yj By-GQoglc 



,34 BIBLIOTHÈQUE 

lettres d’or, les deux derniers mots de sa devise , en votis. 
A côté sont quatre personnages debout , et on en voit 
d’autres dans le fond de la salle. Dans l’encadrement de 
ce feuillet s’aperçoivent les armes de la Grutbuyse re- 
couvertes, un mortier, la même devise, et une bannière 
effacée. 

Le premier feuillet du texte commence ainsi : 

Prologue déchirant lintention de ce prêtent volume. 

Tous princes ou feigneurs qui pour leurs vertus font enclins aux fais 
anciens auoir richement defeript et aouraez en très fumptuelx liures 
ne fe doiuent .déporter que entre maint autres volumes ils naient le 
double de ce très- recommande liure intitule comme par la première 
rubrice appproift la fomme rural lequel Hure par le commandement et 
ordonnance de mon très redoubte et honnoure feigneur monfeigneur 
de Gruthufe prince de stenhuze a efte grolïi et rois en deux volumes 
comme en ceftui et au fécond cnfficuant appert par jehan Paradis fon 
indigne eferipuain lan de grâce rail cccc. fdixante et ente. 

In nomine domini amen foit cororoenchic ce liure appelle la fomme 
rural rollegiex fomme par moy jehan Bouteillicr homme rural et toutes- 
uoies enclin a la noble pratique et patrocination de ftille de court lave 
confiderant mémoire humaine mefroement en moy très abile et fraifle 
ay voulu redigier et mettre en cefle fomme rural ce que jay peu rete- 
nir des fages clercs e droit ciuil et canon de plufieurs coftumiers et en 
plufieurs lieux et cours tant de parlement comme dehors sy prie 
humblement a tous que en cefle fomme lifant le neillcnt foplcer et 
eorrigier et moy auoir pour exeufe fe raralement lay min par fomme 
fclon mon petit entendement comme il foit par le philofopbc. 

Tome II. Table, fol. i — ’viij; texte, fol. ix — ccciiij. 
Le premier est enrichi d’une belle et curieuse miniature, 
représentant l’arbre consanguinité. Le cadre offre les 
armes recouvertes, supportées par un homme et une 
femme sauvages, et accompagnées d’un mortier. 

On lit sur un feuillet à la tête de chaque volume : 

Des hiftoires et liures en fraocoys pull® 3® contre la muraille devers 
la court, bloys. 



* 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i35“ 

Jean Paradis, qui a écrit ces deux beaux volumes, éloit 
d’Hesdin , et membre de la confrérie des libraires de 
Bruges, aux frais de laquelle il contribua en 1470. Son 
notn se trouve porté sur les registres pour avoir payé, 
comme les autres confrères, sa part des frais d'entretien 
de la société en cette année. On y lit : Item, Par ad) s 
scrivere van //esdin. 

Il a encore écrit, en x 4 7 3 , pour le même seigneur de 
la Gruthuyse , le manuscrit intitulé la Chronique de 
Courcy . 

La première édition de la Somme rurale a été imprimée 
à Bruges, en par Colard Mansion (Voyez la Notice 

sur Colard Mansion, p. 38). Plusieurs autres éditions 
ont paru dans le «itlme siècle et dans les suivans. Il en 
existe une traduction hollandoise, imprimée à Harlem 
en i484, in-folio. 

XXX. 

Nicolai Oresmii tractatus de Mutatione inonda- 
rum. Petit in-4 0 , couvert de velours bigarré à car- 
reaux, n° ancien 10377, nouveau 8733 

A. 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, à longues 
lignes, et en ancienne bâtarde; contenant 44 feuillets. 
Le premier est enrichi d’une jolie miniature , représen- 
tant un atelier de monnoie, où l’on voit plusieurs ouvriers 
qui travaillent. Dans l’encadrement de ce feuillet on 
aperçoit, en trois endroits différens , les armes de la Grtf- 
thuyse recouvertes. Sa devise Plus est en vous est effa- 
cée deux fois, cl deux fois conservée. Le mortier sur son 



■i36 BIBLIOTHÈQUE 

affût , un des supports de Gruthuyse , est pareillement 
effacé, et on a ajouté dans la bordure deux porcs-épics, 
emblème de Louis XII. 

Le premier feuillet commence ainsi, par le prologue 
de Nicolas Oresme : 

Quibufdara videtur quod aliqnis Rex aut Princeps auctoritate pro- 
pria poffît de jure vel priuilegio libéré mutare monet&s. 

Il finit par ces mots : 

Explicit tractatus De mulatione monetarum. 

* 

Ce traité n’a été imprimé , pour la première fois , que 
vers le commencement du seizième siècle, et déjà , vers 
i 475 environ, une traduction françoise étoit sortie des 
presses de Colard Mansion. (Voye# Jfotice sur Colard 
Mansion, p. 63.) 

Lacroix du Maine en possédoit un beau manuscrit 
(tom. H, p. 19 a de sa bibliothèque). 




SCIENCES ET ARTS. 



XXXI. 

Les Livres des Secrets d’Aristolc. Le Miroir de 
l’Ame, grand volume in-folio, relié en m. r. , autre- 
fois couvert de velours violet, n° 7062. . 

» Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, à lon- 
gues lignes, au nombre de i5 sur les pages entières, écrit 
en ancienne grosse bâtarde, et enrichi de deux minia- 




DE LOUIS DE LA GRUTIIUYSE. 137 

tures, qui ont 147 m. (5 p. 51 .) de haut, sur 174 m. 
(6 p. 5 1 .) de large. Dans la bordure de la première page 
les armes sont effacées. 

Prél. 4 feuillets, renfermant la table des chapitres, 
avec cette inscription : 

Cy commence la table des nibrice* de oeftui prefent volume nomme 
le liurc des fecrets dAriftote trailtant premièrement des fais des princes 
et en apres de plufieurs belles autoritez feruaus a la faute du corps. 

Après la table : 

Cy commence le liure appelle les fecrets de ariftole feruant a tous 
princes et nobles hommes prologue. 

Jehan (ilz palrice fage en toutes maniérés de langaiges trouua en la 
terre de grece repoft en ung temple du foleil que Euftapidus auoit fait 
faire le liure des fecrets dariftote et le tranflata de grec en caldë et puis 
a la requefte du Roy darabe le tranflata de calde en arabie et apres 
longtemps ung grant clerc appelle Philippe le tranflata de arabie en 
latin et lenuoia a très reuerend pere en dieu fage noble et honefte |»er- 
fonne guy de Valence euefque de Triple et fi cOme tefrooigne ung gr.1t 
philofophe.... et pour ce fift et compofa aristote et le enuoia a alezandre 
et depuis par vng venerable il a efte tranfiatc en francois.... 

La table du second traité occupe un feuillet; celui qui 
le suit commence de cette manière : 

Cy commence Je prologue de ce prefent traitie intitule miroir de 
lame lequel fift et compofa un notable religieux de tordre des cüar- 
treux pour introduire tous prince a defjifer le monde et fes vanités. 

La traduction du Pégime des Princes est d’un auteur 
inconnu; elle n’a point été imprimée. 



XXXII. 



Les Économiques d’Aristote, traduites par Laurent 
de Premierfait. Petit in-4°, relie en m. r. , autrefois 
couvert de velours, n" 735 1 . > J 



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» 



i (8 BIBLIOTHÈQUE 

Beau manuscrit sur vélin, du quinziéme siècle, écrit 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au nombro 
de ai sur les pages entières, et enrichi de deux jolies 
miniatures, qui ont 61 m. (a p. 3 1.) de large, sur 
8 i m. (3 p.) de haut. Au bas de la bordure du pre- 
mier feuillet du texte sont peintes les armes de (îru- 
thuyse recouvertes. Le volume est composé de yGTeuillels. 
Les deux premiers renferment le prologue et la table des 
chapitrés ; ils commencent ainsi : 

Cy commence le liure intitule économiques ceft de gouuerncr bnftel 
et mefnage. 

Ariftotc prince des Philofophes peripatetiques et jadis maiftre du 
grand alexiandre baille et declaire en ccftui linre de yconomiques aux 
hommes la forme et maniéré de honncflement et prouffitablcment 
gouuerncr la ebofe domeftique. 

Le texte commence de celte manière, au troisième 
feuillet : 

v Scyencc economique et politique pas feulement ne different tant 
comme différent une prince maifon et une cite commune : 

Le dernier finit par cette souscription en rouge : 

Cy fine le liure de yconomiques compose par nriftote pliilofbpho qui 
fut ramène en langaige franco» par maiftre Lorent de Premierfait lan * 
mil iiij c xvij le premier jour de feurier. Collationne par Gilcs hofte 
de lefeu de francc. 

A la tète du volume, sur un feuillet séparé, on lit : 

Des hiftoircs et liurcs en francoys pult° 4° contre la muraille deuers 
la court. 

Nicolas Oresmc avoit traduit, avant Laurent de Pre- 
mierfait , les Économiques d’Aristote. 11 en existoit deux 
manuscrits, avec les Politiques , dans la bibliothèque de 
Charles V. - , 




* 




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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i3g 

La traduction de Laurent de Premierfait existe en ma- 
nuscrit dans plusieurs bibliothèques; on en connoît trois 
dans celle de Bruxelles. 

XXXIII. 

Sénèque , des Remèdes de Fortune , traduit en * 
françois par Jacques Bauchant. — Mélibée et Pru- 
dence , in- 4 °, relié eu m. r. , autrefois couvert de 
velours, n a 7354. 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit 
en ancienne grosso bâtarde , à longues lignes, au nombre 
de 17 sur les pages entières, et enrichi de trois jolies 
miniatures, qui ont 117 m. ( 4 p. 4L) de haut, sur 
io 4 m. (3 p. 10 1 .) de large. Le volume est composé 
de 94 feuillets. Le premier, dans l’initiale duquel se 
trouvent les armes de Gruthuyse recouvertes, commence 
„ ainsi : 

Vous très noble très excellât et très paillant prince et en yerite la 
fleur et la merueillc de tous princes terriens charles le quint de ce nom 
roy »le franco digne de régné et de regner jacques bauchant de fainct 
Quentin en vermandois votre petit et humble feruiteur et fergenl 
d’armes 

Au verso du fol. 28 se trouve un autre traité com- 
mençant par ces mots : 

Un joutiencel appelle melibee puiflant et riche eut une femme ap- 
pellee prudence, et celle dame auoit une moult belle fille. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoires et linres en fraticoys pull 0 4* contre la muraille de 
deuers la court. 

Cette traduction du livre de Sénèque, des Remèdes 
de Fortune , a été faite avant celle de Laurent de Pre- 



i,{o BIBLIOTHÈQUE 

mierfait, auteur d'autres traductions de quelques livres 
du même philosophe, qu’il entreprit pour Charles VI, 
Jean, duc de Berri, et Louis, duc d’Orléans. Elles sont 
imprimées dans un petit in-folio , intitulé les (JEuvrcs de 
Sénèque, translatez de latin en francois par Laurent de 
Premierfait. Paris, pour Antoine Perard, vers 1S00. Il 
en existe un manuscrit dans la bibliothèque de Bruxelles. 

La traduction de Jacques Bauchant est restée ma- 
nuscrite, ainsi qu’une autre traduction des Révélations 
des Voyes de Dieu de sainte Élisabeth, faite également 
par le même pour Charles V, et dont un manuscrit se 
trouve indiqué dans l’inventaire de i 3 ^ 3 , que nous avons 
de la bibliothèque de ce monarque. 

Le second traité renfermé dans ce manuscrit est de 
Christine de Pisan; il n’a point été imprimé, non plus 
que la traduction en vers du même ouvrage mentionnée 
dans le même inventaire. 

XXXIV. 

Bocce, de la Consolation, traduit en vers françois, 
moralisé du jeu des échecs , par Jean de Vignay. — 
Le Roman de la Rose. — Les Dits des Philosophes , 
traduits du latiu en françois par Guillaume de Ti- 
gnonville. In-folio, m. r.* autrefois relié en velours 
tanné , n° 7204. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en ancientio 
bâtarde , sur 1 colonnes , de 38 lignes chacune. Il est 
enrichi de cinq miniatures, qui ont 108 m. (j p.) d e 
haut, sur 88 m. (3 p. 3 1 .) de large, et il contient 
319 feuillets , sur le premier desquels sont les armes 



DE LOUIS DE LA GRUTHUVSE. 14, 

recouvertes. Il renferme les ouvrages suivans : 1°. Boëce. 

Il commence ainsi : ■ -, 

Celuy qui bien bat les buiffons 
Eft digne dauoir les moiffons 
Je repute lengien pour vil 
Qui eft de lui cler et tahtil. 

Cette traduction est différente de celle de frère Ré- 
gnault de Louens. Elle est aussi tout en vers , et elle a 
été imprimée, sans date, avec des caractères dont on sc 
servoit à Lyon en 1490. 

Les bibliographes ne l’ont point connue. 

a°. Le Roman de la Rose (par Guillaume de Lorris et 
Jean de Meun) : 

Maintes gens dient quen fonge. 

3 *. La Moralité du jeu des Échecs, traduite (du latin 
de Cessoles) par Jean de Vignay, qui est représenté dans 
la miniature ayant une croix blanche sur sa robe, marque . 
de l’ordre de Saint-Jacques-du-Haut-Pas , dont il étoit 
religieux : 

Entre touz les maituaiz figues qui peuvent eftre en uul homme ceft 
quant homme ne doubles a couroucicr par pcchie jhuerift noftrc perc 
qui nous forma. i 

4 ”. Les Dits des Philosophes : 

Cy commence les dis moraulx des Philofophes tranflates de latin en 
franfeois par noble homme meffire Guillaume de TygnonuiUe et pre- 
mièrement Tentaient les dis de fidechias philofophe. 

La première édition a été donnée par Colard Mansion , 
vers 147a. (Voy. Notice sur Colard Mansion, p. 44 -) 

Il se trouve des manuscrits de ce même ouvrage dans 
différentes bibliothèques. Dans l’ancienne bibliothèque 



i4?. BIHL10TJ1ÈQUE 

des ducs de Bourgogne, à Bruxelles, il eu existe quatre, 

dont quelques uns avec de belles miniatures. 

La Bibliothèque du Roi en conserve aussi plusieurs, 
comme des trois autres ouvrages que renferme ce volume. 

XXXV. 

De Y y f Rocket 1 Boetii de Consolatione. Très grand 
in-folio, relié en m. r. , autrefois couvert de velours 
vert , ti" 6810. 

Magnifique manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, 
écrit sur a colonnes , le texte latin avec la traduction fla- 
mande en grosses lettres de forme, et les commentaires 
en ancienne bâtarde. La totalité du volume est de 392 
feuillets. A la tète de chacun des cinq Livres se trouvent 
une miniature tria curieuse et une bordure de la plus 
grande beauté. Les miniatures ont 3i6 m. (tt p. 8 1.) 
de haut, sur 4o6 m. (12 p. 3 1.) de large. 

Dans la première bordure sont trois écussons recou- 
verts des armes de la Gruthuvsc, la devise Plus est en 
vous, et un mortier dans la première initiale. 

Dans la seconde bordure on aperçoit les armes recou- 
vertes, sept devises, dont deux effacées, et deux mor- 
tiers. Les initiales liées ensemble de Louis et de Margue- 
rite ornent la lettre initiale, mais de la lettre M on a fait 
un A , initiale d’Anne de Bretagne. 

Dans la troisième, on voit deux écussons recouverts, 
deux mortiers, quatre devises, dont deux effacées, quatre 
fois les initiales L M (Louis — Marguerite), dans les 
Ornemens de la miniature. 

Dans la quatrième se trouvent les armes recouvertes, 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUVSE. 143 

deux mortiers, six devises, dont Iroisieffacécs; on voit un 
mortier dans l’initiale, entouré de la devise Mee es in 11. 

Dans la cinquième, armes recouvertes, quatre devises, 
dont deux effacées, le mortier avec la devise Mee es in u 
dans l'initiale. 

• , ... * • . • A 

Après la table le texte commence ainsi : 

Hier beghint die prologhe nngaende den excellente!) houke ghennamt 
boetius de confolationç philofophie allen ende fonderlinghe 

Il est terminé par cette souscription : 

Hier endt defen weerdeglien bouc boetius de confolatific philofophie 
ten troofte leeringb<Pëode confoorte aller menfehen in defen* drucke 
der weercld zynde gheferenen om boghe edele ende moghendt? heere 
mer Lodewyc heere Tan den gutlmfe graue van Wificeftre prinche 
van Stcenbufe heere va auelgh? van Harafte, van oorfeamp, va Beuc- 
ren vnn Thielt ten houe , et*, bi mi jan van kriekenborch onder 
danich dienare des voorü heere int jaer ons heeren 1^91 den 16 ™. In 
Maerte. 

C’est-à-dire , ” 1 $ 

C y finit ce digne livre de Bo£ce de la Cqnfolalion de la Philofophie 
pour In confolation, l’inflruction et aide de tous les hommes qui font 
daps la raifere de ce monde, écrit pour noble et puifTant feigneur 
Mgr. Louis feignettr de la Gruthuy/c, comte de Winceftre , prince de 
Steenhuyfe, feigneur d’Avelghem, d’Hamfte , d'Ooftcantp , de Beveren, 
de Tbiclt ten Hoven, etc., par Jean van Kriekenborch , humble fer- 
vitcur dudit feigneur, l'an de notre Seigneur i49 k 1* *6 mars. 

• C’est un des plus beaux manuscrits de la bibliothèque 
de la Grulhuvse, et en même temps un des derniers que 
ce seigneur, qui mourut en 1 49^ , ait fait exécuter. 

Le mémo Jean Kriekenborch a écrit en i48S, à Gand , 
pour le même seigneur, le magnifique Piolémée, qui sera 
décrit ch-après. * 

> Celte traduction flamande de Boécc, dont l'auteur est 
inconnu, a été imprimée à Gand, en 1 4^5 , par Arnaud 
de Keyscre (l’Empereur). 



.Îî 



.44 



BIBLIOTHÈQUE 

XXXVI. 



Le Livre de Pétrarque, de l’uue et l’autre Fortune, 
traduit en françois. Petit in-folio en bois, autrefois 
couvert de velours noir, semé de larmes de fil d’or, 
en un sac de cuir blanc, n* 7078. 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, sur a col., 
de 4o lignes chacune , en ancienne bâtarde. 

Sur tfn feuillet séparé sont ces mots : 

De« hiftoire» et liures F.n francoys pult° 5* contre le» muraille» de 
devers la court. 

Il contient ioi feuillets, enrichis de deqx miniatures 
en camaïeu gris. Le premier, sur lequel sont les armes 
recouvertes, commence ainsi, à la première colonne : 

Cy commence le prologue de maiftre françois petrarce ou fécond 
liure de lune et lautre fortune qui traite De aducrlïtes que on fe réputé 
auoir en ce monde AufTi c5mc fait le pmier des profperitcs. 

De toute» les chofe» qui oneque» me pleurent a lire ou a efeouter 
oneques a bien pou ne fen affïft 3 no adioint pî 9 parfondement ne plu» 
fermement. 

Cette traduction passe pour être de Nicolas Oresme, 
évêque de Lisieux, qui l’entreprit par ordre de Charles V; 
cependant il ne s’en trouve aucun exemplaire indiqué 
dans l’inventaire de sa bibliothèque : à la vérité, le duc 
de Berry, son frère, l’avoit dans la sienne. C’est en i5a3 
qu’elle a été revue et mise sous presse pour la première 
fois , par Caillot Dupré , in-folio. 



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DÉ LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 145 

XXXVII. 

* > 

Les Dits des Philosophes. Petit in-folio, relié en 
m. r., autrefois couvert de velours tanné, n° 7363 . 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit en an- 
cienne bâtarde, sur a colonnes, de 36 lignes chacune. 
Prél. a feuillets, contenant la table. Dans la première 
initiale sont les armes recouvertes. Teste, fol. j — cviij. 
Au bas du premier se trouvent les mêmes armes recou- 
vertes. Il commence ainsi : 

Sedcchias fut pbylofophe le premier par qui de la volonté de dieu 
fut loy reccue et fapience entendue. 

Sur un feuillet séparé il y a : 

De* biftoires et liures en francoys pult® 4® contre la muraille devers 
la court. 

Cette traduction est de Guillaume de Tignonville , pré- 
vôt de Paris sous Charles VI. La plus ancienne édition , 
comme on l’a dit ci-dessus, p. 1 4 1 , a été fuite par Colard 
Mansion, sans date, vers 1 47 5. 

XXXVIII. 

Le Secret des Philosophes. In-folio, relié en m. r., 
autrefois couvert de velours vert, n° 6866. 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
écrit en ancienne grosse bâtarde , sur a colonnes , de 
a8 lignes chacune, et enrichi d’une superbe bordure au 
premier feuillet, où sont peints des fleurs, des fruits, 
des oiseaux, dans une grande perfection. Au bas sont les 
armes de Grulhuyse recouvertes. 




i4« BIBLIOTHÈQUE 

Prél. i3 feuillets, contenant la table des chapitres. 
Texte, fol. j, — cxliiij. 

Le premier commence ainsi : 

C y commence le Hure iolitule le fecret aux philofophes et première- 
ment le prologue du compilateur. 

Ariftotc dit en fon liure de natures ou commencement dtin liure 
lequel eft appelle le liure de methafifique que tous les hommes naturel- 
lement defircrent et convoilterent a fauuoir iadis contenant les fecrets 
de nature et encoires auiourd’huy vérité moult ilz défirent a les com- 
prendre et lauoir auffi nul fol ou ygnorant iamais ne raetlroit fon 
entendement a ce enquerre car bien haulte matière et moult foubtille 
eft a le bien incorporer et entendre et pourtant ie iehan Bonnet preftre 
docteur en théologie natif de Paris a la requefte dun mien bon feigneur 
et amy ay volontiers mis dilligcncc et cure de conqucillicr en pins 
briefs mots que il ma efte polïible. 

Sur un feuillet séparé, en tête du volume, on lit : 

Des biftoyres en francoys pult° 4°* 

xxxix. 

Othea, de la droite Chevalerie de la Vie humaine. 
Petit in-folio, relié en m. r. , autrefois couvert de 
velours bleu, n° 739g. 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes , au nombre 
de 23 sur les pages entières, et enrichi d’une jolie minia- 
ture, de 122 ra. (4 p. 61.) de haut, sur ii 5 m. (4 p. 
3 1.) de large. Sur le premier feuillet, où est peinte cette 
miniature, se trouvent les armes recouvertes. La totalité 
du volume est de 97 feuillets; le premier commence ainsi : 

Othea deeffe de prudence 
Qui les bous adreffe en vaillance 
A toy Hector noble prince puiffant 
Qui en armes es fleurifTant. 




% 



I)E LOUIS DE LA GRUTIUTYSE. i4 : 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoircs et liure* en francoys pult # 4" contre la muraille devers 
la court- 

Rithme. 

Ce poème est de Christine de Pisan. C’est un traité 
d’éducation qui paroit avoir été composé pour le fils ainé 
du duc d’Orléans, qui fut assassiné en 1407. 

Il en.ëxistc plusieurs manuscrits dans la bibliothèque 
de Bruxelles, ainsi que dans celle du Roi. 

Il a été imprimé, sans date, par Philippe Pigouchet, 
petit in-folio, sous le titre des Cent Histoires de Troye. 

Dans cette édition il y a une dédicace en vers à 
Charles V, roi de France, qui ne se trouve point dans le 
manuscrit. 

XL. 

L’Instruction d’un jeune prince pour se bien gou- 
verner envers Dieu et le inonde. Petit in-folio, relié 
en m. r. , autrefois couvert de velours noir, n° 74*8. 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle écrit 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au nombre 
de 10 sur les pages entières, et enrichi de deux minia- 
tures, qui ont 117 m. (4 p- 4 1-) de haut, sur autant 
de large. Il contient 88 feuillets. Le premier renferme la 
table. Dans la première initiale du second sont les armes 
de la Gruthuyse recouvertes. Ces mêmes armes se re- 
trouvent encore au deuxième feuillet, qui est en outre 
orné d’une miniature. Elle représente un personnage de 
distinction debout, sous un dais parsemé de deux L enla- 
cés, décoré du collier de l’ordre de la Toison-d’Or ; il 
est vêtu d’une longue robe pourpre brochée d’or. C’est 






« 



i,|8 BIBLIOTHÈQUE 

ou le seigneur de la Gruthuyse, ou Pliilippe-le-Bon , duc 
de Bourgogne. Les dix premiers feuillets contiennent un 
prologue où l’auteur raconte qu’un chevalier picard se 
trouvant à Dantzig, et voulant retourner dans son pays, 
éprouva en mer une si violente tempête, qu’il fut jeté 
sur la côte de Norwégc; là, en allant visiter un jour le 
prieuré de Saint-Ohohe, son secrétaire y découvrit un 
cahier écrit en allemand, et en mauvaise lettre, lequel 
conlenoit de beaux enscignemens , qu’aprés son retour il 
fit traduire en françois. 

11 commence par ce sommaire : 

Comment ung jeune prince doit fur toute» chofe» aimer dieu qui luy 
a dîme ailctoritc et feigneurie fur le peuple. 

F.t finit ainsi : 

Cy fine le liure intitule linftruction dun Ji’ne prtee po' fc lin gou- 
nerner envers dieu et le monde. 

A la suite est le même traité que celui qui se trouve 
dans le manuscrit suivant, n* jfaç), et qui commence 
par très chier et très aime filz. 

I,arroix du Maine (tom. I, p. a64) donne à Georges 
Ghastclain un ouvrage portant le même titre à.' Instruc- 
tion tl'un jeune Prince. 11 le dit contenu en huit cha- 
pitres, comme celui-ci. 

XLI. 

Avertissement ou Songe adressé à Charles, duc 
de Bourgogne , pour son instruction. I11-4 0 , relié 
en m. r. , autrefois couvert de velours incarnat, 

74 * 9 - 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i4 9 

en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, tantôt au 
nombre de 22 , et tantôt de 17 sur les pages entières, et 
enrichi de deux jolies miniatures ; qui ont i\i m. 
(5 p. 3 1.) de haut, sur g5 m. (3 p. 6 I.) de large. 

Le volume est composé de 107 feuillets. Au bas de la 
première page, dans le haut de laquelle est la première 
miniature, se voient les armes effacées. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hyftoires et liures en francoys pult° 3® contre la muraille de 
délier* la court. 

Ce manuscrit contient deux traités : le premier est un 
songe allégorique, qui a pour objet de donner de bons 
conseils à Charles , duc de Bourgogne , et la manière de 
bien gouverner ses Etats, dont il venoil d'hériter par la 
mort de son père Philippe-le-Bon. Il commence ainsi : 

Comme nouucllemünl me feye troue en paroles et en angoiffeux Coup- 
piremens par la mort du 1res excellent prince laugufte duc de Bour- 
goingne le pilier de lonncur de france et la perle des princes xpiens. 

Le second traité est une instruction d*un père à son 
fils , lequel commence de cette manière : 

Très chier et tresamc fil/ pour In grant affection et amour paternel!» 
que a toy jay je me vueil traucillcr deferipre aucunes petites rernonf- 
tranccs et enfeigneraens. 




Le Livre des bonnes Moeurs. Petit in-folio, relié 
en m. r., autrefois couvert de velours, n° 7290. 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, à longues 
lignes, au nombre de 34 sur les pages entières, écrit en 
ancienne bâtarde, et orné de quatre miniatures, qui ont 
108 m. (4 p.) de haut, sur 1 35 m. (5 p.) de large. 11 



1 5o BIBLIOTHÈQUE 

contient G 5 feuillets. Les deux premiers renferment la 

table, qui porte pour sommaire : 

Cy commence la table des Rtibriccsdu liure intitule de bonnes meurs 
lequel eft diuife en cinq parties dont la première porte dn remede qui 
cflt contre les fept pcchiez mortels. 

Le troisième feuillet , au bas duquel sont les armes de 
la Gruthuyse recouvertes , commence de cette manière : 

Tous orgueilleux fe veullent a dieu comparer en tant quils fc glori- 
fient en eulx mcfmes et es biens quilz ont defquelles ebofes la gloire 
eft deue principaument a dieu. 

Le dernier finit par ces mots : 

Parquoy il appert que peu voult Icfpcrancc de ceulx qui dieot que 
le monde durera moult longuement. 

Cy fine le liure dee bonnes meurs explicit. 

Sur un feuillet séparé, au commencement du volume, . 
on lit : 

Des histoires cl liures en francoys pult° a» a la cheminer. Bloys. 

Ce traité a pour auteur Jacques Legrand , religieux de 
l’ordre des Augustins. 

Il en existe plusieurs éditions : la première porte la 
date de 1478 î elle « été imprimée à Chablics par Pierre 
le Rouge. 

Quant aux manuscrits, il s’en trouve dans plusieurs 
bibliothèques , entre autres dans celle du Roi et dans 
celle de Bruxelles. 

XLIII. 

lntroductorium Alcabitii, glose de Haly sur le 
Quadripartite de Ptolémée, traité d’Astrologie judi- 
ciaire. In-folio, relié en m. r. , n° 4776. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 



V- 



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• • DE LOUIS DE LA ORUTHUYSE. i5i 

. - • 4 -■-* 1 P 

en ancienne grosse bâtarde, sur a colonnes, de 36 lignes 
chacune; contenant i63 feuillets chiffres. Il est enrichi 
de très grandes et belles miniatures aux fol. i, liij et 
clxxiij. Les pages sur lesquelles elles sont peintes ont 
chacune une bordure : la première ofTreîes armes recou- 
vertes; aux quatre coins de la bordure est la devise en 
couleurs Plus est en vous. 

La seconde est également avec les memes armes recou- 
vertes, et supportées par deux licornes. Elles sont répé- 
tées trois autres fois, et composent, avec deux mortiers 
et la devise, également répétés trois fois, mais effacés,* 
les ornemens de la bordure. 

La troisième est de même décorée des armes recou- 
vertes, et accompagnées de deux licornes, d’un mortier, 
et de trois devises, dont deux ont été effacées. 

On lit sur un feuillet : 

Alcabitij 

jnlroductorfl Alhumafar 
Cü glofa Haly fï 4driptito Ptoleinej ni francojs. 

Le premier feuillet commence ainsi , au recto : 

Oflulata a do 

: minio prolixita v 

P te rite cey fan 

dadiha a gau 
dij regni et du 
ribilitatis fui honoris eufto 

Le fol. liij, recto, première colonne, commence de 
cette manière : 

Auoir et enten 
£ dre eft gloricu 

fe chore tdutc fa 
grâce eft dieu 
Et lame de lui eft glorieufe 



* 



I 



♦ V 



« * 

,52 BIBLIOTHÈQUE 

. ' ■ r -, 

Et le fol. clxxiij : 

• pocras le 1res 

y fage et le pi® 

cfprouue de 
i f- tous les mede 

cins dift ainfi Quiconc 

Le dernier finit au recto, première colonne, par ces 
roots : 

Gens (il commence a tO 
ner deuers aquilonne il 
feignifie mortalité de 
Rapine. 

Ce dernier traité est enrichi de treize petites mima- • 
tures avec des bordures , dans plusieurs desquelles on lit 
la devise du premier possesseur. 

’ Cette traduction n’a point été imprimée. 

XLIV. 

Phébus, des Déduits de la Chasse des Bêtes sau- 
vaiges et des Oiseaux de Proie (par Gaston Phœbus, 
comte de Foix) , in-folio. 

Ce manuscrit , enrichi de très belles miniatures , et aux 
armes de la Gruthuyse entourées du collier de la Toison- 
d’Or, est dans la bibliothèque publique de Genève. (Cal. 
des Mss. de la ville de Genève, par Sennebier , in -8°, 
p. 4a5, n* 169 .) Il n’éloit pas parmi les livres de ce 
seigneur quand sa bibliothèque vint enrichir celle du 
roi de France. Ce traité de Gaston Phœbus a été imprimé 
pour la première fois sans date, mais vers i5oo, pour 
Antoine Verard. 

Dans beaucoup d’ouvrages , entre autres dans les 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i53 

»sr ’ TT* • 

Éclaircis semer i s du Catalogue de de Selle , Y École de la 
Chasse , par le Verrier de la Conterie, 1763 , 2 vol., 
tom. I, p. Ixxxij , et les Mémoires de M. de Saint'e- 
Palaye, sur Y ancienne Chevalerie, tom. III, p. 236, on 
trouve de curieux détails au sujet de cet ouvrage. 

Le manuscrit qui a appartenu à Jean , duc de Berry, 
frère de Charles V, fait partie des manuscrits de la mai- 
son de Condé. 

Dans ce manuscrit sur papier il est dit : 

Le Roman des déduis compofé par Gacc de la Bigne jadis pmicr 
chapellain de très excellent Roy ph. de France q dieux afloille cOmenca 
ce Romaut des déduis a Hercfort en Angleterre lan mil ccc lix de com- 
mendement dudit feigneur afiin q meffire Phe fon quart filz, et duc de 
gine qui adoneques eftoit jofnes aprift des déduis pour le pechic 
doifeufe et quil en fuft mieux enfeigniü en meilleurs vertus et depuis 
le dit Gace le parfift a paris. 

On lit à la fin : 



Ce liurc eft au duc de Berry et dauucrgne conte de poitous et 



daunergne. 



Signé Jehan 
auec paraphe. 



Neuf autres manuscrits du même traité se trouvent 
dans la Bibliothèque du Roi. 



XLV. 

Le Livre de Modus et de Ratio, qui parle des 
Déduits de Vénerie. In-folio^ couvert de velours 
bleu, n° 7460. 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, à a colonnes, 
de 3o lignes chacune; contenant a45 feuillets. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoyres et liures en francoys. Pull ù a 0 contre la muraille de 
ver» la court. b 



,54 • BIBLIOTHÈQUE 

Le premier, sur lequel sont les armes recouvertes, 
commence ainsi : 



An temps du Riche Roy modus fu bien le mOdc en paix ten 9 qui auoit 
le gouuerncment fur toute maniéré de geot. 

-V / ' ’ 

On lit au verso, première colonne, du dernier : 

ie relie de pechie A romaine A la voie de fainnement. Amen. 

plicit le liure du Roy modui et de la roync racio qui parle des 
déduis et de pcflilences du monde. 




Ce traité de la Chasse est d’un auteur inconnu ; il a été 
pour la première fois imprimé à Chambéry en i486, 
édition qui a été suivie de plusieurs autres. 

Le Verrier de la Conterie (V École de la Chasse, 1763, 
a vol. , in-8°, lom. I, p. lxxix), de Sainte-Palaye ( Mém. 
sur l’ancienne Chevalerie, 3 vol. in-ia , tom. III, p. aoj) 
et M. Sennebier (Cat. des Mss. de Genève, p. 4’°)* on * 
longuement parlé de cet ouvrage , dont il existe quelques 
beaux manuscrits dans différentes bibliothèques, et entre 
autres dans celle du Roi et des ducs de Bourgogne à 
Bruxelles. 



XLV I. 



De la Chose de Chevalerie en faits d’armes, tra- 
duite en françois de Végècc. Petit in-folio, autrefois 
couvert en bois, n° 7.076. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, en ancienne 
bâtarde, sur a colonnes, de 33 lignes chacune; conte- 
nant ia3 feuillets. Les cinq premiers renferment la table 
des chapitres, avec ce sommaire : 

Cy commencent les tables des rubriccs dun chafcun chapitre de ce 
pnt volume intitule de la chofe de cheualcrie en fait danses compofc 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i55 

par vcgecc 1res fotiuerain clerz a experz en droit a lois de frontin a 
plufieurs autres. 

Le sixième, sur lequel sont les armes recouvertes, com- 
mence ainsi : 

Pour ce que hardernent eft tant neceflaire a haultes chofes emprendre 
que fan « lui jamais emprife. 

Au dernier feuillet, seconde colonne, recto : 

Deuifes prifes par haucteffe des le temps très aucieo. 

Fin de çe pût volprae intitule les droits darmes. 

Sur un feuillet séparé se lisent ces mots : 

Des hiftoires et liures en francoys. Pult° 3* contre la muraille devers 
la court. 

Il y a quatre miniatures aux fol. vj , xxxix, Ixxiiij et c, 
lesquels ont chacune une bordure. 

On attribue celte traduction à Jean de Meun ; elle a 
été imprimée à Paris en 1488 pour Antoine Verard. Il 
s'en trouvoit plusieurs manuscrits dans la bibliothèque 
de Charles V : il y en a trois dans celle de Bruxelles. 



BELLES-LETTRES. 



XLVli. 

i 

Les Métamorphoses d’Ovide. Grand in-folio, relié 
en m. r. , autrefois couvert de velours tanné histo- 
rié, n® 68o3. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
en ancienne grosse bâtarde, à 3 colonnes, de 38 lignes 
chacune. 



9 . 



* 

i56 BIBLIOTHÈQUE 

Sur un feuillet séparé se lit : 

Des hiftoyres et liurcs en francoys au pmicr pul Ur par terre jhi 
confie devers la court. Bloys. 

Prél. 7 feuillets, contenant la table des chapitres. Il y 
a sur le huitième, coté j , une très belle miniature avec 
une bordure , dans laquelle sont les armes recouvertes. 
Le texte commence ainsi au même feuillet : 

C y commence le Jiurc intitule ouide de methamôrphofe qui contient 
en Comme quinze Hures. Et fenrieut le prologue. 

Toutes efcriptujres foient bonnes et mauuaifes font pour noftre protif- 
f i t et doctrine failles. 

Les fol. xiij, xxix, xlij, lxxiij, c, cxvj, cxxxij, c xlvij, 
clxv , ciiij" x et cc xxiiij , sont également décorés d’une 
grande miniature , outre un grand nombre de petites. 
Beaucoup d’initiales sont peintes en camaïeu gris. 

Le texte finit au fol. cc xxxvij par ces lignes : 

Lire ceftui mon liure fil eft portez la ou on face vérité retraire. 
Amen. 

Cet ouvrage est celui qu'a imprimé, en 1 4^4 > Colard 
Mansion à Bruges, avec la différence que l’imprimé con- 
tient des prologues qui ne sont pas dans le manuscrit. 

(Voyez la Notice sur Colard Mansion, p. 4°0 

« *• 

XXVI II. 

‘•.Y -i • 

Le Vœu du Paon. La châtelaine de Vcrgy. Petit 
in-folio, eq m. r., autrefois en velours, n° 7973. 

Manuscrit du quatorzième siècle , sur vélin , en lettres 
de forme, à longues lignes, au nombre de 3o sur les pages 
entières, contenant i53 feuillets. Le premier, sur lequel 



* 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i5- 

on voil les armes de la Gruthuysc, entourées du collier 
de l’ordre de la Toison-d’Or, commence ainsi : 

K. A jjflW 

Apres ce qualexandres 
Ot de defur conquis 
. Et a force defpee ocift 

Le duc Melchis. 

Au reclo du i 38 * feuillet finit ainsi le Vœu du Paon : 

Explicit li rouman* dc§ Yeux plus nen ya. 

Au recto du i 3 g* commence le roman de la Châtelaine 
de Vefgy, ainsi qu’il suit : 

Une maniéré de gens font 
Qui defloyal femblant font 
Et de fi bien confeille celer 
Quil ne con oient en euls fier 
Et quant revient con fi de/ceuure. 

Il finit, au verso du dernier, par ces mots : 

Explicit la chafielaine de vergi. 

Le premier poème contient la suite et le complément 
du roman d’Alexandre , en vers , composé , partie dans le. 
douzième siècle , et partie dans le treizième. C’est aussi 
l’oovrage de plusieurs poètes, dont les principaux sont 
maitre Eustache , Alexandre de Paris ou de Bernai , et 
Pierrot de Saint-Cloot. 

Le Vœu du Paon a été composé dans le quatorzième 
siècle, et n’a point été imprimé. Les manuscrits n’en sont 
pas rares. 

La Châtelaine de Vergy a été publiée dans la nouvelle 
édition des Fabliaux de Barbazan , donnée par Méon 
( Voyez tom. IV, p. 296) , et on en trouve l’analyse dans 
le tom. III, p. 196, des Fabliaux de Legrand. 



♦ 



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■* 



i58 PIDUOTTIÈQUF. 

.... t . . 

XL 1 X. - 

Le Vœux du Paon. Petit in-4 0 , de Ja bibliothèque 
de Saint-Germain, n° 2727. 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, à longues 
lignes, au nombre de 33 sur les pages entières, en lettres 
de forme; contenant 1 58 feuillets. Sur le premier on 
voit le nom du poète Ph. Desportes, et les armes de la 
Gruthuyse entourées du collier de l’ordre de la Toison- 
d’Or. Il commence ainsi : 

Apres chou kalixandres 
Ot de dephur conquis 
A force defpee 
Ocis le duc melchis 
Noridas en mena 
Maries fu daurls 
Cheuauca li boins roys 
Lies et gais et iolis. 

Le dernier finit ainsi , au recto : 

Et que en tous endrois le dit empfera 
Et du bien dois on bien dire coi dire pieca. 

Explicit du vous du paon. 

C’est un autre manuscrit du même Vœu du Paon. 

L. 

Le Roman d’Anseis de Carthage. Le Roman d’Atis 
et de Prophelias ou Porphelias, en vers. In-folio, 
couvert autrefois en velours vert figuré, n° 7191. 

Manuscrit du commencement du quatorzième siècle, 
sur vélin, en lettres de forme, à 2 colonnes; contenant 



t 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i5g 

193 feuillets. Le premier, au bas duquel se voient les 
armes recouvertes , commence ainsi : 

Scignours oies que dicx vous beoeic 

Li glorieus li fiez fa in te marie 

Canchon moult bonne et de grant feignorie 

Elle neft pas faite de gaberie 

Ains cft deftoirc de vielle anchiferie. 

Ce roman finit, au verso du 72* feuillet, par çes vers : 

Sois bencois qui le vers a efcris 
Et vous auffi qui les auez ois. 

Ezplicit li romans danfeis de Cartage. 

Le second roman commence, au reclo du 73*, par 
ces vers : 

Li fages eft 
De fapiëche 
Dieu doit 
Efpandre 
Sa demüche 
Que tous la 
Doie recuel 
Lir dont 

Boios exemple puift venir. 

Il finit ainsi, au verso du dernier : 

Dataines faut ici lestoire 
Que li efcris tefmoigne avoire. 

Explicit datis et de pphelias. 

Le roman d’Anseis de Carthage , neveu de Charle- 
magne, et couronné roi d’Espagne, est un roman d’amour 
et de chevalerie, composé d’environ 11,578 vers, dans 
lequel Charlemagne et les Sarrasins ne sont que des per- 
sonnages secondaires. 

Celui d’Alhis et de Prophilyas, ou le Siège d’Athènes, 



,6o BIBLIOTHÈQUE 

est d’un auteur nommé Alexandre , peut-être le même 

que celui qui se donne, dans un autre poème en vers, le 

surnom de Paris. Il dit qu’il a entrepris son Athis pour 

qu’après sa mort son nom restât dans la mémoire des 

hommes. 

Il est d’environ 19,100 vers. 

Ni l’un ni l’autre de ces romans n’a été imprimé. Il se 
trouve à la Bibliothèque du Roi un deuxième manuscrit 
de XAtis, sous le n° 6987. 

LI. 

4 

Recueil de Pièces de Vers et de Prose chrétienne. 
Petit in -/ t °, fonds de Saint-Gerraain-des-Prés , 
n° i856. 

Manuscrit de la fin du treizième siècle, sur vélin , en 
ancienne petites lettres de forme , sur a colonnes ; con- 
tenant 202 feuillets. Les armes de la Gruthuyse, entou- 
rées du collier de la Toison -d’Or, décorent le premier 
feuillet , lequel commence par la vie de saint Laurent , 
en vers, dont voici les deux premiers : 

Maiftre a ceft befoinge vous drccier 
Et moi cGme deciple aidier. 

Il renferme d’autres vies de Saints. 

Ce manuscrit a appartenu à Philippe Desportes , dont 
la signature se voit sur le premier feuillet. 

lii. 

Anticlaudianus et plusieurs Fabliaux. In-folio, 
couvert de velours noir, n° 763 a. 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, en an- 



t 



\ 



* 



DE LOUIS DB LA GRUTHUYSE. 161 

4 - , ' 

ciennc bâtarde , à longues lignes , au nombre de 3o sur 
les pages entière». Texte, fol. j — cixi 
Sur le preau^r^ feuillet se trouvent les armes de. la 
Gruthu yse recouvertes. : ' * 

U And- Claudianus commence ainsi : 

Aucunes gens vont arguant aucuns clcrs fi font tranfuiuant 
Latin en roumant pour entendre le laie gent pour eaus apprendre. 

A la fin : 



Ci fine Anticlaudianus Ens on quil lire ne peut nuis 

Sil y veut de bon cuer entendre Quil njr puift moult de bien aprendre. 

Explicit Anticlaudianus. 

On trouve, tom. V, p. 546, des Notices et Extraits des 
Manuscrits de la Bibl. du Roi, un extrait de YAnti-Clau- 
dien, traduction libre de X Anti-Glaudianus, poème latin 
d’Alain de Lille, dont il existe plusieurs ëditidhs , et sept 
manuscrits à la Bibliothèque du Roi. LejgKud-d Aussy , 
auteur de l’extrait, met au-dessus de l’original cette 
copie, quelque imparfaite qu’elle soit. /Elle n’a jamais été 
imprimée. Le même dit que ce beauïhanuscrit vient de 
la bibliothèque de Charles V il a raison , car il se trouve 
porté dans l’inventaire des livres de ce monarque./ 

A la suite de YAnti-Claudianus sont quatorze fabliaux 
dans l’ordre suivant : 

i*. Ci commancent H dit Baudouin de Conde, et pri- 
mierement des preudoumes : 



Je ne roefïfe contredit ^ 

De raconter aucun biau dit. 

a\ Cest li contes dou vuarde cors : 

Pour ce que trop ai guit en mue 
Meft prit talent q vnen remue. 

1 1 









♦ 



♦ 



V 




i6s BIBLIOTHÈQUE 

3°. Cest le conte dauarisc. 

Cil qui trouua du vuardc cors 
, No us raconte quen tous les cors. 

4”. Cest li cdntes de lolifant : . . 

. 

Je naurai ma langue apreftec 
A dire manifeftee. 

5*. Cest li contÊ du Preudomme ï 

On dit moult quen tailler a fens 
Mais je ne roi de nul a fens. 

6 e . Cest li contes de gentillece : 

Selon ce que dieua maprefte 
De fens lai ie tout aprçfte. 

7°. Cest li contes dou Bacheler : 

* Jai maintefois oit retraire 

Quofi bn fc peut on trop taire. 

4 v , 1 • ■* ’ 1 * 

8°. Cest li contes du dragon qui enuenime au lecher 

Selonc le fiecle qui eft ore 
Ne puis Ifouuer de bone efcolc. 

9°. Cest U cont&s dou mantiel : 

Qui des bous eft me te fentente 
A bon eftre quar de bone ente. 



Cest la uoie de paradis que Rustebues fist : 

ÉÉ|r ( . 



Ou mois de mars en ce termine 
Que defotis tej're it la uermine. 

Ce sont li uers de droit bauduin de Conde : 

ois menfengne que ie doi dire 
mauuez fiecle qui empire. 

i a°. Cest li dis que banris de loon fit des hyraus : 

v » . % • - '*U . * 

Cnifque nofe riens enteprendre 
Puet* peu fauoir et peu aprendre. 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



i3*. Un dit damours. 



i63 



Merueillcs eft'que ne fenift 
Li mon» aincois que Ion veift. 

i4“. Le dit du corps. 

Cors en toi nas point de fauoir 
Car tu defircs trop auoir. 

Aucun de ces fabliaux, dits ou contes, n’a été imprimé 
parmi ceux qu’ont publiés Barbazan et Méon. 

Une chronique des évêques de Liège termine le vo- 
lume ; elle commence ainsi : 

On treune es enchiennes efcriptures que mefires faint Pierres quant 
il fu Apoftoilea de Rome envoia moult de ces difciples par le monde 
pour annuncier la foi de jehucril entre les autres il envoia es parties 
doccident faint Enquaire et lordena eucfque et envoia auec lui faint 
Valier et lordena a diaquene et faint Materne quil ordena a foudiaquene 
et lor commanda quil alaffent a treues et a coülnngne et a tongres 
et effaufacent la le nom de jehucrift. 

Et finit de la manière suivante : 

Apres lui fu Ixxiij* euefqucs jehans Gus le comte guyon de flandres 
lan de lincarnacion nfe feigneur Mil cc et iiij^ il eftoit eflus demes 
cil fu moult prçtuloms et de bone vie. Il tint le liege xiij ans et tref- 
paffa en lan de lincarnacion i»Fc feigneur mi! cc iiij 1 * et xiij et fu 
enfcvclis en labaye de felines. 

. liii. 

Le Livre des quatre Dames. Petit in- 4 °> relié en 
m. r., autrefois couvert de satin noir, n° 801 1. 

Petit in-4“, manuscrit du quinzième siècle , sur vélin , 
en ancienne bâtarde, à longues lignes, au nombre de a5 
sur les pages entières •, contenant 78 feuillets. 11 est en- 
richi d’initiales peintes en or, et d’une miniature au 
premier feuillet. Ce feuillet est orné d’une bordure dans 
laquelle sont les arme? de France entourées du collier 




' V 



» 



■v 






i6/[ BIBLIOTHÈQUE 

de l’ordre de Saint-Michel, ce qui feroil douter que ce 
manuscrit eût appartenu au seigneur de la Gruthuyse. 
On lit sur un feuillet séparé : 



Des Hures en francoys aux armoyres delïoulz le pulpiftrc de la cro- 
nicq dangleterre. 



Sur un second feuillet est la signature de Charles VIII, 
à moi Charles. "■ , 

Le premier feuillet du texte commence de cette ma- 
nière : 

Pour ortib'ILer mereocolie 



Et pour faire cbere plus lyc 
13 ng doulx malin aux chSps. 

Le dernier finit ainsi : 



Faictes du voftrc a roftre guife 
Et njc prenez. 

Explicit 

le liurc des quatre dames. 

Cette pièce de vers est d’Alain Chartier, et se trouve 
imprimée pour fa première fois dans l’ouvrage intitulé 
les Faiz de nmiftre Alain Charelier. Paris , Pierre 
Lecaron, vers i 5 oo, petit in-fol. , au verso du 99" feuillet. 



LIV. 

Le Débat de Félicité, par Charles Soillot. L’Épîtrc 
de saint Bernard , de la Règle et Manière comment 
le Ménage d’un bon Hôtel doit être gouverné , trad. 
par Charles Solliot. Petit! in-folio, en m. r., autre- 
fois couvert dé velours, n° 7583. 

Manuscrit sur vélin, exécuté vers l’an 1480, en an- 
cienne bâtarde , à longues lignes , au nombre de a6 sur 
les pages entières; contenant 93 feuillets. 




3 * 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 165 

La miniature dont la première page est décorée , et 
qui a 07a m. (2 p. 8 1.) de haut, sur autant de large, re- 
présente Gruthuyse assis sous un dais, en robe d’écarlate 
tissne d’or, ayant un bonnet de velours noir sur la tête, 
et portant autour du cou les insignes de l’ordre dont il 
étoit chevalier. Derrière lui sont deux personnages de- 
bout, et à ses pieds est prosterné l’auteur, lui offrant son 
livre , relié en velours vert. Il est tète nue , et vêtu d’une 
robe bleue. Charles Soillot, controleur de l’audience des 
sceaux de Maximilien d’Autriche , cl auparavant secré- 
taire du comte de Charolois, devenu ensuite Charles-le- 
Hardi, duc de Bourgogne, le dédia d’abord à ce dernier 
prince, qui avoit été son parrain, et pour qui il avoil 
traduit dans sa jeunesse, du latin en françois, le Hiéron 
de Xénophon , sous le titre de Destruction de Tyrannie. 

Etant écolàtre de Sainte-Guduie de Bruxelles, il fut 
nommé, conjointement avec le doyen Martin Steenbcrch, 
par ordonnance de Maximilien , et par ordre de l’abbé 
de Saint-Berlin , chancelier de l’ordre de la Toison-d'Or, 
commissaire à l’effet d’inventorier les livres et volumes 
qui se trouvoient dans la chambre des joyaux de l'hôtel 
du Roi à Bruxelles. 

Cet inventaire, qu’il signa le i 5 novembre 1487, se 
conserve aujourd’hui dans les archives du département 
du Nord, à Lille. M. Barrois, ancien député, l’a publié, 
avec les éclaircissemens nécessaires , dans Un ouvrage 
intitulé Bibliothèque pivtypographique , ou Librairies 
des Fils du roi Jean, Charles V, Jean île Bcrri, Philippe 
de Bourgogne et les siens. Paris, j 83 o, in- 4 % p. 120. 

Les armes, au bas de la page, sont recouvertes par 
celles de France. 



■ 66 BIBLIOTHÈQUE 

Sur un feuillet séparé , au commencement du volume, 
est écrit : 

Des hystoires et liures en francoys paît® 3* entre la muraille de 
deuers la court. 

Cet ouvrage est mêlé de prose et de vers. Il commence 
par une épitre dédicatoire au seigneur de la Gruthuyse, 
conçue en ces termes : 

Hault et puîffant mon trcfhnnnoure et redoubte feigür Meffire loys 
feigür de la grutbufe c8te de rinceflre prince de feoenhoue accl. Che- 
uallier du très noble et irreprouchable ordre du thoifon dor et chcual- 
lier dbonneur de très haulte et très excellente princheffc et nia très 
redoubtee dame madame dautriche de Rourgoingne* et de Brabant 
conlcffe de flandres accî. Charles Soillot jndigne fecrctairc et contre- 
roleur de laudtâcc des fceaulx de très hault et très excellent prince 
mon très redoubte et fouucrain feigür Monff. Maximilien par la grâce 
de dieu duc dautriche de Bourgoigne aceî. feul filz et heritier de très 
illuftre et très victorieux prince frcderic le tiers empereur des Romains 
pour vos très grandes vertus naturellement affecte a vous et pour le 
regard de voftre eftat ades preft et appareillie a vous feruir et com- 
plaire honneur auetic tout eur et félicité. 

x . ' 

Il dit ensuite qu’il a composé cet ouvrage dans sa pre- 
mière jeunesse, et qu’en le relisant dans un âge plus mûr, 
il y a trouvé beaucoup de choses à reprendre. Il ajoute 
qu’il eh avoit fait hommage, dans cet état d’imperfection, 
à Charles, comte 4e Çharolots, et que depuis qu’ila eu 
le malheur de le perdre, ne pouvant plus le lui offrir 
revu , corrigé et amélioré , 

S» le vous prerente et adreffe hault et puiffant mon très honnoure 
et redoubte feigneur bien meu certainement cOme il me fcmble car foit 
de la matière dont il traicte ou de la difpofition et forme dicelle qui 
en poeult raieulx jugier que vous. De premiers de poly langaige raifons 
ou fentences a chun propos pertinentes me plaife ufcrepiele chofe plus 
polie que les mots qui partent de voftre bouche que les raifons plus 
pertinentes que celles dont vfe voftre langue ne quels dicts parlers ou 




4 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 167 

efcripU plus fubftancieux plus nets plus propres plus gens ou aorncz 
que les voftrcs quant le moindre et plus farnillicr neft que tous ou 
proucrbe ou facecic. Se de félicité mondaine dont touche mon premier 
liurq rueil parler qui plus en a veu et cogneu que vous ne qui plus en 
voit et cognoit prefenteroent qui non feulement apres les feus ducs de 
Bourgoingne Pbclrpc et Charles mais comme fcul apres eulx auez règne 
et gouuerae moult glorieufement comme eneoirea par voftre gr$nt fens 
et prudence faittes aujourduy autour de mondit feigür Maximilien et 
mainlesfois nauez feulement efte en cours dantres ducs et princes mais 
de Roy s et de cardinaulz dempercurs et de papes qui vous en ont 
dlAribue comme encoircs journellement font la dieu raerebi voftre 
part ♦* 

Se de mifere ou infelicite qui eft la fécondé partie de icellui mon 
traictic me convient touchier qui en a plus non feulement veu mais 
meifmes en ce fouffert que vous. Nauez vous pas et non feulement vous 
mais toute voftre maifon et lignye lui meifmes dont nauiez apres dieu 
chofe plus chierc veu mifcrablement abatre et trebuchier pour lui 
toliir la vie voz païens coufins et auiis les aucuns occire les autres 
naurer et les autres prendre et détenir prifonniers. Pareillement plu- 
fieurs vos fubgets pour tenir le party dicelle les auciras tuer les autres 
emmener et en oultre vos cbafteaux villes et fortreffes brûler et abatre 
et démolir. 

Se de la tierce et derreniere partie qui eft de vraie félicité je confcns 
peracheucr mon oeuure qui la quiert ou inveftigue plus que voua 
qui en chemine les voies ou fentiers plus que vous , Foy efperance 
et charité qui en font les degrez vous font tris et cogncus comme 
le pain pitié devocion et purite qui en font les paffets iamarz ne vous 
babandonoent juftice attcmprcnce et aultres Vbrtus qui en font les 
moiens font voz principales richefTeset parement. Voftre vie eft toute 
rettgieufe vos fais juftes et fains voz dicta ediffians et fructueux 
comme de perfonne faincte. Prenez le doneques en gre g vous fupplie 
# et fe y trouuez aucune ebofe ou trop attenuee ou fuperflue on trop 
graue ou trop legiere ou mal polie ou peu aornee ne vueillies dcfdai- 
b gnicr la corrigier ou amender car en y mettant voftre decret comme 
de chofe paffee par le lavnbicq plus ne craitfdray ne enuieux qc 
obtrecteur quelconque. 

Ce témoignage si touchant de la reconnoissance de 
Soillot pour son ancien maître, et de respect pour le 
seigneur de la Grulhuyse, a été également adressé, avec 



. i68 ' „ BIBLIOTHÈQUE 

quelques changement, à Philippe', comte 4c Çhimay, 
oheV'alihr de^ii®oiswn-<WDr, et premier chambellan de 
Maximilien, mort à Bruges en *483. Nous l’avons rap- 
porté , en l'abrégeant toutefois, parce qu’il peut servir à 
compléter la Notice que Legrand-d’Aussy a donnée du 
DébaPde Félicité, d’après un manuscrit qui n’est plus 
aujourd’hui à la bibliothèque du Roi, mais à Bruxelles, 
dans la Bibliothèque royale. (Voyez Notice des Mss. de 
la Bibliothèque du Roi, tom. V, p. 54a.) 

A la suite de celte dédicace l’auteur a joint celle qu’il 
avoit offerte à Charles, duc de Bourgogne. 




La Danse aux Aveugles. Petit in-folio, relié en 
maroquin citron, autrefois couvert de velours tanné, 
n° 7675. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, en ancienne 
bâtarde, à longues lignes, avec miniatures en couleur 
grise; contenant 43 feuillets. Le premier, sur lequel on 
voit les armes recouvertes, commence ainsi : 

Chy cùmtce la danfc aux aucgles. 

Actain au cuer par ung corroux terreftre 
Ou point fecret dune nuyt nette a clcre * 

Penfoye fcul que tout conuient terre eftrc 
Ce qui a eu ou aura en terre eftre. • 

On lit au verso du dernier : 

• • * * < * 

Qui lentende a life auffi 
Il prie non pas commande 

Au treforier de Souffi. ' 



4 



« 



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l 



DE LOUIS DE LA GRUT1ÎUYSE. 

LVI. 



,6 9 



La Danse aux Aveugles. L’Abusé en cour. Petit 
in-ip. en m. r. , autrefois en velours incarnat, 
n” 7912. 

Beau inanuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en 
ancienne bâtarde , à longues lignes , au nombre de 2 1 
sur les pages entières; contenant i55 feuillets. 11 est en- 
richi de vingt-trois jolies miniatures et d'âutant de bor- 
dures : dans celles-ci on voit deà armes qui varient pres- 
que toujours. Les premières sont celles de France; mais 
il est douteux qu’elles recouvrent les armes de la Gru- 
thuyse. Le texte du premier commence ainsi 

Artaiu au cuer par 
un g corroux terreflre 
ou point fecret dune 
nuit nette et clere 
Penfoie feul que tout conuient terre eftre. 

Et le second traité finit , au recto du dernier feuillet , 
par ces vers : 

Peu de faiges perfounes au dàngicr 
Et pour ce Ce garde qui faimera.. 

Explicit Labufe En Court. (, > 

Ce manuscrit est ainsi spécifié dans l’inventaire de la 
bibliothèque de Blois : t 4 * » 

« Le livre de la Dance des Aveugles et de l Abusée 
en court , couvert de velours rouge , ferré de cuivre 
doré. » 

Lambert Douxfils a fait imprimer a Lille, en 1748, 
format petit in-8°, la Danse aux Aveugles , avec quel- 
ques autres poésies du quinzième siècle, d’après un ma- 
nuscrit de la bibliothèque des ducs de Bourgogne. 



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i 7 b BIBLIOTHÈQUE 

L’auteur se uommoit Michuull; il éloit secrétaire du 
comte de Charolois, fils de Philippe, duc de Bourgogne. 

L 'Abusé en Cour que renferme le même manuscrit, 
et dont on u plusieurs éditions anciennes, est ici mal à 
propos attribué à René d’Anjou, roi de Sicile. 

LV 1 1. 

L. U» v ■ 

Les douzç Dames de Rhétorique , par Georges 
Chastcllaiu. In-folio, couvert de velours incarnat, 

*n* 7 3 9 2. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 
en ancienne bâtarde , à longues lignes , au nombre de 33 
sur les pages entières, et orné de quatorze jolies minia- 
tures, qui ont i4? m. (5 p. 3 1.) de haut, sur n5 m. 
(4 p. 3 1.) de large. Le volume est composé de 47 feuillets. 
Dans l’encadrement, au premier feuillet, se voyoient an- 
ciennement les armes de la Gruthuyse, mais elles ont été 
recouvertes de l’écu de France. On y remarque encore 
un héraut avec sa trompette. 

Il y a écrit sur un feuillet au commencement du 
volume : 

Des biftoircs et Hures ea franeoys paît* 4* e«ntrc la muraille de 
deuers U court. 

• > . 

Ce manuscrit , outre les douze Dames de Rhétorique , 
contient une correspondance de Georges Chastellain avec 
Jean Robertet , secrétaire du duc de Bourbon , et le 
seigneur de Montferrant , gouverneur de Jacques de 
Bourbon. Ce ne sont que des lettres de compliment. 

Les douze Dames de Rhétorique y portent le nom de 
Science, Éloquence, Profondité, Gravité de Sens, Vieille 



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DE LOUIS DE LA ORUTHIJYSE. 171 

Acquisition, Multiforme Richesse, Flourréé Mémoire, 
Noble Nature, Clcre Invention, Précieuse Possession, 
Déduction Loable, et Glorieuse Achevissanc'e. 

Un feuillet, avec une miniature qui le décoroit, a été 
enlevé de ce manuscrit, dont il se trouve une Notice par 
M. de Keralio, dans le tom. V, p. 1G7, des Notices et 
Extraits des Manuscrits de la fiibl. du Hoi. 

LVI 1 I. 

Le livre de Merveilles. Le Roman des Sept S ac^S 
de Rome. Grand in-folio , relié en m. r. , autrefois 
couvert de velours vert figuré , n° 6849- 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, en 
ancienne grosse bâtarde, sur a colonnes, de 28 lignes 
chacune. 

On lit sur un feuillet séparé : 

De» hiftoires et liurw en franco)* Au pult* troyfyemc par terre du 
coufte de vers la court. 

Prél. 4 feuillets , contenant la table des chapitres du 
premier traité. Texte, fol. i — iij* xxxv. 

Le premier est décoré d’une grande miniature partagée 
en quatre sujets, qui ont t 53 m. (5 p. 8 1 .) de haut, et 
d’une bordure dans laquelle on voit les armes recou- 
vertes. 

Le sommaire , en rouge , est conçu en ces termes : 

Ci commence le volume intitule de merueilles. Et premièrement Du 
prologue. 

Le texte commence ainsi : 

En trifteffe et en langueur cftoit ung* homme en terre eftrange for- 
ment fefmerveilloit des gens de ce monde. 



i 7 a BIBLIOTHÈQUE 

Et Guil ainsi , au recto du ii“ iiij“ xviij , recto : 

Reaiment pou le doublent lafehement le feruent et qui faintement 
lonnourent. > 

Ci fine le liure intitule de merueilles. 

Ensuite, au verso, se -trouve le commencement de 
l’autre ouvrage : 

Ci enfuit le Roniant des fept faiges. 

Rommc eut jadis ung enpereur qui eut a nom deoeliteus il auoit 
femme. 

g Le dernier finit , au recto , par ces mots : 

Apres la mort de lempcrcur polïcfia le noble fil* realement lempire 
en paix a tranquilete. 

* Ci fine le Rommant de rij Pages de Rome. 

Le premier ouvrage est un traité de moralité chré- 
tienne. 

Le second, composé par un moine du douzième siècle, 
sous le titre de Dolopatlios , titre qu’il a gardé , tire son 
origine de l’Inde. Hébers, surnommé le Clerc, le traduisit 
à la même époque en rimes françoises. M. Dacier dit que 
le manuscrit, peut-être unique, de celte traduction, qui 
étoit anciennement dans la bibliothèque de Sorbonne , 
ne s’est pas retrouvé lorsqu’on l’a cherché ( Notice d'un 
Manuscrit grec de la Bibl. du Roi, tom. XLI, p. 546 , 
des Mèm. de C Acad, des Jnscript. et Belles-Lettres') ; 
mais il s’en trouve deux autres manuscrits à la Biblio- 
thèque du Roi, sous le n° 7595 cl le n" 27 , fonds de 
Cangé. Le roman en prose du Dolopathos , ou des Sept 
Sugés de Borne , remonte à la même date à peu près. Il 
a été imprimé plusieurs fois, mais dans un style renou- 
velé. Il en existe en outre beaucoup de manuscrits, et 
on l’a traduit dans presque toutes les langues. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



•I 3 



LIX. 

Le Roman des Sept Sages. Petit in-folio, relié en 
velours bleti, n° y5ig. 

Manuscrit sur vélin , du treizième siècle , en lettres de 
forme , sur 2 colonnes , de 3o lignes chacune , avec mi- 
niatures 5 contenant 96 feuillets. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

De» biftoires et Hure» en franco». Pult” !• contre la muraille d« 
devers U court. 

Le premier, sur lequel sont les armes recouvertes , 
commence ainsi , au recto , première colonne : 

Rome ot. î. empereur qui auoit a non dyoclecion. U ot famé ene. 
De cele famé li fu reine», i. hors ma»le». In empereres fu uieulx et li 
enfes ot in. vii auz J. iour apela li empereres le» vij fages. 

Il finit, au verso du vingt-cinquième, par ces mots : 

Li cors fu en petit detire fluet, lame ait ce que ele a déferai. 

Explicit le Rouman des vij. fages. 

Ce manuscrit offre l’ouvrage précédent dans un lan- 
gage plus ancien. 

Une traduction nouvelle, d’une rareté extrême, a été 
imprimée à Genève en i483, in-fol. On en conserve un 
exemplaire à la Bibliothèque du Roi. 



LX. 



•W- 



Le Recueil des Histoires Troyennes, par Raoul 
Lefèvre. Très grand volume in-folio, relié en m. r. , 
autrefois couvert en velours bleu, 11* 6757. 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle. 




, 7 ^ . HrBLIOTHÈQüE 

('•rrit en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au 
nombre de 3a sur les pages entières, et enrichi de qua- 
rante-quatre belles miniatures, qui ont ai J m. (3 p.) de 
haut, sur 189 m. (7 p.) de large. Prél. xj feuillets, con- 
tenant le prologue et la table des chapitres. 

Il commence ninsi : 

Cy commence le volume intitule le recueil des hiftoires «le Troyes, 
compofe par venerable homme raoul lefeurc preftre chappellain de 
mon très redouble fçigneur monfeigneur le duc Philippe de Bour- 
goiogne en lan de grâce mil iiij e lxiiij. 

Quand je regarde et congnois les opinions. 

Texte, fol. j. — cccxxv. 

Sur un feuillet séparé , au commencement du volume , 
se trouvent ces mots : 

t ■> 

Des hiftoyres et linrcs en francois. Au fécond pult* par terre du 
coufte devers la court. Bloys. 

Dans les bordures des fol. i , armes de Gruthuyse re- 
couvertes; fol. xxv, idem; fol. lxj , idem; fol. iiii" vij , 
deux idem; fol. cij , un idem; fol. cxxxvij , armes effa- 
cées; fol. ccxxxviij , idem. 

On a plusieurs éditions de ces histoires de Troyes, dont 
une entre autres, excessivement rare, a été imprimée 
par Guillaume Caxton , avec les caractères qu’il avoit 
employés à l’impression de la traduction qu'il avoit faite 
de ce roman , laquelle dut paroître à Cologne vers 1 47 1 • 
( Voyez Notice sur Colard Mansion.) 

Il a été aussi traduit en hollandois , et imprimé à Haer- 
lem en 1 485 , in-folio. 

Le manuscrit original , enrichi de miniatures, est con- 
servé dans la bibliothèque des ducs de Rourgogne , à 
Bruxelles. 



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DE LOUIS DE LA GRUTIIUYSE 



LXI. 



Histoire de la Conquête de la Toison-d’Or. Grand 
in-folio, en m. r. , autrefois couvert en velours noir, 
n° 6g53. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
écrit en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au 
nombre de 27 sur les pages entières, et enrichi de dix- 
lmit grandes et belles miniatures, qui ont 1 35 m. (5 p.) 
de haut, sur environ 189 m. (7 p.}de large, avec autant 
de bordures remplies de figures grotesques. 

Dans celles du fol. i sont les armes recouvertes; du 
fol, ij du texte, quatre écussons presque entièrement 
effacés, dont un palé d’or et de gueules; un autre, de 
gueules à la croix de sable ; un troisième , de gueules au 
croissant d’or; du fol. xx, écusson palé d’or et de gueules; 
du fol. xxxv", armes recouvertes, et quatre écussons 
effacés; du fol. lij , armes recouvertes et mortier; du 
fol. iiij" iij , armes recouvertes et mortier ; du fol. iiij" xij, 
armes recouvertes dans l’initiale ; du fol. cvj , quatre 
écussons effacés; du fol. cxxxij, un mortier; du fol. cliij, 
six écussons, dont trois recouverts ; du fol. clviij, écusson 
effacé. 

Prél. 3 feuillets, contenant la table des chapitres, avec 
celle inscription : 

Cjr commence la table des rubrices ou fommaires de ce prefent litre 
nomme lhiftoire de la conquefte du noble et riche Thoifon dor faitte 
iadis par ung raillant Prince de grec© et filz de Roy appelle Jafon de 
Mirmidoine a layde dune haulle dame que Ion noramoit Medce 
comme ey apres eft bien ou long declaire. 



, 7 6 BIBLIOTHÈQUE 

Texte, fol. i — clxiij. 11 commence par ces mots : 

Cy commence le Prologue de lacteur de ce prerent liure : 

La gallee de mon engin flottant na pas longtemps en la profondeur 
des mers. 

Sur un feuillet en tête du volume , et qui a été enlevé , 
se lisoiçnt ces mots : 

Des hiftojrcs et liures en francoys Pull* a* contre les murs de deuers 
la court. 

Ce roman est du même Raoul Lefèvre que le précédent. 
L’imprimeur anglois Caxton en a fait, .sur le continent, 
et vraisemblablement à Cologne, sous le nom de Livre 
de Jason, une édition qui est d’une rareté extrême, et 
qui a été suivie de plusieurs autres , moins rares. 

Il existe aussi une traduction angloise, faite à Londres 
par Caxton lui-même, et une traduction hollandoise im- 
primée à Haerlem en i485. 

LXI1. 

Histoire de la Toison-d’Or, par l’évêque de Tour- 
nai. Deux vol. grand in-folio, reliés en m. r., autre- 
fois couverts en velours bleu , n°* 68 o 5 et 6806. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
en ancienne grosse bâtarde , sur a colonnes , de 35 lignes 
chacune. 

Sur un feuillet séparé , on lit : 

Des biftoyres et liures en francoys. Au praicr pul tr * par terre du 
coufte deuers la court. Bloys. 

Prél. 3 feuillets , contenant la table des chapitres. Le 
fol. iiij est orné d’une belle miniature , représentant 




DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 177 

Charles , duc de Bourgogne , tenant un chapitre de la 
Toison-d’Or; elle a aa 5 m. (8 p. 3 1 .) de haut, sur 180 m. 
(6 p. 8 U) de large. Dans la bordure dont est ornée la 
page on voit les armes recouvertes 5 . 

Le texte commence ainsi : 

Très excellait et très puiffït prince et mS très redoubte feigneur 
monfrigueur Charles par la grâce. ( 

Au fol. xx se trouve une autre belle miniature. 

Le fol. ccc xxiij , verso , première colonne , est terminé 
par ces 'mots : 

Cj fins le prefent liure leijl traicte la vertu de magnanimité. 

Tom. IL Prél. 5 feuillets, contenant la table des 
chapitres. 

Au fol. vj , belle miniature et bordure , où se voient 
les armes recouvertes. Il commence ainsi : 

Très excellent prince et très rcluifant en puiOance et vertu et mon 
très redouble feigneur monfeigneur. \ 

Au fol. xvj , autre miniature. 

Au fol. cccc xxvj , recto, colonne première : 

Explicit le fécond volume de la thoifon. lequel liure traicte de toutes 
les vertus de juftice. 

L’auleur est Guillaume Filàtre , évêque de Tournai , 
chancelier de l’ordre de la Toison-d’Or sous Philippe-le- 
Bon. L’ouvrage a été imprimé deux fois, par François 
Régnault en i 5 t 6 , et par Jean Petit en i 53 o, in-folio. 
(Voyez, au sujet de ce livre, un Mémoire sur l'Origine 
de l'ordre de la Toison-d’Or, dans les œuvres du prince 
de Ligne, tom. XXX, p. 1 — 27a-) 

Le manuscrit original, avec de belles miniatures, sc 
conserve dans la bibliothèque de Bruxelles. 






,-8 BIBLIOTHÈQUE 

LX 1 I 1 . 

Gyron le Courtois. Deux grands volumes in-folio, 
reliés en m. r. , n°* 6976 et 6977. 

Manuscrit sur vélin , exécuté après le milieu du qua- 
torzième siècle, en lettres de forme, sur 2 colonnes, de 
Sa lignes chacune , et enrichi de trois grandes et très 
belles miniatures, qui ont environ 207 m. (7 p. 8 1.) de 
haut, sur 217 (8 p.) de large, et de 1^9 petites de 
99 m. ( 3 p. 8 1 . environ) en carré. 11 y en a 61 dans le 
premier volume, et 78 dans le second. 

Dans le bas de la bordure qui orne les pages où se 
trouvent les grandes miniatures, on voit les armes de 
Mortagne, de gueules à la croix d’argent. 

Le tom. I, contenant 25 g feuillets, commence ainsi : 

Cy commence un tre* noble liurc nomme Guyron le courtois tranf- 
late de latin en francois par meffire Luces cheualier feigneur du chaftcl 
Dugat voifins prouebains du lire de Cavliercs par le commandement 
de très noble et puiffant prince monfeigneur le Roy Henry jadis Roy 
dangleterre lequel liure parle de la courloific et bonté des haultz fais 
des bons et vaillans cbeualiers et nobles hommes anciens et de leurs 
auenturcs de la table ronde du temps paffe. 

Le dernier finit ainsi : 

Cy fine le premier liure de Guyron le courtois. 

Le tom. Il* contenant deux Parties et 3^6 feuillets, 
commence par ce sommaire : 

Cy commencé la fécondé partie du liure de guyron le courtois qui 
fait mencion de maintes belles auuentures et premièrement parleront 
du roy melyadus comment U feiournoit au chaftcl auec ij feroucx pour 
oyr aucunes nouuelles de monf. Lac. 

Le dernier finit par cette souscription : 

* Cy finit le tiers et dernier liure de guyron le courtois tranflatc de 



DE LOUIS DE LA GRÜTHUYSE. 179 

latin en franco» par meffire Luces cheualier feigneur du chaftel dugat 
a ta rcquefte dun très noble et puiffant prince monf. le Roy Henry 
jadis Roy danglctcrre lequel liure parle de la courtoifie et bonté des 
hauts fais des bons et vaillans cheualiers de la table ronde du temps 
parte. 

Ces deux volumes n’onl pas fait partie de la biblio- 
thèque de Blois; voilà pourquoi les armes dé la Gruthuyse 
n’en ont pas été effacées. 

Un autre beau manuscrit en quatre volumes, prove- 
nant de l’ancienne bibliothèque des ducs de Bourgogne , 
est actuellement dans celle de l'Arsenal. 

Le roman de Gyron le Courtois a été imprimé deux 
fois, mais avec quelques changemens dans le texte pri- 
mitif, dont il existe un grand nombre de manuscrits du 
quatorzième siècle. La première édition a été faite pour 
Antoine Vcrard vers i 5 oo, in-folio. 

LX1V. 

Gyron le Courtois , 6 vol. in-folio , reliés en ma- 
roquiu citron , autrefois couverts de velours bleu 
figuré, n°* 6978 à 6983. 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
écrit en ancienne bâtarde', sur a colonnes, de 3 î lignes 
chacune, enrichi de sept belles miniatures, qui ont 1 89 m . 
(7 p.) de haut, sur 95 m. (3 p. 6 1 .) de large, et de 
cinq petites de g 5 m. (3 p. 6 1.) de haut, sur 81 m. 
(3 p.) de large. Les pages sur lesquelles elles sont peintes 
ont de très jolis encadremens. 

Tom. I. Prél. 6 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres, qui porte pour sommaire : 

Cy commence la table de» rubrice» de ce premier volume de lhiftoire 




i8o BIBLIOTHÈQUE 

«le guyron le courtois dont le premier chapitre traitte comment le roy 
diodicias fc maria par le confeil de Tes barons et do nombre de fes 
filles. 

Texte, fol. i — ccc xxxj , avec une grande miniature 
au fol. i. Dans la bordure sont les armes de France substi- 
tuées à celles de Gruthuysc , et supportées par deux 
licornes, un mortier, deux banderoles avec la devise, et 
une bannière effacée. Au fol. xiij , autre; au fol. xxxj, 
autre petite; au fol. iiij“iij, idem ; au fol. exix, idem; 
au fol. clxviij , idem ; au fol. cclxxj , idem. 

Le texte commence ainsi : 

Au temps que le preu Hercules et Thefeus regnerent en grcce et 
eftoit juge du peuple. 

Tom. II. Prél. 4 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres. Toxte , fol. i — cccxxxj. Au fol. i, une grande 
miniature; dans la bordure, armes recouvertes, suppor- 
tées par deux licornes, quatre autres effacées, deux ban- 
deroles, avec la devise Plus est en vous. 

Le texte commence ainsi : 

Dieu qui ma donne pouoir engein et mémoire de definer honnoura- 
blemcnt le liure dou Bret qui parle des fais et de la naiffance de guiron 
le courtois. 

Tom. III. Prél. 4 feuillets, contenant la table des 
chapitres. Texte, fol. i — cccxxix. Au fol. i, grande 
miniature; dans la bordure, armes recouvertes, et 
pour supports les memes licornes, deux mortiers, deux 
devises effacées; dans l’initiale, la devise Plus est en vous. 

Tom. IV. Prél. 3 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres , qui porte pour sommaire : 

Cy commence la table de la première partie de ce tiers volume de 
guiron le courtois lequel pour la groficur dicellui il a efte neceffaire 
de le mettre en deux volumes. 






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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 181 

Texte, fol. i — cccxiiij. Au fol. i, grande miniature; 
dans la bordure, armes recouvertes, deux banderoles et 
quatre bannières effacées. 

Tom. V. Prél. 4 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres. Texte , fol. i — ccclv. Au fol. i , grande minia- 
ture ; dans la bordure , deux écussons recouverts , dont 
un supporté par deux licornes; la devise Plus est en vous 
sur une banderole , trois autres effacées ; dans Uinitiale , 
un mortier. .■ - ^ ■ 

Le dernier feuillet finit ainsi ; 

' r iù *. • 

Cy fine la It 1 partie de ce tiers volume de guiron le courtois lequel 
pour la grandeur dicellui la conueou partir et mettre en deux volumes. 

Tom. VI. Prél. 3 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres. Texte, fol. i — ccciiij’ 1 xiij. Au fol. i, une grande 
miniature ; dans la bordure , armes recouvertes , avec 
les deux licornes pour supports, deux mortiers et deux 
bannières effacées. 

On lit à la fin du dernier : 

Si prie et requier très aflfectueufement a tous ceulx qui prenderont 
la paine de tous ces iiij volumes lire que silz y trenuent aulcunes faultes 
quilz me vueillent tenir pour exeufe car ce ferait plus par ygnorance 
que par fautte de bon volloir. 

Cy fine le quart et derrenier volume de me/ïire guiron le courtois. 

A la tète de chacun de ces six volumes on lit , sur un 
feuillet séparé : 

Des hiftoires et liures en francoys pult» 3* entre les première et 
fécondé croyfees contre la muraille vers les fofles. Bloys. . * 

Dans ce manuscrit l’ancien langage a été moins altéré 
que dans le précédent. 



,82 BIBLIOTHÈQUE 

LXV. 

Histoire du saint Greaal , qui est le premier livre 
de la Table ronde , traduite par Robert de Ilorron , 
assez grand in-folio, autrefois couvert de velours 
noir, n° 7171. 

Manuscrit sur vélin, du treizième siècle, en lettres de 
forme, sur a col. , avec miniatures; cont. 33o feuillets. 
Le premier, au bas duquel sont les armes recouvertes, 
commence de cette manière : 

Chil qui fe tient et iuge au plus petit et au plus pecheour du monde 
mande falut au commeucherrient de cefte hiftoire et a tous chaus qui 
leur cucrs ont et leur créante. 

Il manque à la fin quelques feuillets. 

Ce roman , qui a subi des changemens dans le langage, 
acté imprimé à Paris en i5i6, par Jean Petit , pour Gal- 
liot Dupré, et en i5a3 , par Philippe Lenoir. Il en existe 
un grand nombre de manuscrits. 

LX VI. 

Le Roman de Lancelot du Lac, 3 volumes très 
grand in-folio, reliés en m. r. , autrefois recouverts 
en velours violet, n°‘ 6792, 6793 et 6794. 

Manuscrit sur vélin. Le premier volume, du quinzième 
siècle, est en grosse bâtarde; et les deux autres, du 
quatorzième siècle, sont en lettres de forme. 

Le tome I est sur deux colonnes , de 4o lignes chacune. 

On lit sur un feuillet séparé : 

Bloy». 

Des hiftoire» et Hures en francoy» Pull 0 4° entre la première et 
fécondé crojrfees contre la muraille ver» les fofles. 



1 «s 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i83 

Le premier feuillet, qui est orné d’une grande et belle 
miniature et d’une bordure, au bas de laquelle sont les 
armes recouvertes , commence ainsi au recto , colonne 
première : 

En la marche de Gaule et de la petite bretaigue luoit anciennement 
deux Roys qui èftoieut freres germains et auoienl femmes. • 

Le tome II est aussi sur a col. , de 5o lignes chacune. 

Sur un feuillet séparé il y a,»; 

Des biftoires et liures en francoys Pult” 4“ entra la première et 
fécondé croyfces contre ta muraille vers les foffes. 

Il est enrichi de quantité de miniatures, grandes et 
petites ; dans la bordure du premier feuillet , au bas , 
sont les armes recouvertes. Il commence ainsi : 

Chi deuife li maiftres comment lancelot ala ou Royaume de gorre 
pour reflrouvee 1a Royne genieure Et comment il pafTa le pont des 
cfpee qui eftoit fait fi tranchant de tous coftea que nulle chofc plus et 
lancelot pafTa outre a genou s a moult grand paine. 

Or dift li contes que quant li chevaliers de la charete fe fu partis de 
la Cymentiere fi cheuauca auec la puchelle qui moult le requeroit de 
fauoir fon non. El tant que lancelot li dift fi comme par anui Dont ne 
vous ay ion dit que «ou fui dou Royaume de logres. 

On lit à la fin ; 

Ezplicit dou Tournant lancelot et dou faint gréai et dou roumant de 
la mort au roi artus qui fot dedens ceft liure font definez et acompli* 
outre cuient et contient lxviij coijers et fu definez le lundi prochain 
deuant le iour de pafkes ûories en mars lan mille, ccc. xliiij. 

Le tome III est d’une autre écriture. Les colonnes sont 
aussi , comme dans le précédent, de 5o Lignes. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoires et Hures eu francoys Pult* 4 ° cotre la première et 
fécondé croyfces contre la muraille vers les foffes. Bloys. 




r 



184 BIBLIOTHÈQUE 

Les deux premiers feuillets renferment la table des 
chapitres. Le troisième , sur lequel on voit les armes 
recouvertes, commence ainsi ' • ' 

Mclcagaunt aueit une forour dont li contes a parle ca en arriérés a ki 
lançelot dona la telle duo cheualer kit ociïl. E cele damoifelle aueit 
mont graunt doel. 

Il finit au dernier par ces lignes : 

Edcfine fon liure fi outrement be apres ceo non porreit nus raconter 
choie ki nen mentift. 

, Cy faut la mort le reis artiis. 

Ce vers est le premier de seize autres qui suivent. 

Ce roman fut d’abord composé en latin, et ensuite 
traduit en prose françoise par Robert de Borron. On l’ap- 
pelle le grand Artus , pour le distinguer du suivant. Il 
en a été fait diverses éditions , dont la plus ancienne est 
de Rouen 5 Jehan le Bourgeois , et Paris , Jehan Dupré , 
i488, en 3 tomes in-folio, 

LXVII. 

Le Roman d’Artus le Res tore. Assez grand in-fol., 
autrefois relié en cuir tanné, n° 7180. > 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle , sur 3 col., 
avec figures coloriées; contenant i43 feuillets. 

On lit sur un feuillet séparé : 

De» hiftoires et liure« en franco y s Paît* i° contre la muraille ver» 
le» foffes. 

Il commence ainsi au recto, première colonne, du pre- 
mier feuillet , au bas duquel on aperçoit les armes re- 
couvertes : 

Apre» lt mort le bon Rojr artu qui tant fu nobles Royi et gentil» et - 
en tour qui fu et régna. 



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DE LOUIS DE LÀ GRUTHUYSE. 
Le verso du dernier finit par ces mots : 



i85 



Nulz ne vit lautre fi furent tout efbahis dont ce vcnoit et ainfi fe 
depolirët cil du pays. 

Explicit le romans dartus le reftore. 

C’est le roman du petit Artus de Bretagne , qui a été 
imprimé pour la première fois en i4g3 , petit in-folio. * 

LX VIII. 

Le Romant de Tristanl et d’Yseult. Grand in-fol., 
en m. r., autrefois couvert en velours incarnat, 
n° 6776. 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, sur a col. , 
de 4o lignes chacune , en ancienne grosse bâtarde ; con- 
tenant 43 1 feuillets. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Ceft pdur le Roy. 

Des biftoyres et liures en francoys Pult # 5* entre la première et 
fécondé croyfees contre la muraille vers les fofles. 

Le premier feuillet, orné d'une miniature et d'une 
bordure dans laquelle les armes sont recouvertes , com- 
* mence par ces mots : 

Apres ce que je tous ay par maintes fois contee hiftoire du faint grial 
moult me merueil que aucun ne Tient que tranflate. 

Le dernier finit ainsi au verso, première colonne : 

Et Tefquirent enfemble tant que dieu les Yoult prendre a fa part. Si 
face il de Mens. Amen. 

• ’ A 

Cy finit le Roumant de triftan et yfeult. 

Il existe plusieurs filmions de ce Roman de chevalerie ; 
la plus ancienne est celle qui a été faite- avant l’année 




i86 BIBLIOTHÈQUE 

i 5 oo, en a volumes in-folio, pour Antoine Verard, de- 
meurant sur le pont de Notre-Dame, qui s’écroula en 
1499, au mois d’août. 

Dans les quatorzième et quinzième siècles on fit grand 
nombre de copies de ce roman. 

LXIX. 

Le Roman de Perceforét, 3 vol. in-folio, reliés 
en m. r. , n°* 6966, 6967 et 6968. 

Manuscrit sur papier, du quinzième siècle, écrit en 
ancienne grosse bâtarde, sur a colonnes, de 36 lignes 
chacune. 

Tom. I. Prél. 7 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres. Texte, fol. i — • ccccxl. Au premier est une mi- 
niature sur vélin , et autour de la page se trouve une 
bordure dans laquelle on aperçoit les armes de la Gru- 
thuyse non effacées, un mortier, et la devise Plus est 
en vous. 

Le texte commence ainsi : 

Pour mettre en cfcrîpt ou langttge de franco une yftoirc celle dun 
gentil Roy qui jadiz régna en la grant Bretaigne tellement men Yucil 
entremettre par quoy elle viengne a la congnoiffanee de tous preu- A 
do m mes elle fu celee entre les fais des Bretons et mife au néant. 

Tom. II. Prél. 6 feuillets, contenant la table, qui a 
pour sommaire ; 

C y commence la table du fécond liure du Roy Percbeforeft. 

Texte, 206 feuillets. Au bas du premier, qui est en 
vélin et orné d’une miniature, se trouvent les armes de 
la Gruthuyse entourées du colljp?Me l’ordre de la Toi- 
son-d’Or. 1 h-t im . J 1 ' ■ ■ 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 187 

Tom. DI. Prél. 3 feuillets. Texte, fol. i — cccxvj. Au 
premier, une miniature en grisaille, avec un encadre- 
ment dans lequel sont les armes de la Gruthuyse suppor- 
tées par deux sauvages. 

On lit au verso du dernier feuillet : 

Ceft lc liure de Perccforeft de la librerye du Roy. 

Tom. IV. Manque. 

Tom. V. Manque. 

Tom. VI. Cont. 337 feuillets. Le premier a été enlevé, 
sans doute à cause de la miniature dont il étoit orné. 

Le dernier est terminé par ces mots 

De cefte fi taift pour le prefent lifloire laquelle rouldra parler ou 
fixierne et derrain vouhime du preu galafur dit la tout pafle pour 
racompter partie de fes aducnturcs. 

Ce manuscrit ne paroit pas avoir fait partie de la bi- 
bliothèque de la Gruthuyse au moment où elle fut acquise 
par Louis XII. 

Le roman de Perceforest a été plusieurs fois imprimé : 
la première édition est de Paris, i5a8, 3 vol. in-fol. 

LXX. 

A' 

Le Jouvencel, par Jean de Bueil, amiral de France. 
In-folio , relié en m. r. , autrefois couvert de velours 
jaune et blanc, n° 685a. 

Magnifique manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
à longues lignes, au nombre de 31 sur les pages entières, 
en ancienne grosse bâtarde , et enrichi de cinq superbes 
miniatures, qui ont i85 m. (6 p. 10 1.) de haut, sur 
i58 m. (5 p. 10 1.) de large. 

Cinq bordures, pareillement de 1a plus grande beauté, 
ornent les feuillels où se trouvent les miniatures. 



* 



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■ 88 BIBLIOTHÈQUE 

Dans celle du fol. i sont les armes de la Grulhuyse 
recouvertes, deux mortiers, et trois devises Plus est en 
vous ; , 

Du fol. xxxvj , trois armes recouvertes, et deux devises 
effacées -, 

Du fol. Ixviij , deux armes recouvertes , deux mortiers, 
une devise, une bannière armoriée d’or à la croix de 
sable , qui est (jrulhujse ; 

Du fol. clxxvij , armes recouvertes, deux mortiers, 
deux bannières armoriées , l’une de gueules à la bande 
d’argent, accompagnée de six merletles de même; autres 
de gueules au sautoir d’argent , qui est Fonder Aa ; 
autres de gueules , bandées de trois pièces ; 

Du fol. ccxxvj , une devise Plus est en vous, un écus- 
son de gueules à la croix d’argent , et un autre effacé. 

Les sept premiers feuillets contiennent la table des cha- 
pitres, le texte occupe les feuillets numérotés i à cclxxviij. 
L’avant-dernier est terminé par ces mots : 

Explicit le liure monP Dtibueil n3mc le Jeuuencel. 

Et le dernier, recto , finit par cette souscription : 

C y fine le liure du Jeuueocel cOpile par uug deferit et honoourable 
cheuallier pour introduire et donner couraigc et hardement a tous 
jeunes hommes <|ui ont defir et voullente de feru^r le noble Aille et 
exercite des armes efquelles on puet bien faire et acquérir fon fauoe- 
ment qui fi fcet bien conduire et gouucrner en droit et bonne juftice. 

L’auteur de ce roman , dont il a déjà été question au 
tome II , p. ao3 , du Catalogue des Livres imprimes sur 
V ilin, qui sont dans des Bibliothèques publiques, à l’oc- 
casion d’une édition qui en a été faite en i 493, est Jean 
de Bueil , amiral de France, sous Charles VII. Il le 
composa pour l’éducation de son fils Antoine de Bueil, 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE .89 

qui épousa Jeanne, bâtarde de Valois, fille naturelle de 
Charles VII et d’Agnès Sorel , et qui en eut Renée , que 
Louis XI maria à Jea#de Bruges de la Gruthuyse, fils de 
Louis, ancien propriétaire de ce manuscrit. 

Un semblabte manuscrit, qui fut vendu 3 oo livres, se 
trouvoit dans la bibliothèque d’Anet. (Le Cat. , p. 14.) 

Un troisième, mais sans miniatures, est dans celle de 
Genève. (Le Cat., p. 449 -) 

Un quatrième se conserve dans celle des rois d’Angle- 
terre. (Caslcy, p. 290.) . 

Un cinquième, avec miniatures, fait également partie 
de la même bibliothèque. {Idem, p. 39a.) 

Ces cinq manuscrits ne contiennent que trois Livres, 
au lieu de quatre, ce dernier Livre, qui est une conti- 
nuation du roman , n’ayant été composé que plus tard. 

Les deux seules éditions qui ont été faites de ce roman 
à Paris, en i 4 g 4 > par Verard, in-folio, et en 1539, par 
Philippe Lenoir , in- 4 °, sont imparfaites et tronquées. 
Après le Mémoire sur le Jouvencel que Sainte-Palaye a 
inséré dans le tome XXVI des Mcm. de F Académie des 
Belles - Lettres , on lit encore avec plaisir la nouvelle 
analyse qui a paru dans la Revue française du mois de 
mars 1829, n'Vin, p. ao 4 - 

' U 

LXXI. 

Les Constitutions et Ordonnances de Gage de Ba- 
taille, par Jean de Villiers, sire de Lille-Adam. Petit 
in-4”, relié en m. r. , autrefois en velours, n° 7910. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, en ancienne 
bâtarde, à longues lignes, au nombre de 27 sur les pages 



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i 9 o BIBLIOTHÈQUE 

entières ; contenant neuf feuillets. Sur le premier se 
trouvent les armes recouvertes •, sur un autre séparé , 
on lit : 

A 

Des hiftoyres et Hures en francoys Pull 0 5° cOtre la muraille de 
deuers la court. 

Le texte commence ainsi : 

Très hault et 1res puiffant prince et mon redoubte feigneur plielippe 
par la grâce de dieu duc de bourgoingne et de iembourg conte de 
flandres dartois et de bourgoingne palatin de hayncau de hollande de 
zellande et de namur. Marquis de faint empire feigneur de frire de 
falins et de raalines. Pour ce que je jehan de villiers chcualicr lire de 
Lille Adam votre très humble feruiteur conseiller et chambellan ay 
feeu que défîtes auoir un efeript pour quelles caufcs félon les confti- 

tutions et ordonnances de france gaige de bataille efl adiugee 

. . jen ay diligemment enquis et trouue ce qui 

en eft efeript en ce petit liure 

Il finit, au verso du dernier, par ces mots : 

Ce comme ferez Ainfy a chafcun fon droit. 

Jean de Villiers, sire de Lille-Adam, fut tué à Bruges, 
le aï mai 1437 , dans une émeute populaire. 

Son livre fait partie d’un ouvrage intitulé Traitez et 
Advis de quelques Gentils -hommes français, sur les 
Duels et Gages de Bataille, imprimé à Paris en i58G , 
in-8°, fol: ij — 83. 

LXXII. 

Traité de Noblesse , composé par Jactpies de Va- 
lère, traduit d’espagnol en françois par Hugues de 
Salve, et autres traités de chevalerie. Petit in-folio, 
en veau, reliure ancienne, n° 745 i. 

Manuscrit sur vé|in , exécuté après le milieu du quin- 



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* 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. iç,» 

zième siècle, en ancienne bâtarde, à longues lignes, au 
nombre de 26 sur les pages entières. 

Les onze premiers feuillets contiennent :: 

1°. Le prologue, enrichi d’une miniature de 117 m. 
(4 p- 4 !•) de haut t sur l °8 m. (4 p.) de large, et d’un 
encadrement, au bas duquel on trouve les armes de la 
Gruthuysc, mais recouvertes, et accompagnées de deux 
mortiers sur leur affût , d’où part une bombe. On y 
voit la devise de ce seigneur, Plus est en vous , répétée 
deux fois. Ce prologue commence ainsi : 

A la locnge do dieu noftrc benoit créateur a lhonncur des prince et 
a lexaulccment de vertu et de nobleffe je qui pour ma petilcffe nomme 
ne me doy ay en ce petit volume raffcmble et mis enfcmblc aucuns 
petis traittiez aufquelz iay adioufte pluficurs ebofes foruant a tous 
difirant fauoir quelle cliofe eft nobleffe dont elle prift fa naiffance et 
commencement. .... 

a°. La table des chapitres. 

Le texte commence de cette manière, au fol. coté i, 
qui est décoré d’une seconde miniature de la même gran- 
deur, avec un encadrement dans lequel on voit les armes 

recouvertes et la devise presque entièrement effacée : 

•* , * / 

Cy commence vn petit traittie de nobleffe compofe par Jaques de 
Valcrc en langue dcfpaignc et nagaires tranflate en franco» par maiftre 
Hugues de Salue prevoft de fumes. 

Lorfque ie me trouuay a par moy et deliure de toutes penfeez et, 
occupations mondaines remis en mémoire un dict de Seneque 

Ce traité a été imprimé à Paris , pour Antoine Verard , 
en 1497, in-folio , sous le titré de Trésor de Noblesse, 
mais les autres traités qui suivent ne l’ont point été.' 

Au fol. xlvij , verso : 

Cy commence la table des xn chapitres de blafon darmes et premiè- 
rement prologue. * V 






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i 9 2 4 BIBLIOTHÈQUE 

Au fol. lx , verso : , • , 

Comment on fait un nouucl empereur par élection. 

5 »• - • • 

Avec une petite miniature. r r 

. . 4 î + 

Au fol. lxxvj , verso : ' ‘ 

Cy apres fenfieut la maniéré de faire champ a outrance félon lordon- 
nance faite par les rojs dangleterre et le fift et compofa monff. Thomas 

duc de cloccftre conneftable dangleterre. 

Thomas, duc de Glocester,, était fils d’Edouard DI. Il 
mourut dans la vingt -unième année du règne de Ri- 
chard II , à qui ce traité est dédié. 

Avec une miniature représentant un champ clos,- de 
4 pouces en carré. 

Au fol. iiij“ vij : 

Senficucnt les ordonnances gaiges de batailles en champ fermé félon 
la couftomr du Royaume de france. 

. .1 * . 

Cette ordonnance de Philippc-le-Bel , roi de France, 
est datée de Paris, le mercredi de Pâques T^ofi, et im- 
primée dans le Hecueil des, Ordonnances des Rois de 
France, tom. I, p. 435. 

Au fol. c :■ 

Cy a pies renflent In première inftitution des Roy* (firmes et heraulx 
et des ferinens et promeffes quili font a leur création. 

♦ ‘ .. 

Avec une petite miniature. 

Au fol. cxj , .verso : 

Scnfieut la manière de faire tournois et hehours quele chofe et com- 
ment fe doit maintenir les roys darmes et heraulx en iceulx et de 
leurs drois. * 

Avec une miniature de 108 m. (4 p.) en carré, repré- 
sentant un champ clos entoufé de tribunes. 







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. o ■ 'Jé*--.— -, 



.*• 






y * 



UE LOUJS UE La gkutjhcvse. 
Au fol. cxviij*, verso : 



** *'S3 



Senfieut Inrdonnanro quc foloicpl anciennement faire le» pareils 
^nobles hommes LrcfpalTrz. - 



en» <^j 



* * 



L’auleur de ce petit traité dit à la fin : 

ynil lefeript au commandement île fon bon fiü fage et prudent gille* 
Roy darrae» Je flaudres fouh* très illnftre et tre» excellent prince 
maximilian duc doftricc de Bourgogne etc. 

Au fol. cxxij et suivant on lit ce qui suit : 

Fxemple'nu propos des excqucs. 

Depuis laroompliffement de ceftui trait tic ma efte baillie de hault 
et noble feigneur monfgr*lê conte de-winceftre fgr. de la grutiiufo 
prince de fteenhufe etc. pour exemple des obfcques dont cy deffus a 
cft© traittic dun fon prcccfreur nomme monfgr. gyrard de Mortaigne 
dit defpicrcs fgr. de cauyines qui trcfpaffa de ce firde lan de î.oftre 
feignetff M. ii»j« et xj lefquelles furent faites et acheucez en la forme 
et maniéré qui fenfieut non ohftant que la plupart de fes plus prochains 
parens ny furent poiut femon* ne évoquez et ce*pour caufc de briefle. 
Car touteHes folennitcz furent faictes en lefpace de quatre jours. 

Senfuiucnt les ordonnances et folennitez qui furent faictes aux obfc- 
ques de feu detanblç mémoire inonfgr. gyrard tle mortaigne feigneur 
«lespicrres et cSurides. 

Cette relation que nous rapportons ici est d’autant plus 
curieuse, que plusieurs seigneurs des plus nobles et des 
plus anciennes familles de Flandre, assistèrent aux céré- 
monies funèbres de ce Gérard de Morlagne, dont il a déjà 
été question dans la généalogie de Grulhuyse, p. 5a, où^r 
nous avons rapporté son épitaphë et celle de sa- femme. 

Cellui Jim Gyrard trefpafTa en lalibaye de f* Martin a Tonrtiay le 
vendredi xxviij' jour de juillet en lan de grâce mil quatre viugs onze 
enuiron quatre heures apres nonne et fut cnfeuclisla nuitie en fuivant 
en ladicte abbaye en une chapelle *lelez le eue r' la ou un frcrc dung. 
feigneur en fon viuant fgr j'dc mortaigne et defpicrcs gifoit en une 
grande tombe leucc hors de terre lequel fut ave dudit feu monfgr.- de 
caurincs et furent le luody en ftiivant en ladicte abbaye dictes les 



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Item les nuittics tlrfdis vendredi famedi dimanche et dudit Lundy 
fjft on veilles en laditte cgtifc delcz la fepult urc dudit deffuoet par 
plnfirurs rcli ~ % 



mefle par labbe de fainct nfcliolay dehors 

'#./ * 




convoyèrent alont devant ell«^jufque* a lndicte chapelle delcz Indicte 
fepult urc et illec fut affife fur une plattc coucbc couverte de noir* a 
loflle 



dofficre et tapis par deunnt la cooche pareil accompagnée dune ficnne 
dame et de viij damoifelles dhonnepr tant, feulement a caufe que les 
dames prochaines dudit- deffunct ny puèrent eflre pour le brief temps 
# . et pourtant fut Ordonne que tant plus fimpleincnt roadicte dame la 

vefve feroit accompagnée laquelle tant lun jour comme loutre fut 
• toWjours adeftree de.deux*ehe«alicrs et la dame fa compaignl dun 

* cheualier feul et eftoient tous iceulx chevalier! .veftus de noir. 

^ v ,Item en ladite chapelle fur laditte fepult ure fut un grant blanc drap 

* de foye a une croix noire tendu pl|t et aux quatre rornes;qtarhie un 
efeu de fes arme* et au cliief et aux piex auoit mis deux chiergçs de 
cire pefant chacun xv liurcs ou environ fur chandeliers feraez de fes 
armes. 

Item ou grant cuer douant le grant autel fut tendu plat un pict de 
liault un 1res beau drap dor fait de quatre draps aor paraulx et a 
• - chafcun corne des quatre debout fut affiz ung très grant chierjge fur # 

* un chandelier feme de fes armes. 

.• Item partout enthur ledit cuer et en lndicte chapelle fut mis grant \ 

luminaire de chandrilles en nombre dentre deux 'et trois cens liureaet * 
aucc xvj torfrs aufdittes vegilles tenues j»ar povres gens noirs veftus a 
^ * toit ctcus devant et derrière des armes dudit dcffunct. ü • 

f Item au feneftre coflc du cuer et autel furent alfis en docil chevaliers 

* ^ et efeuiers en grant nombre tant aux vegiles comme lendemain a la 
meffe ct^lictes deux vcgiles audit lundy en ladicte abbaye lune par le 
college de noftre dame de Tourooy c* lautre par le couvent de ladictl 
abbaye. ‘ 

ltcni lendemain a la meffe fut augmente le luminaire par toute leglife ^ 
et cuer ctxxxij torfes tenues par povres ge»s noir veftus comme deffus. 

Item devant lolfertoifûNrindrcut dcux^cfcutcrs armes lun de guerre ^ 
et lautro de tournoy affî* lur deux defîriers teouvers et deux autres 
l^c^icrs a chenal deuant eulz noirs velus et embrouebicz lun portant 

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DE LOUIS DE LA ORU'rtluYSE. igf. 



le jicnon de la gaerre et latitrc le penon du tournoy jufqucs a lliuis .lu 
moufiier et leu autres dei 



i denourant toujours fur leurs chevaux 
Item a lofl'rande fut premièrement delivre lefea de guerre a Gyrard 
de Lichtcrvelde et a Jehan de Twinghcem elcuiers auquel efeu furrnt 
altachus xij chaude il 1rs et a chacune ung blanc denier gros et ftit par 
les deux efeuiers porte la pointe deffeurc depuis le debout de leglife 
jufqucs auprez de lautel et la le recrurent meffeigneurs d’Antoing et 
de Briflueil et puis loffrirent a lautel 
Item pareillement fut porte et tenu lefeu de tournoy par Clnia.dc 
Ducrwàerdcrc et Pierre de Raiffe efeuiers çt offert par raeffire Henry 
de Melun'èt.monff. le Haxc de Flandres. . 1 ^ 

Item apres fut tenue et pdrtee iefpce de guerre par Oliuier de Win- 
gbcem et offert par raonlT. de Robais. 

Item apres fut tenue et portée lefpee du tournoy paiÿ clais Scaec et 



offerte par meffirc Pierre de Delft. 



Item apres fut porte le heaume de la guerre a tout le lymbrc par !r 
Borgne «le Berfeis et offert par mçnffr. de Canipighçin. 



Item apres fut porte 1. heaume du tournoy par Jehan de le YValr 
et offert par mpufeigneur Jaques de Liclitervelde. 

Item apres fut mette le deftrier de la guerre et larme par Jehan de 



* * 



Raitt^t GuiUaume dt^e Gracbt et offert par monffr. de Steeubucrcb 
et mru^^IlcrrW^îe tWnintort i 



t hault bailli de Tourncfis, 

Item apres fut mène le deftrier du tournoy et larme par Garin dr 
Halewin et Zegher îjcacc efeuiers et offert par monfeignçur de Rouler' 
et le feigneiy* de Beaurain. ù 

Item apres vint lefeuier noir vcftu qui porloit le poobn de la guerre 
et le porta et mift fuf lautel et pareillement lift lefcnicr qui portoit le 
penon du tournoy nomme Rogier de Boulogne. 

Cellui qui fut arme du harnois de la guerre auoty nom Olivier de 



Croix. 

Cellui qui fut arme du harnois du tournoy auoit nom Huart de 
Mandes. 



* s* 



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Cellui qui porta le penon de la guerrç fut nomme Jaquemart de 
Farnaques. 

Cellui qui porta le penon du tournoy fut nomme Gillc de Btifqucl. 

Item apres la deiTnfdictc offrande fles penons ofTrv Robert Defpierc 
fils dudit defTunct et Je* plus prochains. 

Item apres les deffusdits de dueil oflry madame la vefve accompagnée 
de fes deux cheualiers noirs veftus et après fa dame de compagoic ft 
adeftrer dung cheunlier et ainfi fini loffrandr. Senfirut les veftus de 



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* BIBLIOTHÈQUE • 

* 4 

ducil premièrement Pierre Robert mefiire Rolant et meffire Henrj 
*Defpiercs. 

Meffire Olivier de Iiallcwin feigneur dHcinfcrode. 

Monfeigneur de Hallewin meffire Guillaume et meffire Percherai 
de Hallewia. . , 

Le fire de Potes le fire de Chia et le fire du Quefuoy. 

Item le fire de Zweucghem Ifc fire de Je Vliclite meffire Wautier 
de Heinfrode. 

Item le fire de Harchics le fire de Lannoy meffire llue et meffire 
Guillebert de Lannoy. 

Item meffire Colart de Foffcux Jehan le Courtrifien Rolland de 
Hallewin Daniel de Hallewin. 

Guillaume de Nyvelle et Percheval de Lannoy. 

Item Girard Rogier et Eruould dAuterivc et xij ou xvj dçs plus 
uolahles bourgeois de Tournay et avec aultres de loftel dudit defTunct 
et efeniers et nobles hommes. 

, Somme des chevaliers de dueil veftus xvij et des cféuicrs tant des 
dénommez comme de non nommez environ xxiiij. 

Item y povoit avoir a la tncfTc liiij chevaliers en tout.. 

Item au difncr yl y eut environ iij f plas dc t viandes tant dedens 
labbaye comme dehors et en la ville. 

Le lendemain dudit fcrvice qui fut le merquedy fedmd iour daouft 
apres ce que on auoit tout conte et paye les difpcns et mifes dudit 
fervicc et obfcquc et auffi que on avoit fonde ]>our ledit defTunct et 
pour fes prcdeccffcurs et fucccffeurs uuc chapprllc de xl frans par an * 
en ladicte abbaye et bien dottee et decoree daornement monta apres 
difner madicte dame la vefvc en un chariot couitert de noir et le con- 
voierent 1rs prochains de ducil et pluficurs autres environ le nombre 
de xl cheuaux jusques en fon hoftel en la ville de Tournay et apres^* 
congic pris rhafeun en retourna en fon hoftel. 

Et fut toute cette ordonnance faitte et parfaite dedens quatre jours 
continuels apres le trcfpns dudit defTunct qui dieu pardoinft pour 
laquelle hafte ne furent cuocqucz ne appeliez a ces obfcqucs faire fors 
ceulx que cy deffus font nommez. 

Ce récit est terminé par un épilogue dont la fin est 
comme suit : t ■ 

Non obftant que pou ou gares fuient aujourdhuy qui félon le contenu 
des réglés iey noteez gouuernent leur nobleffe m»U il le faiilt imputer 



Digiflzed.Vîy Google 



« DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. ig 7 

au temps qui régné de prêtent lan mil quatre cens quatre Tingtl cl uog 
un autre fe vendra fc dieu plaift qui la releuera par vertu hors de la 
fange eft aucuns tout longuement tenue. 

^ » JjL 

lxxni. ' 

Le livre appelé Trékir par Brunetto Latini. In- 
folio, relié en m. r. , autrefois couvert de velours, 
n° 685 i » , 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
sur 2 col. , de a8 lignes chacune, écrit en ancienne grosse 
bâtarde, et orné de trois belles miniatures, qui ont i85 m. 
(6 p. io 1.) de haut, sur 180 ra. (6 p. 8 1.) de large. 1 

Dans la bordure qui orne le fol. x on voit les armes de 
la Gruthuyse recouvertes, un mortier, une devise et une 
bannière effacés; dans celui du fol. exix, armes recou- 
vertes, mortier, devise et bannière effacés; et dans celui 
du fol. ccxxxix , armes recouvertes, mortier, devise et 
bannière non effacés. 1 
« Sur un feuillet séparé on lit : 

De» hyftoires et liureecn freneçj-s puit’ t° contre la muraille devers 
la court. 

Il commence ainsi : 

^ g , .* , * 

Cy commence la table de» rubricbcade ce liure appelé trefor lequel 
eft diuife en trois partie» comme il apert par la proffeculion du prerent 
traitie. 

Cette table est de seize feuillets. 

Le fol. verso cccxxvj est terminé par ces mots : 

Et a tant prent fin le liurè du trefor par jan du quefne de fa main. 

* r • m '■ t m ■ 

• La première miniature représente, à genoux, l’écri- 
vain Jean dn Quesne , vêtu d’une longue robe noire , 
offrant à deux mains sa copie au seigneur de lai Gruthuyse, 






L. — by Google 






rv 



198 BIBLIOTHÈQUE 

qui est debout, environné de quatre personnages, ses 
amis ou les officiers de sa maison. Il est velu d’une longue 
robe bleue, et décoré du collier de l’ordre de la Toison- > 
d’Or ; dans sa main droite est une canne , et il a la tète 
couverte d’un bonnet blanc.» 

Cette présentation a lieu dans une espèce de rotonde, 
et la partie droite de la miniature représente la création. 

Jean du Quesne ou Ducbesne, l’écrivain , étoit de 
Lille en Flandre, ainsi que nous l’apprend un autre très 
beau manuscrit de lui , intitulé la Fortresse de la Foi, 
enrichi de cinq belles miniatures , lequel on conserve 
parmi les manuscrits des anciens rois d’Angleterre. (Cas- 
ley, p. a4i.) 

Cet ouvrage, qui a subi bieu des altérations dans les 
copies nombreuses qui en ont été faites, et surtout dans 
celle-ci, où le nombre des Livres est réduit à trois, et 
où même le nom de l’auteur, Brunet latin , se trouve 
supprimé partout, n’a jamais été imprimé; mais il en 
existe une traduction italienne de Buono (ou Giacomo) 
Giamboni, imprimée à Trévise par Gérard de la Lys ou 
de Flandre, en 1 474 » in-folio. 

L X X I V. * - • 

Le Dyalogue des Créatures, traduit du latin eu 
irauçois par Colard Mansion. In-folio, rel. en velours 
cramoisi. • 

Manuscrit sur vélin, de 1 47 feuillets écrits sur 1 col. , 
en gros caractère gothique, avec mi miniatures repré- 
sentant diverses figures d’hommes et d’animaux analogues 
aux différentes fables qui composent l’ouvrage. La pre- 
mière page est entourée d’un beau cadre de fleurs, au 



T 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i 9y 

milieu duquel on voit une grande miniature qui occupe 
la largeur des deux colonnes, où l’on a représenté l’inté- 
rieur d’une chambre avec l’auteur à genoux , offrant son 
livre à un seigneur décoré du collier de l’ordre de la 
Toison-d’Or, et qui est entouré de cinq personnages. Un 
autre cadre de même dimension , qui se trouve au fol. 7, 
entoure une miniature représentant l’intérieur d’une école 
avec le maître et deux disciples. Les autres 1 19 miniatures 
sont plus petites, et n’occupent que la largeur d’une 
colonne. 

En tête de la première on lit : 

Ce linre appartient a mon fils Francifque de Bethencourt fou pere 
le lui at donc le r a8 décembre i6?8. Bethencourt a cherfc que mqurant 
fans (et au bas de ladite page) hoirs légitimes icelujr livre fera rendu 
a lheritier de la maifon de Bethencourt. 

« L’ouvrage commence par l’intitulé suivant : * 

C y commence le traittie intitule Le dialogue des créatures tranflate 
du latin en francois par Colart Manfion a Bruges a la contemplation 

de très hault et très puiffant f\ monfr. le conte de en lan M. cccc. 

Ixxxij. 

Le luxe 'et les soins avec lesquels ce beau volume est 
exécuté, ne permettent pas de douter que ce ne soit là 
le manuscrit original. 

Lorsque, dans la Notice sur Colard Mansion, nous 
annonçâmes la traduction françoise du Dialogue des 
Créatures, faite par cet imprimeur-libraire,' de plus tra- 
ducteur, nous ne connaissions ni l’originaLni l’époque 
où cette traduction fut achevée et publiée; mais le ma- 
nuscrit qui existe dans la précieuse bibliothèque de 
M. le comte D. de Boutourliu , à Florence , et qui èst dé- 
crit sous le n° 77 des Mss. de son Catalogue, dressé avec 
beaucoup de soin par M. Audio , libraire de cctto ville, 




300 BIBLIOTHÈQUE 

description que nous avons reproduite ci - dessus , nous 
apprend qu’elle avoit déjà vu le jour à Bruges dès i ^8a , 
et, par la note dont ce libraire instruit a accompagné l’an- 
nonce du manuscrit, que ce fut après l’avoir décoré des 
plus curieuses et des plus belles miniatures que Colard 
Mansion en fit hommage à son illustre protecteur , le ‘ 
comte de Winceslre, nom qui s’y lisoit autrefois, et qui 
maintenant est effacé. 

Dans un autre manuscrit que possède la bibliothèque 
impériale de Vienne, et dont on trouve une description 
exacte à la page 20 de la Notice sur Colard Mansion , 
cette traduction est dédiée , par le même auteur, à Phi- 
lippe de Crèvecœur, seigneur Desqucrdes, lieutenant du 
Roi en Picardie; mais il est à croire que les deux manu- 
scrits offrent la meme dédicace , et qu’on n’a fait que 
substituer dans celui-ci , au nom du comte de Winccstrc , 
celui de Dcsquerdes , beau-frère de .lean de Bruges , fils 
aîné de Louis. 

Ces deux seigneurs avoient épousé les deux sœurs; le 
premier, Isabcau; et le second, Marie d’Auxy. 






HISTOIRE. 



'tR 



LXXf 

Claudii Ptolemæi Cosmogrnphia latine a Jacobo 
Angelo. Très grand vol. in-folio, couvert de velours 
bleu, n° 4804 des Mss. latins. 

Magnifique manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 




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20 I 



b » 

DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 
à a colonnes, en ancienne grosse bâtarde; contenant 
»6o feuillets. Le| quatre premiers offrent : 

i*. Au verso du premier, une très belle miniature 
qui occupe toute la grandeur de la page, qui a 5y5 qi. 
(ai p. 3 l.^de haut , sur 4oa m. (i4 p. io 1.) de la)^: 
ellc*fut faite en l’honneur d&Gruthuyse , car c'est lui qui 
est représenté dans son 1 oratoire , à genoux sur un prie- 
dieu placé devant l’autel , avec deux personnages de sa 
suite, debout par-derrière. Dans la riche et large bqrdure 
de celte peinture étoient aussi les armes du premier pos- 
sesseur; elles ont été effacées. *On a laissé subsister néan- 
moins les trois mortiers sur leun»a(ïût, et deux fois seu- 
lement la devise. 

a“. Au recto du second, une autre très large bordure, 
dans laquelle sont au bas de grandes artiies effacées , et 
accompagnées de deux licornes. Aux quatre coins se voit 
un mortier; à l’entour de la bordure-on aperçoit encore 
les traces des anciennes armes, ainsi que cellra de la 
devise , qui se lisoit auparavant cinq fois, et qui né se lit 
plus gue dieux. 

3°. Au verso du quatrième, en regard du texte, une 
autre belle nâiniature , représentant , à ce que nous 
croyons , le château d’Oostcamp, qui était au seigneur de 
la Gruthuyse. 11 est entouré d’eau, et placé au milieu 
d’un paysage qui se prolonge dans le lointain. Du château 
il sort un hommé armé de pied en cap t sur le bonnet 
duquel est écrit en lettres d’or le mot Léal. Aux ouver- 
tures de la tour sont attachés quatre étendards, qui por- 
taient autrefois différens blasons , aujourd’hui effacés. 
Au-dessus de la porto d’entrée est un :écu tenu par un 
lion. 



202 BIBLIOTHÈQUE 

La bordure contient un grand mortier, deux plus pe- 
tits, trois écussons effacés, et quatre devises, dont deux 
le sont également. 

Le texte commence au cinquième' feuillet , qui est 
coté iij. La bordure qui décore cette page renferme en- 
core les gràndes armes et trois plus petites également 
détruites, six devises, dont trois effacées. 

On lit au folio verso clij : 

Explirit johannes 

de kriekenborch fcriptor jn Gandauo Anno a natali xpiano 
M cecc Ixxxt. 

Le volume est terminé au fol. clx. 

Jean de Kriekenborch est le même qui a exécuté pour 
le -même seigneur, en 1491 (v. s.) , le superbe manuscrit 
de la Consolation de la Philosophie, de Boêce, en fla- 
mand, que nous avons décrit ci-dessus, p. i 4 a. 

En entrant dans la bibliothèque de Louis XII, ce ma- 
nuscrit a été altéré en plusieurs endroits. Outre, la dispa- 
Tition des armes de la Gruthuyse, ainsi que d’une partie 
des devises , comme nous l’avons dit , c’est la tête du Roi 
qu’on a mise sur les épaules du seigneur flamand. La 
tenture et le tapis de l’oratoire, qui éloient parsemés de 
la devise Plus est en vous , n’offrent plus que des L cou- 
ronnés; cependant on a laissé subsister la première ini- 
tiale. >~ 

, Celte traduction latine de la Géographie de Ptolémée 
a été imprimée pour la première fois à Vicencc, en i 4 / 5 , 
in-folio. 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. aol 

LXXVI. 

Orose, traduit du latin en françois. Très grand 
volume in-folio, relié en m. r. , autrefois couvert de 
velours bleu, n" 6730. 

Superbe manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, à 
a colonnes , de 4 a lignes chacune, et enrichi d’une belle 
et grande miniature, qui a aa 3 m. (8 p. 3 1 .) de haut, 
sur ao 3 m. (7 p. 6 1 .) de large , et de dix-neuf petites, 
de 99 m. (3 p. 8 1 .) de large, sur 108 m. (4 p.) de haut. 

Dans la large bordure du feuillet xv, où se trouve la 
grande miniature, on voit six blgsons de Gruthuyse, re- 
couverts de porcs-épics, emblèmes de Louis XII. Les 
noms qui étoient à côté sont , pour la plupart , grattés : 
on ne lit plus que ceux de Gruthuyse, d’Avelgbem et 
d’Espieres. Il y avoit dans le bas de grandes armes, qui 
sont aujourd’hui cachées par celles de France. On y 
voyoit aussi deux bannières, dont l’une présente aujour- 
d’hui I e * 0 rc-épic, et l’autre les armes de France. On 
n’aperçoit .plus rien sur la banderole qui portoit la devise. 

Les autres miniatures sont : au fol. xlj , recto, avec 
armes effacées, pendantes à un arbre; au fai. lviij, recto, 
armes effacées , chiffres L M en or, initiales des noms de 
Louis et de Marguerite; au fol. Ixvj, verso; au fol. lxxiij, 
verso, sur une bannière, on a peint vive le Roy-, au fol. 
iiij“ xj, verso, un mortier; au fol. iiij“ xv, recto unE; 
au fol. ex, verso, un autre E; au fol. vj M ix, verso, un 
mortier; au fol. vij u viij’, verso, une banderotia.; aur 
laquelle on lit, en gros caractères, Plus est en vous; au 
fol. viij” iij , verso, un mortier; au fol! Viij’ 1 * ix , recto, 
bannière effacée; au fol. ix“xiij, verso, armes effacées 



#< 



?.Otf 



BIBLIOTHÈQUE 



suspendues ù un arbre; au fol. verso . bannière 

effacée ; au fol. ix“ iij . verso; au fol. ix“ xvij , recto, 
armes effacées suspendues à un arbre; au fol. xj“ xvij ; 
au fol. xij"ix, recto, une banderole avec la devise en 
gros caractères; au fol. xij“xix, verso, armes effacées; 
au fol. xiij“ iij , verso, devise Plus est en vous en carac- 
tères rouges et noirs. 

Prél. fol. i — xiv; table des chapitres. Texte, fol. xv — 
xiij“ ij. Il commence ainsi : 



Quant dieu le créateur eut fait le ciel et la terre cl les canes et il eut 
a chafcun commande ouurer félon fon ordre. 



Et il finit ainsi : 



Quant Pompée lu lors venu a Romme toutes les guerres furent abaif- 
fees fi comme Eutropius racompte et ce fut lan vj r iiij« et viij. que la 
cite de Romme auoit efte fondée. 

’C y fine le premier liure de Orofe. 

On lit sur un feuillet séparé , au commencement du 
volume : 



Des hiftojrres et liures en francoys Au premier pulpiftre par terre 
devers les foffes. Bloys. 

Cette traduction est anonyme; il est douteux qu’elle 
ait été faite pour Charles VIII, ainsi qu’on l’apprend dans 
la dédicace qui précède l’édition de 1491, imprimée pour 
Antoine Verard, à Paris. Elle paroit être beaucoup plus 
ancienne. L’éditeur, qu’on croit être Claude Seyssel, a 
vraisemblablement substitué le nom de Charles VIII à 
celui pour qui, dans le principe, elle fut entreprise. 

Il y a toute apparence que ce traducteur est Sébastien 
Mamerot, dont il sera parlé ci-après dans la Notice du 
Romuléon et du Josèphe. 

L’inventaire de Blois indique deux volumes; il ne s’en 
trouve plus que le premier à la Bibliothèque du Roi. 



DE LOUIS DE LA GRÜTHUYSE.- 



2o5* 



fcXXVII. 

Le Miroir historial, traduit du latin de Vincent 
de Beauvais, par Jean de Vignay. Quatre très grands 
volumes in-folio, reliés en m. r. , autrefois couverts 
en velours, n os 6 g 5 o — 6953. 

Magnifique manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
écrit en ancienne bâtarde , sur 1 colonnes , de 44 lignes 
chacune , et enrichi d’un grand nombre de très jolies 
miniatures en camaïeu gris , rehaussé d’or, avec des bor- 
dures et autres ornemcns d’une délicatesse extrême. 

Tom. I, n’GgJo, contenant 391 feuillets, avec une 
grande et belle miniature en or et en couleurs, de 176 m. 
(6 p. 6 1.) de haut, sur t8o m. (6 p. 8 1.) de large, et 
■ 3 i en camaï.eu, dont la dimension n’excède pas 81 m. 
( 3 p.) en carré. 

On aperçoit dans l’encadrement de la grande minia- 
ture, qui est au douzièifte feuillet, les armes de GrU- 
thuyse recouvertes. 

Prél. 11 feuillets, contenant la table, qui poète pour 
incriptim : 1 

Cy commence le premier volume <lu miroir hiftorial tranflate de 
latin en franco» par ta main de jehan du Vignay félon loppinion frere 
Vincent qui en latin la compila a la requefte de monfeigneur faint Loys 
Roy de france. Prologue pour ce que oyfeufe cft clio/c nuifant. 

On lit à la fin : 

Cy fine le premier volume du miroir hiftorial qui contient xv livret. 

Tom. Il, n° 6931 , contenant 39a feuillets, avec 89 
petites miniatures. Au second feuillet se trouvent les armes 
recouvertes, à côté un porc-épic, et trois fois les chiffres 




• âftG BIBLIOTHÈQUE 

L M , initiales de Louis et de Marguerite de Borssele, que 
Gruthuyse épousa l’année où ce' manuscrit fut exécuté. 
De la dernière lettre M on a fait un A , initiale du nom 
d’Anne de Bretagne. 

Le premier feuillet commence de cette manière : 

9 . 

Cy commence le prologue de la table du premier liure du fécond 
volume du miroir hiftorial qui en le x f . 

Tom. III , n* 6g3a , contenant 4o6 feuillets. Le second 
est enrichi d'une grande miniature en couleurs, et de 
5o petites en camaïeu , avec les armes recouvertes. 

Le premier commence par ces lignes : 

Cy commence le prologue de la table du xviij* liure du rairouer 
hiftorial qui eft le premier liure de ce tiers volume. 

Tom. IV, n° 6g33, contenant 48a feuillets, avec aa 
petites miniatures. 

Le premier commence ainsi : 

Cy commencent les rubriebes du quart volume du miroir hiftorial 
qui eft le xxvj* liure du prefent euure. 

Au bas du second se trouvent les armes recouvertes, 
avec un mortier, et les initiales L A. Ce dernier chiffre 
éloit autrefois un M. Les mots suivans tcrminent,la page : 

Cy fine le miroir hiftorial et fut accompli lan M cccc lij le vj' jour 
de feptembre. 

La traduction de celte volumineuse compilation a été 
imprimée pour la première fois à Paris, pour Antoine 
Verard, en 5 volumes in-folio. Le premier volume, le 
ag septembre i4g5, et le dernier, le 7 mai 1496 . 

On en a fait autrefois de nombreux et beaux manu- 
scrits. Charles V en possédoit plusieurs dans sa biblio- 
thèque du Louvre. 






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DE LOUIS DE I,A GRUTHUYSE. 



2 * 7 .. 

LXXVI11. 

La Chronique dite de la Bouquechardière. Deux 
grands volumes in-folio , reliés en m. r. , autrefois 
couverts de velours violet, n° 674a. 

Ce manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, en an- 
cienne grosse bâtarde, sur deux colonnes, de 36 lignes 
chacune, est enrichi de très belles miniatures et d’orne- 
mens peints en or et en couleurs. 

Tom. I. Prél. 3 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres. Texte , fol. iiij — ccclxvij , avec trois grandes 
miniatures, de aai m. (8 p. 2 1.) de haut, sur ao3 m. 
(7 p. 6 1 .) de large. 

Dans l’encadrement de la première étoicnt les armes 
de la Gruthuyse, qui ont disparu sous celles de France; 
on voit encore un mortier ; dans celui de la seconde , au 
fol. clxxviiij, se trouvent, aux deux côtés, des armes qui 
sont effacées; et dans la grande initiale, le chiffre L M. 
On y lit aussi , sur une bannière , la devise Plus est en 
vous. - 

L’encadrement du fol. cclxxix offre les mêmes armes, 
les mêmes initiales LM, et le mortier. 

Le premier feuillet commence ainsi : 

Cy commence la table des rubrices de ce prcfent volume nomme de 
la Bouqucchardiere lequel contient fis liurcs parciaux lefqtielz pour 1 
la grandeur diceulx il a convenu partir ces lix livres en deux -volumes. 
Ceft affauoir les trois premiers Hures en ce premier volume et les trois 
autres au fécond comme en enfieuuant cefte matière voua le pourez 
veoir. 

Après vient le texte : 

Cj commence le premier volume de la Bouquechardiere lequel con- 






208 BIBLIOTHÈQUE 

tient en foy iiij u xij cbappitres et commence premier le prologue 
parle du fait des gregois et de pluficurs biftoircs de Poctrie. 

Au nom du benoift perc du glorieux filz et du faint efprit trois 
pcrfouncs en nue fubftancc moy Jehan de Courcy cheualier Dormant 
plain de jour* et widic de jcuncITe defiranl leftal de j»aix et de repos 
contcns a dieu des biens de fa grâce de cctilx de nature et des dons de 
fortune en lui rendant grâces louenges et merci* et pour cfcliiucr a rie 
oyfeufe et moy occupper en aulcun labour me fuis remembre des an- 
ciens faiz en eftudiant les vieilles biftoires ay commence compilations 
prinfes fur le tour des contrées de grece en lati de la benoifte incarna- 
tion inil quatre cens et xvj et depuis celui temps me fuis entendu a 
traictier les matières* félon linlention que jay entreprinfe parce que 
mon pouoir na pas efte fi fort que iaie peu mon corps expofer ou fait 
de la guerre comme de tous eftats et toutes maniérés fe doit on occupper 
» en ccft mondain labour chafcun félon ce quil eft ordonne ainfi que dit 

P nuguftin les cbcuaJicrs pour gouuerner la guerre les clercs pour 
' leglife les Lays pour le labour .... 

Le prologue se termine ainsi : 

Lefquelz fix liures deffusdits ont eflc groffes et mis en deux volumes 
ceft a feauoir au premier volume les trois premiers liures et au fécond 
les trois liures enficuant par le commandement et ordonnance de mon 
très hault et très redouble feigneur monfeigneur le conte de Winceftre 
feignenr de la Gruthufc prince de Steenbufe confeillcr et chambellan 
de mon très redouble feigneur monfeigneur le duc de Bourgoingne par 
moy Jehan Paradis fnn indigne e fcripuuio lan mil quatre cens foixante 
treize. * V 

Et le volume £nit par ces mots : 

C J iînift le lier» et derrauet liure de ce prêtent volume. 

Tom. II. Prél. 2 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres du quatrième Livre. Texte, fol. v — ccclxiiij. ‘ 

Dans l’encadrement de la miniature qui est au fol. v, 
et qui représente la tour de Babel, sont les armes effacées, 
un mortier, et les chiffres L M dans l’initiale. 

L’encadrement de la miniature du fol. exxj présente 
les mêmes armes et le même mortier. L’initiale renfer- 
♦ • ’ ' • 



v Y 



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y 



DE LOtlS DE LA ÜRUTHUYSE. 209 

raoil le chiffre L M, mais l’M ayant été changé en un A , 
ce n’cst plus cet ancien chiffre qu’il faut voir, mais celui 
de Louis XII et d’Anne de Bretagne. 

Même changement dans l’encadrement de la miniature 

du fol. cclxix , où l’on voit aussi les armes effacées et le 

. ju> 

mortier. 

Le volume est terminé par ces mots : 

C y fine le derrain liurc de la Bouquediardiere. 

» 

On trouve sur un feuillet séparé, au commencement 
de chaque volume : 4 

Des hiftoyres et iiures en francoys au pulpiftre fécond par terre ver* 
les foffez. Bloys. 

L’écrivain Jean Paradis, qui étoit de Hesdin, et qui 
fut reçu, en 1470, dans la communauté des Libraires de 
Bruges, avoil déjà exécuté pour le même seigneur, en 
1471 , la Somme rurale de Bouleiller. 

Cette chronique de Jean de Courcy, seigneur de Bourg- 
Achard en Normandie, n’a point-été imprimée. Son 
nom de Bouquechardière ou Boitquassière vient de celui 
d’une seigneurie que possédoit l’auteur, qui mourut à 
Caudebec en i 43 i. 

Il existe encore d’autres beaux manuscrits de la Chro- 
nique de Jean de Courcy. Celui du duc de la Vallière a 
été acquis par la Bibliothèque du Roi, quoiqu’elle en eût 
déjà un que Labbe [Nova Bibl., Mss. in- 4 *, p. 3 o 8 ) in- 
dique sous le titre des Gregeois et de plusieurs Histoires 
de poeterie. 

Un second est dans la bibliothèque de Genève (le Cat., 
par Seneb.ier, p. 33 a ). Un troisième , avec de superbes 
miniatures, dans celle du feu prince de Coudé. 

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2io lUBLlOTIIÉyUE 

Trois autres, d’une exécution magnifique, se trou- 
voicnt dans la bibliothèque d’Anet (le Cat. , p. 9); un 
étoit daté de i4?6; un second de ijdi. 

Il y en avoit également un dans celle de l’amateur Paris 
{Bill. Parisina, n° 497 ) ; celui-ci y est annoncé comme 
provenant de d’Ürfé, et c’est par erreur; il appartenoit au- 
trefois à un Clermont-Tonnerre , ainsi que tous les autres 
livres qu'on dit, dans ee Catalogue, sortir de la biblio- 
thèque de d'Urfé. Ce fut en 1611 que Henri de.Clermont, 
comte de Tonnerre, donna les livres de sa famille aux 
Minimes de cette ville. Ces moines en vendirent les plus 
précieux, en 1788, à l’archevêque de Sens, et celui-ci, 
en 1791, au libraire auglois Edwards, qui les confondit 
avec les livres de Paris qu’il étoit chargé de vendre pu- 
bliquement. 

LXXIX. 

Les Antiquités des Juifs, traduites de Josèplie en 
franrois. Six grands volumes in-folio, reliés en m. r. 
dentelles, autrefois couverts de velours, n°* 6706 
à 6712. 

Manuscrit du quinzième siècle, de la plus grande beau- 
té, sur vélin, écrit en ancienne bâtarde, à a colonnes, 
de 3p lignes chacune, et orné de n!\ grandes miniatures 
d’une exécution parfaite, et qui ont pour la plupart plus 
de 162 m. (6 p.) de haut, sur 189 m. (7 p.) de large. 
De riches bordures et des initiales peintes en or et en 
couleurs y ajoutent encore un nouveau prix. 

Tom. 1, Part. 1. Prél. 14 feuillets, contenant la table 
des chapitres. Texte , fol. i — ex , avec des miniatures 
au fol. i. Dans la bordnr&y .parsemée de fleurs et d’oi- 






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DE LOUIS DE LA GRUT11UYSE. ai i 

r* 

seaux , sont les armes de Gruthuysc recouvertes , un mor- 
tier, et trois banderoles , sur lesquelles on lit Plus est en 

vous. *■ 

• ** * 

Au fol. ,iij , verso , dans la bordure , les armes recou- 
vertes et accompagnées de deux mortiers, deux ban- 
deroles avec la devise, un lion supportant des branches 
d’arbre,, auxquelles sont attachés dix écussons divers de 
Gruthuyse, dont une partie est effacée; on aperçoit ceux 
qui étoient de gueules à la croix d’argent, qui est Spiere ; 
d’or au chevron effacé ; un autre de sable au chevron 
d’argent ; un troisième de gueules à la croix ancrée 
d’argent. 

Au fol. xxxij , verso, dans la bordure, oiseaux, fleurs, 
trois mortiers, trois devises, armes recouvertes. 

Au fol. lxiiij , recto, dans la large bordure, armes 
recouvertes et accompagnées de deux mortiers , trois 
devises. 

Au fol. iiij" x, recto, armes recouvertes et accom- 
pagnées de deux mortiers, trois devises. 

Ce premier volume commence ainsi 

» 

Cy commence le premier des deux volumes des anciennetés des juifs 
fetyu la fentcnco de jofephus et contient en foy quatorze liures par* 
tiaulz. N * p 

Et après le prologue : 

Dieu noftrc feigneur qui eft le créateur de toutèa chofes vifïbles et 
non vifihles fift au commencement ciel et terre mais quant la terre 
nnuoit pas lumière pourquoy on la peuft veoir. 

A la fin : 

Cy Goift le quart liure de lanciennete des juifs félon la fentence de 
jofeph. 

Tom. I, Part, n, fol. cxj- — ccxxix, avec miniatures: 



lia BIBLIOTHÈQUE 

Au fol. cxxxv, dans la bordure, les armes recouvertes, 
et accompagnées de deux mortiers et trois devises. 

Au fol. clxv, les armes, les mortiers, trois devises, 
fleurs et papillons. , ^ ». 

Au fol. ciiij“xix, les armes, les mortiers, trois de- 
vises, dont deux effacées. 

El à la fin du volume : ■ 

Cy fine le huitierme liure de jofephu» intitule de lanciennete de* 
juif*. , 

Tom. II, Part, ni, fol. ccxl — ccciiij“ iiij , avec mi- 
niatures : 

Au fol. ccxl, armes recouvertes, deux mortiers, deux 
devises, dont une effacée, fleurs et papillons. 

Au fol. cclxvj , armes recouvertes, deux mortiers, une 
devise , un singe touchant l’orgue. 

Au fol. cciiij** viij , armes recouvertes, deux mortiers, 
trois devises , fleurs. 

Au fol. cccviij , recto, quatre devises, dont deux effa- 
cées, deux mortiers, fleurs, papillons. 

Au fol. cccxxxiiij, trois devises, dont une effacée, deux 
mortiers , deux fois les chiffres L M , armes recouvertes , 
1- et fleurs. ' 

Au fol. ccclxij , armes recouvertes, quatre devises, 
dont deux effacées, les chiffres L M, fleurs. 

Ce ifdlVime fpiit par cette souscription : 

Cy finift le xiiij* liure particulier de lanciennete de» juifs félon la 
fentence jofepbus et le volume de xiiij premier» liure* lequel au com- 
mandement de hault et puiffant prince et mon 1res redoubte feigneur 
Loya conte de Vinceftrc prince de fteenhufe feigneur de la gru- 
thufe etc. et capitaine general de Bruges et des cbaftelûîes ct a . A efte 
efeript et parachicue en la ville de Bruges lan noftrc feigneur rail cccc 
tiij” et trois. 



1 



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DE LOUIS DE LA ORUTHUYSE. 



nî 

Tom. Il, Part. 1. Prél. 19 feuillets, contenant la table 
des chapitres, avec cette inscription s> 

Cy commence la table «les Rubrice» de la fécondé partie du liure 
intitule jofephus des micicnnctcz des juifs contenant en foy trczo liurcs 
particuliers. * * 

Au fol. xx, une grande miniature représentant six 
différens sujets. Dans la bordure, armes recouvertes, 
deux devises ; dans l’initiale , un mortier avec la devise. 

Au fol. xxvij , autre, armes recouvertes, avec deux 
mortiers, une devise. 

Au fol. lj , autre, neuf écussons effacés, trois devises. * 

Au fol. lxxxij , autre, armes recouvertes entre deux 
mortiers, quatre devises, dont deux effacées. 

Tom. II , Part. 11. Au fol. cvij , une autre belle mi- 
niature, deux armes recouvertes, six devises, dont trois 
effacées; dans l’initiale, un mortier, avec une devise 
effacée. 

Au fol. cxxxix, autre, avec les armes recouvertes, 
accompagnées de deux mortiers , et trois devises , dont 
une effacée. * * 

* Au fol. clvj , autre, deux armes recouvertes, deux 
mortiers, deux devises, dont une effacée. 

Au fol. ccviij , autre, armes recouvertes, deux mor-.C. 
tiers, une devise. 

Tom. II, Part. m. Au, fol. cclij , autre, armes re- 
couvertes, deux mortiers, quatre devises, dont deux 
effacées. 

Au fol. cclxxix, autre, sept écussons effacés, un mor- 
tier, quatre devises, dont deux effacées. 

Au fol. cciiij" xiiij , autre miniature, qui représente 
la ville de Jérusalem. On y voit l’église du Saint-Sépulcre 




4** J» 



2 >4 BIBLIOTHÈQUE 

peinte d'après l'église tfe même nom de Bruges, laquelle 
a été élevée sur le dodMe de celle qui existait au quin- 
zième siècle p Jérusalem , par Pierre Àdornes , bourgue- 
mestre de Bruges, à son retour de Jérusalem , en i 445 -, 
armes recouvertes , avec deux mortifers*et six devises. 

Au fol. cccxxij , autre très curieuse , sept écussons 
effacés, un mortier, trois devises, dont une effacée; un 
autre mortier dans l'initiale , avec la devise en flamand 
Meer es in u . 

On lit, au fol. ccclxvij , recto, cette autre souscrip- 
f tiou , en rouge : • <i v ir ' 

Cy fine le aivj* et dernier liure de» anchiennatcc de« Juifs félon la 
fentence de jofephus acteur de cafte befoigne i ^ 

Lequel par lordonnance et' commandement de haolt et piaffant prince 
et mon redouble feignons Lovs feigneur de la Gruutbure conte de 
Vineeftre Prince de Sleenhufe '«*. cbeuallicr dhonneur de ma 1res 
redouble dame dantrice de Bourgoigue de* Brabant et*, conteflè de 
flandres dartoia et*, a efte ordonne en la aille de Gand comme il appert 
Ion de grâce rail, cccc et quatre vinga. , . 

La traduction offerte à Charles ViiJE^ollfiprimée pour 
Verard en «49a , est la. même revue plr dùtude Sèyssel. 

L’inventaire de la bibliolhèqué de Charles V et de * 
Charles VI fait mention d’une plus ancienne traduction 
fJBvfut envoyée, avec d’autres livres, lç 7 janvier 1409, 
Wduc de Guienne, fils aîné de Charles VI. Le manuscrit 
est annoncé de cette manière 

, «• ef 

9 P 

Jofephus efept en fveois c en lïe de noie couvt de relojan (veloun) 
a ij fmoirs de cuivre dorez a tiffus de foie. 

V 

Dans un manuscrit remarquable par la beauté de la 
première miniature, la seule qui reste de dix-neuf dont 
il étoit enrichi , lequel appartient aux héritiers du princé 
de Condé , l’auteur anonyme, le même qui a traduit 



a 



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-1 

a ’* 




DE LOUIS DE LA GHUTHUYSE. ai5 

Orose en françois, dit avoir fait la traduction de José plie, 
à Reims, lieu de sa résidence, le ta octubrc t46o. Elle 
paroil être de Sébastien Mainerot , qui a également mis 
en françois dans la même ville, en i4GU, le Romuléon. 
Il est aussi auteur des versions faites, en i458, de la 
Chronique Martienne, qui a été imprimée, et en 1 47 a 
des Passages d’outre-mer, dont il existe un beau manu- 
scrit à la Bibliothèque du Roi. 

Sous le il” Ü891 de la même bibliothèque, se trouve 
un autre manuscrit de Josèphe de la plus grande beauté , 
à la fin duquel on lit cette note , d’une main qui n’est 
pas celle du copiste : 

• En ce livre a douie y noires les troys'prcmieres de lenlmnincur du 
• duc Jclian de Berry et les neuf de la main du bon peintre et enluinio' 
« du Roy Louis XI* Jehan Foucquct natif de Tours. » 

A côté est celte autre note : 

(Je Liurc de Jofcphus de antiquité eft A monfeigneur Pierre deux”* 
de ce nam duc de boiirbonnoys et dauuergnc conte de clcrmont de 
fourcflz de ta marche a de gicn viconto de carlat et de murât feigneur 
de beanjouloys cl de cbaflelcbinon de bonbon lancers et de nonay per 
et chamherirr dé franco lieutenant et gouuerneur du pays de Lan- 
guedoc. Robertet. 

Celui qui a appartenu au duc de Berry se conserve 
aujourd’hui, avec sa signature originale, parmi les 
des ducs de Bourgogne, à Bruxelles. 

La bibliothèque d’Anet (le Cal., 17a, p. 3, 4 el lo ) 
en possédoit trois d’une beauté incomparable. 

LX XX. * 

. * V " k ' H • • .. , ^ 

La Légende dorée. In-folio, relié en m. r, , autre- 
fois rouvert en velours incarnat , n° 7030. 

™ Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 'écrit 



2,6 , BIBLIOTHÈQUE 

en ancienne bâtarde, sur i colonnes, de 3 ^ lignes cha- 
cune, et enrichi d’une grande miniature de 163 m. (6 p.) 
de haut, sur environ autant de large, et de 78. petites 
en camaïeu gris rehaussé d'or, ayant pour la plupart 
68 m. (a p. 6 t.) de haut, sur 54 m. (a p.) de large. 

La totalité du volume est de !\ «8 feuillets. Les trois 
premiers renferment, 1°. le prologue, qui commence 
ainsi : 

Monfcigneur Paint jerolïne dit celle autorité fait tonfiours aucune 
choie de bien que le diable ne te treuue oyfeulx. 

a°. La table des noms des saints : 

Sur le premier feuillet on aperçoit , dans la bordure , 
les armes de Gruthuyse recouvertes. Le dernier est ter- 
miné par ces mots : 

Cy Gnift la vie des faints nommée la légende doree le famedy apres 
la natiuite noftre dame iiij c et iiij. 

Rogo lectorem ebriftum roget ore fideli ut det feriptori profpera 
gaudia celi. 

On lit sur un feuillet séparé, au commencement du 
volume : 

Des biftoyres et liures en francoys P [lit 0 a” a la cherainee. 

, Cette traduction de l’ouvrage latin de Jacques de Vora- 
gine, nom de sa ville natale, est de Jean de Yignay, de 
l’ordre de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, qui l’entreprit après 
l’an i 333 . On en trouve des manuscrits dans les grandes 
bibliothèques, entre autres dans celle de Genève (Cat. , * 
p. 3 18), et six on sept dans celle du Roi. 

Il y en avoit deux dans la bibl. d’Anet. (Le Cat., p. 3 .) 

Après- avoir été corrigée par Jean Batallier, jacobin 
de Lyon , elle fut mise pour la première fois sous presse 
en cette ville, par Barthélemy Buyer, en 1476, in-folio. 



• «* 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. *17 

f . t' ‘ 

LXXXI. • 

La Légende de saint Hubert , par Hubert le Preu- 
vost. Petit in-folio, relié en m. r., autrefois couvert 
de velours incarnat figuré, n° 7025. 

r 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 
en ancienne grosse bâtarde , à longues lignes , au nombre 
de 24 sur les pages entières, et enrichi de neuf belles 
miniatures, qui ont i 35 m. (5 p.) de haut, sur 1 17 m. ^ 
(4 p. 4 1 .) de large. Il contient 67 feuillets. 

Les sept premiers renferment, i°. le prologue avec 
une miniature et les armes de Gruthuyse recouvertes. 

Commencement du prologue : 4 

Gomme ainfi que dit lappoftre nous nayons icy nulle cite permanable 
mais en querons une autre auenir ceft a fcauoir la fupernelc en laquelle 
le roy des Roys eft feigneur des feignourÜTans dieu tout puifTant refide 
en cbayere gloricufcmcnt 

Par cette confidcration doneques un Hubert le Preuuoft en lan mil 
cccc lix ayant en monfeigneur fainct Hubert Ton erpccial parein et 
interccffeur très finguliere deuotion et délirant en fes fainctes œutires 
et doctrines par cxample et amendement de vie proufliter et obtenir 
grâce enuers noftrc feigneur a fes jours paffez a îonneur de lui aufli 
adfin quil foit par fes mérités a lui plus enclin prins rt mis paire dili- 
gence de tronuer fa legende et apres pludeurs parquifîons il a trouue 
une partie delle et la moindre ou monaftere ou quil fon fainct corps 
gift et repofe en Ardcnne une autre partie a Thielemont une autre a 
Bruxelles et une autre en cefte Tille de Bruges 

Cette légende de saint Hubert n’a point été imprimée. 



218 / BIBLIOTHÈQUE 

LXXX11. 

La Vie et les Miracles de Saint-Louis, ln-4', m. r. , 
autrefois relié en velours jaune à fleurs d’argent , 

n* ^4 7- 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, en lettres 
de forme, à •x col., contenant at 3 feuilles. Sur le recto 
du premier sont les armes de Gruthuyse recouvertes. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoires et liures en francoys Pult° a® a 1a chemine. Bloya. 

Il commence ainsi au recto, première colonne, du 
premier feuillet. . 

Ci oince li ploguc* en la uic mô feign faint loys iailis roi «le frâce i 

Gloire loenge a eimeur f oient rendues en humble reucrence a. 

On trouve à la fin du volume et à la suite du texte , la 
note suivante, écriture du quinzième siècle : 

Tliis book of llic life of feynt loys kyng of fraunce gafe and beqwalh 

lhe Daikijeffc of féynt margaret î wcftih to tlio (mots cfTacës) 

xxiij dây of octobre tbe yere of hii régné xîj dco gracias. 

D’après cette note, il paroît que ce manuscrit fut donné 

par de Sainte-Marguerite à Westminster, à 

Tho.... , dont le nom, ainsi que deux lignes qui suivent, 
est effacé, la douzième année du règne, ou de Henri VI, 
roi d’Angleterre, commencée en septembre 1 4 ^ 4 > ou '* e 
celui d’Edouard IV, en 1 4 7 -i - 

Cette Vie de Saint-Louis est imprimée à la suite de 
l'édition de V Histoire de Saint -Louis, par Joinville, 
donnée par Melot en 1761 , in-folio, et c’est ce manuscrit 
qui en a fourni le texte. 

Gruthuyse l’avoit sans doute rapporté d’ùn de ses 
voyages en Angleterre. 



-Bi g i l i ii e d tey GflOgle 




DE LOUIS DE Là GUUTHUYSE. 



• if» 



LXXXII1. 

d 

La Légende de sainte Catherine de Sienne. Petit 
in-folio, relié en m. r., autrefois couvert de velours, 
n° 7336. 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle , à lon- 
gues lignes, au nombre de ad sur les pages entières; 
contenant ia 5 feuillets, dont les quatre premiers ren- 
ferment la table des chapitres, qui porte pour inscription, ? 
en rouge : 

Cy commence la legende faincle kalherine de feyne qui fut de la 
penitence faine t Dominique qui a efle tranflatce de latin en franco!» 
par le maindre frere de lordre des frères prefeheurs lequel a un chafcun 
lifant cefte legende prie humblement que il vuellc noftre fauueiir 
jhefucrift pour le falut de fon nmc prier. 

Le texte commence au cinquième feuillet , qui a été 
enlevé avec la miniature dont il étoit orné. Il en resto 
encore une au fol. 65 , qui a 81 m. (3 p.) de haut, sur 
99 m. (3 p. 8 1 .) de large. 

On croit que ce manuscrit , par sa forme et son exé- 
cution , a appartenu à Gruthuyse , quoiqu’il ne porte 
aucune marque. 

Cette Fie de sainte Catherine a été traduite du latin, 
en 1467, par J. Mielot, secrétaire de Philippe, duc de 
Bourgogne , à qui il le dédia. y 

Le manuscrit original se trouve à la bibliothèque de 
Bruxelles. 

Sur, un feuillet séparé, en tête du volume, est écrit : 

A ^ 

Des hiftoircs et liures en franco) 5 Pult° a® a la cherainee. r 



220 



BIBLIOTHÈQUE 



A la fin on lit : 

Exaudi nos deus fa lu taris noftcr ut ficut de beat© Katherine virgints 
tue commcmoracione gaudemus ita apud te patrocinia fenciamus et 
pi^ deuocionc crudiamus per xpriftum dura nrra amen. 

LX XX IV. 

Quinte -Curce, traduit de latin en françois par 
Vascjue de Lucène. In-folio, relié en m. r., autrefois 
couvert de velours vert, n" 689g. 

V 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
en ancienne bâtarde, sur 2 colonnes, de 35 lignes cha- 
cune, et enrichi de dix grandes et superbes miniatures, 
de 189 m. (7 p.) de haut, sur 16a m. (6 p.) de large, 
et de trente-cinq petites, qui ont environ 81 m. (3 p.) 
de haut, sur 72 m. (2 p. 8 1 .) de large. Les pages où se 
trouvent les grandes miniatures sont entourées de larges 
bordures. Au bas de celle où le traducteur est représenté 
offrant son livre à Charles-le-Hardi , duc de Bourgogne, 
on s’aperçoit que les armes de Grulhuyse ont été rempla- 
cées par celles de France. 

Prél. 10 feuillets, contenant la dédicace et la table des 
chapitres. Texte, fol. i — ccix. Il commence ainsi : 

Comment es hyftoires dAlexandre puet apparoir que les Royaumes 
croiffaut par vertu et diligence et déclinent pour vicieufc lafehete et 
illec fe preuue a efte conquift tout orient. 

Regardant les difeors et infelicitez des feignouries et Royaumes et 
Tcuillant monftrer que en leur matluretcz a torts fe exeufent le* roys 
fur faulte de bon peuple. 

Sur un feuillet séparé , en tête du volume , 011 lit ce 
qui suit : 

Des biftoires et liures en fraucoys Pnll” 5° contre la muraille de 
devers la tour t. 



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221 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 

Cette traduction, faite en i 46 t>, au château de Nieppe, 
ainsi que nous l’apprend une note d’une autre main à la 
fin du manuscrit original qui se conserve à la Bibliothè- 
que du Roi, et qui est répétée dans quatre ou cinq autres 
manuscrits, est de Vasque de Lucène, Portugais, qui la 
dédia à Charles-le-Hardi , duc de Bourgogne. 

Un second manuscrit, très beau, et qui doit être aussi 
regardé comme original, fut exécuté par ordre du même 
prince , pour une de ses autres bibliothèques. Il se trouve 
maintenant dans celle du Roi. Celui de la bibliothèque 
de Genève ne paroit pas être d’une moindre beauté , et 
celui de la bibliothèque d’Anet éloit aussi d’une exécu- 
tion parfaite (le Cat., p. 7), ainsi que deux autres des 
rois d’Angleterre, au Musée britannique. (Casley, p. 992 
et 3 o 4 - ) 

La première édition de celte version a été imprimée 
pour Antoine Verard , demeurant alors à Paris près le 
Petit-Pont, où il étoit établi au commencement du sei- 
zième siècle. 

Vasque de Lucène a également traduit en François, 
et dédié en i 47°> nu même prince, la Cyropcdie de 
Xénophon. Cette traduction n’a jamais été imprimée, 
mais il s’en conserve un très beau manuscrit dans la 
bibliothèque publique de Genève (le Cat., page 34 o). 
Vasque de Lucène ou Vasco de I.ucina, fut sans doute 
attiré à la cour du duc de Bourgogne par Isabeau de Por- 
tugal, mère de Charlcs-le-Hardi. 

Un jacobin portant le même nom, composa, après le 
milieu du seizième siècle, une Vie latine de saint Kloi, 
qui est restée manuscrite (Barbosa, Bibl. lusit., tom. III, 
p. 776), et dont on trouve deux manuscrits dans la 



aaa ItiKLIOTHÈQUE 

bibliothèque de bina, et des rois d'Angleterre, au Musée 

britannique. (Casley, p. agi.) 

- • . LXXXV. 

Le Livre intitulé : Éracles traitant de la Conquête 
de la Terre Sainte. Très grand in-folio, relié en m. 
r. , autrefois couvert en velours, n° 6744* 

Très beau manuscrit sur vélin, . du quinzième siècle, à 
a colonnes, de 39 lignes chacune, enrichi d’une miniature 
de i 65 m. (6 p. 1 1 .) de haut, sur 317 m. (8 p.) de 
large; elle représente l’empereur Héraclius assis sur son 
trône ; à sa droite sont les ofBciers de sa cour, au nombre 
de sept, et à sa gauche deux autres personnages, l’un 
ayant un genou en terre, et le second se tenant debout 
derrière lui, se découvrant la tête. Il y en a vingt-six.au- 
tres, de 88 m. (3 p. 3 1 .) de haut, sur 99 m. (3 p. 8 1 .) 
de large, toutes en camaïeu gris rehaussé d’or. Dans la 
bordure de la première page on voit les armes de France 
substituées à celles de Cirulbuyse , un mortier, et le nou- 
veau chiffre L A, initiales de Louis et d’Anne, rempla- 
çant l’ancienne M, initiale de Marguerite. 

Prél. 12 feuillets , contenant la table des chapitres. 
Texte, fol. i — cccclxiij. 

La table porte cette inscription : 

Cy commence 1 a labié des rubriecs de ce prêtent liure intitule 
Eracles lequel parle de la conquefte de la terre fainte de jerufalcm 
contenant pllifieurs guerres et beaulx faix darmes failx en icelluy 
Royaume et es pays voyflns entemblc maintes merueilleufcs befoingnes 
aduenues tant de ca que oultre mer a ce temps pendant et comment le 
vaillant duc Godefroy de Buillon conquift a lefpee le dit royaume et ^ 
y fut Roy. 



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0 



DE LOUIS DE LA GHUTHUYSE. 2*3 

Le lexlc commence ainsi L 

Comment en ce premier chapitre peut apparoir que Eracles conquift 
Pcrfc occifl Cofdrcc et rapporta en jherufalcm la vrayc croix. 

Les anciennes yftoires dicnt que Eraclcs en fut moult bon chreflien 
et -gouucrneur tic (empire de Rommc mais en fon temps Mahommct 
ntioit ia efte qui fut meffagier du diable et il fift entendant quil efïoit 
prophète envoyé de noftre feigneur ou temps dEracles cftoit ia la 
defloiaute et la fuiiffc loy quil femina cfpandue par toutes les parties 
dorient. 

11 finit de cette manière : 

4 LEmpereur et 1rs cheualiers de la terre lui firent roulentiers ce quil 
deuifa fi comme ilz auoient en conuenant et le roy a tant fen tint» 

» 

Sur un feuillet séparé, en tête du volume, est écrit : 

Des hy Moires et liures en francoys Au pul lr * fécond par terre devers 
le» foffe*. Bloys. •• ' 

'C’est la traduction, faite par un anonyme, de \' Histoire 
Sainte de Guillaume, archevêque de Tÿr, intitulée ici 
/:' racles , du nom de l’empereur Héraclius. 

Celte version n’a point été imprimée , ‘ mais on en 
trouve plusieurs autres manuscrits à la Bibliothèque du 
Roi, un dans celle des rois d’Angleterre, au Muséum 
britannique (Casley , p. 292), et un autre dans celle des 
ducs de Bourgogne, à Bruxelles. 

LXXXVI. 

-Description du Siège de Rliodes , traduite du latin 
de Guillaume Caoursin. Petit in-folio, relié en m. r., 
autrefois couvert eu cuir brun, n° 10268.? 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit en an- 
cienne bâtarde, et enrichi, au premier feuillet, d’une 
miniature qui représente le traducteur offrant son livre à 



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2*4 BIBLIOTHÈQUE 

Jacques Calliot, chevaliei; de l’ordre de Jérusalem, com- 
mandeur de Brabant el de Liège, seigneur de Chante- 
mire, pour qui il dit avoir fait la traduction de l’ouvrage 
de Caoursin. Notre manuscrit consiste en 5if feuillets. 
Les quatre premiers renferment la dédicace et la table 
des chapitres. Le texte commence au cinquième, ainsi 

qu’il suit : 

\ 1 • 

Le premier chapitre monftre les caufes qui meurent le turc dentre- 
prendre la guerre contre les Rhodiens. 

Quant que ie efcritie la obfidion el fiege de la noble et ancienne cite 
de Rhodes J1 meft neceffaire dçfcripre et raconter les caufes. 

r ^ % 

Sur le premier feuillet se trouvent les armes de Gru- 
thuvse recouvertes. On lit en tète : 

Des hitloyrca et liures en frücoys Pult* i* contre les murailles de 
deuers la court. * 

Il ne paroit pas que cette traduction ait jamais vu le 
jour. Il en existe une en anglois imprimée par Caxton , 
sans date. 

On connoit.de l’original plusieurs éditions anciennes, 
dont la première est de itjRo. 

LXXXVII. 

Titus Livius, traduit de latin en françois par Pierre 
Berchoirc. Grand in-folio, relié en m. r. , autrefois 
couvert de velours noir, n° 6719. 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
en ancienne grosse bâtarde , sur a colonnes , de 37 lignes 
chacune. 

Prél. dédicace et table des chapitrés, fol. i — viij. 
Texte, fol. ix — iiij c lxxvj. 



« 



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DE LOUIS DE LA ORUTHUYSE. 22 5 

1 • 

Outre les belles miniatures qui sont au commencement 
de chacun des dix Livres dont est composé ce manuscrit, 
on en voit encore g 5 autres de moindre dimension 5 elles 
ont 1 3 1 m. (4 p. >o 1.) de haut, sur n 5 m. (4 p. 3 t.) 
de large , et les autres aa(i m. ( 8 p. 4 1.) de haut , sur 
207 m. (7 p. 8 1.) de large. 

Dans la bordure de la première, qui représente le tra- 
ducteur offrant son livre au roi Jean , on aperçoit les 
armes de Grulhuysc cachées par celles de France. 
t La dédicace commence par ces mots : 

Prince très fouoeraine excellence jehan Roy de france par la grâce 
ditiine frere Befleurc fon petit fervîteur prieur a prefent de Paint Eloy 
de Paris toute humble reuerence et fa bénédiction 

Le texte commence ainsi , au fol. ix : 

Cy commence titus liuius tranflate de latin en francois a la rèqucfle 
de très noble et fouucrain Prince Jehan par la grâce de dieu Roy tic 
france par frere Pierre Berteurc a prefent pri. de Paint Eloy de Paris 
lan mil ccc lx deux. 

Le dernier feuillet finit par ces mots : 

Cy fine le x« liure et datrenier de la première décade de Titus 
liuius. 

L’original de cette traduction se trouvoit dans la biblio- 
thèque de Charles V : l’inventaire qui en fut fait en t 3 j 3 
l’indique ainsi : 

Loriginal de Titus Lirius en fncois la p* translaOn q en fu faift 
ePcript de mauuaiPe lrê mal enlumine et point yflorie. 

En marge esl écrit : 

JL 

A Monff. de Bourbon xiii dottob. iiij” et xij. 

• * * 

Le meme inventaire fait mention cTun autre manu- 

i5 



« 



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77 Ü BIBLIOTHÈQUE 

scfil plus beau, à en juger par la manière dont 11 y est 

annonce : 4. 

JrK, / Jtf 4 

Titus lir ius en an gnt volume convî de foie a deux gns fimoirs dargt 
crmailles de fnce. 

Ce manuscrit, qui avoit été donné au duc de Guienne, 
fils aîné de Charles VI, fut rétabli dans la bibliothèque le 
7 janvier i/fog, ainsi que le porte l’inventaire dans un 
autre endroit : ^4 

Titus liuius en frâcois en très graut vol* couv* de cuir qui auTfois 
fu au Roy a ij finoir* dargt cfmaillic a fleurs de Lis très bû yftorie 
et efept. 

Enfin il en existoit un troisième, qui y. est enregistré 
sous l’annonce suivante : . 

w7itui Livius de la tranflarion du Prieur de S. Eloy de Pari* 
contenant xxig liures en trois décades et efl figue Chartes. Petit vol . 
gros court. 

Les manuscrits de cette traduction de Pierre Berceure, 
Ber se bre , Bertheurc ou Berthoire, en latin Berchorius, 
ont été très multipliés dans les quatorzième et quinzième 
siècles. Entre plusieurs, celui de la bibliothèque de Ge- 
nève doit être distingué à cause de la beauté de son exé- 
cution. Dans la bibliothèque des héritiers du prince de 
Condé doit se trouver celui de Jean , duc de Berry.f on 
y lit : 

Ce liure eft du duc de Berry. 

Signé Jehan avec paraphé. 

A la fin de la seconde décade il y a ces mots : 

fil 

Ce liure de la fécondé decade de titus liuius eft a Jehan (ilz du Roy 
de fiance duc de 
Boulongoe et datiud 



•# 



et Üauuergne conle de Poitou defUrnpcs de 

V îjSljJ ’jT'Wv & , A, 

Sîgm* Flamel avec paraphe. - 



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DE LOUIS DE LA uffUTHUYSE. 

LXXXVI1I. 



227 



La première Guerre Punique entre les Romains 
et les Carthaginois, compilée par Léonard de Aretio, 
et traduite du latin en françois. In-folio, relié en 
veau marbré, et autrefois couvert de velours vert, 
n° 71 58. 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, de 20 sur 
les pages entières, avec sept miniatures, de 162 m. (6 p.) 
de haut, sur i 35 m. (5 p.) de large. 

Prél. 4 feuillets , contenant la tablé des chapitres. 
Texte, fol. i — clxiiij. Au premier est une miniature où 
l’auteur est représenté offrant sa traduction à Charles Vil. 
Dans la bordure sont les armes de Gruthuyse effacées. 

La dédicace commence ainsi : 

A très hault et fmmerain Prince Charles le feptiefmc de ce nom par 
la dinine pourucance Roy de france paifihlc feîgneur foit donnée de 
celui qui pour caufo de fa petiteffe ne fe doit nommer offerte et pre- 
fentee honneur et reuerence et obeiflance en tous fes commandement 
fans contredit. ..... Certes ces chofes confiderant ce noble orateur et, 

hiftorien Leonard de Aretio qui eft une cite de Ytalie et ayant grant 
compaffîon qne entre les œuures et labeurs que fift eferipre très grant 
et renomme hiftorien Tituliue Pere et lauteur de Ibiftoire romaine 
cette partie ou il auoit efeript la première guerre que les rommains 
auoient mence contre les Cartagiens des long temps eftoit perdue et 
nen eftoit jilus aucune ou très petite mémoire entre les hommes de son 
temps a de nouuel et par fon grant engin trait des anciens auteurs tant 
grecs comme latins ce que trouucr en a pen et de tout fait ung petit 
Iraictie en latin que il a nomme de bello punico primo..... 

Aucuns ont voulu dire que tituliuius fift cent et quarante quatre 
liures de lhiftoirc romaine dont il fift quatorze décades et qüatfc Hures 
et autres dient quil en lift trente décades contenant chacune décade 
de dix liures parciaulx dont nous auons feulement trois décades con- 
tenant trente liures. 



* • 



?7.U BIBLIOTHÈQUE 

On lil au fol. v, reclo : 

La tranflation en franfeois de la dicte première guerre pugnicquc 
que fift et compila ung noble clerc nomme maiftre Leonard de Aretio 
et fut ladicte tranflation faite en lan rail quatre cent et cinq. 

Au fol. vj est le commencement du texte : 

Certes je double fort que aucun ne cuident moy enfiuure trop les 
ebofes anciennes fe en ce prefent noftrc cage je entreprens deferipre les 
comment de la première guerre punicque 

Au fol. clxiiij , verso : 

Cy fine la tranflation de la première bataille ou guerre punicque 
•entre les romains et les carthagiens. 

Sur un feuillet séparé, en télé du volume, est écrit : 

Des hiftoires et liures en francoys Pult® 4" contre la muraille de 
deuers la court. 

Cette traduction françoise de la Guerre Punique, de 
Léonard Bruni d’Arezzo, est imprimée dans le tom. 111 
de la version françoise de Tite Live, par Pierre Berchoire 
(édition faite pour Ant. Verard, en 1487), à la suite du 
IX' Livre de la troisième Décade. 

Du Verdier (tom. II, p. 59.8) donne cette traduction 
à Jean le Vesgue , greffier de la Chambre des Comptes , 
en disant à tort qu’elle n’a jamais été imprimée; il s’en 
trouve deux beaux manuscrits dans la bibliothèque des 
ducs de Bourgogne à Bruxelles. On y apprend que cette 
traduction de le Vesgue fut dédiée, en 1 447 > * Charles VII, 
roi de France. 

LXXXIX. 

Les Commentaires de Jules César, traduits de latin 
en fi-ançois. Très grand in-folio, relié en m. r. , 
autrefois couvert de velours vert, n° 6722. 





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DK LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 229 

Manuscrit d’une grande beauté, sur vélin, du quin- 
zaine siècle, en ancienne grosse bâtarde, à 2 colonnes, 
de 3 g lignes chacune , et enrichi d’une grande et belle 
miniature, divisée en compartimens , formant quatre 
médaillons, de 120 m. (4 p. 5 l.) de haut, sur 102 m. 
(3 p. 9 I.) de large chacun. Il y en a dix autres de la 
même grandeur. Les pages où ils se trouvent ont des 
bordures, dans lesquelles on voit les armes recouvertes 
portées par un porc-épic, une licorne, un chien et un 
singe. 

Au fol. i, aux quatre coins, un mortier et une devise; 
cinq autres, dont une effacée, une Plus est en vous, 
Gnituse; une troisième, Meer es in u; deux bannières 
effacées, deux recouvertes des armes de France, celles 
de Gruthuyse, de même, à l’entour il y a plusieurs bla- 
sons, ceux de Ghistelle, de gueules au chevron d’her- 
mine, de Mortagnc, de gueules à la croix d’argent, un 
autre de gueules à deux bandes d’azur. 

Au fol. lxix , armes de Gruthuyse recouvertes et accom- 
pagnées de deux mortiers, et des devises Plus est en vous, 
et Meer es in u. 

Au fol. iiij“ xij , verso, armes recouvertes, avec deux 
mortiers. 

Au fol. cv, verso, armes recouvertes, quatre mortiers, 
deux devises en flamand et en françois. 

Au fol. cxvij, recto, armes recouvertes, deux mortiers, 
deux devises, dont une effacée. 

Au fol. cxxxiij , verso, armes recouvertes, quatre mor- 
tiers, deux devises en flamand et en françois. 

Au fol. clxiij , armes recouverte», six mortiers, quatre 
devises en flamand et en françois, dont une effacée. 



a3o BIBLIOTHÈQUE 

Au fol. clxxiiij, armes recouvertes, quatre mortiers, 
quatre devises en flamand et en françois. • 

Au fol. ccxij , cinq armes recouvertes, un mortier, 
trois devises, dont deux en flamand, effacées. 

Au fol. ccxiij , armes recouvertes, quatre mortiers, 
quatre devises, dont deux effacées. 

Au fol. ccxxxij, armes recouvertes, quatre mortiers, 
cinq devises , dont trois flamandes , effacées. 

Prél. ao feuillets, contenant la table des chapitres, 
avec ce sommaire, en rouge : • 

Cy commence U table des rubrices de ce Volume intitule les Corn- 
mentaires de Cefar et contient en fo y dix limes partiaulx. 

Texte, fol. i — cciiij** viij. Le premier feuillet com- 
mence ainsi par la dédicace : 

Cy commence le prologue du tranflateur de ce traitie contenant en 
foy les dix liures particuliers des Commentiercs de Julius Cefar premier 
empereur de Rommc. 

A très hault très puüTant très excellent très creflien et victorieux 
prince et mon redoubte feigneur Charles par la grâce de dieu duc de 
Bourgoingne. 

Il est terminé par celle souscription , en rouge : 

Atant prent fin ce prefent volume lequel au commandement de hault 
et excellent prince et mon redoubte feigneur loys feigneur de la gru- 
thufe et*, et chevallier dhonneur de ma très redoubtee dame madame 
la duchefTe dautriche de bourgongne de Brabant et*, a efte efeript et 
parachiefuc a gand en lan de grâce Mil cccc iiii KI et deux. 

Il existe plusieurs autres manuscrits de cette traduction 
de César, à Bruxelles , dans la bibliothèque des ducs de 
Bourgogne. On en compte plus de six dans celle du Roi. 




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; 



DE LOUIS DE LA GRUTIIUYSE. a3i 

xc. 

Le second Livre des anciennes Histoires Romaines, 
translatées de Lucain , Suétone et Salluste. Grand 
in-folio, relié en m. r. , autrefois couvert en velours 
vert, n° 6725. 

Magnifique manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
sur 2 colonnes, de 28 lignes chacune , en ancienne grosse 
bâtarde, enrichi d’une grande miniature, qui a 232 m. 
(8 p. 7 1.) de haut, sur ig4 m. (7 p. 2 1.) de large, et 
de vingt-six petites, de 99 m. (3 p. 8 1 .) de haut, sur 
autant de large. 

La première miniature offroit de chaque côté quatre 
blasons, qui marquoient les alliances de Gruthuyse; ils 
ont été recouverts par les armes de France; un autre l’a 
été par un porc-épic , emblème de Louis XH. 

Ceux qui portent les noms d’FIoestene (Woestyne) et 
de Spiere paroissent encore; ceux de Gruthuyse et de 
Ghistelle n’ont plus que le nom. 

Dans le cadre étoil la devise sur une banderole. 

Dans les orneraens qui relèvent les petites miniatures, 
on voit, aux fol. xvj , un mortier; fol. xix, verso, armes 
effacées ; fol. xxiij , bannière effacée ; fol. xxxix , idem ; 
fol. 1 , armes de la Gruthuyse non effacées; fol. Ixvj , 
mortier; fol. Ixvj , la devise Plus est en vous; fol. Ixxij , 
armes recouvertes; fol. iiij" j , Plus est en vous; fol. 
iiii“xvij, mortier; fol.-vj" v, armes effacées^ fol. xvij"iij, 
étendard effacé. 

Les fol. i — iij contiennent une table très brève des 
chapitres; la voici : 

Cy- commence la table de* rnbriccs du liure de Julius Ccfar. 



* 



a3a BIBLIOTHÈQUE 

Cy commence la table du fécond liorc des anciennes hyftoirrs des 
rommains tranflatees de latin en francois félon Lueain Suétone et 
Salufte. 

/ ' 

Au fol. v l'auteur entre en matière par ces mots : 

Chacun homme a qui dieu a donne fenj et entendement fe doit pri- 
mer et auder qttil ne gafte le temps en oyfeufe. 

Et il finit ainsi , an fol. ccxx : 

Mouroient de leurs griffes mefmcs dont ilz eurent cefnr occis. 

Cy One le littre des faits de Julins Cefar. 

; A la tête du volume , sur un feuillet séparé , on lit : 

Des hiftoyres et Hures en francoys. Au premier pulpiflre par terre 
deuers tes foffes. 

C’est une traduction libre des Commentaires de César, 
à laquelle on a ajouté deux Livres. Le premier et le der- 
nier comprennent les premières et les dernières actions 
de ce grand capitaine , tirées des histoires romaines. 
Elle est attribuée, par quelques auteurs, à un Jean Du- 
cbesne ou Duquesne , de Lille en Flandre , qui paroit 
n’en être que l’écrivain , et on est d’autant plus porté à le 
croire, que le même copîste a écrit, non seulement ce 
manuscrit, mais encore trois autres : un Quinte-Curce , 
un César, et la Fortrcsse de Ut Foi, lesquels sont dans 
la bibliothèque des rois d’Angleterre, au Muséum Bri- 
tannique. ( Casley, pages 286, 287 et 295.) 

• Il existe de beaux manuscrits de cette traduction de 
César dans la bibliothèque detj rois d’Angleterre. (Casley, 
<a pages 286 et 291.) 

Il y en âvoit trois à Anet (le Cal. , p. 7), et un chez 
M. de Mac-Carlhy. (LeCat. , tom. II, p. j 5 , n° 4 - 15 ^.) 

* ' * . ' * 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 2 33 

Elle a été imprimée, pour la première fois, par Pierre 
le Rouge, pour Antoine Yerard , le aa octobre i 4 go , 
sous le litre de I.ucain , Suétone et Salluste. 

XCI. 

Les Commentaires et Chroniques de César. Grand 
in-folio, relié en m. r. , autrefois couvert de velours 
vert, n° 690g. 

Manuscrit de la plus grande beauté, sur vélin, du 
quinzième siècle, écrit en ancienne grosse bâtarde, sur 
2 colonnes, de 28 lignes chacune, et enrichi d’une grande 
miniature, qui a 180 m. (6 p. 8 1 .) de haut, sur i 85 m. 
(6 p. 10 1.) de large, et de vingt petites en camaïeu gris 
rehaussé d'or; elles portent 99 m. (3 p. 81 .) de haut, 
sur 72 m. (2 p. 8 !.•) de large. Dans le cadre de la pre- 
mière de toutes, sont les armesdcGrulhuyse recouvertes; 
on y vqjt le mortier. 

Prél. 16 feuillets, contenant la table des chapitres, 
Texte, fol. 1 — 270. 

Sur le premier feuillet on lit : 



Cy commencent les Commentaires *t Cronicques de Cefar et premiers 
comment Pompeyus le grant qui eftoit retournes dorient a plaine 
victoire Craffus et Julius Cerar furent ordonnes ditateurs de tout le 
peuple de Roinmc et contiennent trois cens lxviij chapitres. 

Apre» ce que Pompeyus fu retourne dorient ainfi comme vous auez 
ouy deflus eflablirent les fenateurs les confeiilcrs et les haultz princes 
de la cite de Rome que Craffus Pompees et Cefar feroyent ditateurs 
du Peuple de Rommc. 

Le verso du dernier feuillet est terminé par ces mots : 

n 

IccLluy philippc fu frere a la conteffe de liainnu ihchànc laqle fc 
rendi puis nonne a fontenelics de 1er Vallenccfncs apres le trefpas de 
fon mari le noble fage et vaillant comte guillautnc de liainau dcffufdit. 



234 BIBLIOTHÈQUE 

Ce manuscrit, ainsi qu'une grande partie de ceux que 
nous avons décrits, vient de la bibliothèque de Blois : In 
place qu’il y occupoit est indiquée sur un feuillet séparé, 
au commencement, ainsi qu’il suit : * 

DcdlUftoyrcs et liures en fraocoys. Au pulpiflra fécond par terre du 
coufte devers la court. Bloys. 

Ces trois volumes, qui sont une suite l’un de l’autre, 
ont été traduits et composés par le meme auteur, dont le 
nom est resté inconnu. Dans sa dédicace à Charles-le- 
Hardi, il lui rend un compte détaillé de son travail. Le 
troisième volume est entièrement de lui ; c’est l’histoire 
des empereurs depuis Jules César, ainsi que des papes, 
des rois de l* rance et des ducs de Bourgogne, jusqu’en 
IÜ2.5. 

On lit à la fin d’un autre beau manuscrit du même 
ouvrage, appartenant aux héritiers du prince de Coudé, 
et qui porte pour titre Gayus Julius César, selon ce 
quont écrit Suétone, Lucain et Salluste : 

Ce prefent liurc fut efeript et acheue a liefdin tan mil ïiij r iiijrt le 
dernier jour doctobrc par lordonnance de Antboine dcChonrffcs feig' 
de Maignye et du Bois de Maiue confeillcr et chambellan du roy et fon 
gouuerncur a betliune. ■. *- 

« 

XCII. 

La Chronique de Pise, traduite de 1 ’italien cil 
françois. Grand in-folio , relié en m. r. , autrefois 

couvert eu velours noir, n" 8376. 

* 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
en ancienne grosse bâtarde, sur 2 colonnes, de 29 lignes 
chacune; contenant feuillets, cotés depuis i-^-ccxiiij. 
Les sept premiers renferment la table, des chapitres et le 



DE LOUIS DE LA GRUTI1ÜYSE. a 35 

prologue du traducteur, adressé à Charles-le-Hurdi , duc. 
de Bourgogne. Il est enrichi d’initiales peintes en or et 
en couleurs, et de cinq grandes et belles miniatures, qui 
ont 176 m. (6 p. 6 1 .) de haut, sur 169 m. (6 p. 3 1 .) 
de large. Les pages où sont peintes ces miniatures ont des 
bordures en arabesques, au bas desquelles on voit les 
armes de la Gruthuyse recouvertes. Les miniatures se 
trouvent aux fol. viij , xlvij, iiij**xix, cxxix, clvij. La 
devise Plus est en vous se lit , en partie effacée , dans les 
deux dernières bordures. 

Le texte commence ainsi , au recto du 8 * feuillet : 

’.jk > ^ 'Jr ' \ 

Pour tant que les fais et hiftoires des anchiens doit lcn voulcnlier* 
oir lire. 



Il finit ainsi au recto, seconde colonne, du dernier : 

C’y fine les cbronicqucs des pifans jadiz moult renommez par terre 
et par mer. 



Cette chronique de Pisc, qui paroit être celle de Phi- 
lippe Brunacchi , dont le manuscrit se trouve dans la 
bibliothèque Marrucelli à Florence, finit à la mort du 
pape Martin V, et à l’élévation du pape Eugène IV en i 43 i . 

Ni l’original, ni la traduction françoise, n’ont été im- 
primés. Il existe un manuscrit de la traduction dans la 
bibliothèque des rois d’Angleterre (Casley, p. 290), et 
un autre très riche d’ornemens, mais qui ne va que jus- 
qu’en r 43 o, dans celle de Bruxelles. 



XCII1. 




Chroniques de Jean Froissart. Quatre grands vol. 
in-folio, reliés en m. r. et m. jaune, autrefois cou- 
verts de velours bleu, il 01 63ao, ai, aa et a3. 




* 








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a 36 BIBLIOTHÈQUE 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, eu ancienne 
grosse bâtarde, à a colonnes, de 38 lignes chacune, en- 
richi de superbes miniatures, d’initiales, d’ornemens et 
d’encadremens en or et en couleurs. 

Tom. I. Prél. 9 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres , qui porte cette inscription , en rouge : 

Cy commence la table des rubrices des croniqucs Cire ieliau froiffart 
^ de la guerre et loccalïon dicelle qui fut longuement entre le Roy de 
franco et le Roy Edouart dangleterre et plufieurs aultres leurs fuc- 
cefTeurs. » ' 

Texte, fol. i — ccccxxxiij. On y compte vingt grandes 
miniatures, qui ont, la plupart, 180 ni. (6 p. 8 1.) de 
haut, sur 207 m. (7 p. 8 1.) de large, et vingt-huit pe- 
tites, de 99 m. (3 p. 81 .) de haut, sur 90 m. (3 p. 4 1 .) 
de large. Les grandes sont distribuées ainsi qu’il suit : 

Tom. I. Fol." i : dans l’encadrement , les armes et la 
bannière de Gruthuyse effacées, un mortier. 

Fol. xviij , recto , armes recouvertes et banderole 
effacée. 

Fol. lx , recto : dans l’encadrement , mortier, deux 
trompettes , avec drapeau effacé. 

Fol. lxxij , recto, fol. iiij" xvij , verso, armes recou- 
vertes. 

Fol. cxviij, recto, mortier, armes recouvertes, devise 
effacée; les initiales L M (Louis, Marguerite). 

Fol. vij“ xvij-, verso, un trompette", dont le drapeau 

est effacé. . - ’. . 

... », •< • 

Fol. viij“ v, verso , mortier, armes recouvertes. 

Fol. viij" xiiij , recto, armes recouvertes, homme ar- 
mé, portant les armes effacées , les initiales L M. 

Fol. ix“, recto, trompette dont le drapeau est effacé. 



. , Digitized by Google 




DE LOUIS DE LA GRÜTHUYSE. 

Fol. ix" viij , mortier et trompette comme ci-dessus. 

Fol. ccvij, recto, un singe qui lient les armes effacées. 
Fol. ccxxvj, verso, bannière effacée. 

Fol. cciiij iv, verso, armes recouvertes. 

Fol. cc“ iiij xij , recto, armes recouvertes, trompette 
dont li^djapeau est effacé , un singe qui tient les armes 
non effacées. 

Fol. cccxij , verso, mortier, et la devise. 

Fol. cccxxviij , verso, une bannière effacée, et un 
liomme qui tient les armes aussi effacées. 

Fol. ccc" iiij ij , recto, armes recouvertes, bannière 
effacée, un singe qui fouette un autre singe. 

Fol. ccciiij xiij, recto, devise non effacée. 

Fol. ccccvi , armes recouvertes, devise non effacée. 

' 

Tom. II. Prél. io feuillets, contenant la table. Texte, 
fol. i — ccclv, avec treize grandes miniatures aux : 

Fol. i, armes recouvertes. 

Fol. ix, idem. • 

Fol. iiij“j, verso, trompette, dont le drapeau effacé. 
Fol. iiij" v, mortier, bannière. 

Fol. vj" xv, recto, armes recouvertes. 

Fol. vij" ij , recto, bannière effacée, singe qui fouette 
un homme. 

Fol. vij" viij , verso, siuges qui dansent. 

Fol. vij" xix, verso. 

Fol. viij" xj, recto, bannière effacée, les initiales L M. 
Fol. cclvj , recto, bannière effacée, mortier. 

Fol. cclxv, recto, armes recouvertes. 

Fol. cclxxv, verso. 

^ ' * tJrr • • 

Fol. cccxlvj , recto , armes recouvertes. 



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a3B BIBLIOTHÈQUE 

Tom. III. PréJ. 7 feuillets, contenant In table. Texte, 
fol. i — iij'lxxix, avec neuf grandes miniatures et sept 
petites. Les grandes sont aux : 1 

Fol. i, armes recouvertes. 

* 1 + 



Fol. lxij, verso. 

Fol. iiij° ij , verso. 

Fol. cxvj , verso. ^ * 
Fol. ij r xj , verso. 

Fol. ij'xlij, recto. 

Fol. ij' iiij" ij , verso. 
Fol. iij c xxj , verso. 

Fol. iij c lj , ‘verso. 



>*; 



• • 



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lom. IV. Prél. 4 feuillets, contenant la table. Texte, 
_ — 3 .<{i , chilfres modernes, avec liuil grandes mi- 

niatures et quatorze petites.' Les grandes sont aux : 

Fol. 6, mortier. 

Fol. 79, ideni. . * 

Fol. 141, recto, idem. 

Fol. i 53 , verso, idem. 

Fol. 176. t m 

Fol. 220, idem. . • ' , . 

Fol. 245, verso, idem. 

Fol. 255 , verso, idem. 

* 

( 3 e manuscrit est un des plus beaux.de la bibliothèque 
de Grulhuysc et de ceux du Roi; les miniatures en sont 
de la plus parfaite exécution. Le P. de Montfaucon en 
a fait graver quelques unes pour ses Monument de la 
Monarchie française , savoir : du tom. I, celles du folio 
cxviij , recto : entrée d'Isabeau, reine d’Angleterre, à 
Paris. Tom. II, PI. 4 » > P- a 33 . 



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DE LOUIS DE LA GUÜTUUYSE a3g 

Du fol. üij** vij, rcclo : Jean de Monlforl et sa femme, 
reçus à Nantes. Tom. II, PI. p. a56. 

Fol. cxviij, rcclo : Bataille navale de Grenesai. Tom. TI, 

PI. 46,p. a5g> j. 

Fol. ccvij , recto : la Bataille de Poitiers. Tom. II, 

PI. 54, p. 398 . 

Fol. cciiij" iiij, verso : Couronnement du roi Charles V 
et de la Reine sa femme. Tom. III, PI. a, p. a. 

M. Jolincs en a reproduit plusieurs autres parmi les 
soixante au simple trait dont il a enrichi la Belle tra- 
duction angloise qu’il a faite de Froissart. 

Dans les arabesques qui ornent les bordures, le peintre 
a représenté des, sujets bizarres et assez plaisans. , A. 

Chaque volume porte au commencement , sur un feuil-^J' 
let séparé : 

Bloy*. Dp» liiftoires et liurcs en francoys pull® 4° contre la muraille 

«le «lever» la court. 1 

xf ^ *• c * ; •/TTp \ J* 

Outre les nombreux manuscrits qui existant de Frois- 
sart , on doit principalement distinguer ceu* du roi de ^ 
France, des rois d’Angleterre (Casley, p. ag4), cl celui 
qui se trouvoit à Anct (le Cat. , p. 6 } - , mais aucune des 
parties de celle Chronique n’étoil dans la bibliothèque de 
Charles. V, ni dans celle de son successeur; ce qui est fort 
étonnant. 

XCIV. 

Les Chroniques d’Engucrran de Monstrelet. In-fol. 
en sa reliure ancienne en veau taunë, n° 8344- ■ 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit 
en ancienne grosse bâtarde , sur a colonnes, de 39 lignes ’ 
chacune, et enrichi de six jolies miniatures, qui ont 



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2 4o • . BIBLIOTHÈQUE 

180 m. (6 p. 8 I.) de haut, sur autant de large, de treute- 

quatre autres qui n’ont que g 5 m. (3 p. 6 1 .) de haut, 

sur 72 m. (a p. 8 I. ) .tde large; de bordures et d’or- 

nemens. 

Il y a six bordures, dans lesquelles on trouve les armes 
de Gruthuyse recouvertes , ainsi que son étendard ou 
sa bannière , qui a été effacée. 

Les fol„ chiffrés i à xxvj contiennent la table des cha- 
pitres; les fol. xxvij à cccevij renferment le texte, qui 
commence ainsi , au recto du fol. xxvij : 

Premièrement dit Engtierran de Monftrclet. 

La table porte celte inscription , en rouge : 

. * • A 

Cy commence la table des ruhriches de cc prefent volume intitule 
Enguerran de Monftrclet commençant la ou hnnnourable homme fire 
jelian froiffart laiffa a eferipre des haulz faiz du noble Royaulme de 
france et commence cette hiftoire en lan de grâce mil cccc que les 
gratis pardons feoient a Homme et pourfuit en lan xxviij. 

j ' * 

Sur un feuillet séparé , au commencement du volume , 
on lit : 4 

Des hiftoircs et liures en francoys pull* 4° contre la muraille de 
deuers la court. 

Quoique ce volume vienne de la bibliothèque de Blois, 
>1 ne se trouve pas indiqué dans l’inventaire; il contient 
la Chronique de Monstrêlet jusqu'à la mort du comte de 
Salisbury devant Rouen , assiégé par les Ânglois en ijaB, 
c’est-à-dire la presque totalité du premier volume. 

Enguerrand , de Monstrelet en Picardie , mourut au 
mois de juillet i 453 . Il commence sa chronique à l’année 
i 4 oo, où celle de Froissart finit, et la conduit jusqu’en 
i 444 . Tout ce que les manuscrits et les éditions con- 
tiennent de faits au-delà de cette dernière année , appar- 







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fc : a 
**, •; 

* ■ , * 



DE LOUIS DE LA GR^THUYSF. 241 

lient à des continnatcurs , dont le plus moderne, dans 
l’édition de t 6 o 3 , la termine en tôt £r. 

Parmi les beaux manuscrits qui existent de 3 Ionstra^t, 
un des plus remarquables est celui qui appartenoit au’ddfc 
de la Vallière, cl dont la Bibliolbèquc du Roi a fait l’ac- 
quisilioh en 1784. Cependant nous croyons qu’un autre 
manuscrit de la bibliolbèquc de Colbert, n° 8299, l’em- 

5 

porleroit sur celui-ci , s’il «‘toit complet : malheureuse- 
ment il n’en existe que le premier volume. ‘ 

» m. •• m xcv. .. * 

. . 'A ■ 

Les anciennes Clironiques d’Angleterre, par Jean 
de Waurin. Douze grands yolumcs in-folio, m. 
reliés anciennement en 6 vol. en veau tanné.’ - 

Manuscrit de la plus grande beauté, du milieu du quf! 
zième siècle j sur vélin, à a colbnnes, de 38 lignes cha- 
cune , en ancienne grosse bâtarde. Il est enrichi d’un 
grand nombre de miniatures très curieuses et de la plus 
belle exécution , et de beaucoup d’autres ornemens. 

Tom. I, Part. 1, n° 672(8. Prél. 14 feuillets, contenant 
la table des chapitres. Le prologue occupe le i 5 *. Le texte 
commence au fol. i, cl finit au fol. ciiij“ i; il est ac- 
compagné de treize miniatures, qui ont 317 m. (4 p-) 
de haut, sur 108 m. (7 p.) de*large, et de quatorze pe- 
tites, de n 3 m. (4 p. 2 l.) de haut, sur 54 m. (2 p. 2 1 .) 
de large. Les pages où se trouvent les grandes Sont ornées 
de larges bordures en arabesques entremêlées de (leurs 
et de fruits. Dans le bas de la première sont les armes de 
(irulhuyse recouvertes. Le texte , précédé d'un som- 
maire , commence ainsi : 

Cjr commence le premier volume des anebiennes cronicques dangle- 

16 



* 



. BIBLIOTHÈQUE 

terre lequel coulicnt en fo y fia liure* particuliers defqueli le premier 
prent fno coimmnrêmei] t a dame Albine cl dure ce prefent ruliunc 
jufqucs au raillant Roy Edouard de Windfore auquel Roy le fécond 
vplume fe commenre comme roua orei en pourfuinant cefte matere et 
premiers eufieult un petit prologue pour plus cleremcnt donner a 
entendre cefte euure fcqucftre premier chapitre. , 

Or doneques pour cefte matere plailant entaramer et mettre a eflect 
il eft a feauoir que ce premier liure qui conticnlen foy V chapitres cft 
comme ung préambule et prologue pour lentendemenl et inftriletion 
de toute cefte prefente euure. 

Ceft a entendre des quatre volumes de croniqucs danglcterre jadis 
appellce la baffe Hibernie et depuis par diuerfes guerres et conqucftes 
de gens elle a forty plufieurs noms ceft a feauoir Albion pour dame 
Albine et Tes fqurs filles du Roy Diodicias dcfquelles cft faille mention 
en ce prefrnt liure pour ce quelles y habitèrent preniicrélitenteomme 
vous orex et lui dura ce non dAlbion jneqnes au temps dun prince 
^appelle Bructo* qui lacon<|uift fur lesgeans qui furent procreei et iffus 
de la ville ditte Albine et fes feurs lequel I a j ella Bretagne la granl 
doultre mer a la différence de baffe Bretagne et depuis un grand 
prince de Saaone nomme Englift et acoiutance a Vorligier conte de 
Vinceflre lequel Cft morir par traifon Confiance filz de Conftantin 
pour eftre Roy et fucceder au royaulme apres lui cl efpoufb la feur 
dudit Englift lequel le recourut de xj ,n hommes contre fes ennemis et 
pour cefte caufe le Roy Vorligier. lui donna la terre de Lent et la 
feignouric de tput le pays entièrement dont il le fift Roy et nomma 
fondit royaulme de fon non lequel non ceft a feauoir cngleterre loi 
dure encoires jufques aujotirdhui comme il cft euidenl. 

Tom.I, Pari, n, contenant fol. ciiij"ij au fol. 

cccxxxix, et dix-sepl grandes minialures, et seize petites. 

Ce volume finit à l’arrivée en Angleterre de Robert, 
comte d’Artois, banni de France en i 33 a. 

Tom. II, l’art. 1, n° 6750. Prél. 3 feuillets pour la 
table des chapitres; pour texte, fol. iiij au fol. ccxix; 
seiz'c grandes minialures avec bordures, et une petite. 

Dans la bordure du fol. iiij sont les armes de Gruthuyse 
effacées, ainsi que dans celle du fol. xx , verso, cl de plus 
un étendard, sur lequel on lit Plus est en vous ; du 



9 



*• 




DE LOUIS DE LA GRUTHUÏSE. *43 

fol. xxxiiij, reclo, de mêrçe, la devise effacée -, du fol. xlv, 
verso, avec les armes effacées; du fol. lxj , de même; 
du fol. lxix, verso, de même, el l’étendard avec la de- 
vise; du fol. iiij", de même; du fol. iiij” x, de même; 
du fol. cj, avec les armes et l 'étendard effacés; du fol. cxv, 
de même; du fol. cxxxj , avec les armes effacées; du 
fol. cxliiij , avec les armes et la bannière effacées; du 
fol. cliij , avec armes effacées, el bannière avec la devise ; 
du fol. clxviij , avec les armes et la bannière effacées; du 
fol. clxxviij , avec armes effacées, et la devise conservée 
sur la bannière ; du fol.-,ciiij 11 vj , avcc j dcux bannières ; 
du fol. ciiij" xix, avec des étendards armoriés; dufol.ccx, 
avec les armes et la devise effacées. 

Tom. II, Part, n , n” 6j5i, fol. ccxx , baissant atl 
fol. ccccxxv; douze grandes miniatures el trois petites. 

Dans la bordure du fol. ccxx , les armes effacées; du 
fol. ccxlij, les armes el l’étendard, avec la devise, effacés; 
du fol. ccliij, de même; du fol. cçlxix, armes effacées; 
du fol. cciiij” xiij , les armes et la bannière effacées de 
même; du fol. cccxx , de même; du fol. cccxxix, de 
même; du fol. cccxlv, les armes effacées, la devise con- 
servée sur une bannière; du fol. ccclxxj , les armes et la 
bannière effacées; du fol. ccciiij** vj , de même; du fol. 
ccccij, dé même; du fpl. ccccxiiij , de deux étendards, 
dont un effacé. 

Ce volume finit à la mort d’F-douard, roi d’Angleterre, 
en 1377. 

Tom. IU, Part. 1, n^Sa. Prél. 8 feuillets, contenant 
la table des chapitres. Texte non chiffré, contenant 191 
feuillets et six grandes miniatures. Dans la bordure de 



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•* 



244 ’ BIBLIOTHÈQUE 

la première sont les armes de France substituées à celles 

de la Gr&thuysfi 

Tom. 111 , Part, n, n' 6 ^ 53 , contenant t 56 feuillets 
non chiffrés , cinq grandes miniatures et une petite. 

C’est par le récit ded’ambassade envoyée par Charles VII 
au duc.de Bretagne, que l'auteur termine ce tom. 111 . 

Tom. IV, Part, i, Pour la table, 9 feuillets-, 

pour le texte,, fol. i — cxxxvj. Aux fol. i et Ixxvj deux 
grandes miniatures, avec les armes recouvertes dans la 
bordure de la première. 

Tom., IV, Part, n," n“ 6755, contenant fol. cxxxïij — 
cccxxvj. Quatre grandes miniatures : fol. cxxxv, recto; 
cciij , recto; cclxij , recto ; cciiij" iij , recto. 

Il finit à l’année 1 4 1 3 , à la mort de Henri IV, roi 
d’Angleterre. , 

Tom. V, Part. 1, n° G756. Table, 14 feuillets. Texte, 
fol. i — clx; trois grandes miniatures : au fol. i , dans la 
bordure, étoient seize blasons des alliances de Gruthuyse; 
ils ont été effacés; à ^exception de ceux de Yander Aa et 
de Gliîstclles, que l’on aperçoit encore ; aux feuillets lix, 
rccld , -et iiij a xviij , recto , avec les deux mortiers à côté 
des armes effacées. 

Tom. V, Part. 11, n° 6757. Fol. clxj — cccij ; trois 
grandes miniatures : au fol. clxj, recto ,joù sont' les armes 
effacées et un ( mortier dans la première lettre initiale; au 
fol. ccv, les armes effacées et les mortiers; au fol. cclxix, 
recto, les armes effacées, au-dessus la devise Plus est 
enyous : à côté les mortiers. 

Ce volume est terminé par les secours qu’envoie Char- 
les VII, en i 443 , à la ville de Dieppe, assiégée par les 
Anglois. 



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V 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. ajS 

Tom. VI , Part, t , n° 6758. La table , ta feuillets ; le 
texte, fol. i — clxiiij ; trois grandes miniatures, avec en- 
cadrement. Au fol. i , dans le bas de la bordure, sont les 
armes effacées, à côté les deux mortiers; autour, trois 
banderoles portant la devise; une est effacée; au fol. Ivj , 
recto, les armes effacées , deux mortiers, trois banderoles 
avec la devise , une effacée ; la lettre initiale renferme un 
autre mortier avec la devise. 

Tom. VI, Part. 11, n° 6759. Fol. clxv — ccciiij"}; 
deux grandes miniatures avec bordures, et cadre; au fol. 
ccciiij** j, les armes sont effacées, et accompagnées des 
deux mortiers; il y a trois banderoles avec la devise, dont 
une effacée; au fol. cclxxvij , les mêmes armes effacées, 
avec les mortiers, et quatre banderoles, sur lesquelles on 
lit la devise; une seule est effacée. • 

Ce volume finit par la lettre qu’Édouard IV. roi d’An- 
gleterre, écrivit aux babitans de Bruges, pour les remer- 
cier de la bonne réception qu’ils lui avoienl faite ; elle 
est datée du 39 mai 1471. Kous la rapportons dans la 
note ( 34 ). 

Le père de Jean deWaurin, auteur de celte chronique, 
fut tué à la bataille d’Azincourt , en 1 4 * 5 . Il avoit 
épousé Jeanne de Créquy. (Voyez Y Histoire généalo- 
gique, etc. , par le P. Anseltne , tom. VI, p. 702.) « 
Son petit-fils, Philippe de Waurin, à qui elle est flé- 
diée (de l’Espinoy, p. i 45 , et le P. Anselme, tom. VI, 
p. 7 o 5), étoit, suivant un compte de Jean de Vison, de 
1 444 z 11 capitaine, gouverneur et conducteur general de 
« quatre galees, que le duc de Bourgogne mit au port éfe 
« Venise , pour, avec le grand nave et autres galees que 
« ledit seigneur duc avoit audit port et fait armer, aller 



346 BIBLIOTHÈQUE .a 

« conlre les infidèles et mescrcans» . par lettres patentes 
données à Bruges en avril 1 444 * {Mcm. pour servir à 
i Histoire de France et de Bourgogne , tom. II , p. 2o5.) 

Jean de Watirin dit , dans un prologue qui est très 
curieux, qu’il a commencé sa chronique d’Angleterre vers 
■ 455 , et qu’il la termina au couronnement d’Édouard IV, 
en i 46 i. Tout ce qui suit cette époque, et qui est ren- 
fermé dans la seconde moitié du sixième volume , est 
tiré de Monstrelel, avec quelques additions et retran- 
chotnens , jusqu’à la mort de Philippe-le-Bon , ou il en 
est resté. La nouvelle de cette mort parvint à l’auteur 
lorsqu’il étoil à Londres avec Antoine, bâtard de Bour- 
gogne. La continuation jusqu’en 1471 a été écrite, par 
le même auteur, sur des renseigneraens que lui fournit 
le comte de Warwick à son débarquement à Calais, en 
1469- Et il ajoute ensuite, au fol. cclxxiv, verso, du 
vol. n° G759 : 

F.l moy acteur de ces croniquea défirent feauoir et anoir en matières 
véritables pour le parfait de mon eutire prias congie au duc de Bour- 
goingne adfin de aller jusipies a Callais lequel il me ottroya pour ce 
quil eftoit bien aduerly que ledit comte de Warewic mauoit promis 
le ie le venoie venir a Callaix quil me feroit bonne chiere et me bail- 
lerait homme qui madré feheroit a tous ce que ie voulilroie demander 
louchant ces matières fi fut vers lui ou il me tint ix jours en me faifant 
grant chiere et honneur mais de ce que ie queroie me flft bien peu 
datÿrffc combien quil me promift que fe an bout.de deux mois ie 
rejpurnoic vers luy il me fourniroit partie de ce que requeroie et au 
congie prendre de luy il me deflrea de touj poina et me donna une belle 
haquenee ie veoio bien quil eftoit embefongnie daulcuoes greffes ma- 
tières et ceftoit le mariage qni fe traitoit de fa fille au duc de Clarance 
frere du Roy Edouard lefquelea fe parfirent v ou vj jours apres mon 
jairtement dedans le chaftel de Callaix. 

Parmi quelques faits curieux et int’érossans que nous 
avons extraits de cette chronique, relatifs à riruthuyse. 



» 









1)E LU£1$ DE LA (iKUTHUYSE. a4 : 

el que nous avons rapportés dans nos recherches sur ce 
seigneur, on y trouve, au fol. cclj , verso, l'histoire du 
ménestrel qui découvrit la prison de Richard Cœur-de- 
Lion, que l’empereur d’Allemagne, Henri VI, avoit fait 
arrêter à son passage par scs Etals , lorsqu'il retournoit 
en Angleterre. La voici différemment racontée que dans 
Fauchet ( Recueil de i Origine de la langue françoise , 
page 9 a) : Üf?V. * . 

Raifon eft que je tous die du Roy Richard que le dtic dolcricc Icaoit 
en prifon de quoy nul ne fauoil nouuelle ou il eftoit fors lui et ftfti'pltis 
fccrct confcil. Or eftoit ainfy que le Roy auoit nourry ung nieneftrel 
denfance qui auoit nom Blondeau fy fe penfa quil le querroil par toutes 
terres fans arrefter fans quil oit aulcunes mutuelles du Roy fy erra 
tant par eftrangcs contrées bien an et demy que onc quil nen ouy nulle* 
certaines nouuelles mais enfin ainfy comme dauenturc le menoit il entra 
en terre en otherice fy vint au chaflcl ou le Roy eftoit en prifon ouquel 
Je hrrbreg fur une vefue a laquelle il demanda « qui ce rhaftcl eftoit 
lequel tant eftoit beatilz et fort fon oftefTe lui dift que ceftoit au duc 
dotberice et le nieneftrel dift lors belle ofleffeua il ores nulz prifon- 
niers dedans ce chaftel. Certes dift ht dame il y a ung paffeuualre ans 
mais nous ne pouuons feauoir quil eft lequel on garde bienfongneufe- 
ment par quoy nous croions bien quil foit grand feigneur. 

Quant Blondeau oy ces parolles il fut a merucilles lyes et lui fembla 
en fon cuer quil auoit tfouue ce quil queroit ne oneques ne fut fy lies 
mais oneques nen fift nul ferablant ainfi fen ala dormir jufquc^au 
jour puis fc leua et fen ala au mouftier prier dieu quil lui aydaft et ce 
fait fen ala au chaftel fy facointa du chaftelain de céans auquel il difl 
quil eftoit nieneftrel fy lui fouuint duntf chanfon quil audit eut fini le 
Roy oi lui laquelle il feprift a jouer aupre dune tour et le Roy 
recongnoiffant la chanfon fe prilr a refpondre en chantant. Car il 
chantoit moult bien. Le nieneftrel Blondeau oyant le Roy chanter feeut 
véritablement que ceftoit fon feigneur dont il enlt la grigneur joye 
du monde fy fe parti du vergier a tant et vint en fa chambre ou il 
commença a violer de fa vielle en quoy grandement fe delitoit poqg ce 
que au fon dicelle fon feigneur trouue auoit et ainfy demoura illec 
jufques a la Penthecoufte fans ce que nul fappcrceuft de fon fait puis 
dif^au chaftelain quil fe vouloit partir de la pour retourner en fon 
pays. Car paffe longtemps uy auoit rRc Blondeau. Beau fire dift le 



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a4B BIBLIOTHÈQUE 

Cliaftelaiu ce ne fercs pas fe meu crojes. Ains tlemoureN cncoires auecq 
mq|T et je vous ferai gran bien. Certes dift Blondeau fire pardonnes 
moy je ne detnourorc en nulle manière et lors le chafleluin voyant bue 
retenir ne le pourroit il luy otlroya fe parti Blondeau du cliaftelain et 
tant ala quil vint en angleterre. Sy dift qo il auoit trouue Richard leur 
feigneur en ung ebaftel dothcrice quil nomma ou le duc le faifoit 
fccretcment garder par le commandement de lempcrcur daHrmagne 
qui le cliargeoit daulcun caa mais on ne pouoit feauoir quoy. 

Quant les aniya du Roy Richard feeurent ces nouuelles ils en furent 
moult joyeul^fy ordonnèrent entre cuit labbe de clugny et guillaume 
Euefque de Ely chaucellier dangleterre yroient deuers lempereur pour 
impelerer la deliurance de leur feigneur fe faire le pouoient lefquelt 
eulx venus en allemagne firent tant deuers lempereur que en la pre- 
fence de fes prélat et Barons il lift emmener le Roy Richard y lencufa 
des articles qui fenfuiuent. Mais tant ce fut par laducrtence du Roy 
de franco lequel ennuya a lempereur une grande fomme dor affin quil 
delinft plus longuement le Roy dangleterre prifonnier en dementiers 
que a fon pouoir il lui tolloit Nortbmandye. 

Au fol. clxvij du sixième Volume, on raconte ainsi la 
mort du cotrile d’Oxford : 

Le comte doxforl fi eftoit en voullence de faire morir le Roy dune 
dolloreuf^mort mais a dieu ne pleut pas car la chofe fat defcouucrte 
par quoy ledit comte fut prias et execate. Si fut fa mort tcle quil 
feufîeut et fut rais hault fur un efcluflault adfin que ghafeun le veift 
fi fut affis en une chayre puis deuant lui fut fait ung grant feu demprez 
lequel il fut loyez et attachics roulement et la deuant tout le peuple 
on lui fendy le ventre et furent tirez de fon corps toutes fes entrailles 
puis luy cotippa fon humanité et fut tout gefte dedeus le fieu et aprez 
lui futcfrachie fon cuyr jus du dos et liure a deux freres mineurs qui 
le rerheurent en un drap linge lequel ilz emportèrent et enfeuelirent 
en nné chapelle puis fut fon corpi cfquartele et fes membres pendus 
aux portes de Londres. 

Aucun historien anglois, pas même Fabyan, ne parle 
de ce supplice barbare qu’on fit éprouver à Jean, comte 
d'Oxford , un des chefs du parti du due de Lancaslre. 
Dugdalc (Baron., tom. I, p. 197) dil simplement qu’ayant 
été atteint et convaincu , il fut décapité avec son fils 
Aubery. dans la première année du règne d’Édouard IV. 



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r 'n_ i if' '"'r^ 1 ~ • ' ' • 1 1 • 






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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 

XCVI. 



*49 



Ch ionique des Guerres advenues en France, en 
Angleterre et en Bourgogne, depuis l’année i444 
jusqu’en 1 47 * - Grand in-folio, en m. r., autrefois 
relié en velours, n° 6762. 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
en ancienne grosse bâtarde , à a colonnes , de 37 lignes 
chacune. 

Les dix premiers feuillets contiennent la table des cha- 
pitres, qui porte celte inscription, en rouge : 

C y commence la table des rubrices de ce prefent volume qui traitlc 
des guerres et aduenues qui ont efte depuis lan mil iiij f zliiij jufques 
a lan mit iiij c foixante onze es royaulmes de france et dangleterre et 
en tous les pays du duc de Bourgogne. 

On lit au verso du onzième feuillet : 

. ' .. • *^4 

Cy commence le premier chapitre de ce prefent tolurae qui parle des 

Ireucs qui furent faittes entre les francois et anglois lan mil iiij c xliiij 
puis «lift cornent durant les treues le daulphin mena les* francois et 
anglois en Allemagne et comment le roy dangleterre efpoufa la Glle du 
Roy de Sezille. 

Le douzième feuillet commence ainsi : 

Lan mil iiij c xliiij a la fin du mois dapuril aprez pafques les anglois 
prindrent treues pour xviij mois et fianchicrent la fille du Roy Renier 
Roy de Sezille pour eftre femme du Roy Henri dangleterre en efpe- 
raocc que paix feroit entre les deux roys. 

F.n tête de ce manuscrit est une grande et très belle 
miniature, de a 3 o m. (8 p. 6 1 .) de haut, sur 217 m. 
(8 p.) de large; elle représente une ville assiégée. Les 
inslrumcns de guerre employés à ce siège sont le canon, 
l’arc l’arbalète. La bordure qui entoure cette miniature 



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2 5 o bibliothèque 

offre, avec des arabesques, les armes de Grulbuyse re- 
couvertes, et supportées par deux licornes. Elles éloient 
entourées du collier de l’ordre de la Toison-d’Or. On y 
voyoit deux banderoles et la devise Plus est en vom, 
mais une a été effacée. 

Le dernier chapitre a pour sommaire : 

Cy fait mention daulcunes villes prinfes par le Roy de Portugal fur 
lea Sarafin» et dautres befongnes aduenurs entre le Roy «le |>ortog.«l 
et les farrafins le jeudi xvj* jour dudit mois daouft de lan deffufdit 

C >47» )- 

Et il finit, au fol. cclxj , par ces mots : 

Puis après enuoya le Roy faifir Ja ville de Tangere ']ue les farafins 
auoient laiffle la ou ili trouuerent beaucoup «1e biens et dartilleric « l 
fi cowjnefU le Roy plufieurs places oudit pays daflrican. 

Explicit. 

Sur un feuillet séparé, au commencement du volume, 
on lit : 

Des ftftoires et Hures en francoys Pulf 6" contre la muraille devers 
la court. Bloys. 

C’est la suite des chroniques de Monstrelet, commen- 
çant à l’année 1 444 s et finissant par la mort de Philippe- 
le-Bon en 1467, avec la continuation par un autre jus- 
qu’en 1 47 * • 

xcvn. 

Chroniques de Charles VII, roi de France, par 
Alain Charetier. Grand in-folio, relié en m. r. , au- 
trefois couvert de velours bleu, n* 835o. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 
en ancienne grosse bâtarde, sur a colonnes, de 39 ligues 



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f 1 



> . 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSEA 2 5i 
chacune; il est enrichi de huit belles miniatures. avec 
autant de bordures, de 180 m. (6 p. 8 1.) de haut v sur 
autant de large, et de vingt-deux petites, ayant 95 ni. 
(3 p. 6 1.) de haut, sur 104 m. (3 p 10 l.) de large. 

Les dix premiers feuillets contiennent la table des cha- 
pitres, avec cette inscription : 

Cy commence la table de* rubrices de ce prefent traitie des chro- 
nicqucs de très excellent et puifTant roy charlea septiefrae de ce nom 
Roy de fi ance et premier commence le prologue. 

Ensuite vient le texte au onzième feuillet, qui est dé- 
coré d'une miniature et d’un encadrement, dans lequel 
sont les armes de Gruthuyse entre deux mortiers, et re- 
couvertes de celles de France. La devise Plus est en 
vous y est deux fois répétée. 

Voici le début de l'ouvrage : . ^ 

Au nom du Perc et du filz et du faint efperit de la gloricufe vierge 
marie de monfeigneur faint Denis Patron de france et de la béatitude 
celefte fy commence la cronicque du temps de très chreftien roy Charles 
fepticme de ce nom Roy de france faille et compillec par moy jehan 
chareticr chantre de leglife monfeigneur faint dénis en france et cro- 
nicqucur dudit royaulme ad ce commis ordonne et deppute de par le 
Roy mon fouuerain feigneur combien que a yccllc faire fuis et roen 
reputte moindre de tous et entre les aullres plus indigne lequel feigneur 
commença a regner et prendre ‘le gouucrnement de fon dit royaulme 
incontinent et tantoft apres le doloreux trefpas de feu de bonne mé- 
moire fon Pere. 

Et il finit , fol. cciiij** xvij , verso, de cette manière : 

Et par efpecial commencèrent les pages trea fort a plourer. 

Cy fine la cronique du très vitorieux et excellent prince Charles vij' 
de ce nom Roy de france. 

On lit sur un feuillet séparé, au commencement du 
volume : 



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?.5a BIBLIOTHÈQUE 

Des hiftoires et liurcs en frfencoys pult» 4 e contre la muraille «Je 
devers la court, Bloys. 

Celte chronique a été imprimée pour la première fois 
par François Régnault, à Paris, en i5a8, in-folio. 

XCV1II. 

Examen des Droits que prétendent avoir les Att- 
glois sur la Possession du royaume de France. In-fol. 
relié en carton, avec un dos de maroquin, autrefois 
couvert de velours vert , n° 9680. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, en ancienne 
bâtarde; à longues lignes, au nombre de 28 sur les pages 
entières; contenant 64 feuillets. Le premier est orné d’une 
miniature, qui a 126 m. (4 p. 8 1.) de haut, sur autant 
de large, et d’une bordure dans laquelle sont les armes 
de Grulhuyse recouvertes; il commence ainsi : 

\ 

Pour ce que plufîeurs a la, relation de la vérité dautrui fana auoir 
certaine congnoiffauce de la vérité des matières ou a lappetit des parties 
aufquelles ilz font plus nfTcctioncz parlent des queftions et debas qui 
ia par longz temps ont efte et aincoires durent entre les roys et royaumes 
de france et dangleterre tant a caufe des droits prétendus' et que châf- 
cune des dites parties quercle et maintient auoir a la couronne ci 
totalité dudit royaume de france en aucunes terres et feignouries auflï 
particulières dicellui et particulièrement au fait de la rupture des 
treues qui fut lan mil quatre cent quarante neuf foubz timbre et con- 
fiance desquelles les anglois fe dient auoir perdu et leur auoir cfte ofte 
par le feu roy Charles le vij» les duchés de Normandie et de Guienne. 

•t 

Ce traité est divisé en trois parties : 

La première traite des drois que lesdis Anglois prétendent a la cou- 
ronne et a la totalité du Royaume de franco et les moyens par lefquelz 
ilz dient quilz leur competent et appartiennent. 

La féconde fi eft es fingulicrcs terres et feignouries du Royaume que 







DK LOUIS DE LA GRUTHUYSK. 



253 



a tiltrc hereditalles des Anglois prétendent a eulx appartenir et eftre 
leur vray et droit Heritage. 

La tierce eft touchant le fait des treues aux anglois moyens deft.it 
declairiez et que icy deffoubx font aincores plus amplement fperiGez. 

Sur un feuillet séparé, au commencement du volume, 
on lit : 

Des hyftoires et liures en francoys Pull* 3° contre la muraille devers 
la court. Bloys. 

XCIX. 

Le Tournoi de Jean de la Gruthuyse en 1393 
(n. s.). Grand in-folio. 

On trouvera ci-après l'histoire de ce tournoi , et la des- 
cription du manuscrit, p. a 65 . 



Le même Tournoi de Jean de la Gruthuyse. In- 
folio. 

Ce manuscrit sera également décrit ci-après, à la suite 
du précédent. 

CL 

Opuscula varia historien. In-folio; ancien n°gg 85 ; 
nouveau, 6049, des manuscrits latins. 

Manuscrit sur vélin , du quatorzième siècle, en ancienne 
bâtarde, à longues lignes, composé de 98 feuillets. Au 
bas du premier sont les armes de Gruthuyse recouvertes. 

Ce manuscrit est composé de pièces importantes pour 
l’histoire de h’ rance et d’Angleterre. F.11 voici le détail : 

i°. Proceffus facttis ad coronacioncm Regis Rifl poft conqueftum. 

i*. Modus tenendi Parlamentnm in auglin. 



* 



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*54 BIBLIOTHÈQUE 

3 °. Chronica bona et compcndiofa île rcgibus Angli« tantum a noc 
ufqoe ail annum chrifti 1377. 

4 *. Moilus facientli iluellum coram Rege. 

5 °. Ceux font les cftatutz ordcnanccs 3 coftumes a tenir en loft orde- 
nez et faitz p bonc auifement a dcliberacion de nie très excellent foüerin 
feign le Roy Richard a joli® duc de Lancaftre fenefchall dengleter? 
Thomas conte deffex a de Bukynghm concftablc denglcterrc a Thoiht 
de Monlbray conte de Notyngluu Marefchall denglcterre a des autres 
fs* s (fetgneurs) contes barons a duresme le xvij jo r de raoys de Juill. 
lan du regne nFc fs. le Roy Richard fécond noeftfme. 

6°. Ceux sont les ordonnances de Ici troys batailles a de les deux 
eles du bataille du Roy a fon pmi viage en Efcoce lan de fon règne 
noeGfme. 

7®. Journal de lexpedition du Roy Edouard III en Ecoffe lan xxiv* 
de fon regne. 

8*. Recueil de pièces où fc trouvent le traité de Bretigny et différons 
actes faits en conféquence tant de la part du Roi de France que de celle 
du Roi d'Angleterre. 76 pièces dont plufieurs font imprimées dans les 
actes de Rymer. 

9«. Qucdam relaxacio fei p Rcgem jfpanie Régi anglie de Vxfconia 

10. De treugis fcocie captis anno dni millo ccc*® lvij° apud Bervwi- 
cum fup twedam. 

il*. Thefc ben lhe names of worthi gentilinen that coraeîi ont of 
Normandye with king Willrh conqucrour the yere of our lord Mil. 
fixti and fix into Englond. 

Ces honorables hommes normands qui suivirent Guil- 
laume en Angleterre, sont au nombre de deux cent qua- 
rante-trois. La plupart se trouvent compris dans une 
autre liste , tirée d’un manuscrit de Baltail Abbay en 
Angleterre, qu’a publiée Duchesne dans son Historia 
normanorum scriptores, p. ioa3 , et où l’on en compte 
trois cent quatre-vingt dix-huit. 

On lisoil autrefois sur un feuillet séparé , au commen- 
cement du volume : 

Dc§ hifloirca et liurcs en fraocoy» Pull* 3 * contre l.i muraille de 
deuers la court. Bloii. 

If "IPP 1,111 ***' ' 



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a 55 



DE LOUIS DE LA ÜRUTHUYSE. 




Chroniques de Flandre. Grand in-folio, en m. r., 
autrefois couvert en velours bleu , n° 838o. 

Superbe manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, en 
ancienne bâtarde, sur a colonnes, de aa lignes chacune. 
11 est enrichi de vingt-neuf miniatures en camaïeu gris, 
rehaussé d’or, de la plus belle exécution , et dont vingt 
et une ont environ 108 m. (4 p.) de haut, sur iGa m. 
(G p.) de large; les autres sont de moindre dimension. 

Les 14 premiers feuillets contiennent la table des cha- 
pitres; le texte commence au i 5 *, qui est coté i. La pre- 
mière page est décorée d’une grande miniature , qui , 
seule , est peinte en couleurs ; elle représente Charle- 
magne debout sous un dais semé de fleurs de lis. revélu 
du manteau royal; il remet à Liedcric de Harlebeque, 
premier forestier de Flandre, qui a un genou en terre 
et la télé découverte, les anciennes armes de ce pays. 
Derrière lui sont des espèces de moines, au nombre de 
quatre. La suite deLiederic est composée de six personnes. 
Celte cérémonie se passe dans une salle au fond de la- 
quelle se trouve la porte d’entrée, au-dessus de laquelle 
on lit la devise Plus est. en vous. La bordure qui entoure 
celle même page oflre les armes de Crutbuysc recou- 
vertes; elles ont pour supports deux hommes nus afluhlés 
d’un capuchon et armés d’un bâton. On y voit encore la 
devise, peinte en gros caractères, deux mortiers sur leur 
affût, d’où partent des bombes enflammées; un singe por- 
tant une bannière, et les initiales L M et e — 1 . Les deux 
premières lettres sont les initiales du nom de Louis et de 
celui de Marguerite, femme de Louis. 



a56 MbJJOTHÈGUE V 

Les miniatures les plus curieuses sont celles du fol. xij, 
feclo , où est représenté l’assassinat .de Charles-fe-Bon , 
comte de Flandre. La scène se passe dans la galerie de 
la cathédrale de Saint -Donas, à Bruges. Ce comte est 
assailli par sept hommes, ayant à leur tète Bouchait, qui 
fond sur lui l’épée à la main , au moment où il donne 
l’aumùue à une pauvre femme. 

Du fol. lij, verso. Elle représente la bataille de Bovines. 

Du fol. iiij” j. Le débarquement de Saint-Louis à 
Damiette., 

Du fol. cxliiij. La bataille de Mons en Puclle. 

Du foie ccxxiij , recto. LaMiataille de Crécy. 

Du fol. cclxxiiij. L’armée des Gantois retranchée, en 
i38i , dans un bois entouré de larges fossés, devanfeles- 
qucls ils avoient ajfuslé leurs ribaudequins (canons) et 
aultres engins et trait à main. Vis-à-*vis est l’armée du 
comte de Flandre. 

Du fol. cciiij” , recto. La bataille de Rosebekc. ■ 

Celte chronique est celle qu’a publiée, en i56a, Denis 
Sauvage, qui a jugé à propos d’en rajeunir le langage et 
d’en supprimer quelques détails iuléressans ,Mels que la 
description des obsèques de Louis de Male, et la relation 
de la mort de François^Ackerman , en 1 . 187 , et de celle 
d’un de scs domestiques, par où elle finit ainsi : 

Et lui miz a torture congneu que au commandement francois acre- 
man il auoit feme les paroles a gand lorfque len traittoit de la paix a 
Lille pour feduire le peuple a rébellion fi en fut décapité et quartclc 
et mi* fa tefte fur une lance. 

Cy finiffent les croniques de flandres. 

Cette chronique se termine précisément avec les der- 
niers événemens racontés dans l’ouvrage intitulé Histoire . 






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UE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. a 5 7 

a w,* iV/. Tlv 

<fc Flandre, depuis le comte Gui de Dampierre, c’est- 
à-dire depuis’ ia8o jusqu’en 1 383 , publiée par Jules 
Van Praet, en •>. vol. in-8°, à Bruxelles, en 1828. 

Récit des Obsèques de Louis de Male, tiré du manuscrit 
ci-dessus. . 

*' V* M >V’ '■ v ' '* ■ iV- (i ,\m , » i . * • 

Premièrement les chtiialliers qui eftoient armez de guerre meffire 
jehan de halewin pour le prochain du corps et fut mene par Engucran 
de le walle et Rogier dcfpire efeuiers. Monfeigneur de Marcquc deuant 
ledit meffire jehan fut mène par Henry de la belle et ichan gonier 
efeuiers. Monfeigneur de Mamynes deuant le feigneur de Marcquc fut 
mette par jehan de la pierre et faufet de frefîn efeuiers. ^Monfeigneur 
iehan du moulin deuant le feigneur de Mamynes fut. mené par Godef- 
froy de noielle et henry de la Vacqucrie efeuiers. 

Deuant ceulx de guerre alerent les cheualliers qui portaient les armes 
du tournoy meffire Pierre de bailleul deuant monfeigneur iehan du 
moulin lequel fut mene par iehau de loyeghem et lamntequin le ma - 
refchal efeuiers. Meffire fohier de gand deuant roeff. pierre bailleul 
mene par flaffart de wanes^et par guyot de longpre efeuiers le feigneur 
de leuthencourt deuant meffire fohier mené de gand et mene par gerard 
de loieghem et par Roland de yfeghem efeuiers meff. hugucs daraine* 
dit le chenu deuant luy le feigneur de leuthencourt mène pag huart 
de loyeghem et par michel de la barre efeuiers. 

Senfuiuent ceulx quy portèrent les banterea de guerre. Premièrement 
meffire franchôis de hauefquerqtte deuant meffire iehan de laigle dit le 
borgne de brymeu. Meffire goffuin le fauuage deuant celluy meffire 
franchôis meffire lancelot de la perfonne deuant ledit meffire goffuin 
meffire iehan Belle deuant ledit meffire lancelot. . . 

Senficuuent les cheualliers qui portèrent baniercs de tournoy. Pre- 
mièrement meffire mathicu de liumieres deuant meffire iehan de Laillc 
le feigneur desahiaulx deuant meffire thierry de la barre deuant le 
feigneur desabiaulx et meffire iehan de Paris deuant meffire thierry 
de la Barre. 

Senfuiuent les noms des feigneurs qui aidierent a porter le corps 
dudit conte. Premièrement admirai de franco au deflre cofte deuant le 
feigneur de guiftelle a feneftre monfeigneur Walleran de Rayneual 
apres a dextre le chaftellain de difquemude a feneftre meffire a nfel de 
falins apres a dextre le feigneur de druenl a feneftre. 

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\ • Sfr, » 

258 nnsl.IOTUÈQlitf « 

Apres fcnficuucnt les noms des rheualliers qni aydirrcut a porter le 
•orp» de la.cdntefle de (landres depuis la |»rtc îles malades'* Lille 
jufqucs il leglife collegiale de Saint Pierre. Premièrement le frigOcur 
de fully au ’dcftrc cofte déliant le feigneur de cliaftillon a feneftre 
apres le marefchal de Bourgoingne a deftre cl mefTirc gerard de guiftelle 
a feneftre en après derrière meffire hfory d.mlhoing a deflrjcl mefltrc 
■iehan'dc la Houardie cliaftellaih de fûmes. a 

• * Senfieut loflertoire du jour de lendemain et premièrement les efeut 

, U guerre le duc Pliili|ipe de Bourgoingne le premier ofeu et fut porte 
fonefen par les feigneurs de la gruthufe et île lUynncual lequel rfeu 
fut tenu par Lammequin de la contrée et par ielian de pontaillic 
efeuiers le feigneur dEu et monfeigneur Philippe de Bar leur efeu fat 
tenu pa?üille de le Bieft et Robert de Horigny efeuiers. Monfeigneur 
de la Marche et monfeigneur Philippe darlois leur efeu fut teu i**- 
guillaume de le Harfele et le horgfe dennequin efeuiers. Monfeigneur 
guillaKml de Namur les efeuiers tenant leurs efeus furent alleamme 
de (fatnhrenart et gerardin de la raandife. Les efeus de tournoy l’M 
feigneur ilEnghien et monfeigneur ielian de uamur fi fut leur efeu 
tenu par eugheran de Pouqucs et par henry de M ifly efeuiers. Monfei- 
gneur jacqucs de Chaalon et mefTirc jehan daubigny feigneur de la 
ferc leur rfcu^lindrent jehan ( de l.nllewm et oudinct de chazeron 
efeuiers le f îesgnciir dantlioing et le feigneur dp guiftelle leur efeu 
tenoient jeh'an de frefingbeu et danyel de Bourgeroles efeuiers le fei- 
gneur de Sully leur efeu tenoient triftan de Lambrci et jehan le 
Combien efeuiers. 

Scofiuent ceul* quy ogrirent les deflriers de guerre premièrement 
monfeigneur le grant baiily de baynnau et monfeigneurielian de Chas- 
tillon le premier derfrier monfeigneur de walleran de Rameru et le 
rhaftcllain de difquemude. Le fécond monfeigneur dausi le tiers le 
feigneur de. Briftoul et le feigneur de hrymeu le quart. Scnfieuucnt 
I les deftriers de tournoy premieremen) monfeigneur henry et monfei- 

gneur gerard de guiftelle le premier monfeigneur jehan de niontigny 
et roeff. gerard île Raifegliem le fécond le feigneur de la bamaide et le 
chaftèllain de fumes le tiers le feigneur de faigncul le quart. 

SnTieuuent ceul* qui offrirent les glayues de gurrra lamiral de 
. franco pour le premier le feigneur de Ray le fécondée roarcfcbal de 
Bourgoingne le tiers le feigneur de Sempy le quart. 

Senfieuucnt cculx qui otirirent les heaulmes de guerre le feigneur 
deVillersetle feigneur do Mailly pour le premier monfeigmur Aofeau 
de Salines Je fécond mclfiff jehan de opingliem et le chaftèllain de 

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DiGLOULS D i f.\ G^ffTlIU-YSE. 25t| 

fninl om«r le tiers meff. guyon de guiflelle et nieff. legal lois danno y 
U^juart. 

Seofieuucnt ceulx qui offrirent les heaulmes de tournoy. Monfeigneur 
.Jofte (|r batewin et monfeigneur oliuier le huiffier le premier le fei- 
gneur de la chapelle et meffire iehan de rnournay fécond le feigneur 
de Rlefheqèe et le feigneur de lalain tiers meffire iehan de jeiimond 
et meffire triftan du boi»>Siij*. 

jSen fie tient ceulx qui offrirent les baniercs de guerre. Meffire gerard 
de hallewin et meffire Lionnel dauaynes le premier meffire iehan de 
blafy et meffire gbeldolf de la gruthufe le fécond Meffire orignoi» de 
v ligney et meffire iehan dé difquemudc et meffire guillement de la dite 
quatriefme. ' ‘ f 

Scnfieiiuent les noms .des feigneurs quy mifrent le corps du conte 
loys en terre laJrairal de france le fcigneur de ghiftelle raejjf. walleran 
dtt Aayneual le cbaftellain de difquemude le/eigncur de Ray et meffire 
anfel.lc falincs. r - . 

Senfieuucnt les noms de ceulx qui mifrent le corps de la conteffe en 
terre. Premièrement le feigneur de* fully le feigneur de chaftillon 1- 
marcfchal de bourgoingne meffire gerard de guiftelle meffire henry 
danthoing et le cbaftellain de fumes. ■ 

cm 

Clironicfue de Hollande, de Zeelande et de Frise, 
par Jean de Beeke. Grand in-folio, couvert de 
velours tanné, n® 8585 . 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 
en ancienne grosse bâtarde, sur a colonnes, de ag lignes 
chacune. Il est orné de grandes miniatures, de 1U0 ni. 
(6 p. 8 1.) de haut, sur 176 m. (6 p. ( 3 1 .) de large, et 
d’autant de bordures, et de seize petites miniatures, de 
95 m. (3 p. G I.) de haut, sur 77 W. (à p. 10 1 .) de 
large. • 

Prél. 7 f. de table - , avec cette inscription, en rouge :• 

Cy commencent les ruhrices des chapitres de.ee prêtent volume inti- 
tuje de hollande de zeellaode et de frite tant dc$ evefqnes comme des 
coirt t es À$r ceulx pay$. T . 

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a6o JHELIotHÈQUE -fi. 

Texte, fol. î — clxj. Le premier est-enrichi d’une grande 
miniature , et d’une bordùre où l’on voit les armes de 
Gruthuyse" 1 sous celles de France. 

Le texte commence ainsi : 

nt ■ 8 ■ * 

Reuerens Peres et très excellens princes ( et feigneurs melTeigneurs 
jehan euefque de leglifc de uutrèch et guillaumcduc Palatin ou prince 
de Hollande jehan de Beeke clerc fafois ce que indigne paix joye et 
falut nous délirons les prefentes c ioniques compiler et deferipre de- 
clairons et faifons feauoir a vouz magnificens et comme les prefens 
geftes et ries des fains Peres euefqaes de leglifc de autrech et les cora- 
geux et euréux Princes de hollande lcfquelz jadis auons quis et cueillie 
de plufieurs hiftoires croniques liures priuilrges dittiers et epiftres 
Aegmond par grant eftude et dcligence et défia y auons vacque pref- 
ue par continuelle folitùde aucunefloiz affez laboricufe lefpaffc de 
ins et ce auons voulentiers fait a(En que par diflaulte et àdÜf' 
encc des Oonographes ccft a dire de cenlx qui fe méfient defcripfVî 
le^ croniques la mémoire de fi excellens princes ne fut reduictc et 
foubzmife a oubliance. JeufTe peu ces geftes diuifer ou deferipre en 
deux parties affauoir les geftes des ecr.lenaftiques dune pari et les geftes 
des princes feculiers de lautre pour ce quilz font tellement entremcflez 
que nullement ne fe peuuent defioiodre que en faifant mention des 
ungs on ne mentionne les autres nous auons la prefente hiftoire en 
hrief et lcgîer ftille compile et defeript des faiz des ungs et des 
autres 

Comment granis confnl et antoine tribun pour efehener la tyrannye 
de lEmpereur Néron vindrent arriuer ou pays quon dift maintenant 
hollande. 

Celle chronique finit au fol. 161, verso, par ces mots : 

Et le meifmc an leuefque florent morut (en i393). 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoires et liures en francoys Pult® 4® contre la muraille de 
devers la court. 

L’auteur , Jean Van Beek , issu d'une famille noble 
d’Amersfort, et chanoine d’Utrecht, vivoit dans le qua- 
tortième siècle. JSon ouvrage a été imprimé deux fois 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 261 

en langue latine. 11 en existe une ancienne traduction 
hollandoise par un auteur inconnu , qui l’a continuée 
jusqu’en i4a6. Malthæus l’a imprimée dans le tom. 111, 
p. 1 — 407, de ses Analecta veteris ævi. La traduction 
francoise est également anonyme, mais elle n’a point vu 
le jour.* 

Il y en a un second manuscrit avec miniatures a la 
Bibliothèque du Roi. 

«v. 

* « 

Voyage de Jean de Mandeville, Anglois, en Asie, 

etc. , tel qu’il l’a descrit à Liège en langue gauloise, 
l’an i355?sur vélin , avec les armes de M" Louys de 
Bruges , seigneur de la Gruthuse , au bas de la pre- 
mière page. ln- 4 °. 

Ce manuscrit, annoncé comme ci-dessus, se trouyoit 
chez Meerman. ( Bibl. Meerman. , tom. IV, p. f5a , 
n* 885; vendu 4° A-) „ 

Le voyage de Mandeville a été d’abord composé en 
françois , et traduit dans presque toutes les langues de 
l’Europe. La première édition francoise est de Lyon , 
faite à la requête de Bartholomieu Buyer, le 8 février 
1480, in-folio. 

• * 

cv. 

Le Livre de Jean Boccace , du Déchiet des nobles 
homsacs , traduit en françois. Grand in-folio , relié 
en mar. r. , autrefois couvert en velours rouge , 
n° 6 B 00 . . ^ 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, sur 



202 BIBLIOTHÈQUE _ » 

2 colonnes, de 44 lignes chacune. Il est enrichi d'une 
grande et belle miniature, qui a 217 m. (8 p.) de haut, 
sur 16a m. (6 p.) de large, et de neuf petites, de 90 m. 
(3 p. 4 1 -) de haut, sur 96 m. (3 p. 6 1 .) de large. 

O11 voit dans la bordure de la première page les armes 
de Grulhuyse recouvertes. 0 * 

11 Contient ciiij“ iij feuillets chiffrés. Le premier com- 
mence ainsi : 

Aprens cheualier celt eutire cinprainle de mon engin ea quoy font 
traittiez les tnalheureufes fortunes et fins des nobles hommes et femmes 
en efpecial ceft euurc a efie longuement deuers moy oyfeufe car il ne 
pouoye accorder auec moy afiin quil doqnaft aucune bcaulte a Ton 
nom 

Le texte commence ainsi, au fol. iij : 

Quant ie difeour* en ma penfee les plourables malcuretez de nos 
premiers Peres affin que ie prediffe de la multitude les trefbufchiez- 

Et il finit de cette manière : 

Et fe aduient que vous cheycz que len ne roye que ce neft myc 
par voftre ci i fia ni te mais par la Rudcffe de fortune que toutes ebofes 
tourne. 

C y fine bocace fon liure du dechiet des nobles hommes. Deo gracias. 

Cette traduction est de Laurent de Premierfait; il la 
dédia à Jean , duc de Berry, fils de Jean , roi de France , 
le i 5 avril 1409. L’épître dont il accompagna l’hommage 
qu’il en fit ne se trouve point dans ce manuscrit ni dans 
les éditions qui en ont été faites, et dont la première est 
de Paris, Jean Uupré, le 16 avril i 483 . 

L’édition que Colard Mansion a donnée de cet ouvrage, 
à Bruges, en 1476, l’a été d’après une traduction»qui 
diffère d’autant plus de celle-ci , qu’elle a été très abrégée 
per le nouveau traducteur. (Voyez la A r oliot sur Colard 
Mansion , p. 27.) 






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DE LOUIS DK LA GRUTHUYSE. 



i6$ 



Parmi la grande quantité de manuscrits qui ont été 
faits de la traduction de Laurent de Premierfait , et qui 
sont au nombre de plus de quatorze à la Bibliothèque du 
Roi, on doit distinguer ceux des rois d’Angleterre (Casley, 
p. 3o4), du château d’Anet (le Cal., p. ta), les deux 
du duc de la Vallière (leCat., tom. III, p. 369 , n“ 56oi 
et 56oa), de Mac-Carthy (le Cat. , tom. II, p. 1 35 , 
n* 53g5) et plusieurs de la Bibliothèque du Roi et des 
ducs de Bourgogne, à Bruxelles. 

Dans celui de la maison de Condé , qui est orné de 
grandes et belles miniatures, on lit : 

Et eft ce prêtent liure fait et contreferait a loriginal dudit Laurent 
tranflateur diccllny liure de latin en francuy* fait par moy iacob Tc- 
neyken lan mil cccc ixr. Fait et accompli le mercredi le »• iour de 
feurier. Deo gracias. 

A la fin : 

'.y ■ • ' • — 

Ce liure de boccace des cas des nobles hOmes maleureux eft au duc 
de Nemours conte de Lamarche. 

Signe Jagries pour Lamarche. 

cvi. 

Plusieurs Remontrances par manière de Conso- 
lation adressées à la Reine, fille du roi de Naples. 

Petit in-folio, relié en m. r. , autrefois couvert de 

*- *, • 

velours, n" 7427* 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au nombre 
de ao sur les pages entières, cl enrichi de deux minia- 
tures, qui ont environ i4'z m. (5 p. 3 1.) de haut, sur 
ta* m. (4 p- 6 I.) de large. 4 






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♦ V 



264 BIBLIOTHÈQUE ' 

Table des chapitres, loi. i — vj , avant pour sommaire ; 

Cy commence la table des rubrices de ce prefent traitlie intitule de 
plufieurs remonftrances félon le ftile de jeban Bocacc par maniéré de 
confolation ndrcfclians a la Royne denglcterre fille a Régnier Roy de 
Naples de Cecillc et de Jherufalem. 

Texte, fol. vij — lxxv. Le premier feuillet, au bas 
duquel sont les armes de Gruthuyse recouvertes, com- 
mence ainsi : 

Une dame naguère» démenant grant duel en foy complaignant a moy 
de fortune que dure et paruerfe lui auoit procure fe difoit importable 
annui et donne non en fon cftat confufe morfurc. 

« A la fin : , H 

Cy fine ung moult autenticque traittie félon le flille de Jeban Bocace 
pour par lettres remonftrances redreffier par le cas et de plufieurs 
maleureux nobles et aultres une defolee royne dangleterrc exillee. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des biftoyres et liures en francoys pult° a° contre la muraille de 
deuers la court. 

M. Buchon ( Collection de Chroniques, chronique de 
J. Lalain , p. xij de la Notice) a parlé de ce manuscrit. 

C’est l’ouvrage de Georges Chastelain , intitulé le Tem- 
ple de Jean Boccace , de la Ruine d’aucuns nobles mal- 
heureux. Il le composa pour consoler dans son malheur 
Marguerite d’Anjou, femme de Henri VI, roi d’Angle- 
terre, qui fut chassée par la faction de Warwick, et con- 
trainte de fuir, en 1471, avec son fils Edouard IV, à la 
cour du duc de Bourgogne. 

Ce traité a été imprimé pour Galiot Dupré, en 1517, 
in-folio. 



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a65 



DE EOUIS DE LA GRUTHÜYSE. 



» 




DESCRIPTION DU TOURNOI 
DE JEAN DE LA GRÜTHUYSE, 

ET DU MANUSCRIT QUI LE CONTIENT. 



Ce tournoi fut fait à Bruges, le 1 1 mars 1893 (n. s.) , 
par Jean , seigneur de la Grutbuyse , tenant , et par le 
seigneur de Ghistelles, assaillant. Ils arrivèrent au lieu 
du combat , sur le Grand-Marché de la ville , l’un , accom- 
pagné de quarante-neuf chevaliers; l’autre, de quarante- 
huit , tous issus des premières familles du pays. 

Rien ne nous apprend quel étoit ce seigneur de Ghis- 
telles , adversaire de la Gruthuÿse , et dont la famille 
ancienne , puissante et illustre , étoit alliée à cette der- 
nière maison. Sonderas ( Fland. , tom. II, p. a 5 i) et 
l’auteur des Annales de Bruges (tom. I, p. 4 yi) l’appel- 
lent Wolfart. Est-ce Jean, sixième du nom, qui se trouva 
à la bataille de Poitiers en i 356 , soutint le siège d’Aude- 
naerde en 1 S- g , suivit Charles VI, roi de France v dans 
son expédition contre les Flamands conduits raj^ean 
d’Artevelde , combattit à la bataille dé RooSeÜekè , le 
27 mai i382, {Ann. de la Belgique, p. 178), et qui 
mourut en i 4 o 5 , ou, bien son fils, dit le Grand, septième 
du nom , tué à la bataille d'Àiincourt en i 4 i 5 , ou enfin 
Jean, fils de celui-ci, grand-veneur de Flandre, mort 
avant son père ? 

Si c’est un Wolfart dont le blason est avec ceux dès 



A 



266 BIBLIOTHÈQUE 

chevaliers qui fcomhallirenl contre Grulhuyse , on n’est 
pas moins embarrassé de savoir qui il étoit ; dans les deux 
généalogies de Ghislelles qu’on a été à portée de consulter, 
on n’en trouve que deux de ce nom , mais existant à uuc 
époque trop antérieure au temps du tournoi pour qu'on 
puisse identifier l’un ou l’autre avec celui dont il ‘est 
question. 

L’un étoit second fils, suivant le manuscrit d’Hozier, 
de Jean, sire de Ghislelles et de la Woesline, grand-cham- 
bellan de Flandre, mort en i 3 i 6 , et qui épousa, en 1389, 
Marie de Luxembourg, morte en 1 33 ^. £e Wolfart, au 
rapport de Meyer ( Ann ., fol. i 4 o, recto), étoit un des 
seigneurs flamands qui se joignirent , avec le duc de Bra- 
bant, à Edouard III, roi d’Angleterre, et s’engagèrent, 
en i 339 , dans l'alliance des Flamands et de ce monarque 
: contre la France. 11 étoit échevin du franc de Bruges en 

1357. (Sanderus, ■tom. Il, p. i 85 .) 

L’autre Wolfart de Ghislelles étoit seigneur de Wan- 
drupel , et troisième fils de Jean III du nom , mort en 
1380 ou 1395, et dont la sœur Marguerite épousa Gel- 
* dolphe de Bruges , seigneur de la Grulhuyse. ( Bec. gé- 
néalogique de Familles des Pays-Bas , tom. I , p. i 56 .) 

Dans la généalogie de Ghistelles donnée par Bulkens, 
il n’est question d’aucun seigneur du nom de Wolfart. 
( Trôph. du Brabant, tom. II,p. v des Add. ) 

Ce ; fut d’après l’ordre et les formes observées dans ce 
tournoi , et généralement suivies à cette époque en Flan- 
dre, en. Allemagne et en France, que René d'Anjou, roi 
de Sicile, grand amateur de spectacles et de fêtes, com- 
posa par la suite un Traité des Tournois, dans lequel il 
réunit les lois, réglemens. usages, cérémonies et détails 



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• \ 



DE. LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 267 

observés dans ces exercices , qui avoieul l’avantage d’ac- 
coutumer de bonneheure lajeunesse au métier des armes. 

11 l’adressa à son frère Charles d’Anjou, comte du Maine. 
Comme tout ce qui s’étoit passé au tournoi de i3g3 (n. s.) 
étoit rapporté dans l'ouvrage de René, Louis de la Gru- 
thuyse , pour honorer la mémoire de son père , et entrete- 
nir parmi les chevaliers de son temps l’habitude des armes 
et des combats, en fil faire une copie avec des peintures, 
et il y ajouta les noms ainsi que les blasons de tous les 
comballans. Et afin qu’aucun honneur ne manquât à un 
aussi beau travail , il conçut le projet de l’offrir au roi 
Charles YII1; projet qu’il eut bientôt occasion de réaliser, 
ayant été, en njBp, compris dans le nombre des députés 
envoyés par les États de Flandre à ce monarque , qui 
s’étoit rendu médiateur, d’après les articles de la paix con- 
clue le a» juillet de la même année , entre Maximilien eljj^ 
les Flamands. Cette députation étoit composée de vingt- 
six personnes ; voici leurs noms : 

L’abbé de Sainl-Bavon, de Gand , et celui d’Ouden- 
bourg; Pierre van Houlte, prévôt de Ronse, et chanoine 
de Saint-Donas de Bruges; Lieven de Jonckheere, cha- • 
noine de Cassel ; mess. Louis de Bruges, seigneur de la 
Gruthuyse; mess. Wouler, seigneur vanderGrachl,; mess. 
Jean van Stavelc, seigneur d’Ysegem; mess, de Baenst, . 
seigneur de Lembeke; Arnaud vander Beke, docteur en 
droit canon et civil; maître Jean de Beer; mess. Adrien 
Vilain , seigneur de Rassegem ; Jean Coppenolle; Lieven 
de Moor; Jean van de Walle; maitre Lieven Zoete, pen- 
sionnaire de Gand; mess. Jean van Nieuwenhove; Jean de 
Keyt-le-Yieux ; Corneille van Halewyn ; Pierre van Ricms- 
lede ; Pierre van Bassevelde , pensionnaire de Bruges ; 



1 » 



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208 BIBLIOTHÈQUE 

mess. Colard van Halewyn-; seigneur van Boesingen ; 
Antoine vander Fonteyne; maître Jean van Ravecourt, 
et maître Jean de Coene, pensionnaire d’Ypres. f-* 

La députation partit de Bruges le 20 du mois d’août. 
Cn arrivant en France elle apprit que le Roi s’éloit rendu 
à son château de Plessis, au Monlilz-lès-Tours; elle ne 
tarda pas à s’v transporter, ainsi que les négociateurs de 
Maximilien. F.lle resta en France plus de trois mois et 
demi , et ce ne fut que le 5 décembre qu’elle revint à 
Bruges, accompagnée de l'évêque de Paris, de l’abbé de 
Saint-Denis, et de plusieurs seigneurs François. 

Le seigneur de la Gruthuyse profita de son séjour en 
France, et de l’accès que sa qualité de député lui donnoit 
auprès du Roi , pour lui faire hommage de son manu- 
scrit, auquel il fit ajouter, en forme de frontispice, une 
peinture où se voit la cérémonie de celte présentation. 

• . 

Première Miniature, au fol. 1 , recto. 

Le roi Charles VIII, avec l’air de jeunesse qu’il devoit 
avoir à l’âge de dix-sept ans, est représenté assis sur son 
trône, revêtu d’un manteau bleu semé de fleurs de lis, 
doublé et garni d’hermine. Il est décoré du collier de 
l’ordre de Saint-Michel, et porte sur la tête une couronne 
• d’or. Il tient de la main droite un long sceptre doré; de 
l’autre il reçoit des mains de Louis de la Gruthuyse le 
volume du tournoi , couvert en velours noir, et garni de 
clous et de fermoirs de cuiyre doré. Louis de la Gru- 
thuyse est à genoux, et vêtu d’une longue robe de .velours 
noir garnie de marte. Le collier de l’ordre de la Toisou- 
d’Or est passé autour de son cou; son bonnet ou chape- 
ron noir, orné d’un diamant, est placé devant lui, sur 

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DE L0D1S DE LA GRUT11UYSE. 269 

les marches du trône. Ses traits annoncent un vieillard 
(il pouvoit avoir soixante-dix ans à cette époque); ses 
cheveux, comme ceux du Roi, tombent sur ses épaules. 
Les quinze personnages richement habillés , qui sont de- 
bout derrière lui , paraissent être une partie de la dépu- 
tation qui l’a accompagné. 

A la droite du trône sont également debout, au nom- 
bre de neuf, les officiers et les seigneurs de la cour de 
Charles VIII. Celui qui est sur le devaDt tient un faucon 
sur le poing de la main gauche, et dans la main droite 
une patte d'oiseau; il est ceint d’une épée, et porte en 
écharpe une grosse chaîne d’or. On voit à ses côtés un 
lévrier blanc avec un collier rouge orné ; c’est peut-être 
Jacques Odard, alors grand-fauconnier de France, que 
l’on a voulu représenter. 

Le trône du Roi, dont le fond est bleu, est parsemé 
de fleurs de lis. Les montans, en roiîge, sont chargés de . 
son chiffre, formé d'un K couronné d'or; au-dessus du * 
dais sont les armes de France, supportées par deux anges 
peints en or. Sur le tapis, pareillement bleu, qui couvre 
les marches, est couché un autre lévrier. Un second tapis 
étendu par terre offre, dans des compartimens, les armes 
de Flandre, qui sont d’or au lion de sable. Au travers 
des croisées de l’appartement où se passe cette cérémonie, 
et sur les lambris duquel on lit les mots viuc Le Roy , 
on aperçoit dans le lointain un vaste et beau château : 
sans doute celui de Plessis-Jès-Tours. 

Au bas de la miniature qu’on vient de décrire, et qui 
a 288 m. (\A p. 8 1.) de haut, sur 262 m. (9 p. 8 1.) 
de large , on lit les vers suivans , écrit^ en ancienne 
bâtarde : 






V «r 



V. il 



V 



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BIBLIOTHÈQUE ' 

Pour exemple aulx nobles et gens (larmes 
Qui appetlent les faitx (larmes hanter 
Le lire de GruqÜjuufe duyt es armes L 






Volnt au roy ee ijnre prefc'nter. 

Deuxième et troisième Miniatures , aux fol. iij , verso , 
et iüj , recto. 

Elles représentent les seigneurs de la Grulhuyse et de 
Ghistelles armés de pied en cap , couverts de leur cotte 
d’armes : le pyemia monté sur un cheval blanc ; le se- 
cond, sur un cheval brun -, lesquels sont caparaçonné^ 
armes de ces seigneurs f qui s’élancent l’un sur l’a 
pour se frapper de leur épée. L’heaume de Gruthuy 
qui est baissé, a pour cimier une tête et col de béli 
d’argent, accorné d’or entre un vol d’hermine de 
ratifes d’argent, avec achement et bourrelet d’argent et 
.de gueules. Sa lance est pendue à son côté: son cheval 
porte sur sa tête le même cimier. L’heaume de Ghistelles 
• aune tête et col de chèvre d’hermine, accornée d’or, 
entre deux pennes d’hermine, avec achement de gueules 
et d’hermine, bourrelet d’or, d’argent et de gueules. 

Quatrième et cinquième Miniatures , aux fol. vj, verso, 
et vij , recto. 



-Ces deux miniatures représentent le roi d’armes de 
Gruthuyse et celui de Ghistelles, revêtus de la colle 
d’armes, armoriée de l’écu de leur seigneur; ils sont, 
l’un , sur un cheval brun ; l’autre , sur un cheval blanc , 
et proclament, à cri , chacun de son côté, à l’entrée de la 
barrière , le tournoi qui doit être frappé. 

Le roi d’arjjes de Gruthuyse porte la devise de ce sei- 
gneur, Plus est en vous. Derrière chacun d’eux est un 



•»! . 



11E LOUIS DE LA (iHUTHUYSE. aj, 

trompetle : celui de Grulhuysc esl sur un cheval brun; 
celui dcGhislelles sur un cheval blanc. Ils annoncent au 
son de cet instrument, orné de letcndard des deux com- 
hattans, la même fcle. 

* 

Sixième Miniatui'e , fol. iiij , verso , et fol. v, recto. 

On y voit représenté les blasons des chevaliers du côté 
de la Gruthuyse. 



Septième Miniature , fol. t 1 , verso, et fol. vj . 

.«i* . JM* 



recto. 



¥ 



», 

Hiv. 

«b. 



Elle offre les blasons des combattant du côté du sire 
de Ghislelles. 

Au fol. iii, recto, on lit ce qui suit : 

N lan de notre feigneur mil trois cens 
j-, quattre ring/ cl doute le onzième jour 
a du mois de mars fut faiz uug tour- 
noy en la ville de bruges. Par très hault 
et puiffant feigneur Monfeigneur de la gruthufe 
appellant dune part. Et très hault et puiffant 
feigpeur monfeigneur de ghiftellc deflendant 
» dautre part lefquelz toarnoycurs ont en enfuiuât 

lordrc et maniéré des tournoysaccouftumez cy def 
foulz inis leurs armes tymbres et leurs noms 
tant feullement comme len pourra veoir. Pour 
ce que toutes les ordonnances appartenant Ung 
touinoy font cy dedens pourlraictcs et figurées 
pourquoy ie me tais qbant a prefent de ne plu# t 

parler. £ % 

Dans l’initiale E est la devise Plus est en vous, Men- 
és in hu. t 

Les armes des combaltans sont peintes sur un champ 
d’or; chaque écu est surmonté de son cimier, compfcsé 
du timbre, du capuchon de l’écu et d’une banderole, 
sur laquelle on lit le nom du tournoyeur. Celte bande- 



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* «1 



2 7 2 BIBLIOTHÈQUE 
rôle est en or du côté de la Gruthuyse , et en argent du 
côté de Ghistelles. Plusieurs écussons sont accollés de la 
bannière armoriée des armes du seigneur qui étoit cheva- 
lier banneret, c’esl-à-dirc qui avoit obtenu de son sou- 
verain la permission de lever bannière, sous laquelle 
étoient obligés de se ranger ses vassaux appelés au ban de 
guerre. Les écussons de ceux qui ont combattu sous le 
seigneur de la Gruthuyse sont disposés sur cinq lignes 
horizontales; ils forment un tableau en deux feuillets, 
qui sont placés, dans le manuscrit, en regard l’on de 
l’autre. Ils ont ensemble 469 m. (17 p. 4 1.) de large;, 
sur 638 m. (a p. 7 1 .) de haut. 

Les blasons des chevaliers qui combattoient avec le sei- 
gneur de Ghistelles sont rangés de la même manière. 

H,es seigneurs dont on va lire les noms étoient tous 
parcns, alliés ou amis, et non pour la plupart vassaux, 
comme l’assure Sanderus ( FI and. ill., tom. II, p. a 5 i), 
de Gruthuyse et de Ghistelles , sous lesquels ils tour- 
noyèrent. Cet historien a commis une erreur plus grave 
en fixant .l'époque de ce tournoi au 11 mars i 38 a, dix 
ans plus tôt qu’il n’eut lieu. 



V 



CE SONT CEULX QUI ONT TOURNOYES SOUB7, LE 

t * 

SEIGNEUR DE LA GRUTHUSE. 

• f 

Première ligne. 

1. De Bastaert Parts. 

Fascé d’argent et de gueules, chargé de quatre sau- 
toirs d'or, au biton de sinople , posé en barre, 
a. Wouters va» Weldeke. 

D'or, au canton de gueules, au sautoir d’or. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. a 7 î 

3 . J AN VAN BrANDECHEM. 

D’or semé de larmes de sable, au lion rampant de 
gueules, lampassé d’or. 

4 - Jan van Rokegiiem. 

D’or, à la croix de gueules , chargée en cœur d’une 
étoile d’argent. 

5 . Meb Robrecht van Leverghem. 

D’azur semé de billettes d’or, au lion rampant de 
même, couronné de gueules, et chargé d’une fleur de 
lis de même, accollé de sa bannière. 

6 . H. van Berghen B. (Baslaert). 

De sinople, à 3 mâcles 2 et 1 d’argent, au chef d’or 
chargé de 3 pals de gueules , au bâton d’argent bro- 
chant sur le tout. 

7. WoUTER VAN RaNST. 

D’or à 3 pals de gueules, celui du milieu chargé 

(dans l'autre manuscrit n° C, p. a58) d’un croissant d’or. 

8. Rasse van Godecont (ou Godegoct). 

De gueules, à 5 fleurs de lis d’or, 1 et a, accostées 
d’une coquille de même. 

9. Willem van Hersele. 

Au 1 et 4 d’argent, à la bande fuzelée de gueules, 
au a et 3 d’or, à la fasce d’azur, chargée d’un lion issant 
de gueules. 

10. Mer Heinric van Berghen. 

Comme au n° 6, mais sans bâton. Pour cimier tête 
de cheval et col d’un âne sauvage de sable, le museau 
et le bout d’oreilles de sable et d’hermine, accosté 
d’une bannière de l’écu. 

18 



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BIBLIOTHÈQUE 
Secontle ligne. 

i. Mer Rasse vas Reste. 

D'or engrêlé de sinople , à 3 dooldlres de gueules , 
les deux au chef adossées à une molette de sable en 
abîme , et une bordure dentelée. 

а. Robrecht de Ronc (ou Rooc). 

Au»i et 4 vairé d’or et de sinople, à 3 chevrons de 
gueules , au 3 et 3 d’or, à trois corbeaux de sable , 3 
et i, accosté de la bannière de l’écu. 

3. Jas Gherolf. 

De gueules, au chevron de sinople, chargé d’un 
autre chevron d’or, et en pointe d’un fermait de même, 
et accompagné de 3 étoiles d’or. 

4- Hector vasder Gracht, Bastaert. 

De sable, au canton d’argent, chargé d’un chevron 
de gueules , accompagné de 3 merlettes de sable. 

5. ArSOÜD VAS Zwf.VEGHEM. 

D'or, au lion de sable, à 3 bandes d'azur brochant 
sur le tout , à la bordure componée de gueules et 
d’hermine. Cimier un capuchon d’or, achemens d’or 
et d'argent. 

б. Gin dolf vasdes Grütose. 

Porte comme ci-dessous, brisé d’une étoile d’or sur 
la croix du premier quartier. 

7. De Heere vas Steeshuse. 

Mêmes armes que celles de Zweveghem. 

8. Jas vasdes Grvtbcse. 

Au i et 4 d’or à la croix de sable, qui est Fonder 
Aa, au a et 3 de gueules, au sautoin d’argent, accom- 




* i 



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T) 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. a;5 

pagné, dans te manuscrit n° C, p. a58, d’un croissant 
d’or en chef, qui est Gnit/iuse , avec sa bannière; 
il a pour cimier une tète de bélier d'argent accosté 
de gueules, bordé d’or entre un vol d’hermine et de 
gueules, accosté de la bannière de Grulhuyse. 

9. Jar varder Hache. 

bandé d’or et de gueules de six pièces, la première 
chargée, dans le manuscrit 11° C, p. a58, de 3 mer- 
leltcs de sable. 



Troisième ligne. 

* *» 

1. Philips varder Coüderbcerch. . 

D’or, au chevron de gueules, chargé de 3 mcrlettes 
d’argent. 

2 . WoUTER VAR WcicHENE. 

D’azur, à 3 màclcs d’or, au chef de même , à 3 pals 
de gueules, comme Bergheu. 

3. Mer Heirric Eraerhals. 

Au 1 et 4 de gueules, au lion rampant d’or, au a 
et 3 d’azur, à 3 lis d’or, cimier un fruit d’or. 

4. Locis VARDER BerGHE. • 

D’or, au sautoir de gueules, chargé de cinq anneaux 
d’or, et accompagné en chef d'une rosette d’azur. 

5. Lievir vau Stf.elart. 

De gueules, à la fasce d’or, accompagnée en chef de 
3 étoiles d'or. Capuchon, hachçmcns de gueules et 

d’argent. 

> . 

ü. Yweir var Strater. 

De gueules, à 3 épées d’argent, rangées en bandes. 



« 




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a 7 6 BIBLIOTHÈQUE 

7. Jan van Bochoct. 

D'azur, à un écusson d’or, chargé d’une fasce fuzelée 
de gueules , et accompagné de 3 arcs d’argent. 

8. Mer Louis van Moerkerke. 

D’or, au sautoir de gueules, chargé de cinq coquilles 
d’or, et accompagné en chef d’un écusson chevronné 
d’or et do gueules de 6 pièces. 

9. Mer Îan van Dudzeele. 

Au 1 et 4 de gueules , au chevron d’argent , au a et 
3 d'argent, au chevron de gueules, qui est Dudzeele, 
accosté de son étendard. Il a pour cimier une tête de 
bouc d’argent dans un vol. 

10. Guyot va» Caumont. 

D’argent , à 3 étoiles d’azur, a et 1 . 

a. 

Quatrième ligne. 

1. Joris Hoste. 

D’or, à la bande de gueules , chargée de 3 fouines 
d'argent. Il a pour cimier une fouine d'argent dans 
un vol. 

* 4 

a. Jacob Breidel. 

De*gucules, à 3 têtes et col de cheval d’argent, bri- 
dées de sable, avec sa bannière. 

3. Baltazar Langberaed, zone. 

Mi-parti de gueules, à 3 tours d’or, a et 1 , et d’argent 
à l’aigle éployé de sable , à la bordure engrenée de 
sinople. t . 

4 . Everaert Rtwviscu. 

D’or, à 6 dauphins d’azur couronnés d’or, 3, a et 1 . 
Cimier un dauphin d’azur. 



-■ - 7 — 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 277 

5. LodEWIC VAN AbrTRIKE. , y- . 

D'or, à 6 pois de sable au cœur, à l'écusson d’or à la 
croix de gueules, cantonnée de ia merlellesde même. 

6. Philips van Aertrike. 

D’or, à 6 pots de sable. 

7. De Bastaert uten Zwane. 

De gueules , au lion retapant d’or, chargé sur la 
poitrine d’un fer de cheval d’argent, âu bâton d’azur, 
brochant sur le tout. , 

8. De Bastard cten Zwane. 

Comme ci-dessus. 

9. Galoys van Massemeyn , Bastaert. 

D’azur, au lion rampant d’or, au bâton de sable , 
brochant sur le tout. 

10. Reynier van Hersele. 

Au 1 et 4 d’argent, à la bande fuzelée de gueules, au 
a et 3 d'or, à la fasce d'azur, au lion issant de gueules. 

Cinquième ligne. 

1. Jah Caerlier. 

De sable , au chevron vairé d’or et d’azur, accom- 
pagné de trois haches d’or. . 
a. Achard van Dorneke. 

D’azur, à 3 maillets d'or, accosté de son étendard., 
3. Jan de Crombeke. 

D’azur, au sautoir d’or, chargé de 5 étoiles de gueu- 
les, et accompagné de 4 mâcles d’argent. 

4 - Jacob de Crombeke. 

Comme ci-dessus. 

5 . Willem de Crombeke. . 

Comme ci-dcssus. 

* 

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278 BIBLIOTHÈQUE 

6. Jan vau Temsf.ke. 

D’or, à 3 trois têtes et col de cheval bride de sable , 
au bâton de sable, brochant sur le tout. 

7. Rcçschaert Boni (pu Boni) Bastaebt. 

D’azur, au canton de gueules, chargé d’un bâton 
noueux mis en sautoir d’or, accompagné de 4 gerbes 
de même. 

8. Lodbwic Mwttekeye. 

De giiculcs, au chevron d’or, chargé en pointe d’une 
étoile d’azur, cl accompagné de 3 tours d’or. 

9. Jacob Bboolor. 

D’or, à la fasce de gueules, chargée de 3 besans d’or. 
Il a pour cimier a cornes de taureau de sable garnies 
d’un anneau d’or. 

10. Pieter Metteneye. 

De gueules, au chevron d’or, accompagné de 3 tours 
de même, au larahel de 3 pendans d’azur. Il a pour 
cimier un col de cygne d’argent. 

T 1 

CB SONT CRULX QUI .iONT TOtlRNOYES SOUBZ LE 
SEIGNEUR DE GIIISTELE. 

Première ligne. 

1. Mer Willem van Halewyk. 

D’argent, à 3 lions rampans de sable et lampassés 
d’or, qui est Iialewyn, au cœur un écusson d’argent, 
à la croix dç'sable, chargée de 5 coquilles d’or, qui est 
Uythcrcke, accosté de sa bannière. 11 a pour cimier 
une tête de lion d’argent dans un vol d’hermine , sor- 
tant d’une cuvette de meme. 

• 

♦ 



v 



Digrtized 



DE LOUIS DE LA GRÜ^HUYSK. 1-9 

i . Mer PerchevAel van Halewyn. 

D’argent, à 3 lions rarapans de sable, au cœur un 
écusson d’or, à la croix de sable , qui est Mortagne . 

3. Mer Olivier vas Halewyn. 

D’argent , à 3 lions rampans de sable , autour un 
croissant d’or. 

4 - Meb Willem vas Nevele. 

D’or, à la croix de gueules. 

5 . Mer Jan Blankaert. 

D’azur semé de France, au chevron d’or. 

6. Mer Jas van Lembeke. 

D’or, à la fasce de gueules, au lambel de 3 pendans 
d’azur. 

7. Daniel van Haleyvtn. 

D’argent, à 3 lions rampans de sable 
3 pendans de gueules. 

8. WuLFAERT VAN GhISTELE.“» 

Au i et 4 fascé d’argent et d’azur de io pièce^, au 
lion rampant de gueules, bnochant suç le tout, qui est 
Luxembourg, au a et 3 de gueules, au chevron d’her- 
mine, qui est Ghistelles. 





J). OsTELET VAN DEN CaSTEELE.^ 

D’argent, à 3 lions rampans de sable, au cœur une 
tour d’or. • 



io. Ja» van Regaersyliete. 

D’azur, à la croix engresnée de sal 
3 pendans de gueules. 



u lambel de 

; M 



a8o BIBLIOTHÈQUE 

Seconde ligne. 

i. Jan Scone Jans. 

D’argent , à 3 lions rampans de sable , au cœur un 
écusson de même, à 3 tours d’or. 

а. Jan van Yarsekare. 

De safiie’, à 3 cpées d’argent les pointes en bas, ran- 
gées en bandes. 

3.. Tristram van Messf.em. 

D’or, au chevron de gueules, chargé en pointe d’un 
anneau d’or, et accompagné de 3 croissans de gueules. 

4 - Victor van Yabeke. 

D’or, à 4 chevrons d’azur. 

5. Jan vander Beerst. * 

D’azur, à 3 chevrons d’or, au canton de même. 

б. Boudin de Marescalt. 

D’or, à la bande d’azur, chargée de 3 fers à cheval 
d’argent , au canton d’azur, à 3 gerbes d'or. 

7. Hostin Faccket van Dorheke. 

D’or, au chevron d'azur, accompagné de 1 o roses de 
gueules, 6 en chef et 4 en pointe. 

8 . PAUWELS DELE BaSSECOKT. 

D’or, à une roue de gueules , au bâton d’azur, bro- 
chant sur le tout, r ■ 

9. Mer Joris van Braderic. 

De gueules , à 3 poissons rangés en bande d’or. Il a 
pour cimier an dauphin d’or dans un vol de gueules. 

10. Jacob van Aertrike. 

De sable, à 6 pots d’or, trois et trois, à la bordure 
d% guejiles. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



281 



T tvisièine ligne. 



1. JORIS VAN RySELE. 

De sinople, au sautoir d’or, chargé de 5 coquilles 
de gueules. Il a pour cimier une léte de léopard de 
sable dans un vol d’argent e’t de sable. 

a. Jan vander Bueuse. 

D’or, à la bande de gueules, cb^gée#3ê 3 goussets 
d argent. Il a pour cimier une télé et col d’aiglb S’ar- 
genl , becqué d’or, tenant un anneau de même. 



3. Jacob Vlamyng. 

D azur , au sautoir d’or, engrélé de sable, cantonné 
de 3 croix au pied fiché de même. Il a pour cimier 
une- tête de nègre de sable , la fasce brune , les che- 
veux noirs, la tête liée d’argent, babillé d'azur, bou- 
tonné d’or. H ; i • i; 



4- PlETER VANDER SïOVB. i 

D’or, à 3 maillets d’azur, posés a et 1 . Il a pour 

cimier un dragon d’argent. 

• ‘ 

5. Godscale Perkelmoes. 

Au 1 et 4 d’argent, au chevron de sable accompa- 
gné , au a et 3, de 3 merlettes de. même, qui est vander 
Gracht. Dans l’autre mantsferit n* C, p. a58, d’argent 
à une fleur de lis d’or. 



6. Zeger yasden Walle. ‘ 

De gueules, au lion rampant d’otÇ chargé d’un écus- 
son d’argent , au chevron d’or, acèbttfpagné de 3 co- 
quilles de même, fl a pour cimier une tele de lion d’or, 
lampassé de gueules, couronné dans un vol d’or. 



>8* BIBLIOTHÈQUE 



7. Gillis Braderic. 

De gueules, à 3 poissons d’or rais en bandes, à la 
bordure engrélée d’or, accosté de sa bannière. 

8. J AM VAND8K BrOECHE. 

D’argent , à 3 fleurs de lis d’azur, posées a et 1 , au 
filet de gueules. 

9. Jan de Maetsenaere. 

De sinople, au chevron vairé d’or et de gueules, 
accompagné de 3 fermaux d’or. 



Quatrième ligne. 



1 . Rivin van Rysele. 

De sinople , au sautoir d’or, chargé de 5 coquilles 
de gueules , accompagné en chef d’un croissant d’or. 

а. Jacob van Mêlant. 

D’argent , au chevron d’azur, chargé de 3 étoiles 
d’or, accosté de sa bannière. Cimier, un dragon d’or, 
entre un vol de 3 rangs d’argent. 

3. Rcbrecut Scotelaere. 

De gueules , au chef d’or, chargé de 3 màcles d’azur. 

4 . Lieven Scotelaere. , ' ' 

Comme Rubrecht. Cimier, tête et écu d'aigle d'or 
entre un vol. 

5. Everaed Goedeve. 

D’azur, au lion rampant d’or, chargé au cœur d’un 
écusson d’azur, à 3 fleurs de lis d'or. Cimier, un lion 
naissant de Vécu, couronné de gueules, et un bour- 
relet d’or et de gueules. 

б . Philips de Vul. 

D’argent , à la bande d’azur, chargée de 3 coquilles 
du çhamps, et accompagnée de a màcles de sable. 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 28Î 

7. Hostiw Faucbet vah Dorhekb. 

D’or, au chevron d'azur, accompagné de 10 roses 
de gueules , 6 en chef et 4 en pointe. 

8. PaüWELS DELE BASSECORT. 

D'or, à une roue de gueules, an bâton d’azur, bro- 
chant sur le tout. 

9. Micbiel vah Assenede. ^ 

De sable , au chevron d’or, chargé en pointe d’une 
étoile de gueules , et accompagné de 3 hures de san- 
glier d’or. 

r ' ' ' - ■ a 

Cinquième ligne. 

1. Micbiel vah Derleke. 

D’azur, à 3 pals vairés d’or et de gueules. 

2. Frahse Slingbr. ■_ 

D’azur, à un double aigle éployé d’argent, aux col 
et pattes d’or, avec sa bannière. Il a pour cimier une 
tête de lion d’argent , lampassé de gueules. 

3 . Mer Jan Belle. 

• __ 

D’or, à 6 clochettes d’azur, les battans d’argent, 
posées 3 , 2 et 1 , au lambel de 3 pendans de gueules. 
Il a pour cimier un col de cygne de sinople , becqué 
d’argent. ÿ- 

4. Mer Clais Belle. 

D’or, à la bande de gueules , accompagnée de 6 clo- 

• cheltes d’azur, posées en chef 2 et 1 , et en pointe 
posées en bande. H a pour cimier èomme Jean. 

5 . Mer Corhelis vahdb Heecboute. V' 

. D’azur, à la bande d’or, chargée de 3 merle^tes de 



284 BIBLIOTHÈQUE 

sable, et accompagnée de 6 billettes d’or, posées en 

chef 2 et i, en pointe, posées en bande. 

* 

6. Fbanse van Dixmude. 

Fascé d’or et d’azur de 8 pièces, au bâton dentelé 
de gueules, mis en abime. 

• j . Roelant van Levendeghem. 

D’azur, au chevron d’or, chargé de 3 coquilles de 
gueules, avec sa bannière. 

8. Willem van Ravenscote. 

D’or, à 3 corbeaux de sable , au lambel de 3 pendans 
de gueules. 

(). SlMOEN VANDEN HoLE. 

D’or, à 3 aigles éployés d’azur, becqués et armés de 
gueules. •» 

10. JaN VANDEN HoLE. 

Comme Simon. 







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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



a 85 



LISTE ALPHABÉTIQUE 

DES CHEVALIERS QUI ENTRERENT EN LICE AU TOURNOI 
DE LA GRUTHUYSE, 



AVEC DES ÉCLAIRCISSE MENS SCR LEURS FAMILLES. 

* 

A. 

Aertrire (Jacob van) , seigneur d’Acrtrike, à deux lieues 
el demie de Bruges-, du côté de Ghislclles, a' ligne, 
n° io. 

Étoit un des comraandans des arbalétriers de la con- 
frérie de Saint-Georges, de Bruges, qui se portèrent 
contre les Gantois en i38o ( Jaerbouck der Gildc 
van Sint Jooris , 1786, in-ia, p. 10). Il fut doyen 
de la même confrérie, et partit le 9 mai; il marcha 
de nouveau contre les Gantois, qui furent battus à Ni- 
velle (id,, ibib.), cl il se porta bientôt après (le 39 juin) 
sur Dense et sur Ghcrardtsbergen , dont il s’empara 
de vive force (id. , p. 12). Le 9 décembre il marcha 
sur Male, et le 3 mai i38a, contre les Gantois, à Bever- 
liout, où les Brugeois furent défaits (id., p. 16 el 17). 
Il fut roi de la confrérie en i383 (id., p. aa). 

Aertrire (Lodewic van); du côté deGrulhuyse, 4* ligne, 
n° 5 . 



Aertrire (Philips van); Grulhuyse, 4 * ligne, n* 6. 

Bourguemestre de la commune de Bruges. Il devint 
chef-homme de la confrérie de Saint-Georges en i 4 n, 
entra en campagne avec Jean , duc de Bourgogne, pour 
Ham en Vcrmandois, accompagné de quatre-vingts 



286 BIBLIOTHÈQUE 

arbalétriers divisés eu quatre compagnies, commandées 
chacune par un chef-homme de la même confrérie. 
(M.,p.28.) 

Celle famille liroit son nom du village d’Aertrike, 
qui est à deux lieues el demie de Bruges; elle étoil 
ancienne. Un Gilles van Aertrike étoit échcvin de 
Bruges en «335 (Sand., FL, tom. II, p. 22), el un 
Simon en i35o, i3Go, r36i ( id ibid, et p. 22 et 23). 
Un Jean épousa Elisabeth de Sleelandt , famille consi- 
dérable, fille de Robert, et fut échevin de Bruges de- 
puis i.36i jusqu’en 1371. (Sand., tom. II, p. 23.) 

Marguerite van Aertrike, veuve de Gilles van Loo, 
épousa Nicolas Belle, chevalier, fils de Nicolas, mort 
en 1376. {Hec. gcn. , tom. I, p. 25, el tom. III. 
p. 253.) 

Jean van Aertrike figura dans les joutes annuelles 
de Bruges, en 1418 (Jaerb. , tom. I, p. 495), et fut 
un des seigneurs qui accompagnèrent Philippe-le-Bon , 
qui entroit en France avec une nombreuse armée pour 
venger la mort de son père, assassiné à Montereau. 
( Idem , tom. II, p. 4-) 

Simon van Aertrike prit part aux joules annuelles 
de i4a3, i.4a4> >4 a 7» >4*9 et 1 4^ t {id. , tom. H, 
p. 6, 8, 9, 10, i5), et fut forestier dans celles de 
i4a4, où tournoyèrent Philippe-le-Bon et le seigneur 
de Lille- Adam. 

Jean van Aertrike , seigneur de Tillegem , assista à 
celles de 147a. {Id, , tom. II, p. 164.) 

Assenede (Michiel van); Ghislelles, 4' ligne , a* 9. 

Seigneurie près le Sas-de-Gaod. 11 étoil échevin du 
Bruges en i38i. (Sand., Fl., tom. II, p. a3.) 
r 



— - Digiteèd 



DK LOUIS DF, LA GRUTHUYSE. 



Bassecort (Pauwels dele) ; Ghistelles, a' ligne, n* 8. 

Le Carpentier ( Hist . de Cambrai, tom. II, p. 17 1) 
fait mention de trois familles du nom de lîassecourt, 
dont une portoit les mêmes armes que Paul. 

Beerst (Jan vander); Gliislelles, a' ligne, n" 5. 

Un Richard vander Beerst étoit bailli de Bruges en 
Ci']’], et un Jacques vander Beerst échcvin d’Yprcs en 
i38o. (Sand. , tom. II, p. ï 3 et 374.) 

Le village de Beerst est à trois quarts de lieue de 
Dixmude. 

Belle (Mer Jan); Ghistelles, 5* ligne, n* 3. 

Famille ancienne, dont on trouve, dans les généalo- • 
gies de quelques familles, R 7^4 ? in-8% tom. I, p. a46, 
un Salomon Belle, fils de Jourdain, qui vivoit en l 
ia4i; un Baudouin van Belle étoit bailli de Bruges 
en ia3o et ia34- (Sand., tom. II, p. 18.) 

Jean Belle ou van Belle étoit fils de fticolas, avoué ' 
de l’hôpital d’Ypres en i3^6, et de Catherine, fille de 
Jean de Bonin, morte le 5 mai 1 355 . Il étoit échevin 
d’Ypres en i4oo, et grand-bailli en 1 4 1 3 (de l’F.spi- 
noy, p. aag). Il mourut le ii septembre i43o (Sand. , 
tom. II, p.'a74)- Antoine van Belle fut fait prisonnier 
par les François à la bataille de Guinegatc. Belle, en 
françois Bailleul, est un village à une lieue trois quarts 
de Tournay. 

Bokin (Ruuschaerl) baslaert; Grulh. ,*5' ligne, n° 7 . 

D’une famille ancienne, dont- on trouve le nom écrit 
de trois différente; manières : Bonin , Bonyn et Bovyu. 



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* 



» 






H 

« 

» 

« 



188 BIBLIOTHÈQUE 

On voit un Pierre Bonyn parmi les échevins de 
Bruges en i333. (Sand. , tom. II, p. aa.) 

Un Jean en i35i, i3t>3, i366, i368, i36g, i3^o, 
1371, 1 374 > 1^76 et 1377. 

Un Pierre en i3oa. 

Catherine, fille de Jean Bonin, morte en i355, 
épousa Nicolas de Belle, mort en 1376. (Généalogies , 
tom. III, p. a5a.) 

Isabcau Bonin, autrement Bovin; fille de Jacques, 
morte en \^n, épousa Gérard vander Zype, seigneur 
de Dentreghem , village à une lieue trois quarts de 
Deynse, mort en i4oo. ( Id tom. II, p. 33a.) 

Un Jacques Boonin parut dans les joutes annuelles 
de Bruges en i4t8, 1 4 l 9 et >4 31 - (Jaerb. , tom. I, 
p. 4 9 4, 496, et tom. II, p. 3.) 

, Un Jean dans celles de i4ai, i4 aa et 1 43 1 . (Id., 
tom. II, p. 5.) 

Un Adrien dans celles de i4aa. 

♦ Un Tredeman dans celles de i4a3. 

Un Joos dans celles de.i4 a 4> I i a 7 et i4 a 8. 

Un Martin dans celles de 1 4^7» 1 4a8 et i4ag. 

Un Joris dans celles de 1476. (Id-, tom. II, p. 168.) 

Suivant le P. Anselme, Marguerite Bonin de Jlruges 
épousa Guillaume de Halewyn, fils d’Antoine et de 
Marguerite de Gruthuyse. 



Braderic (Mer Joris van); Ghistelles, a* ligne, n° 9. 

Ce Georges Braderie fut échevin de Bruges en 1 3p6, 
i4or et i4o4.»(Sand. , Fland. , tom. H, p. a3 et a4-) 
Son fils Jacques £toit roi de la confrérie de Saint- 
Georges en ï4i3. (Jaerb. van S.Jooris, p. 175.) 




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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 289 

Un Jacques Braderick fut échevin de Bruges en 
i 38 a et i 383 . (Sand., tom. II, p. 24.) 

Un autre du même nom, fils de Henri, parut dans 
les joutes de 1421, 1422, 1424, 1427, i 43 i- (Jaerb,, 
tom. II, p. 3 , 5 , 7, 9, i 5 .) 

Bradf.ric (Gillis); Ghistelles, 3° ligne, n* 7. 

Il étoit de la meme famille que le précédent. 

Brakdeghem (Jan van).; Gruthuyse, r* ligne, n* 3 . 

Breidel (Jacob); Gruthuyse, 4 ’ ligne, n“ 2. 

Il prit part aux joutes de » 4 1 4 i i 4 > 9 eti 4 ai (Jaerb., 
tom. I, p. 95 et 4 gG; tom. II, p. 3 ). Il combat au 
tournoi de l’Épinette, à Lille , en i 4 a 5 (tom. I, p. 8 ). 

Son fils Jean fut roi de la confrérie de Saint-Georges 
en 1 4 * 3 . (Jaerb., tom.I, p. 170.) 

Broolor ( Jacob ) ; Gruthuyse , 5* ligne , n° 9. 

C’étoit vraisemblablement Jacques Broolose ou Broo- 
loos, échevin de la ville de Bruges en t4t2, 1417, 
1420 et 1423. (Sand. , Fl., tom. II, p. 24 et 25 .) 

Brceghe (Jan vander); Ghistelles, 3* ligne, n° 8. 

On trouve un Loys vander Brugge parmi les confrères 
de la confrérie de Saint-Georges (Jaerb., p. 208.) 

Bcersb (Jan vander) Ghistelles, 3* ligne, n* 

Il étoit échevin de la ville de Bruges en i 386 , 1387. 
*289 , i 3 go et i 3 g 5 . (Sand. , tom. II, p. a 3 .) 

Jacques vander Buerse, probablement son fils, pa- 
rut dans les joutes de 1424 et 1427 (Jaerb., tom. Il, 
P - 7 el 9 )- Trésorier de la ville de Bruges, il devint 
cbef-homme de la confrérie de Saint-Georges en 1 43 (j. 
(Jaerb., tom. II, p. 171.) 



BIBLIOTHÈQUE 

C. 



?.f)Ü 



Caeblieb (Jan de); Gruthuyse, 5* ligne, n” i. 

Casteele (Ostelct van den); Ghist. , i" ligne, n° 9. 

Porloit les armes d’Halewyn , avec une brisure. 

On lit, dans la copie de M. van Huere : Hostel van 
Halewyn , ghescyt van Casteele. 

Caumost (Guyot van); Grulbuyse, 3 * ligne, n* 10. 

Cocdebbiebch (Philips vander), Gruth. , 3* ligne, n' 1. 

Terre et seigneurie au pays de Waes. * , 

Philippe de Cauderborch, fils de Simon de Caudcr- 
borch, chevalier, seigneur d’Oplinlere en i3:>6, châ- 
telain de Rupelmonde en i3G5, fut aussi châtelain de 
la même ville en i385. De l’Espinoy a fait graver ses 
armes (Voyez p. a35, 236, 263 et 4°7I voyez aussi 
Sanderus, lom. III, p. 219). Il épousa Isabelle, dame 
héritière de Moere, veuve de Gérard de Ghistellcs, 
fille de Guy, qui épousa Catherine de Bruges de la tlru- 
thuse. ( Rec . généal. de FamiU. , lom. Il, p. 161.) 

Cbombeke (Jacob de); Gruthuyse, 5* ligne, n° 4. 

Cbombeke (Willem de); Gruthuyse, 5* ligne, n' 5. 

Cbombebe (Jan de); Gruthuyse, 5* ligne, n° 3. 

Du Gérard de Crombeke , seigneurie près de Fumes, 
fut fait prisonnier avec, d’autres seigneurs flamands à 
la bataille de Bovines, en iai4* 

» Un autre Jean Crombeke, probablement le fils de 
Jean , figura dans les joutes de 1468. (Jaerb., tom. II, 
p. i38.) 



» 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



2Ç)1 



I). 

Derleke (Michiel van); Ghistelles, 5* ligne, n* i. 

Un Michel van Derleke, du nom d’un village k une 
lieue et demie de Courlrai , est peut-être le même qui 
parut dans les joutes de *4*8» I 4 I 9> I 4 al et •4' ï2 ' 
(Jaerb., tom. I, p. 4£)5 et 496; tom. H, p. 4 et 5.) 
Derleke (Jacob van). 

De l’Espinoy parle d’une famille de Derleke qui por- 
toit d’autres armes ( p. 294). 

Dixmude (Frànse van); Ghistelles, 5 e ligne, n° 6. 

Il portoit les armes de la ville de Dixmude, telles 
que les ont fait graver, sans brisure, de l’Espinoy, 
p. 753, et Sanderus, tom. III, p. 346. 

La famille de Dixmude est illustre, et a possédé de 
belles terres et contracté de grandes et nombreuses 
alliances. 

Une Denise van Dixmude, fille de Jean, épousa Jean 
Relie, deuxième du nom, avoué de l’hôpital d’Ypres, 
en 1 384- (liée, généal. , tom. III, p. a54-) 

Dorneke (Achard van); Gruthuyse, 5* ligne, n° 2. 

De l’Espinoy (p. 354 et 3ya) fait mention d’un Jean 
van Dornyke ou de Tournay, échevin du deuxième 
banc de Gand, en i3o3 et i3o8, dont les armes étoienl 
différentes. Il portoit de gueules à la croix d’or. # 
Dudzeele (Mer Jan van); Gruthuyse, 3 e ligne, n’ 9. 

Dudzeele, terre et seigneurie du Franc de Bruges. 

Ce Jean de Dudzeele étoit Jean de Ghistelles, cheva- 
lier, seigneur de Dudzeele et de Straelen , dont le père, 
Roger (Gautier, suivant de l’Espinoy, p. 289) de Gbis- 



BIBLIOTHÈQUE 

(elles, avoit épousé en premières noces Marguerite ou 
Anne, héritière de Dudzeele, en i 35 j. 

Il épousa Jacqueline, fille de Craon, seigneur de 
Domart, et de Marie deChâtillon. Il fut tue à Bovines, 
en i 43 o, en combattant contre les Liégeois. ( Génca 
tom. I, p. 167.) 

Son petit-fils, Jacques de Ghistelles , fut décapité à 
Bruges le 17 mars : 488 . (Jaerb., tom. II, p. 368 .) 

E. 

Eraenhals (Mer Heinric); Gruthuyse, 3‘ ligne, n° 3, 

G. 

Gherolf (Jan); Gruthuyse, 2’ ligne, n“ 3. 

Beaucourt (Jaerb. van ’t Vryen, tom. Il, p. 80) le met 
au nombre des grands-baillis de Bruges qui ont rempli 
cette charge depuis i 4 a 3 jusqu’en 1467. On le trouve 
aussi parmi les confrères de la confrérie de S. -Georges. 
(Jaerb, p. 204.) 

Un Guillaume Geerolf parut aux joutes de 1419, 
i 4 ? 3 , 1 j 2 5 et 1 4 2 7 (Jaerb. , tom. I, p. 496; tom. II , 
p. 6, 8 et 9). Meyer (Ann., fol. 292, verso) le cite 
comme un des hommes les plus pacifiques de Bruges 
qui furent envoyés, en 1 4 ^ 7 , vers Philippe-le-Bon. 

Un Jacques Geerolf prit part aux joutes de Bruges 
en 1421 , 1422, r 4 a 3 et t 4 a 5 (Jaerb. , tom. II, p. 2, 
5 et 8.) 

Ghistele ( Wulfaert van) ; Ghistelles, i r * ligne, n" 8. 

U étoit, dans ce tournoi, l’antagoniste de Jean de 
Bruges. On ignore de qui il étoit fils. Le manuscrit 
d’Hozier rapporte l’alliance d’un Wulfarl de Ghistelles, 




DE LOÜIS DE LA GRITHUYSE. 2 g3 



qui ne peut être le nôtre; car celui-là éloit second fils 
de Jean, sire de Ghislelles et de la Woeslyne, grand- 
chambellan de Flandre, mort en i3i6, lequel épousa, 
en 1289, Marie de Luxembourg, morte en i33j. Il 
fut, suivant Meyer (fol. i4o, verso), un des seigneurs 
flamands qui se joignirent au duc de Brabant , et à 
Édouard III, roi d’Angleterre, et signèrent, en i33 9 , 
l’alliance des Flamands avec ce monarque contre la 
France. Il étoit, en 1 35^ , échevin du Franc de Bruges. 
(Sand., tom. H, p. i85.) 

Un autre AVulfart de Ghislelles, seigneur Wandru- 
pel , est dit, par l’auteur des Généalogies des Pays- 
Bas (tom. I, p. i56), troisième fils de Jean , troisième 
du nom , mort en 1280 ou 1295 , et dont la sœur Mar- 
guerite avoit épousé Geldolphe de Bruges, seigneur de 
la Gruthuyse. 

Le village et seigneurie de Ghislelles est à deux 
lieues d'Ostende. 



Godegoct (Rasse van); Gruthuyse, 1" ligne, n°8. 

Goedev* (Everaed); Ghistelles, 4‘ ligne* n° 5. 

La copie de M. van liuerne porte Goderiek. 

Gracht (Hector vander) Baslart; Gruth., 2* ligne, 0 * 4 . 

Il portoit les mêmes armes que les vander Gracht 
ou Desfosses, qui possédoient la terre et seigneurie de 
ce nom dans la châtellenie de Courtrai. 

On ne le trouve nommé ni parmi ceux de cette fa- 
mille , alliée dès i 352 aux premières familles de la 
Flandre, aux Halewyn et aux Ghislelles, rapportés 
par de l'Espinoy (p. 288), ni dans la généalogie qu'en a 
donnée Bulkcns ( Troph.du Brabant, tom. D, p. 101.) 



x vp r , . . 

Jb" . 

a9 4 BIBLIOTHÈQUE 

Il esl probable qu’il éloit fils naturel de (iaulier vali- 
der Gracht, de Morseele, mort en et qui nvoil 

épousé Marie de Moerkerkc. Il ne laissa, selon Le Car- 
pentier (tom. II. p. 585), que des bâtards. 

Un Arnout vander Gracht étoit roi de la confrérie 
de Saint-Georges en i3<)a. (Jaerb., p. 174-) 

Giwtcse (Gbidolf vanden) ; Grulbuysc, a* ligne, n° 6. 

II éloit probablement frère de Jean de la Gruthuyse; 
c’éloit celui-là qui portoit la baonière de guerre aux 
obsèques de Louis de Male, comte de Flandre, en 1 383. 

Aucune généalogie n’en parle. Meyer (fol. 168, v°) 
en fait mention sous l’année 1377 •, et de l’Espinoy dit 
(p. aifi) qu’un noble chevalier, nommé messire Guy- 
dolf de la Grnthuse, étoit bailli d’Alost en i385. 

Gmjtuse (Jan vanden); Gruthuyse. a* ligne, n* 8. 

Il en a été question dans la généalogie de sa famille. 

H. 

Hache (Jan vander); Gruthuyse, a' ligne, n" 9. 

Un Jacques vander Haeceh , fils de Gilles, étoit, en 
1309. le sixième échcvin du deuxième banc de Gand 
(de l’Espinoy, p. 376). Le même ajoute qu’il s’en 
trouve plusieurs de ce nom qui ont été chevaliers , et 
entre autres messire Jacques vander Haegen , allié à 
dame Catherine Kemps (Cremps), laquelle épousa en 
secondes noces Guydolf de la Gruuthuuse, peut-être 
celui qui parut au tournoi de 1391. 

Halewyn (Mer Willem van); Ghistelles, t'Migne, n° 1. 

Il étoit second fils de Roland de Halewyn et de Mar- 
guerite de Bruges de la Gruthuyse, fille de Jean vander 



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DE LOUIS DE I.A (illUTHUYSE. î 9 5 

Aa, premier du nom (le P. Anselme, tom. III, p. 908). 
Il étoit par conséquent oncle de Jean IV de la Gru- 
thuyse. Il épousa Marguerite Bonin de Bruges, et fut, 
suivant Le Carpentier (tom. II, p. (54°) r seigneur 
d’Uylkercke. Étant écoulète de Bruges, en i383, il fit 
décapiter un riche habitant nommé Jacquiu vander 
Colve , condamné par un conseil comme chef de mu- 
tins (Jacrb., tom. I, p. 44 1 )- H assista en i3 9 i, avec 
Pcrccval et Olivier, ses deux frères, qui suivent, aux 
obsèques de Gérard de Morlagnc, beau-frère de Jean 
de la Gruthuyse. 

F.n i3 9 9 il étoit bailli d’Alost (de l’Espinoyj p. 9 . 16 ). 

Il brisoit ses armes d’Halewyn jjc celles d’Uytkerckc. 
Le P. Anselme (tom. III, p. 917) les a fait graver. 
Halewyn étoit une seigneurie et village considérable 
près de Menin. 

Halewyn (Daniel van); Ghistelles, 1” ligne, n°7. 

Il étoit fils de Wautier, deuxième du nom , de la 
branche de Gavre, seigneur de Halewyn cl de Tron- 
chiene, qui fut un des otages du roi Jean en i36o, et 
mourut après l'année x 383 , et de Péronnc de Saint- 
Omer, dame de Prennes, Labarre, Bugenhoult, Bas- 
serode et Beaurepaire (le P. Anselme, tom. III, p. 908). 
Daniel soutint le siège d’Audenaerdc contre les Gantois 
en i38i. 11 mourut sans enfans. 

Halewyn (Mer Olivier van); Ghistelles, 1” ligne, n" 3. 

Il étoit troisième fils de Roland , et seigneur de Lae- 
ken et d’Hemserode. 11 épousa, suivant le manuscrit 
d’Hozier, Marguerite, fille de Colard, seigneur de la 
Clyte , de Rencghem et de Praines ( id . , tom. III, 
p. 919). Il étoit bailli de Termonde, en t38a (Sand., 



?,j6 BIBLIOTHÈQUE 

tom. III, p. 234 ); et d’Alost, en i 385 (de l’Espinoy, 
p. 216). 

Halbwyn (Mer Perchevaet van); Ghist. , r* ligne, n° 2. 

Il (‘toit quatrième fils de Roland , et seigneur de 
Hanaples. Il mourut sans enfans. (Le P. Anselme, 
tom. III, p. 908, et le manuscrit d’Hozicr.) 

Heechoute (Mer Cornelis vande); Ghist., 5 ' ligne, n* 5 . 

C’est le même sans doute que Cornille vanden 
Eeclioute , chevalier, qui, en 1402, fut sous-bailli 
de Gand, et ensuite grand-bailli. Il épousa une fille 
bâtarde du comte de Flandre (de l’Espinoy, p. 18g). 
Le même auteur jtarle d’un autre Cornille vander 
Eechoute, existant en 1 4 1 ct <l u * eut pour femme 
Catherine de Haveskercke. 

Uersele (Willem van); Gruthuyse, i’* ligne, n' 9. 

11 est nommé Guillaume de le Harsele dans une re- 
lation des obsèques du comte Louis de Male , faites 
en z 383 ; il y porta l’écu du seigneur de la Marche. Il 
avoit d’autres armes que celles de la famille van Her- 
sele dont fait mention de l’Espinoy (p. 27a). 

Un Jean van Herselc signe l’alliance des Flamands 
avec Edouard , roi d’Angleterre , en 1 339. ( Meyer, 
fol. 140, verso.) 

On trouve un grand-bailli de Bruges, en i 35 i, por- 
tant le nom de Bernard van Herzelc , chevalier, sei- 

% 

gneur de Ronsele (Sand.,lom. II, p. 18). Beaucourt 
le place sous l’année i 35 a , et le qualifie de seigneur 
de Rousselc. ( Jaer - boeken vanden Lande vanden 
Vryen, in-8', tom. III, p. 148.) 

Sandcrus (tom. III, Liv. iv, fig. n° 5 ) a fait graver 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 297 

le château de Herssele, seigneurie à deux lieues et 
demie d’Alost. 

Herselh (Reynier van); Gruthuyse, 4 ‘ ligne* n” 10. 

Un Daniel van Herzelle se trouve au nombre des 
prisonniers faits par les François à la bataille de Gui • 
negale. 

Un Rasse van Hersele est nommé, en 1899, un des 
chefs des chaperons. ( Ilist . de la Flandre , par Jules 
van Praet, tom. II, p. 98 et io 5 .) 

Hoi.e (Simeon vanden) ; Ghistelles, 5 * ligne, n“ 9. 

Hole (Jan vanden) ; Ghistelles, 5' ligne, n* 10. 

De l’F.spinoy (p. 5 oo) fait mention d’un Lieven van- 
der Hole qui étoit dixième échevin du premier banc 
de Gand , en 1 35 ^ , et ajoute que cette famille, qui 
porloit d’argent à 3 aigles d’azur, membrés de gueules, 
étoit alliée aux plus riches familles de Flandre, nomi- 
nativement à celles d’Artevelde, de Belle , de Raves- 
choot, de van Huuse, d’Ydeghem. 

Un Louis de le Hole étoit bailli d’Alost en 1 4 * 7 (»</., 
p. 216) , êl premier échevin de la Keure de Gand , en 
ijj 3 o ( id p. 637; et Meyer, fol. 291, recto, et 292, 
verso). *' « 

Il fonda, en 1 43 1 , un monastère de chanoines régu- 
liers de Saint-Augustin 1er Hole , dans le village de 
Melle, près d’Alost. Sanderus (tom. IH, p. i 53 ) a 
donné la vue de ce monastère. 

Hoste (Joris); Gruthuyse, 4' ligne, n* 1. 

Les armes de Georges Hoste sont différentes de celles 
d’un Hoste, prince et seigneur de Sleenhuyse , qui, 
en 1377, partagea, avec scs sœurs Agnès et Margue- 
rite , les biens de Gérard de Sleenhuyse. 



♦ 



♦ 




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29 8 BIBLIOTHÈQUE 

Un Gilles Hostc épousa, vers 1876 , Jeanne de la 
Grulhuyse, fille de Jean d’Aa , premier du nom, sire 
de la Gruthuyse. 

On trouve un Jean Hoste, échevin de la ville de 
Bruges, en i345, i3g8 et i 3 g 9 (Sand., tom.II, p. aa 
et a 4 ) c’est le même sans doute que celui qui sc 
trouve au nombre des confrères de la confrérie de Saint 
Georges, reçus depuis l’an i3ai. (Jaerb., p. ao3.) 

Un autre Jean Hoste parut dans les joutes de «4*4» 
1 4 ig , i4ï3 et i4a4. (Custis, tom, I, p. 4y5, 4965 
et tom. II, p. 6 et 7 .) 

Et un Jacques Hoste dans celles de i4aS et 1 4 a 7 • 
(/</., tom. II, p. 8 et 9 .) 

L. 

Langheraed, zone (Ballazar); Gruth. , 4' ligne, n“ 3. 

Lembeke (Jan van); Ghistelles, i” ligne, n° fi. 

Terre et seigneurie de Flandre, à deux lieues et 
demie du Sas-de-Gand. 

Un Jean van Lembeke , fils de messire Roger van 
Lembeke, vivant en i3at , et de dame Isabelle vander 
Moere, chevalier) partagea les biens de sa mère en 
1372 (de l’Espinoy, p. 44 ° $07 , qui en a fait graver 

les armes). Beaucourt le met au nombre des échevins 
du Franc-de-Bruges. (Jaer-boekcn van ’tVrye, p. 17 .) 

Un Hugues van Lombeke étoil, en i334, douzième 
échevin du premier banc de Gand, et, en i35 g, pre- 
mier échevin du deuxième banc. 

Levendeghem (Roelant van); Ghisl. , 5' ligne, u° 7. 

Terre et seigneurie considérable à une lieue trois 
quarts de Gand. 



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DE LOUIS DE LA GHUTHUYSE. 299 

Robert de Levendegbem partagea en i36a, avec sou 
frère et sa sœur Catherine, les biens de leur père Oli- 
vier de Levendegbem , et de leur mère dame Catherine 
vander Moere. Il fut fait chevalier, et épousa dame 
Marguerite van Praet. (I)e l’F-spinoy, p. 346.) 

Le\ kruiikm (Mer Robrecht van); Gruth., 1 '• lig. , n° 5. 

Lcwerghcm ou Leeuuerghem , terre et seigneurie 
considérable près Alost. (Van Ghistel, Hat. mechel . , 
1735, tom. ü, p. a83.) 

Robrecht ou Robert de Lewerghem épousa Jeanne , 
fille de Roger de Ghistelles et de Marguerite ou Anne, 
dame héritière dcDudzeele, en 1357. (Géncal., tom. I, 
p. 166; et Sand. , tom. II, p. 161.) 

Il éloit grand-bailli d’Alost en i4o5, et grand-bailli 
de Courtrai en 1407 (de l’Espinoy, p. 84 et 216). Sa 
fille unique épousa Robert, baron de Masmines. 

M. 

Maetsehaere (Jan de); Ghistelles, 3 ' ligne, n" 9. 

Marescalt (Rondin de); Ghistelles, 3* ligne, n° 6 . 

Il étoit échevin de Bruges en 1 4 16 et 1 4 a 7 - S an * 
derus (tom. II, p. 24 et 35) écrit son nom Maerscalk. 

LeCarpenlier(tom.n, p.761) parle d’un Guillaume 
Mareschal, bienfaiteur des chanoines d’Amiens en 1 391 , 
qui portoit les mêmes armes. 

Une Pasquine de Marescall épousa Josse de Halewyn, 
mort en i455. (Sand., tom. II, p. a.{, et le manuscrit 
d’Hozier. ) 

Massemeyn (Guloys van), Rastaert; Gruth., 4'l'S-> ll *9- 

Masscmen , seigneurie de Flandre, à deux lieues et 
demie de Gandi 



3oo BIBLIOTHÈQUE 

La famille ancienne des Massemeyn ou Masmines 
éloit alliée à celles de Maldcghem , Ghistelles, vander 
Aa. (Bulkens, tom. II, p. 85 , el le Ms. d’Hozier.) 

Mêlant (Jacob van) ; Ghistelles, 4 ' ligne, n° a. 

Jacques van Milaencn le jeune ou de Milan parut 
dans les joules de Bruges de i 4 i 8 , où il remporta le 
prix de la corne. 11 reparut dans celles de 1419, »4 al > 
\f\-xi et i 4 a 3 . (Jaerb., tom. I, p. 495,496) et tom. II, 
p. 3 , 5 et 6 .) 

Messef.ne (Tristram van); Ghistelles, a* ligne, n° 3 . 

La terre et seigneurie de Messenine ou Mecrsines, à 
deux lieues d’Ypres, étoit, selon d’Espinov (p. « 33 ), 
qui en a fait graver les armes, ancienne bannière et 
ancien comté de Flandre, dont celui qui en porloit le 
nom étoit un des douze pairs de Flandre, et prenoit 
séance aux Ktats. (Voyez, dans de l’Espinoy, la planche 
où sont représentés les États, p. 70). 

Metteneye ( Lodcwic) ; Gruthuyse, 5 * ligne, n° 8. 

Famille ancienne de Bruges. 

Un Jean de Metteneye éloit, en i 35 o, châtelain de 
Fûmes (Sand. , tom. III, p. aa 3 ) , et un Jacques Met- 
teneye étoit échevin de Bruges en 135 ^. ( ld tom. II, 
p. aa.) 

Trois autres Metteneye, Jacques, Antoine, Gilles, 
parurent dans les joutes de t 4 > 8 , i 4 *i, « 4 a 3 , 1 4 a 9 , 
i 43 a, 1434 et i 435 . (Jaerb. , tom. I et II. ) 

En 1 467 le jeune Pierre Metteneye partit pour Liège 
à la tète des arbalétriers de la confrérie de Saint- 
Georges , el revint victorieux avec le Péron de Liège. 
(Jaerb. , p. 60. ) 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3oi 

Le même porta la bannière de l’armée qui se mil en 
campagne, en 1477, contre Louis XI. (Jaerb., tom. II, 
p. 180. ) 

MrrTF.NF.YF, (Pieter); Oruthuyse , 5* ligne, n" 10 . 

On trouve un Pierre Melleneye parmi les écoutètes 
de la ville de Bruges. (De l’Espinoy, p. » et Sand., 
tom. II, p. ao.) 

Moerkf.rkf. (Mer Louis van) ; Grutb. , 3* ligne, n 0 8. 
Terre et seigneurie considérable à deux lieues et un 
quart de Bruges. 



N. 






Nevele (Mer Willem van); Gliist. , i” ligne , n° 4- 

La terre et seigneurie de Nevele , au quartier de 
Gand , apparlenoit anciennement , selon de l’Espinoy 
( p. toi ) , aux châtelains de Courtrai , et passa succes- 
sivement à ceux de Tournai , aux seigneurs de Mor- 
taigne, de Boulers, etc. 

Guillaume de Nevele, sire de Lichtervelde , fils de 
Guillaume, mort en i33o, et de Wilhelmine ou Guil- 
lemelte de Halewyn , dame de Lichtervelde, fille de 
Gérard, vivant en i38;, et de N. de la Grulbuyse, 
épousa Marguerite de Halewyn , fille de Daniel , mort 
en i385. (Le P. Anselme, tom. III, p. goS , 920; et 
Butkens, tom. ïï, Suppl, add., p. 1.) 

Il assista, en 1391', à l’enterrement de Gérard de 
Mortaigne. De l’Espinoy a fait graver ses armes. 



*•' 



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* V 






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‘l 



302 bibliothèque 




Parts (de Bastaert); Gruthuyse, i" ligne, n° i. 

Une famille noldc cl ancienne de la ville de Gand, 
du nom de Paris, oecupoil les premières places de Ma- 
gistrat de cette ville en 1390. Un Simon Paris y rem- 
plit celle d’amman; un Jean Parys, chevalier, s’allia 
à la famille de Masmines (Bulkcns, tom. Il, Suppl, 
adil. , p. 2 et p. ix), et porta en i 384 , aux obsèques 
de Louis de Male, comte de Flandre, la bannière de 
Tournai. 

La famille de Parys, selon do l’Espinoy (p. 192), 
portait de gueules à la fasce d’or, chargée de trois fleurs 
de lis et de 6 merles d’or, armes qui sont différentes de 
celles du Bastard de Paris ci-dessus. 

Perkelmoes (Godscale); Ghislelles, 3* ligne, n* 5. 

* * *1 ' * 1 . 

R. 

Rahst (Wouter van) ; Gruthuyse, 1" ligne, n° 7. 

Un Gauthier (Wouter) de Berckem , qui avoit les 
mêmes armes , mourut , suivant le manuscrit d’Hozier, 
en ^280. Son fds, du même nom, épousa la dame de 
Ranst, et mourut en 1238 . 

Un troisième Gauthier, fds de celui-ci, épousa la 
sœur du sire de Bouchant, et mourut en i 363 . 

A , * 

Ravehscot (Willem van); Ghistelles, 5 ‘ ligne, n“ 8. 

Terre et seigneurie considérable près Gand. 

Guillaume de Ravcscoot épousa Marguerite Borluut, 
fille de Jean, et de Jeanne Sesanders. Ils vendirent leur 
maison à Gand, en i 4 o 6 , à messire Walrave, sire de 
Masmines. (De l’Espinoy, p. 243.) 



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DE I.OOIS DE LA GRUTIIUYSE 3o3 

rV ^ 

Son prie éloit Baudouin de Raveseoot, mort en i3üo, 
et sa mère Catherine, fille de Haudouin de Sleelnndl, 
morte en i3GG. ( Le manuscrit d’Hozier, et de l’Espi- 
noy, qui a fait graver scs armes, p. 38o, et Hcc. 
généal. , lom. I, p. 26. ) 

Reygaersvliete (Jun van); Ghistelles, 1" ligne, n° 10. 

En 1 35 1 un messire Guillaume de Reygaersvliel de- 
vint bailli d’Alost. 

Le même fut chargé, le 8 octobre i3(33, par Louis 
de Ncvers, comte de Flandre, du gouvernement de la 
Flandre, conjointement avec les seigneurs de Maldc- 
ghem et de Oudzcele. Ce fut lui probablement qui 
fut un des seigneurs flamands qui suivirent le roi 
Charles VI en i38a, et assista à la bataille de Roose- 
beke. {Ann. belg., Brux., i83o, p. 173.) 

Henri de Reyngersvliete , chevalier, seigneur de 
Ilembrone et de Hoomelede, fut fait bailli de Bruges 
et du Franc, le afi septembre (De l’Kspinoy, 

p. 78 et ai 5-, Sanderus, tom. II, p. 19; et Beaucourl, 
Hist. du Franc, tom. III, p. i5o.) 

Un autre Henri de Reyngersfliele étoit doyen de 
l’église d’Harlebeque , en i3g4- (Sand., lom. III, 
p. a5. ) 

Anne de Rigeitsvlict, morte en i34o, épousa Wau- 
tier de Halewyn , mort en i338 (le P. Anselme, 
tom. III, p. 9o5 ), et Marguerite de Reygersliel eut 
pour mûri Antoine de Ghistelles, mort à la bataille 
d’Azincourt. (Butkcns, tom. II, Suppl, add., p. 5, 
et Hec. généal., tom. I, p. 160.) 

Risiv (Mer Rasse van)^ Gruthuyse, a' ligne, n° 1. 

Il n’est pas nommé dans la généalogie des Renty qui 



3o4 BIBLIOTHÈQUE 

se trouve dans le Ms. d’Hozier, et dans Le Carpentier 
(tom. II, p. g4 1 )• 

Rinvisch (Everaert); Gruthuyse, 4* ligne, n' 4- 

Famille ancienne de Flandre, alliée à celles dcRvm, 
Adcghem, Vaernewyck, Rorluut, etc. (De l’Espinoy, 
p. 388.) 

Un Guyselbrecht Rynvisch étoit éclievin de la Kcure 
de Gand , en 1 3 1 3 et 1 33 1 . 

Un Evcraed Rynvisch étoit échevin de Bruges en 
i3a5 et i3a8. (Sand., tom. II, p. as.) 

Un Jacques Rinsvisch étoit premier échevin du 
deuxième banc de Gand , en 1 34g. (De l’Espinoy, p. 479-) 

Un Gilles Rinsvichs , doyen des tondeurs de draps 
de Gand , étoit premier échevin du premier banc en 
i35o. (Jd. , p. 481.) 

Un Philippe Rynvisch étoit échevin de Bruges en 
i35(i. (Sand., tom. II, p. aa.) 

Marie Rynsvich épousa Baudouin de Rym, créé che- 
valier par Louis de Male, comte de Flandre, en i356, 
et mourut en 1387. [Gén cal., tom. III, p. ao6.) 

De l’Espinoy, qui a fait graver les armes de cette 
famille ( p. 38g), dit qu’elle portoit de gueules, à trois 
truites de poissons d’argent , armes qui diffèrent en 
émaux et eu nombre de poissons de celles d’Everaert 
Rynvisch. 

Rokechem (Jan van); Gruthuyse, 1” ligne, n° 4- 

Seigneurie ancienne, située près d’Audonacrde. 

Il existoit un Ulric de Rockeghem en 1 167 (Sand. , 
tom. III, p. a8i). Il signa, sous cette date, avec d’au- 
tres seigneurs flamands, les lettres de Philippe d’Alsace, 
comte de Flandre, par lesquelles ce prince confirmoit 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3o5 

à ceux du cloître de Ninove la possession de leurs biens. 
(De l’Espinoy, p. a85.) 

Un Jean de Rocqueghem , qui est vraisemblablement 
le nôtre, vendit, en i4i 6, un bois à Lancelot vander 
Meersch ( id. , ibid. ). De l’Espinov dit qu’il n’a pas 
pu voir les armes de cette famille. 

Rose (Robrecht de); Grulhuyse, a' ligne, n° a. 

Le village de Roncq est à une lieue de Menin. 

On trouve un Jean Ronck van Bemmelen partant 
pour la Terre Sainte, en avec Jean de Berghe 

et Claes Noris. (Nedcrlandschen Ilerauld, fol. 3i8.) 

Rysele (Gilles van). 

Ses armes sont différentes de celles de Georges et 
Rivin de Lille , qui suivent. 

Rysele (Joris van); Ghislelles, 3' ligne, n° i. 

En i38o, étant chef-homme de la confrérie de Saint- 
Georges , il partit pour Courtrai avec dix-neuf arba- 
létriers de la mémo confrérie (Jaerb., p. i5). Il étoit 
encore chef-homme, commandant cinquante arbalé- 
triers, en i33a (id. , p. 21 ), et conseiller de la ville 
de Bruges en i386 (id., p. i3). 

Un Jean van Rysele étoit châtelain et bailli de la 
Mole-au-Bois de Piiepe (de l’Espinoy, p, a34), et, en 
i35o, grand-bailli de Bruges (id. , p. aaa), et bailli 
de Fûmes en i35j. 

Rysele (Rivin van); Ghislelles, 4‘ ligne, n° 1 . 

S. 

Scone Jans (Jan); Ghislelles, a* ligne, n" 1 . 

Jean Schoon Jans étoit amman de la ville de Gand 
en 1 4 1 1 (de l’Espinoy, p. ig3); il portoit les armes de 



20 



3o6 BIBLIOTHÈQUE 

la famille de Halewyn , et il est probable qu’il étoit ce 
Jean de Halewyn surnommé Beau Jean. 

Scotei-ahe ( Lieven ); Ghistelles, 4* ligne, n° 4- 

Il étoit échevin de Bruges en i4o4 (Sand. , tom. II, 
p. 24), et sortoit d’une noble et ancienne famille de 
cette ville ; les armes en sont gravées dans de l’Espi- 
noy, p. 168. 

Un Jean Scoutelaere se trouve parmi les échevins 
de la même ville en 1 333. 

Un Jacques de Schotelaere étoit grand-bailli de Gand 
en 1 384 ( id. , ibid. ) , et chef-homme de la confrérie 
de Saint-Georges en i4n. (Jaerb.', p. 28.) 

Un Vincent Scotelaere parut dans les joutes de 1 427, 
i43o , 1 4 3 1, i43°., i433 et 1434 (Jaerb^Ufà. II, 
p. 9, i4, i5, 16, 17). Il remplaça, en 1 436, Jean de la 
Grulhuyse, qui se démeltoit de la place de gouverneur 
de Bruges (de l’Espinoy, p. 168, et Jaerb. , tom. Il, 
p. 3a ). Il fut décapité pour crime de rébellion, le 
3 avril 1 438. (Meyer, fol. 294, verso; et Jaerb., 
tom. II, p. 84- ) 

Sa sueur Gertrude, et Louis van de Walle, son mari, 
bourguemestre de la commune de Bruges, éprouvèrent 
le même sort. ( Jd ., tom. II, p. 56 et 85.) 

Une Jacqueline de Scheutelaere épousa en premières 
noces Guy de Steelandt , mort en 1 438 ; et en secondes 
noces, Olivier vander Gracht. (Gén., tom. I, p. 29.) 

Un Jacques de Sceutelaere étoit, en i4i 1, chef d'une 
compagnie de trente hommes de la confrérie des arba- 
létriers de Saint-Georges, et marcha sur la ville de 
Ham, avec Philippe -le -Hardi, duc de Bourgogne. 
(Jaerb. , p. 28.) 



DE LOUIS DE LA GKUTHUYSE. 
Scotelaere (Rubrecht); Ghistelles, 4 ' ligne, n* S. 



307 



Slinger (Franse); Gbislelles, 5* ligne, n° a. 

La copie de M. van Heurne porte Slvngheere. 

Steelast (Lievin van); Grutbuvse, 3 * ligne, n“ 5. 

Ancienne famille de Flandre, dont la seigneurie, prés 
d’Axel, a été submergée. (Sand. , tom. 111, p. a6o.) 

Ce Lieven van Steelant est probablement Lievcn van 
Stcelandt vivant encore en i45a , et fils de Guillaume , 
et d’Avezanle van Belle. ( Gétical tom. I, p. 26.) 

Beaucourt (Jaer-boek. vanden Yrye, tom. II, p. 17 
et 18) fait mention d’un échevin de Bruges de ce nom. 

Hellin van Steeland, seigneur de Winvelde,- étoit 
bourguemestre et échevin de Bruges en 1 4 1 5 et i4a8, 
et mourut en 1 435. ( Généal tom. I, p. 29.) 

Jean van Steelandt étoit bourguemestre du Franc- 
de-Bruges en i35^. (Sand. , tom. II, p. 1 85.) 

De l’Espinoy, qui donne les armes de celte famille 
(p. 25 1), dit qu’elles sont de gueules à la fasce d’ar- 
gent, au sautoir d’azur. 



Steenuuse (de Heere van); Gruth., 2* ligne, n” 7. 

Seigneurie du pays d’Alosl. De l’Espinov en a fait 
graver les armes (p. 86), bandées de 6 pièces d’or et 
d’azur, à la bordure componnée d’argeul et de gueules. 

Le seigneur de Steenhuvse dont il est ici question 
doit être ou Félix de Stcenbuyse et d’Avelghem , ou 
Gérard de Steenhuysc, seigneur de Sweveghem. 

Le premier étoit le beau-père de Jean de la Gru- 
thuyse, et seigneur de Tournai en i3gi . 11 étoit grand- 
bailli de Flandre lorsqu’il fut choisi pour un des com- 
missaires qui, en 1409 et i4»4> renouvelèrent le Ma- 
gistrat de Bruges (Sand., tom. II, p. 24). Le second 



3o8 BIBLIOTHÈQUE 

lua dans une révolte, en i383, deux notables bourgeois 
du Magistrat de Gand. ( De l’Espinoy, p. 86. ) 

Stovf. (Pieter vander); Gbistclles, 3 e ligne, n° 4- 

Un Guillaume van de Stove fut bourguemestre de. 
Bruges en i3ag, i33i, et échevin en i33a, i334, 

1 335 et i336. 

Uu Walterus (Gautier) remplit la même fonction 
en i334, ainsi qu’un autre du nom de Jean en 1 336. 
(Sand. , tom. U, p. aa. ) 

Stràtek ( Ywein van) ; Grulliuyse, 3' ligne, n" 6. 

Il fut échevin du Franc-de-Bruges. ( Beaucourt , 
Jacr-bock. vanden Vrye, tom. II, p. 17 et 18.) 

On trouve un Richard van Straaten , bourguemestre 

de Bruges en 1357. (Sand., tom. II, p. i85.) 

« ** $' ■ 

T. 



Temseke ( Jan van); Grulhuyse, 5' ligne, n° 6. 

Terre et seigneurie au pays de Waes, dont San- 
derus (tom. II, p. aig, fig. 3, V' Liv.) a fait graver 
le château. 

Un Jean, fds de Yvain de Themseke, existoit en 
ia6a. (De l’Espinoy, p. a6i, et Sand., tom. II, p. a 19.) 

Celui qui assista au tournoi de i3ga épousa Cathe- 
rine de Schietere, fille de Jacques, et dont la seeur 
Isabeau se maria, le a décembre i4<a, à Guillaume 
van Themseke. (Géncal. , tom. I, p. 307.) 

Un Adrien van Themseke , un Lodewyk , un Daniel , 
un Christofle, un Gelcin van Temseke, figurèrent dans 
les joutes annuelles de Bruges , des années 1418 , i 4 2I > 
i4aa, i4a3, i4»4> *4*5, 1 4 a 7» , 43°> I 4^ I > *4^3 et 
i448. (Jaerb., tom. I, p. 49®- tom - D, p. 5, 6, 7, 8, 
9, 10, i4, i5, 16, 17 et 53i.) 



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DE LOUIS DE LA GRÜTIIUYSE. 309 

Marguerite de Themseke, fille d’un Nicolas Them- 
seke, épousa Pierre Adorncs, receveur général de 
Flandre et d’Artois du temps de Philippe- le-I lardi. 
( Généal . , tom. I, p. 35 ^.) 

V. 

V arseîs are ( Jan van); Ghislelles, a' ligne, n" a. 

C’est le nom d’une terre et seigneurie à cinq quarts 
de lieue de Bruges. 

Jean van Vassenaere étoit fils d’Yvain. Il étoit con- 
seiller du duc de Bourgogne , et fut l’ait prisonnier par 
les Turcs, avec Jean de Bourgogne, alors comte de 
Nevers, en 1396, et délivré la même année. (Meyer, 
fol. 299 , verso. ) 

Il étoit un des seigneurs de Bruges qui accompa- 
gnèrent Philippe , duc de Bourgogne , lorsqu’il alla 
venger la mort de son père. (Jaerb. , tom. II, p. 5 .) 

Il fut aussi échevin de la ville de Bruges (Beaucourt, 
Jaerb. van ’t Vryc, tom. II, p. 80), et mourut en 1 443 - 
II avoit épousé Catherine, fille de Nicolas Barbasaen, 
laquelle mourut en * 443 - Tous les deux furent en- 
terrés dans leur seigneurie de Varsenaere. (Meyer, 
ci-dessus.) 

Mauritius van Varsenaere, de la même famille, bour- 
gueraestre de Bruges, et son frère Jacques, chef-homme 
de la ville, furent massacrés le 18 août 1437, dans une 
émeute populaire. (Jaerb. , tom. Il, p. 55 .) 

Maurice avoit été échevin en 1428, 1 4 - 3 1 et 1 43 ü 
(Sand., tom. II, p. 25 ). Il parut dans les joules an- 
nuelles de 1.434 et i 435 . (Jaerb., tom. II, p. 17 et 20.) 

Un Joos van Vassenaere prit part à celle de 1488. 

( Id. , p. i 36 . ) 



3io BIBLIOTHÈQUE 

Dans le village de Vassenaere étoil le château de 
Provene, appartenant à la famille de Ghistelles. San- 
derus (tom. II, p. 224) l’a fait graver. 

Vlamyng (Jacob); Ghistelles, 3 * ligne, n* 3 . 

On ignore s’il étoit de la famille de Raoul le Fla- 
menc, seigneur de Cany, qui épousa une fille de Bau- 
douin de Créquy, lequel vivoit dans le treizième siècle. 
( Gcnéal . , tom. II, p. 178.) 

Jean Vlaeminck, dixième échevin du deuxième banc 
de Gand, année 1420, portoit d’autres armes. (De 
l’Espinoy , p. 619.) 

Yten Zwane (de Bastaert); Gruth., 4' ligne, n° 7 . 

Un Geerein Wyten Zwane, seigneur de Wacquene 
(VVacken , village à trois lieues trois quarts de Cour- 
trai), dè Miromez , de Herdissem (Herdersem) et de 
Lcmbeke (Zonnebeke), vers i 35 o, épousa la seconde 
fille de messire Simon de Mirabello, chevalier, seigneur 
et baron de Perawes (Perwez) et de Berverene (Be- 
veren) , et d’Élisabeth, fille bâtarde de Louis de Ncvers, 
comte de Flandre. 

Il en eut Catherine , qui épousa Philippe de Mas- 
seme, seigneur d’F.ecke, et Hundelgem (Herdergsem), 
bailli de Dendermonde. (De l’Espinoy, p. 66 , et Sand., 
tom. ni, p. 234.) 

Catherine Vuter Zwane , dite Mirabelli, épousa Jean 
Sersanders, qui vivoit vers la fin du quinzième siècle. 
( Gcnéal tom. I, p. 6a.) 

Vten Zwane (de Bastard); Grulli., 4 * ligne, n° 8. 

Via (Philips de); Ghistelles, 4 ' ligne, n° 6. 

La copie de M. van lluerne porte Bu/. 



> 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



Walle (Zeger vanden); Ghistelles, 3* ligneyjt* 6. 

Famille ancienne, alliée aux premières de la Çlftn- 
dre. De l'Espinoy (p. a 97 el 4>3), qui en a fait graver 
les armes, fait mention d'un grand nombre de per- 
sonnes de ce même nom. 

La terre et seigneurie de vander Walle tenoit en fief 
de la châtellenie de Courtrai. 

Zegher vanden Walle étoit échevin de la ville de 
Bruges en 1396. (Sand., tom. Il, p. a3.-) 

Un Lambert vanden Walle remplit la même fonction 
en i3ag; un Gilles, en i33i, i33a et i334; un Jac- 
ques, en i35i et i35j; un Jean, en i35a, 1 354 et 
i355; et un Pierre, en i353. (Sand. , tom. II, p. aa.) 

Un autre Jacques prit part aux joutes de i4«8, i 4*9> 
i4ai, i4aa et i4a3 (Jaerb. , tom. I, p. 4g5 et 49^5 
et tom. IT, p. 3, 5 et 6), et un Joas à celles de i433 
et i435. ( Id tom. Il, p. 17 et 20.) 

Marie van de Walle , fille de Daniel el d’Ide Vilain , 
épousa Jean de Steenlandt, haut échevin du pays de 
Waes en i4t4> qui eut 1* tête tranchée par les Gan- 
tois en i45i. ( Génêal . , tom. II, p. 3a.) 

Isabeau van de Walle, fille de Jean, épousa Tristan 
de Halewyn. (Le P. Anselme, tom. III, p. 99.) 

Weldehe (Wouters van) 5 Gruthuyse, 1” ligne, n° a. 

Welden, terre et seigneurie à une lieue et un quart 
d’Audenaerde. 

Wihgheme (Wouter van); Gruthuyse, 3* ligne, n* 2. 

Terre et seigneurie considérable à trois lieues de 
Bruges. 



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3i2 BIBLIOTHÈQUE 

Gauthier van Winghene étoit, selon toute probabi- 
lité, fils de Wautier, dit de Winghene , second fils de 
Henri III , sire de Bautershem en iaa3 , iaa4 et 
ia3a. (Bulkcns, loin. II, Suppl., p. an.) 

Il portoil les armes de Berghcs ; de l’Espinoy (p. 3o t) 
les a fait graver. 

On trouve parmi les confrères de la confrérie des 
arbalétriers de Bruges , un Arnaud van Whynghene. 
( Jaerb. , p. a8a. ) 

Y. 

Yaueke (Victor van) ; Ghistelles, a' ligne, n“ 4- 

Jabekc , terre et seigneurie à deux lieues et un quart 
de Bruges. 

Z. 

Zweveghem (Arnoud van); Grulhuyse; a* ligne, n* 5. 

Terre et seigneurie près d’Harlebeke. Sanderus en 
a fait représenter le château (tom. DI, p. 3a). 

Arnoud van Zweveghem assista à l’enterrement de 
Gérard de Mortaignc en i3c)i. 

Un Hallard, seigneur de Sleenhuyse, étoit aussi sei- 
gneur de Zweveghem vers i3oo. Il portoit les mêmes 
armes qu’ Arnoud. (Van Gbistel, Hist. Mech., tom. Il, 
p. aag.) 

De l’Espinoy (p. a^a) fait mention d’un seigneur de 
Zweveghem qui fut d’un duel, en i364, avec Rassc 
van Herselles, qui y fut tué, entre Jean de Ghistelles, 
seigneur de la Woestyne , et de Nevele et les siens. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3i3 



SUJETS DES MINIATURES 



DONT LE MANUSCRIT DE RENÉ D ANJOU EST EN] 



* (Voyei ci-dessus , p. a65. ) 




Miniaturet du Texte. 

? T 




Fol. ix, recto. 

Quand un seigneur se proposoit de faire un tournoi , 
il envoyoit son héraut d’armes à celui qu’il vouloit 
combattre. 

Ici le héraut d’armes reçoit A genoux l’épée des 
mains du duc de Bretagne, assis sous un dais, pour la 
porter au duc de Bourbon. 

Sujet composé de neuf personnages. 

Fol. xj , recto. 

Le roi d’armes s’acquitte des ordres de son seigneur; 
il est devant le duc de Bourbon , à qui il offre , à ge- 
noux , l’épée du duc de Bretagne, qu’il lui présente 
par la garde. 

Huit personnages. 

Fol. xiij , recto. 

Le duc de Bourbon a accepté le défi ; le héraut 
d’armes lui présente un rouleau où sont peints huit 
quartiers d’armes àes, chevaliers proposés pour être 
juges diseurs : il en choisit quatre. 

Huit figures. 

Fol. xiiij , verso. 

Les quatre juges étant choisis, le héraut d’armes va 



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3i 4 BIBLIOTHÈQUE 

leur demander, de la part de son seigneur, s’ils accep- 
tent cet office. 

Sept figures. 

Fol. xvij . 

Le héraut d’armes publie le tournoi; un des deux 
poursuivans d’armes distribue les armes aux tour- 
noyeurs. 

Neuf figures. • , 

Fol. xx, recto. 

Deux formes de heaumes ; celle du heaume avec 
timbre : le tout posé sur le lambrequin armorié. 

Fol. xxj , verso. • 

La cuirasse. 

Fol. xxiiij , recto. 

Forme de trois gantelets. 

Fol. xxiiij. 

Forme des garde-bras et avant-bras. 

Fol. xxv, recto. 

L’épée et la masse. 

Fol. xxviij , verso. 

Le sac pour mettre le hourl. 

Fol. xxix, verso. • , 

Le hourt à l’envers. 

Fol. xxx , recto. 

Le bourt à l’endroit. 

Fol. xxxj. 

La couverture du bourt. 

Fol. xxxij , verso, et xxxiij , recto. 

Le duc de Bretagne et le duc de Bourbon combat- 
tant comme Gruthuyse et Ghistelles dans les minia- 
tures a et 3 , p. »70. 



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3i5 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 

Fol. xxxiiij , verso , et xxxv, recto. 

Grande miniature représentant la lice remplie d’une 
multitude de chevaliers. On y voit deux tribunes des- 
tinées, l’une, aux juges du combat, et l’autre, aux 
dames. ■***• 

Fol. xxxvj , verso, et fol. xxxvij , recto. 

L’entrée des tournoyeurs en ville. 

Douze personnages à cheval. ' * 

Fol. xxxix, verso, et fol. xl, recto. 

Les loges des tournoyeurs , aux fenêtres desquelles 
sont placées leurs armes et leur bannière, au nombre 
de vingt-deux. 

Fol. xlj , verso , et xlij , recto. 

L’èntrée des juges du tournoi dans la ville , avec une 
suite de plus de vingt personnages à cheval. 

Fol. xliiij , recto. 

Un héraut d’armes tient les bannières des quatre juges. 

Fol. xlvj , verso, et xlvij , recto. 

La licé où se trouvent réunis tous les combattans , 
rangés en ordre et prêts à en venir aux mains. Trois 
tribunes, dont celle du milieu est occupée par les juges-, 
les deux autres, par les dames. 

Fol. xlvij , verso , et xlviij , recto. 

Visite des heaumes, timbres et bannières des com- 
battans, par les juges, les dames et les seigneurs. 

Fol. lij , verso, et liij , recto. 

Prestation du serment par le seigneur appelant et lg 
seigneur défendant. Deux tribunes , sur lesquelles on 
lit la devise Plus est en nous; l’une est occupée par les 
juges; l’autre, par les dames. 




3i6 BIBLIOTHÈQUE 

Fol. xlij , verso, et xlij , recto. 

Le seigneur appelant et le seigneur défendant assem- 
blent le tournoi en dedans de la barrière. Trois tri- 
bunes : une pour les juges, deux pour les dames. 

Fol. lxvij , recto, et lxviij , recto. 

Une multitude de tournoyeurs dans la lice , combat- 
tant par bandes. Sur deux tribunes on lit, en grosses 
lettres d’or, la devise Plus est en vous , plusieurs fois 
répétée. 

Fol. lxx, verso. 

La distribution des prix par la dame , le chevalier 
d’honneur et les juges. 





* 



s 



* 



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I 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE 3i-j 



DESCRIPTION 

.1 

o’üN AUTRE MANUSCRIT 

DU TOURNOI DE JEAN DE LA GRUTHUYSE. 

N° C. (p. i55.) 

Ce manuscrit, coté 835 1 , se trouve aussi à la Biblio- 
a 

thèque du Roi. H est un peu moins bien exécuté que le 
précédent , auquel il paroît avoir servi de modèle ; néan- 
moins il a appartenu au même seigneur, car au fol. coté t 
sa devise Plus est en vous, meer es in u, se voit écrite 
dans la première initiale. 

Les armes de France, peintes au bas du récit rapporté 
ci-dessus, page 371 , et qui indique l’époque à laquelle 
ce tournoi eut lieu, recouvrent celles de la Gruthuyse; 
ce qui prouve que ce manuscrit resta dans sa bibliothèque 
jusqu’au moment où il passa, avec tous les autres, dans 
celle de Louis XII. 

Le premier feuillet est enrichi de la miniature qui re- 
présente l’hommage que Gruthuyse fit à Charles VIII ; 
mais celte miniature est moderne , et faite d’après la 
peinture originale , pour un des possesseurs qu’a eus ce 
manuscrit, et dont les noms sont rapportés dans des notes 
écrites au commencement du volume. Il y est dit que, le 
6 novembre 1616, Le Breton le reçut de son père, Hector 
Le Breton , sieur de la Doinetrie , roi d’armes de France , 



* 



* 



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3i8 BIBLIOTHÈQUE 

qui a fait dorer son nom et ses armes sur les deux plats 

de la couverture, en maroquin rouge. 

Le 29 avril 1707, un nommé Lehay l’acquit i5o livres, 
de M. d’Omonville , qui s’en défit ensuite par besoin 
d’argent; mais il reste a savoir comment il devint la pro- 
priété d’Hector Le Breton. L’avoit-il obtenu en sa qualité 
de héraut d’armes, comme étant double à la Bibliothèque 
du Boi , où se trouvoit déjà l’original , et pouvant lui 
être utile dans l’exercice de ses fonctions de roi d’armes? 
Il appartint plus tard à M. de Gaignières , et revint à la 
Bibliothèque du Roi avec tous les livres de cet amateur, 
lesquels furent acquis en iyi5. 

Gaignières en fit changer le dos pour y faire dorer son 
chiffre, et peut-être est-ce également lui qui y ajouta la 
première miniature, qui n’y étoit point , et ne devoit être 
que dans le manuscrit original. Au moins est-il certain 
qu’il s’en procura une autre copie pour l’insérer dans son 
grand recueil de monumens françois , portefeuille 8 , 
n° 5ü , et c’est d’après cette dernière qu’a été faite la gra- 
vure de ce sujet, laquelle se trouve dans le tom. IV, PI. jv, 
p. 58 , des Monumens de la Monarchie francoise, du 
P. de Montfaucon. 

En tête de ce second manuscrit du tournoi do la Gru- 
thuyse, sont six feuillets, y compris celui qui offre la 
peinture de la présentation ; ces six feuillets contiennent 
les figures relatives au tournoi de i3pa. 

Suit l'ouvrage de René, dont les feuillets sont chiffrés 
depuis i jusqu'à lxviij , et sur le premier desquels on lit, 
au recto, l’historique du tournoi. 

La Bibliothèque du Roi possède encore deux autres 
manuscrits de l’ouvrage de René d’Anjou , sans aucune 



» 



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* 



DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3 19 

des miniatures que la Grulhuyse fit faire pour le sien. Ils 
sont l’un et l’autre du quinzième siècle, et sur papier. 

Le plus ancien vient aussi de Gaignières; il est relie en 
veau fauve, à son chiffre. Le second , couvert de maro- 
quin noir, après avoir appartenu au prince de Conti et 
au duc de la Yallière, fut acquis en 176G. ( Essai hist. 
sur la Bibl. du Roi , p. 106.) 

Il est très douteux que ce dernier manuscrit soit celui 
qui fut exécuté par l’auteur lui-même, ainsi que l’assure 
le duc de la Vallière, qui, en le vendant à Louis XV, 
employa peut-être ce moyen , soit pour en relever l'im- 
portance, soit aussi pour justifier le haut prix qu’il en 
demandoit, sans doute. René peignoit très bien, comme le 
prouvent plusieurs manuscrits qu’il nous a laissés; et cer- 
tainement un ouvrage composé par ce Roi seroit sorti de 
ses mains avec les emblèmes, les devises et les initiales 
de son nom; en un mot, tous les ornemens dont il se 
plaisoit à enrichir ses manuscrits. L’auteur de V Essai 
historique sur la Bibliothèque du Roi (p. 106) , et M. de 
Villeneuve , dans sou Histoire de René d' A njou (tom . II , 
p. 3 0O — 3o4), et d’autres qui en ont parlé, se sont 
contentés de répéter l’assertion de ce noble amateur, sans 
s’appuyer de preuves. M. de Villeneuve, en décrivant le 
tournoi de i 3 ga, le place à l’année 1 49 1 > et au lieu 
d’en faire honneur à Jean de la Grulhuyse, il l’attribue 
à Louis, son fils, qui n’a fait qu’ordonner l’exécution du 
manuscrit. • 

On trouve encore à la Bibliothèque du Roi deux autres 
manuscrits très modernes, copiés d’après les anciens. 

L’un, composé de roa feuillets, coté n° 835 i, csl un 

grand in-folio sur papier. Il vient de la Ribliothèque de 



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V 



3ao BIBLIOTHÈQUE 

Gilbert , n° 4 J» Catalogue de ses Manuscrits, et il paroit 
avoir été exécuté par ordre de ce ministre , probablement 
pour donner à Louis XIV une idée des anciens spectacles 
de ce genre, et l’engager à les introduire dans les fêles de 
la cour. En effet, les carrousels, les joutes, les courses 
de têtes et de bagues, les dirertissemens de 1662 et des 
années suivantes, en offrent quelque image. Le manuscrit 
de Colbert est écrit en lettres rondes ; les miniatures dont 
il est enrichi ont été faites avec le plus grand soin, d’après 
le manuscrit original. Celles qui ont rapport au tournoi 
de la Gruthuyse précèdent l’ouvrage de René, qui com- 
mence au fol. 12. 

Le premier feuillet offre un frontispice peint, où on 

*3 àj.i 

Portraits du tournoi de Monfeigncur de la Gruthufc appellant et de 
Monfeigneur de Ghiftelle deflendant 139a. 

L'ordre et la manière comment les Tournois doivent eftre faicts et 
conduis par m™ Rene' daniou Roy de Sicile duc de Lorraine. 

L’autre manuscrit est aussi sur papier, et de la même 
époque : il a appartenu à Gaignières. On y trouve toutes 
les armes blasonnées, ainsi que les noms en françois des 
chevaliers. Le titre porte : 

JêéF f / Wj. 

Noms et armes de ceulx qui furent a ung tournois tenu au marché 
de la ville de Bruges lan de noftre feigneur 139a le xi* jour du mois 
de mars par monfcig r Jean feignear de la Gruthufc contre monfeig. 
Jean feigneur de Ghiftelle. . ^ 

Smallegang, auteur d’une chronique de Zeelande, en 
hollandois, dit qu’étant à Paris, en i65i, il eut occasion 
de voir le manuscrit du tournoi de la Gruthuyse , que lui 
montra Pierre Dupuy , garde de la Bibliothèque du Roi, 
et qu’il en fit une courte description , qu’il a insénÿ 
depuis dans son histoire, p. 726. Il avoit le projet de faire 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3a i 

■gli 

graver les miniatures où sont les armes et les noms des 
chevaliers qui figurèrent dans ce tournoi , et d’en enri- 
chir son ouvrage, pensant, avec raison, que beaucoup de 
familles nobles de la Hollande seroient flattées, de meme 
qu’aujourd’hui, d’y trouver plusieurs de leurs ancêtres. 

Dans sa vie de Peyrecs (p. 181), Gassendi nous ap- 
prend que cet illustre projecteur des lettres avoit eu , 
avant Smallegang , qui l’ignoroit, l’intention de faire im- 
primer une édition de l’ouvrage de René d’Anjou , et 
qu’il avoit même commencé à en faire graver les figures 
d’après le manuscrit de la Bibliothèque du Roi, n° 835 1, 
le seul qui y existât alors , et celui-là même que Gru- 
thuyse avoit présenté au roi Charles VIII. On ignore ce 
qui a pu empêcher l’exécution de ce projet. 

A l’exception de la miniature qui représente la céré- 
monie de l’hommage au Roi, des deux où Gruthuysc et 
Ghistellcs s’élancent l’un sur l’autre, et des deux sui- 
vantes, et dans lesquelles les hérauts d’armes de ces sei- 
gneurs proclament le jour et le lieu où doit se faire le 
tournoi, Peyrecs a fait exétuter au burin toutes les au- 
tres, au nombre de seize. y ' 

Celte suite de figures est devenue tellement rare, qu’on 
ne la connoit aujourd’hui qu’à la Bibliothèque du Roi, 
où il s’en trouve deux exemplaires. Dans celui qui est 
au Cabinet des Estampes il manque les deux figures des 
blasons des combatlans, qui sont néanmoins dans l’exem- 
plaire qui est au dépôt des livres imprimés, relié, assez 
mal à propos, à la fin de l’ouvrage intitulé : Pompeuse et 
magnifique Descnption du Sacre de Louis XIV. Paris , 
i655 , in-folio. 

Dans cette seconde suite , plus complète que la pre- 

21 



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3 aa BIBLIOTHÈQUE 

mière, il manque cependant la figure m , qui se voit dans 
l’autre, et qui représente le héraut d’armes tenant le rôle 
des blasons de huit chevaliers et écuyers, parmi lesquels 
on doit choisir quatre juges diseurs. % 

.Gôtze [die Merckwurdigkeiten dcr Kvnig. Bibl. su 
Dresden, tom. I, p. ni) , Wilken ( Studien herausgeg. 
von Cari. Daub. , in-8% toro.JI, p. 168), et M. Kbecl 
[Gcsch.der Aônigk Bibl. su Dresden , in-8°, p.* 344 ) » 
donnent d'assez amples détails d’un beau manuscrit de la 
bibliothèque de Dresde, dans lequel se trouvent réunis 
trois dilTérens ouvrages , dont le premier oU’re une très 
belle copie du même livre de tournoi, enluminée magni- 
fiquement, cl enrichie de trente-trois miniatures; mais 
où rien n’indique quelle sqjt de la main de René. 

Le second est intitulé : T raidie de la droicte Ordon- 
nance du Gaige de Bataille par tout le. ro) anime île 
I‘ rance, et c’est l’ouvrage dont M. Crapelet nous a donné 
récemment un exact et curieux fac-similé , vrai chef- 
d couvre do typographie et d’enluminure. 

Le troisième contient une chronique abrégée des Faicts 
de i rartte: depuis l an de grâce mil quatre cens jusqu’à 
i ^ “ n M l ‘‘‘j soixante sept inclus , par Régnier d’Anjou. 

, Quelques personnes ont fait faire, en différais temps, 
des copies modernes des noms et des blasons seulement 
des chevaliers qui parurent dans ce tournoi. Il en est 
parvenu cinq à notre connoissance. 

La première de ccs copies a appartenu à François-Joseph 
? Laslro y Toledo , premier écbevin du pays de Waes. H 
1 avoit acquise à la vente des effets de Ferdinand-Philippe, 
baron de Boneén, grand-bailli du même pays de Waes, 
mort le 12 février 1728. 



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DE LOUIS DE LA GHUTHL^SE. 3a3 

La seconde éloit, en itidg, à G. de SMfenhuyse de Fiers; 
elle passoit pour avoir été faite par Alexandre Léblanc, 
seigneur van Alcurchin et Bailleul , ou par son frère 
Guillaume Leblanc, vers i55o, parce que sur le second 
feuillet se trou voient peints quatre de ses quartiers : 
Leblanc, Loz, Ruffault et Carlin. 

Les blasons n’étoient point exécutés à la manière an- 
cienne , mais ornés de fleurons. La plupart avoient pour 
cimier un timbre et un capuchon peint en or et en 
argent. 

La troisième a été acquise par la Bibliothèque du Roi , 
à la vente des Livres de M. Neuwens, à Bruxelles; elle est 
de la main de Corneille Gaillard, roi d’armes, et écrite 
en i54o. Outre les armes des chevaliers, elle contient 
des notes historiques sur l’ancienne chevalerie de Flandre. 

La quatrième nous appartient; elle est sur 18 feuillets 
de papier, avec les armes dessinées et décrites, et avec 
les noms des tournoyeurs. A la suite sont les épitaphes 
que l’on lit dans les églises de Bruges. 

La cinquième, en deux feuillets d’un mètre 92 a raillim. 

( 49 p- u 1.) de haut , sur 65o millim. (24 p.) de large, 
se conserve dans le riche et curieux cabinet d’antiquités 
nationales de M. van Heurne , à Bruges. 

î On y lit à la fin : , ' . 

. * ' „• • 

loi jacr ons bceren (Imitent drye hondert ende twee entncghentirli 
op tien xj dach van Macrtc was dit ghefpel ende tournoy ghehouden 
te Brugghe up de maert by den zeer Edelen heere vanden Gruulhuufc 
beroepen jeghens den moghende hccrc Tan Ghiftclle Termeerdere elc 
met de voors 1 perfoonen te weten np de rechter zyde mer Gruuthuufe 
ende up de flnynker zyde mer Ghyftcllc ende wed'er rernieut hier ter 
plaetfe up twintichften dach van Meye Tyflhicr hondert ende twee’- 
tneghentieb. 



4 



3*4 BIBL. $e louis de la gruthuyse. 

Wlson de La Cfclombière , qui a donné , en i648 , dans 
le ton». I , p. 49 1 de son Iray Théâtre T Honneur, le 
texte dë l’ouvrage de René, renfermé dans le manuscrit 
de Gruthuyse, l’a accompagné de tous les sujets des mi- 
niatures qu’il a réunis sur deux planches gravées en taille- 
douce, et qui sont placées aux pages 49 et 8i de son 
ouvrage, ^ 

MM. Gassier ( Hist. de la Chevalerie franroise , 1814, 
in-8°, p. 290 à 33a), Wilkcn, à qui nous devons une 
histoire curieuse des tournois en général , et Charopol- 
lion-Figeac , dans son beau volume intitulé les Tour- 
nois du roi René , d’après le manuscrit original et les 
dessins originaux de la Bibliothèque royale , ont aussi 
reproduit l’ouvrage de René. 

M. Lhampollion 1 a enrichi de divers monumens que 
ce Roi nous a laissés de son talent pour la peinture. 



« 



NOTES. 



(1) Beaucourt, Historié van 7 Vrye , tom. I, p. l 46 . 

(2) Cu st i. s , Jaer-Boecken der stadt Brugge. Brugge, J. van 
Praet, 1765, 3 vol. in-12, tom. I, p. 496. 

( 3 ) Idem , tom. II, p. 102. 

Le jeune de Gruthuyse pouvoit alors avoir seize à dix-sept ans ; 
c’étoit l'âge ordinaire où les jeunes gens nobles commençoicnt à 
s’exercer dans les tournois au maniement de la lance et de l’épée. 
Le comte de Charolois , fils de Philippe-le-Bon , n'avoit guère 
que cet âge lorsqu'il joûta pour la première fois en i 45 i, contre 
Jacques de Lalain. ( Hist. de Jacq. de Lalain , par Georges 
Chastellain , in- 4 °, p. 23 .) 

( 4 ) Custis, tom. II, p. 106. 

( 5 ) Idem, tom. II, p. 108. 1* 

(6) Idem , tom. II, p. 110. 

(7) Mcm. pour servira P Hist. de Bourgogne , iu- 4 °, tom. II, 
p. 23 o. Dans un compte de Vison, de l’année 1 449 * P orte 
cette môme qualité d’échanson. 

( 8 ) Almanach de Cambrai, année 1 7G4 » in-12, p. xx. 

(9) Hist. de Lalain, p. 229 et 298 ; Hist. de Charles VII, 
par Math, de Coucy, publ. par Godefroy. Paris, 1661, p. 638 . 

(10) Meyeri Ann. Antverpiœ , i 5 i 6 , in-fol., fol. 3 o 6 , verso, 
et Chronike van Vlacndcren. Brugge, 1727 — 1 737, 4 vol. 
in-fol., tom. II, p. 295. 

(11) Maurice, Hist. de la Toison-ctOr, i 665 , in-fol. , p. 65 ; 
Chronike van Vlacndcren , tom. II, p. 317. 

(12) Hist , de Charles VII, p. 654 - 




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NOTES 






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m. (*3) nnancc du Banquet, manuscrit in-4®, original, qui 
£ . se trouTe dans la Bibliothèque* du Roi. 

(i^)'Hùt. de Charles VIT, p. 667 . » 

(15) Idem, p. 666 . 

( 16 ) lerwerda ,• nederland Stambock , tom. I , in-folio, au 
mot Borssele. 

( 17 ) t«f. </r.r Râles gascons , par Th. Carte, 1743 , in-folio, 
tom. 11, p. 352 ; Mém. de J. du CUrcqJ publiés par M. le baron 
de Reiflonberg. Bruxelles, i8a3 , 4 vol. in- 8 ° ; tom. III, 
p. i3o ; Monstrelet, Paris, 1 5y5, 3 vol. in-fol. , tom. III-, 
fol. 84» verso. Le manuscrit du Roi, n° 6759 , contenant les 
anciennes chroniques d’Angleterre , par. Jean de Waurin , 
tom. VI, fol. clxviij , décrites ci-dessus page 24 ^ rend ainsi 



compte de cette mission 



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Le duc Philippe de Bourgoingne doneques ainsi infourme et requit 
comme tous auez oy dcfirant de complaire au Roy Edouard et ycelluy 
exaulchier en la joiflance du Régné anglois enuoya haftiuement deuers 
(ladite niepee dEfcoce par fourme dambaffade le feigneur de la (iru- 
thufe Prince de Steenhufe ung noble et puiffant baron de la nacion de 
flandres fage'rt prudent lequel ayant receu le commandement du duc 
fon feigneur fappareilla et mift en point moult notablement et puis 
honnourablement accompagnie de cheuallicrs et efcuyera tant de" lor- 
donnance du duc comme de fon boftel entra fur mer a lefelufe et tant 
naga quil vint en efcoce auquel lieu luy arrive fift enquerire ou citait 
la royne puis tyra celle part ou il cuidoit trouuer et quaut il approcha 
le lieu la royne luy alla au deuaot en fa propre personne laquelle apres 
les faluemens et bien viegnans lui enquift la fante et eftat du duc fon 
onde de fon fllz le comte de cbarolloia et fa belle ante la ducheffe a 
quoy le feigneur de la grnlhufc luy refpondy courtoiferoent et a point 
comme bien pourUeu de fens et beau language fi fut recbeu et feftoie 
moult honnourablement de la royne et des dames de fa court preraie- 
rement et puis des princes et haulz barons defcocc tant pour amour 
du bon leal prince duquel ii portoit lordre de fa toifon comme auflî 
pour lhonneur et recommandation de fa perfonne a tous reuerente et 
agréable. 

Apres tous les feftoiemens et recocillutes quant ledit feigneur de la 



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NOTES. - $££ 

griithufe vey le temps oportuu en moult bel citât et meure eontenétncc * 

Te trait par deuers la royne et Tes confaulz oq il monftra et cxplîcqua 
les articles et poins de fa légation tant nnecment proîyxcmrnt et viuc- * 

ment en honneur rcuerence que voulentiers fut oy de tous et trlemrnt 
procéda que auant fon parlement par laigreur de son fens et dilligencc * 
les traitics et dillacions de alyances nouuellement faites entre les deux 
Roynes danglcterre et defcoce furent rompues et adnichillccs mettant 
ycelles du tout au néant lefq>ielles chofes adeomptees le feigneur de la 
griithufe moult joyeulx de fon bel exploit aprex congie prins a la roync 
et aux feigneurs et dames de fa court il fc party defcoce et revint en 
flandres deuers le duc de Bourgogne fon feigneur auquel il raconta tout 
au long la manière de fon expédition ainfi que ey-deffus efl contenu 
de quoi le duc et fes confaulx furent mou[t ronlentz. 

(18) Maurice , Hist. de la Toison-if Or, p. 65 ; Historié de la f 

insigne orden del Toyson de Oro K por don Julian de Pincdo , • 

1787 , in-fol. , tom. I , p. 74. 

(19) Mém. de /. du Clcrcq, in-8% tom. IIIÇp. 162 et 174. 

(20) Joseph van Praet, Jacrbock der gilde van Sint-Joris. 
Brugge, 1786, in-ia , p. 60. 

« ^ * 

(21) De Wree, Généalogies des Comtes de Flandre. Bruges) 

1642, in-fol., tom. II, p. 362. 

(22) Hoynck van Papendrecht , Annalccta Belgica , 1 ^ 43 , 
in- 4 °, tom. II , Part. I, ^). 3 o des Preuves. Dans la nomen- 
clature des objets d’entretien laissas à la charge de Gruthuyse , 
ou trouve les ustensiles d’hôtel , c’est-à-dire les meubles , les 
battclages (les bateaux), la belle chère ou dépense de la table. 

Le mot chère, indiqué par abréviation par celui de chre, n'a * 
pas été compris par Hoynck, qui rapporte en entier les lettres 
patentes de Philippc-le-Bon , datée* de Bruges le l 4 mai 1 463 , 
qui contiennent la nomination de Gruthuyse , réforment les con- 
seillers en Hollande , et ordonnent le transport de la Chambre » * 
des Comptes , qui étoit à La Haye , dans la ville de Bruxelles. , 

( 23 ) Monstrelet , tom. III, fol. 120, verso; du Clcrcq, 

tom. IV, p. 267. » • " 



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3 a 8 NOTES. 

' (l 4 ) Du Çlercq , loin. IV, p. 267. 

1^9.5) Monstrdct, loin. III, fol. 121, verso; Excellente Chro- 
iiykc van V lacndcrcn , Antwerpen, fol. Ixxviij, verso; Rôles 
gascons , loin. II, p. 356 ; Rupin Tlioyras, Hist. <t Angleterre , 
in- 4 0 , 1 / 49 ' tom - V» P- 3 l. 

(26) Chronique de Georges Chastellain, Paris, 1827, in-8°, 
p. 3 ■ 4 : Chronique van Vlaend., tom. II, p. 388 et 38 g. 

(27) Excellente Chron van Vlaend., fol. ccxxiiij, verso. 

(28) Idem, fol. cxxxix — cxlv, verso. 

(29) Custis, loin. II, p. i 54 - 

( 3 0) Atsb. Mirai opéra Diplom. et historica, Bruxellis, 1723, 
, lit— fol. , tom. IV, p. 3 et 626. L’emlroit où ils établirent ce 

couvent étoit appelé Gruuthof ; c’étoit sans doute une ancienne 
demeure de la famille de Gruthuyse, située près la porte Sainte- 
Catherine. 

( 3 1) Smallegang, Niemve Chron. van Zeelandt, Middelburg, 
1696, in-fol., p. 687 ; Mém. de Philippe de Comincs, Bruxelles, 
1706, in-8", tom. I, p. 167; Rapin Thoyras , in~ 4 °, 1749 » 
tom. V, p. 5 i et 82, et le manuscrit du Roi, n° 6769, qui a 
appartenu à Gruthuyse , et qui contient les anciennes chro- 
niques d’Angleterre, 12 vol. in-fol., décrits p. 241. On y lit, 
fol. cciiij” vij , verso : 



(Ven le mois de mai 1 4/*> ) le duc de Bourgnoigno dautre part 
adeertene des cliofes dites fe party de Lille et fen alla a lefelufe adfin 
de mettre une grant puiffaoce fur la mer pour aller combattre ledit 
comte de Warcwic ouquel navirre entrèrent hollandois zcclandois et 
flamands qui font vaillans gens marins auec aulcuns de Iholtel du duc 
de laquelle flotte furent conducteurs le feigneur de la Verre admirai 
de la mer le feigneur de la grutbufe lors gouverneur de hollande le 
feigneur de Halleuin et autres jufques au nombre de xxxvj navires 
rontendans a combattre le comte de Warewic mais il avoit colloque 
fon navire en fi fort lieu quil efloit mal poffible de le grever. 



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* notes. 

( 32 ) Manuscrit n° 6759, fol. cciiij” , recto, de la Chronique * 
d’ Angleterre , de Jean de Waurin, décrit p. 24 1 : 

(Édouard ) confiderant comment Jefdits feigneurs frères de AVarcsvic 
le Lrahiffoient villainerncnt en prendant party contraire fe tyra hafii- 
vement en la ville de Hepfhuye (Ipfwich) ou il trouva daventurc 
navire fi paffa en hollandes luy accompagnie de fon frere diic de Glo- 
ceftre du comte de Riviere feigneur de Scallcs Ton ferouge (beau-frère) ' "" 
le feigneur de Haftings le feigneur de Duras et autres fi vint arriver a 
la baye duquel lieu fut envoyé par le duc de Bourgoigne le feigneur de 
la Gruthufe prince de Steenhufe pour lors gouverneur dudit pays de 
Hollande qui honnourablement le recheut comme bien faire le feavoit 
et la le feftoia bonne efpacc de temps parmy ledit pays de Hollande et 
fi au gre dudit Roy le conduifi que grandement depuis fen loa comme 
bien y parut car il luy cflargy ainfi que digne de plus grant honneur 
et prééminence la comtec de Winceftre en Angleterre. 

( 33 ) Excell. Chron. van V^lacnd. , fol. cliij , recto; Chron. 
van Flaend . , tom. II , p. 418 et 421 Custis, Jearb. , tora. II , 
p. i 56 , et le roannseiit n° 6 ^ 5 g, où on lit, fol. ccciiij, verso : 

En lan mil quatre cens lxxj le fécond jour de mars le noble Roy 
Edouard quatrième de ce nom par la grâce de dieu Roy dangleterrc 
et de france fyre djrlande aprez quil eut longtemps fejourne en la 
ville de Bruges ou il fut feftoye et affifte de plufieurs gens en efpecial 
du feigneur de la gruthufe fift préparer fes habilleraens de guerre et » • 1 
affembla grant compagnie de gens darmes tant des pays du duc de 
Bourgoigne comme d Angleterre puis vint en Zerlande au port de Flef- 
chine auec luy fon frere le duc de Gloceftre le comte de Riviere le 
feign. de Sage (Scales) le fi de Duras et aultres adcorapagnic denviron 
xi j c corabatlans bien prins. • V 

( 34 ) Excellente Chron . , fol. cliij, recto, tom. II, p. 160, et 
le manuscrit du Roi, n° 67 5q, où on lit : 

. . • , . 

toutes les befongnes ainfi faites et achevées que oy auez cy deffus Te 

Roy Edouard eferipuit une lettres moult amiables a ceulx de Bruges 
dont la teneur fcnfiëult : 

Edouard par la grâce de dieu Roy dangleterrc et de france feigneur* 
djrlande a nos très chier* et efpeciaux amis les nobles hommes efeou- 
telle Burgmaiftrcs et Echcvins et Gonfeil de la ville de Bruges et a 
chacun deulz falut et dilleclion très chicrs et bien efpcciaulx amis nous 



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NOTES. 




vous mercyons tant et fi cordialement que faire pnvons delà bonpr 
chierc et grande courtoifie que votre très begnivoleute affection voua 
a pieu de nous faire et demooftrer gracieufement et largement au bien 
et confollation de nous et de nos gens pendant le temps que nous cAions 
en voftre ville. Nous nous en tenons grandement tenus a vous ce que 
nous recougnoifferons par effet fe cbofe eft que iamais puifïons faire 
bonnement pour le bien de vous et de ladite ville vous lignifiant quil 
a pieu a noftre bcnoift créateur de fa grâce nous donner depuis que *• ■ 
partifmes de ladite ville et arrivafmes en ceftui noftre Royatilmc fi 
bonne profperite et gracicufe fortune que nous avons obtenu la victoire 
de tons nos annemies et rebelles de pardccha et fommes paifiblcracnt 
rcfaifis et pofleffez de noftre Rovaulme couronne et regalite et bien 
duement obey comme par le porteur de ceAes en poire* cftre adcer- 
teoez plus amplement dont nous rendons très finguliercs grâces et 
mercis a noAre rédempteur lequel très chiers et efpcciaulx amis prions 
vous avoir toujours en fa fainte garde. Donne foubz noAre figne en 
noftre cite de Cantorbcry le xxix r jour de may lan mil iiij c Ixxj. Ainfi 
figne Edouard. 

Ÿ » C 

Celle lettre se trouve traduite en flamand dans le tome II , 

page 160 , des Ann. de Cuslis. ^ r J * 

(34 Ai. 0 Casley rapporte ainsi les titres de deux de ces ma- 
nuscrits. 

Le premier est intitulé : 

« Le quart volume de lbiftoire fcolaAique contenant le livre de 
« Tobie jufqua les faiz des apoftres avec plufleurs belles miniatures 
« lequel livre fut fait a Bruges par commandement du Roy Edouard 4 
« lan 1470. Efcrit par J. du Rees. » 

L’autre porte pour titre ï 

« La grande biAoire de Celar tiree de Lucain Suetone Orofe etc. 

■ faite a Bruges du commandement du R. Ed. 4 l*n 1 4>9 aTec pein- 
« tures. » 

(35) Chron. van Vlaend., tom. II, p. 4 22 * 

(36) Id. , ibid. 

(3^) Jaer-boek vander Hoofd-Gilde van Sint-Jooris, door 
Joseph van Praet, Brugge, Joseph van Pract, 1786 , in- 12 , 
p. 62 . 




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• NOTES. i* 

( 38 ) Beaucourt, Hist. Je l' Église Je Noire-Dame à Bruges, 
Bruges, 1773, 10 - 4 °, p. 108. 

Celte tribune, construite en bois de ehèncdu Rhin , qu’on voit 
encore dans toute son intégrité, a trois faces, et communique 
. de l’hôtel de Gruthuyse à l’église de Notre-Dame. Elle se trouve 
pratiquée dans la nef septentrionale du chœur, vis-à-vis la sé- 
pulture de la famille, ayant vue au travers de deux piliers du 
chœur sur le maître— autel. Elle est composée de deux étages. 

Au bas du premier sont artistement sculptées en bois les armes 
de Gruthuyse, entourées du collier de la Toison-d’Or. Elles 
ont pour supports deux licornes , et sont surmontées de Son 
timbre. On ht au-dessous sa devise Plus est en Vous, précé- 
dée et suivie des initiales L. M., qui sont celles de son nom 
Louis et de celui de Marguerite sa femme. Entre les mots Plus 
est, et après ceux en vous , est un mortier enflammé d’où vicut 
de partir une bombe. 

La porte donnant dans la nef, que M. de Rudd a représentée 
dans la Planche 20 de sa description des Plans de Bruges, 
est aussi sculptée en bois. Les panneaux de cette porte offrent , 
dans la partie supérieure , les armes de Gruthuyse et d’Aa , et 
dans la partie inférieure , les armes seules d’Aa , à la croix can- 
tonnée au 1 et 3 d’un mortier, lançant deux bombes qui sont 
au 2. Au 4 U y a les initiales enlacées de Louis et de Mar- 
guerite ; à côté est l’étendard de Gruthuyse. 

Nous en avons reproduit, p. i 3 , la gravure réduite. * 

(39) IJ., p. 67. 

( 4 °) TJ. , p. 109. *> yt. r If v 

(40 Stow, Annales of a general Chronicle of EnglanJ, t 63 i , 
iu-fol. , p. 4^6, année 1472. 

( 4 a) IJ. , ibij. 

( 43 ) Dugdale, Baronage of EnglanJ, London, 1675 et 1676, 
tom. II , p. 283 ; Rymer, aeta, Lond. , font. II , p. 765. 

( 44 ) W- , ibiJ. ‘ 






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33a NOTES. 

(45) Carte, Rôles gascons, tora. II, p. 198. 

(46) D’Outrcman, Histoire de Valenciennes , i63q, in-fol. , 
p. 198. 

(46 bis.) L’original de ce testament se conservoit, avant 1 792, 
dans les archives de l’église de Notre-Dame de Bruges ; il se 
trouve maintenant en la possession d’un habitant de cette ville. 

Une copie moderne appartient à l’auteur de ces Recherches ; 
voici l’extrait et les principales dispositions du testament. 

Il est précédé de lettres |>atentes délivrées à Valenciennes en 
mai i 473, par Charles, duc de Bourgogne, en vertu desquelles 
il est accordé , sur la demande de messire Loys de Bruges , comte 
de Wincestre et seigneur de la Gruthuyse , et de dame Mar- 
guerite de Borsele, comtesse et dame desdits lieux, sa compagne, 
que le seigneur de Gruthuyse tiendra en fief du duc de Bour- 
gogne l’amortissement et le transport en faveur de l’église de 
Notre-Dame de Bruges, de la communauté des tailleurs ou 
d’autres , à la condition , ♦ 

i°. D’une dîme de i5 livres de gros par an, tenue en fief 
près Roulers, du seigneur de Wackene, et appartenant à Mar- 
guerite de Borsele. 

a 0 . D’une sous-rente de 16 livres de gros, assise sur la sei- 
gneurie d’Àessebroucke près Bruges. 

3*. De 9 livres de gros à acheter sur le produit de chaque 
manne de poissons qui est apportée au marché de Bruges. 

Pour le tout ensemble faire 4<> livres de gros , laquelle somme 
devant servir à fonder deux messes perpétuelles par chaque jour 
et 4<> obits , et à l’habillement et l’entretien annuel de treize 
pauvres vieillards. 

Dans ces lettres Charles qualifie le seigneur de Gruthuyse de 
féal chevalier, de son conseiller, chambellan et lieutenant général 
de Hollande , Zeelande et Frise , et les lui accorde en consi- 
dération des bons , notables et agréables services qu’il lui a faits 
par ci-devant , fait chaque jour, et qu’il espère encore faire doyc 
de bien en veulx au temps à venir. 



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* « 

NOTES. 333" 

Ce testament , fait le 18 mai à quatre heures après dîner, dans 
l’hôtel et oratoire du seigneur de Gruthuyse, devant deux no- 
taires prildics et neuf témoins, à savoir, un chanoine et trois 
chapelains de Notre-Dame, Jean de Hallcwyn , prêtre, Jean 
de Blaesere , Louis Cotthoff, Martin vanden Grave et Michel 
Knupe , porte les dispositions suivantes : 

!*• L’acquittement entier des dettes que les testateurs pour- 
raient laisser. 

2 ». La fondation de quatre services annuels dans le chœur de 
Notre-Dame de Bruges : au t" mars, i" juin, 2 septembre et 
to décembre, avec vigiles et neuf leçons la veille, et auxquels 
assisteront un prêtre jacobin , un frère mineur, un augustin et 
un carme, les treize pauvres vieillards, et la communauté des 
tailleurs. 

3“. Celle de deux messes basses perpétuelles qui seront'dites 
tous les jours derrière le maitre-autel , près la sépulture des 
testateurs, sur laquelle le prêtre ira chaque fois lire le de Pro- 

fundis . 

4°. Les seigneur et dame de Gruthuyse, et leurs descendans, 
sont chargés d’habiller chaque an , à perpétuité , treize pauvres 
vieillards , dont dix choisis par eux , deux par la communauté 
des tailleurs parmi ceux de leur métier, et un par les poisson- 
niers de la confrérie de l’hospice de Saint-Josse, et auxquels il 
sera donné une chemise, un habit de dessous, un pourpoint 
doublé de drap ou de futaine, deux bas doublés, deux souliers, 
un chapeau de feutre , une robe appelée Uibard, un bonnet et 
des patenôtres de bois. 

5°. Les deux prêtres chargés de dire les deux messes journa- 
lières sont tenus , tous les ans , le jeudi saint , l’un , de laver les 
mains et les pieds des treize pauvres vieillards , qni seront assis 
sur un banc devant l’oratoire ; l’autre, de les essuyer, et de leur 
donner ensuite à chacun d’eux cinq gros. Ils seront assistés dans 
cette cérémonie du bedeau , qui leur apportera tout ce qui sera 
nécessaire à 'cet acte d’humilité. 



9* 




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334 NOTES. 

6°. Tous les aus, aux quatre anniversaires susdits, il y aura 
une distribution de soixante pains , faite dans l'intérieur du pa- 
lais île Gruthuysc , au prévôt de Notre-Dame ou à son vicaire . 
aux deux bourguemestres de la ville de Bruges, aux quatre 
ordres mendians , aux pauvres de la communauté des tailleurs , 
aux neuf grands métiers, aux susdits treize pauvres vieillards, 
aux prisonniers de la Chambre noire, aux Insensés et aux Orphe- 
lins , au doyen de l'hospice de Saint-Josse , pour deux pauvres 
poissonniers. En tout quarante-cinq pains : le restant des pains, 
pour compléter le nombre de soixante , est laisse & la disposition 
de la famille. 

7°. Pour subvenir à la dépense et aux frais que doivent oc- 
casionner les dispositions précédentes , les deux testateurs con- 
sacrent , outre la dime de 1 5 livres de gros et la sous-rente de 
16 livres, mentionnés dans les lettres patentes du duc, une ferme 
nommée le Cooldorp, de too mesures, a 5 mesures de marais, 
avec habitations et arbres , situées à Krkeghcm ; la terre de la 
dame d’Oguemont , de ai mesures a lignes go verges ; le Dries- 
mecrsch , ayant appartenu h feu Adrien Keersmeesters ; 18 me- 
sures i ligne aa verges dans la paroisse d’Oostcsmp. Le tout 
produisant par au 6 liv. 7 esc. 3 gros. Ce qui forme en tout 
une somme amortisée de 3 ^ liv. 17 esc. 3 gros, baissée en don 
h la communauté des tailleurs de Bruges, pour l’entière exécu- 
tion des dispositions testamentaires ci-dessus, dont elle reste 
perpétuellement chargée. 

8°. Des deux blocs de marbre que Grutfauyse a acquis, et qui 
sont prêts à être sculptés , il sera fait deux statues en pied , sui- 
vant le modèle qu’il a frit faire : l’une , de son père , et l’autre , 
de sa mère, avec leur épitaphe, leurs armoiries, et avec des 
rayures en cuivre , lesquelles statues devront être placées debout 
derrière le maître-autel, à chaque colonne, â l’endroit où se 
conserve la châsse de Saint-Bouiface. 

g°. La construction d’un tombeau en cuivre et en pierre 
polie , pour lui et sa femme , d’après le modèle qu’il en a fait 



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NOTES. 



335 



exécuter, à la place où se trouve celui de son père, tombeau 
qui servira à tous ses descendons, les seigneurs et dames de 
Gruüiuyse. 

10 °. Ils nomment pour exécuteurs testamentaires le prévôt de 
Notre-Dame, Arnaul de Lalaing, docteur en théologie et en 
droit, Jacques de Ghistellcs, chevalier, seigneur de Dudzeele ; 
un troisième, pour leur être adjoint, sera choisi par le commun 
de ladite église. A chacune des deux premières personnes il 
accorde en don six marcs d’argent, et à la troisième six livres 
de gros. 

1 1 °. En cas d’empêchement dans l’exécution des clauses de ce 
testament , de la part d’un de leurs héritiers et de leurs descen- 
dons , ils veulent qu’ils soient tenus de payer 3ooo couronnes , 
dont un tiers au duc de Bourgogne , un tiers à l’évèque de 
Tournay, et le dernier à la fabrique de l’église de Notre-Dame. 

A la suite du testament on trouve la copie de plusieurs pièces 
qui y sont relatives, savoir : 

t°. De la constitution d’une rente héréditaire de 16 livres de 
gros , assise sur divers endroits de la seigneurie d’Acssebroucke , 
avec l’octroi de Philippe-le-Bon , duc de Bourgogne, comme 
sçigncur suzerain , en date du 3 janvier t464- 

2 °. De l’acte de transfert de ladite rente fait par Stassin de 
Melles et dame Marie Heulacrd, fille de Claeroul sa femme, au 
seigneur de Gruthuyse, en date du 3o juin 1 468. 

3°. D’un autte acte passé entre le sire Adrien van Claerhout, 
chevalier et seigneur de Pithcm, de Coolscamp et d’Arssem- 
brouck, et le seigneur de Gruthuyse ; concernant le rachat de 
ladite rente, daté du il août 1 47 ^. 

4°. De l’acte d’ahandon de ladite rente, fait parles seigneur et 
dame de Gruthuyse, au profit de la communauté des tailleurs 
de Bruges. 

5". De l’acte de donation de G livres de gros 7 escalins 3 gros 
par au, en une rente héréditaire, sur des biens silués’à Oostcamp, 



V 



r 



336 NOTES. 

(aile par lesrlits soigneur et (lame, à la même communauté, du 
%o aoilt i475. 

6". De l’acte de transport de la dîme tenue du seigneur de 
Wachcne , fait par lesdits seigneur et dame , au profit de la 
même communauté, du 21 septembre 1475. 

7 0 . D’un acte d’obligation juridiquement fait devant les bour- 
guemestres et échevins de la ville de Bruges, par les doyen, 
officiers cl notables de la communauté des tailleurs , envers les 
seigneur et dame de Gruthuyse et leurs descendons, concer- 
nant les fondations religieuses ordonnées par eux, en date du 
■ 4 septembre i475. 

8’. D’un acte de pareille obligation pour ce qui les concerne 
dans les mêmes fondations , des quatre ordres mendians , daté 
du 26 novembre > 474 - 

9 0 . D'un acte de semblable obligation du chapitre de l’église 
collégiale de Notre-Dame, eu date du 28 novembre 1 47 5 . 

10°. D’une lettre scellée du sceau de la communauté des tail- 
leurs, contenant la déclaration que le seigneur de Grulhuvsc 
ou autres , ses héritiers et dcsccndans , pourront racheter la rente 
de 6 livres de gros 7 esc. 3 gros , sur certains biens dans la 
paroisse d’Oostcamp, du 14 septembre t 4 j 5 - • 

( 47 ) Don Plancher, Hist. de Bourgogne, Paris, 1739 — 1781, 
4 vol. in-fol., tom. IV, p. 435 . 

L’auteur paroît avoir confondu Gruthuyse avec Reynaldus 
Bruchusius, qui eut ce commandement , au rapport de Meyer. 

( Annales , fol. 36 t, verso.) 

( 48 ) Beaucourt , Hist. de Notre-Dame , in- 4 °, p. 49 - 

( 4 g) Chron. van Hlaend. , tom. II, p. 5 i 5 . 

( 5 0) Id., ibid.; Hist. de Bourgogne, in-fol., tom. IV, p. 472. ; 
Duclos, Hist. de Louis XI, in-12, tom. III, p. 526. 

( 5 1) Chron. van Hlacnd. , tom. II , p. 526 . 

( 5 x) Idem, tom. II, p. 525 et 526; Gouthocvcn , A'Oude 
Chron. ran’Hollandt , in-fol., p. 100. 



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NOTES 33- 

( 53 ) Custis, toi». II, P- 170. 

( 54 ) Idem, tom. II, p. 178. 

( 55 ) Excell. Chron. , fol. clxxrv, verso; Chron. van Vlaend., 
tom. II , p. 537. 

( 56 ) Id., fol. elxxxviij, verso; Chron. van Vlaend., tom. II, 



p. 539 . 

( 5 -j) Excell. Chron., fol. cciiij , verso, et fol. 
( 58 ) Chron. van Vlaend., tom. II, p. 55 o. 
( 5 g) Excell. Chron., fol. ccxvij, verso. 

(60) Chron. van Vlaend., tom. II, p. 55 o. 



ccv, verso. 







( 6 t) Miræus, Optra Dipl. et //ètf. Bruxellis, 1723 — > 748 , 
tom. IV, p. 73 et 626. 

(62) Chron. van Vlaend., tom. II, p. 553 . 

( 63 ) Costis, tom. II, p. i 85 . 

( 64 ) Excell. Chron. , fol. ccxviij , recto. 

* 

( 65 ) Custis, tom. II, p. 192; Chronique de Molinet , in-8", 
tom. II , p. 1 19. 

(66) La même Chronique, tom. II , p. 126. 

(67) Mélanges du Prince de Ligne , tom. XXX, p. 92. 

(68) L’original de cette quittance est conservé h la Biblio- 
thèque du Roi ; elle est conçue en ces termes : 



Nous Loy* feigne u r de la Gruthuufe conte de Wiceftre prince de 
Steenhuufe chevalier donneur de ma 1res redoubtee dame madame 
duebeffe dauftriebe de Bourgongne confeffons aueir receu de maiftre 
Thibault Barradot confeiller et maiftre de la chambre aux deniers de 
madicte dame la fBme de trois cens quatre vins dix liures quatre folz 
du pris de xv gros monnoie de Flandres la liure qui deue nous eftoit 
a caufe de nos gaiges et plat et dont de femblable fomme Jaques douce 
nagaires maiftre de la chambre aux deniers de madame la duchefle de 
bourgogne de brabant a prefent douairière et de madicte dame la 
ducheffe dauftriebe et de bourg np heritiere nous a mis en refte en la 
chambre des comptes a malines auec aultres parties des debtes dicelle 

2 % 



338 NOTES. 

dame contenue en deux quarres de parchemin attachez a la fin de fon 
deuxieme et dernier compte f» xj ainfi que par lextrait de ladicte 
chambre cy attachie appart plus aplain de laquelle Comme de iiy iiij“ x 
liv. iiij* dicte monuoie nous Comme» conlens et en quittent raadicte 
dame ledict raaiftre Thibault et tous autres. Tefmoing nîe uom cy mis 
le viij* jour de mars lan mil quatre cens foixantc dix huit. 

Signé Loys, avec paraphe. 

(69) Chron. van P'iaend . , tom. Il, p. 56 g. C’est par erreur 
que cet accouchement y est mis au 22 juin. Chron. de Molinet , 
tom. II, p. i 56 et suiv. 

(70) Custis , tom. II, p. 198. 

(71) Mélanges du Prince de Ligne , tom. XXX, p. 98. 

(72) Chron. van f^laend. , tom. II , p. 6 o 4 - 

(7 3 ) Idem , p. 607. 

( 7 q) Dumont, Corps dipl. , tom. I , p. 704; Godefroy, His- 
toire de Charles VIII , p. 346 . 

(75) Custis, tom. II, p. 216; Beaucourt , His,t. de Notre- 
Dame , p. 3 g. 

(76) Cet inventaire se conserve dans les archives de la ville 
de Lille. 

(77) Les comptes de l'hôpital , de x 4^4 * 4^5 > Toi. 47 y 

portent î 

Betaelen mynheer vanden Gruuthuufc voor xxxvj brauten van ij 
ftuvers parifis 3 1 . 16 fch. 16 ft. 

\ » 

1 (^8) Beaucourt , Tableau fidèle des Troubles et Révolutions 

arrivés en Flandre , Bruges , 1 792 , in-8% tom . I , p. 1 55 ; Oli- 
vier de la Marche, Mim., i 6 g 5 , in- 4 “, p- 629; Chron. de 
Molinet , tom. Il , p. 444 - . 

( 79 ) Chron. van yiaend. , tom. 111 , p. 35 cl 36 ; Chron. de 
Molinet, tom. Il , p. 44 ®- 



< 1 



* 



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^ — 



NOTES. 



33q 



(80) Chron. van V tacnd. , tom. III, p. 33 et 38 ; Beaucourt , 
Tableau, p. j6o; Histoire île l’Ordre de la Toison-d" Or, par 
M. le baron de Rciffcnbcrg. Bruxelles, i83o, in-4% p. 170 

- 184. 

Lorsque nous mimes sous presse nos Recherches sur Gru- 
thuyse, l’ouvrage de M. le barort'de Reiffenberg, quoique déjà 
imprimé, ne paroissoit pas, parce que l’édition entière, qui avoit 
été faite aux frais et par ordre du gouvernement belge , fut sé- 
questrée pendant la révolution de i83o, et resta plusieurs mois 
sous les scellés ; mais l’auteur heureusement avoit entre ses mains 
la vingt-troisième feuille (p. 17g — 182), celle qui renferme le 
plus de particularités concernant Gruthuyse, et il a eu la com- 
plaisance de nous la communiquer. Il se trouve quelques autres 
faits aux pages 189 à 198, 2o5, 207, 211, 236 et 254, f l uc 
nous n’avons pu connoitrc que postérieurement à la publication 
de cet ouvrage , qui n’a paru qu’en août de cette année 1 83 1 . 

fjÿk * iË- 

(81) Chron. van Vlaend. , tom. III, p. 35; Olivier de la 

Marche , Mém. , i6g5 , in-4°, p- 63t . 

• turc vt fB . * q 

(82) Chron. van Vlaend., tom. III, p. 38. 

■ * . ■ 

(83) Idem, ibid. 

i84) Beaucourt, Tableau, p. 211. , 

* ' V 

(85) Dumont, Corps dipl., tom. III, Part. 11, p. 2o3. 

La Bibliothèque du Roi possède un exemplaire de cet acte 
de paix, imprimé l’année de la date qu’il porte, et, selon toute 
apparence , par Arend de Kcyser, imprimeur à Gand , qui y a 
employé les mêmes caractères dont il s’étoit servi pour exécuter * 
son Bocce flamand de 1 485. On y trouve une de ses grosses 
initiales en bois si singulièrement historiées. 

C’est un petit in-folio, en ancienne bâtarde, sans chiffres, ré- 
clames ni signatures , à longues lignes , au nombre de 38 sur les 
pages entières ; contenant 6 feuillets. Le premier commence , 



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— — ■ 1 



34 o notes. 

au recto, par ces lignes, dont la première lettre est gravée en 
bois : 

lira den glirnen diedeze prefente letteren zul 
len zien oft horen lefen Wy Gooffin Abt 
van afîclghë Martin Abt vâ fente bernaerts 
Maere Abt van grimberghe Dicderic Abt 
van parke Anthcunis van hrabant Ruddere 
Arend van huerne beere van brimeu wil- 
lem van fontaines beere van Milam Jan \3 
gaure, Pieter vâ berbais Jan bernaige hee* 
re van perke Rudderen Daneel buxoren beurgmccflcrc Jan pinnoc 

Ruddere 

(86) Chron. van Vlaend . , tom. III , p. 93 . 

(87) Bcaucourt , Tableau , tom. I, p. 2.47. 

(88) Chron . van Vlaend., tom. III, p. 107. 

(89) Beaucourt, Tableau, tom. I , p. 247 ? 

(90) Idem , ibid. 

(91) Chron. van Vlaend., tom. III, p. 101 ; Custis, tom. II, 
p. 438 . 

(92) Idem , tom. III , p. io 3 ; Beaucourt , Tableau , p. 24 2 - 

I (93) Chron. van Vlaend., tom. III, p. 108 et 110; Custis, 

tom. Il, P- 45 o- 

(g 4 ) Excell. Chron., fol. celui] , recto; Chron. van Vlaend., 
tom. 111 , p. it 3 ; Tableau, p. a 58 . 

, (g 5 ) Chron. van P'iaend., tom. III, p. 1 14 ; Tableau, p. 260. 

(96) Hui. de la Toison-eTOr, par M. le lxiron de Rciflenberg, 
m- 4 \ p. 182; Mélanges du Prince de IJgnc , t. XXX, p. to 3 . 

• (97) Hisl. de la insigne orden del Toysan de Oro , tom. II, 

p. 4 ° 5 . 

(98) Chron. de Molinel , tom. V, p. 1 4 > - 

( 99 ) ,d > i!> “ L 

(100) En lai donnant soixante-dix ans , on suppose qu’il avoit 



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# 



NOTES. 



?4 * 

environ dix-huit ans lorsqu’il parut, en mars » 443 , pour la pre- 
mière fois, dans un tournoi. 

(101) Excell. Chton. , fol. cclxxvij, recto. 

(102) Dierix, continuation des Mémoires sur la ville de Gand. 
Gand, i 8 i 5 , in-8°, p. 23 o. 

(10 3 ) Colard Mansion l’appelle son compère dans la dédicace 
qu’il lui a faite de sa traduction de la Pénitence Adam , 
entreprise par ses ordres. (Voyez Notice sur Colard Mansion , 
P a g ei 7 *) . 

(10 4 ) Sanderus, Fl. ill. , tom. II, p. 148. 

(10 5 ) Chastelain, Chronique de Bourgogne. Paris, 1826, 
tom. I, in-8°, p. 3 i 4 . 

(106) Il est aussi représenté dans la miniature du manuscrit 
de la Pénitence d'Adam. (Voyez Notice sur Colard Mansion , 
page 

On le voit encore dans une autre miniature du manuscrit 
n° 7 383 déjà cité ci-dessus, p. i 65 , contenant le Débat de 
Félicité, par Soillot; dans deux de V Horloge de Sapience, par 
Jean Souhau, n“ 704* et 704?-, p- io 5 ; dans celle qui décore 
la Somme rurale de Bouthiilier, n° 6857 , p. i 33 ; en 6 n , dans 
une de celles du beau manuscrit de la version latine de la 
géographie de Ptolémée , qui lui a appartenu , et qui malheu- 
reusement a été endommagé. (Hoy. ci-dessus, p. 201.) 

c ' 

(106 bis) Lorsque Gruthuyse 6t son testament, en 1 474 > ees 
deux statues n’étoient point encore sculptées , mais les blocs de 
marbre se trouvoient déjà préparés pour l’être. ( V oy. p. 334 ) 

(107) Custis, tom. I, p. 204. 

v 

(108) Sanderus, Fl. ill., tom. III, p. 281, planche 9. 

(109) Idem, $ 1 . ill., tom. II, fig. ir 20. 

(110) Nous avons fait faire un trait de cette tribmie Hoye: 



page l3. 



f. 






34? NOTES. 

(i n) Mémorial de la Chambre des Comptes , registre V. 

Dûs Joan. de la Gruthufe mil. conful. cl cambnîi dûi Regis D. Com- 
pendie 9 junii 1^98* rcceptus fuit ad officiù fenrli. Amlogavcnfis , 
fo). 14. 

(1 12) Les lettres patentes se conservent h la Bibliothèque dit 
Roi, au Cabinet des Généalogies. 

(11 3 ) Cette bannière, de 947 m. (2 p. 11 p.) de haut, sur 
768 m. (2 p. 4 P-) de large* est d’un travail médiocre, et peinte 
à l'huile sur une toile , dont l’un et l’autre côté représentent le 
même sujet avec quelques différences. 

Sous un grand portique cintré, on voit debout là Vierge Marie 
tenant dans ses bras l’Enfant Jésus. Devant elle est également 
debout saint Ladre, patron des lépreux. La tète de celui-ci est 
ceinte d'une auréole ; scs jambes, à demi nues, couvertes de lèpre, 
sont léchées par son chien. Il a dans une main un long bourdon, 
et dans l'autre une cliquette ou tartarelle, que, suivait les an- 
ciennes ordonnances, et principalement selon la Charte de Hai- 
naot , tout homme jugé atteint de là lèpre étoTt tenu de porter 
lorsqu'il sortoit de la horde où il étoit séquestré. Cet instrument 
étoit formé de trois petites lattes de bois, réunies de manière 
qu'en les secouant on pût, par le bruit qu'elles faisoient, être 
averti qu'un lépreux approchoit. Un manteau, et un chapeau 
gris qu'il a sur la tète , forment tout le costume du saint. 

Plus bas sont h genoux, en adoration , le maître et la religieuse 
de P hospice. A l'entour du grand portique régnent six autres 
plus petits, sous lesquels sont représentés s 

Un ange avec ses ailes étendues ; 

L'intérieur d’un appartement, où, devant une table servie de 
toutes sortes de mets annonçant l'abondance qui règne dans 
l’hospice, on voit un homme, probablement l'économe, et deux 
femmes chargées sans doute du soin des malades. À la porte de 
cet appariement un valet en refuse l'entrée à un lépreux qui se 
présente pour y être admis , tenant son bourdon et ses cliquettes 



* 



r — 






NOTES. 343 

à ta main : deux chiens lèchent les plaies dont ses jambes sont 

couvertes ; ^ 

Une. autre chaïubrc, dans laquelle un malade étendu sur sou 
lit , expire , assisté du maître de l’hospice , qui est à genoux , d’un 
récollct et d’une religieuse. Son âme sortant par sa bouche, et 
représentée sous une forme humaine de petite proportion , est 
emportée par le diable. A cote on le voit tenant un verre à la 
main, pour faire entendre apparemment que l’ivrognerie , à 
laquelle il s’étoit livré dès son jeune âge, étoit la cause de sa 
perdition. Enfin, et plus loin, il est au milieu des flammes de 
l’enfer. 

Pour pendant à ces trois sujets on a peint , en regard , un 
autre Ange , la Résurrectiou du Lazare opérée par Jésus-Christ , 
et un Lépreux étendu sur l’herbe , rendant le dernier soupir, et 
dont l’âme est recueillie et portée au ciel par un ange. 

Le pourtour de ce tableau, plus curieux que bien exécuté, est 
composé d’une bordure de fleurs, de quatre cliquettes, et de 
divers quartiers des armes de Jean de la Gruthuyse, avec les 
attributs des quatre Évangélistes aux quatre coins. Au bas on 
lit cette date : M. V e . ij. 

* * 4 

( 1 «4 ) Cette chronique de Saint - Riquier se conserve â In 
Bibliothèque du Roi , sous le n° 532 , Mss. de Saint-Gcrninin-dcs- 
Prés. Elle est intitulée : Chronici centulensis , s eu sancii Richarii 
continuatio. Studio et opéra domini Vicions Cotron , monarhi 
congregationis sancti Mauri ejusdcmquc abbatiœ centulensis scu 
sancti Richarii ejusdem Abbatiœ Prions, in-folio, manuscrit du 
seizième siècle. 

(11 5 ) Même chronique. 

(116) Même chronique. 

(1 17) A la fin de l’inventaire qui en fut dressé, les 1 1, 12, i 4 
et i 5 avril i 4 s 3 , et dont le P. du Molinet a vu l’original le 
4 mars 1686, comme le porte une note de la main de ce savant 
religieux, au commencement de la copie qu’il en a fait faire, 



» 



W 



Y 



1 



344 NOTES. 

et qui existe à la bibliothèque de Sainte - Geneviève , étoit 
écrit : 

Le vendredy xxij jour de juin mil cocc xxv mon très p ni fiant prince 
et mon très redoubte feigneur mons’ Jehan regent du Royaume de 
France duc de Bedford demoure content de tous les Livres cy-deflut 
defignez et fpecifiez montant par prifee a la fomme de deux mil trois 
cent vingt et trois livres quatre fols parifis lesquels il a reçus de 
Garnier de S* Yon jadis garde defdits livres et en acquitte et déchargé 
ledit Garnier et en témoin de ce jay par fon ordonnance et comman- 
dement efcript ccft prefent article et ligne de mon feing manuel lan 
et jour deffufdits. Signe Petmel , avec paraphe. 

Depuis la quittance et déchargé defiufdite mondit fleur le Regent a 
baille en garde tous les livres en ce prefent papièr efcripz et defîgnez 
lequel garnier la tenu et oblige de luy en rendre compte bon et loyal. 
Efcript de ma main led 1 xxij jour de juin Mil cccc xxv sous mon feing 
manuel. * Signé Petmel , avec paraphe. 

Et tout à la fin eft efcript ce qui en fuit : Le famedy xv* jour doc- 
tobre lan Mil ccccxxix très hault et puifiant prince MonP le Regent du 
Royaume'de France duc de Bedford fe teint comptant de tous les livres 
defignez et déclarez cy devant en cet prefent jnventaire et en quitta 
en ma prefencc Garnier de S* Yon et veût quil en fut et demeurât 
quitte et déchargé en temoing de laquelle chofe jay par lordonnanre 
et mandement de Monfeigneur le Regent efcript ceft prefent article de 
ma main et figne de mon feing manuel lan et jour defiufdits. 

Signé J. Saluain, avec paraphe. 

^ r 

Ce Jean Salvain , et non Lulain , comme a lu le copiste en 
transcrivant cet inventaire , étoit maître-d’hôtel du duc de Bed- 
ford, et en même temps gardien de tout ce mie renfermoit le 
château de la Bastille en i43o. (Voyez YAudüèur des Comptes , 
79 -) 




« 



D le 



TABLE ALPHABÉTIQUE 

DES MATIÈRES. 



A »us« fl 1 ) en cour, m». , p. 1 6q. Antiquités des Juif», par Josèphe, 
Alaii» de Lille. L'Anli-fllaudia - m». , p. qio, 

nu», ms., p ifii. Apocalypse (!’) représentée par 

Alais. Voy. Chastiii. ligures , ms., p. g 3 . 

ÀtCAiiTius. tntroductonnm, ms., Artus le Retoré, roman , ms. , 

— p. i 5 n. p. iSJ. J_ 

Ambassade envoyée par Édouard Atis et Prophelias, roman, ms., 
IV à Charles, duc de Honr- p. i 58 . 

goyne, p. i 5 . Avertissement adresse à Charles, 

Anseis de Carthage, ms., p. i 58 . duc de BourRogne, ms., p. i 48 . 



Bage, ms., p. i 58 . 
AntMjlaudianus, ms,, p. itio. 



IL 



Baudouu de Condé. Dit , ms. , 

p. i6i. LJ 

Bxsr 



-f*r 



de ) enll-M* les 



manuscrits de la Tour du Lou~ 
vre, p. 8g. 

Bsskk Jean de). Chronique, 

-ferre). Tite Live, 

ms. , p, an 4- *,»• 

Bible traneoisc manuscrite de 



Bibliothèques enlevées par les 
vainqueurs, p. 8g. 

-[Il IAI» u.- ou lll "MH l . Iiu nesll. I. 



H-P- » 47 <w . 

Boccacs {Jean). Du Dechiet des 
nobles Hommes, ms, , p. a(ii . 
Boscs. Ile la Consolation, en TEL 
mand, ms., p. 53 " 

Borssklk (Marguerite de), épouse 
Louis de Brimes, n. 5 . 



Charles V, p. 86. 

— françoise, ms. ,~p. ga. 

— historiée en françois , ms. , 
p . 85 . 

Bibliothèque de Louis de la Gru- 
thuyse, p. 82. 

Bibliothèques de Charles Y et 
de Charles V i , par qui enle- 
vées, p. 8 q. 



B bug es (Jean de). RUTHUTSK. 

Brusacciii {Philippe). Chronique 
de Bise, ms., p. 235 . 

Biuurrro LatimL Trésor, ms. , 

P-W- 

Brum. voyez Léonard de Aretio. 
Bukil [Jean de ). Le Jouvencel , 
ms. , p. 187. 



Calliot [Jacques). Siège de Rho- César (Jules). Commentaires. 

dës7 ms., p. 124. ms., p. 2218, 161 et aào. 

Caoussin ( jwiull .). Description du Cbaiotluos-Kiciac. Tournoi de 
Siège de Rhodes, ms., p. 11a René d'Anjou, p. a 54 . 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



346 

Chartier (Alain). Livre des Qua- 
tre Daines, ms., p. 164. 

— Chronique, ms., p. 260. 
Ciiastrli ai ;«( Georges)- Les Douze 

Dames de Rhétorique , ms. , 

P- * 7 °\ ^ 

— Chronique, ms., p. 2o5. 
Châtelaine de Vergy (la), ms., 

P . 157. 

Christine dk P 15 ah. Othea , ms., 
P . 146. 

Chronique des Evêques de Liège, 
ms., p. i 63 . 

— des Guerres advenues en Bout- 
K°gne, ms., p. -.>49. 

— de Flandre, ms. , p. 20:1. 

— de la Bouquechardmre, p. *107. 

— de Pise, ms., p. 234 - 
Comment on doit peiner à 

mort, ms., p. 109. 



Danse (la) anx Aveugles, ms., 
p. 168 et 169. 

Débat de Félicité, ms., p. 164. 

Députation des États de Flandre 
à Charles VIII , 27. 

Description du Siège de Rhodes, 
ms. , p. 2-a5. 

Des grands Biens qui sont en 
paradis, ms., p. 109. 

Des quatre Douaires du Corps, 
ms. , p. 1 10. 

Des trois Douaires de l’Ame , 
ms., p. 109. 

Dévote Méditation sur la Passion, 
ms. , p. 109. 

E. 

Ébert. Description d’un Manu- 
scrit du Tournoi de René d’An- 
jou, p. 5 m. 

Édouard IV. Sa lettre aux habi- 
lans de Bruges, p. 1 1 . 



Complainte à Notre Seigneur, 
ms., p. 109. 

Confrérie des Arbalétriers de 
Bruges, p. 12. 

Constitutions ( les ) et Ordon- 
nances de Cage de Bataille , 
ms., p. 189. 

Conte (le) davarise, ms. , p. 169. 

— du Dragon, ms., ibidJgk L 

— du Guarde Cors, p. 161. 

— de l’Éléphant, ms., p. 162.' 

— du Bachelier, ms., ibid. 

— de GentiUece, ms., ibid. 

— du Mantiel, ms., ibid. 

— du Preudomme , ms., ibid. 
Courct ( Jean de). Chronique, 

ms. , p. 209. 

Couvent des riches Claires, fondé 
par Gruthuyse, p. 9. 

Curcx ( Quinte ). Histoire d’A- 
lexandre, ms., p. 220. 

D. 

Dit d’Ainour, ms., p. i 63 . 

— du Corps, ms., ibid. 

Dits (les) des Philosophes, ms., 

p. 145. 

Dolopathos, ms., p. !7î cl r] 3 . 
Douze ( les ) Dames ae Rhéto- 
rique, ms. , n. 170. 

Dre n es ne (/fan), écrivain, p. 197 
et 232 . 

Domolinet. Copie de l’inventaire 
des Livres de Charles VI , 
p. 343 . 

Duqueshk(/cu«), écrivain. Voyez 
Ducheshe. 

Dyalogue des Créatures. Voyez 
Mansion , p. 198. 



Épîtres et Evangiles, ms., p. 92. 
Frac les traitant de la conquête 
de la Terre Sainte, ms., p. 222. 
Examen des Droits des Anglois 
sur la France» ms. . p. 252 . 



la 



f 



DES MATIERES. 



34 ? 



F. 



Fabliaux (plusieurs), ms., p. 161. 

Faits de Frauce jusqu’en 1467, 
ms. , p. 3 m. 

Fêtes données à Bruges à l’occa- 
sion du mariage de Charlcs-le- 
Hardi, p. 8. 

— à l’occasion du mariage de 
Marie de Bourgogne, p. 19. 

— données à Paris à l’occasion 
du sacre de Louis XI , p. 6. 



Figures gravées du tournoi de la 
Gruthuyse, p. 3 ?i. 

Filatrk [Guillaume). Histoire de 
la Toison-d’Or, ms., p. 177. 

Fleurs (les) de toutes Vertus, 
ms. , p. 1 10. 

Forestiers de Flandre, p. 2. 

Fr o iss a rt ( Jean ). Chronique , 
ms., p. u 5 5 . 



G. 



Garnier de Saint-Yon. Remet au 
duc de Bedford les manuscrits 
de la Tour du Louvre, p. 89. 

Gavre (journée de), p. 4* 

Généalogie des seigneurs de' la 
Gruthuyse et de vander Aa, 
p. 45 . 

Gi.ockstfr ( Th. , duc de ) , 
p. 19a. 

Goktzk. Sa description d’un ma- 
nuscrit du tournoi de René, 
p. 3 m. 

Gruthuyse ( Jean de la). Son tour- 
noi, p. 1. 

— Reconnu par Louis de Male 
pour un loyal chevalier, p. 55 . 

— Porte le (>ennon de l’armée 
envoyée au secours du roi de 
Hongrie, p. 58 . 

Gruthuyse ( Louis de la). Ses pre- 
mières armes, p. 2. 

— Joute eu présence d’Isabelle 
de Portugal, ibid. 

— Kchanson de Philippe-le-Bon, 
ibid. 

— Empêche la révolte des Gan- 
tois . p. 5 . 

— Est nommé commandant d’Au- 
denaerdc et de Bruges, ibid. 



Gruthuyse ( Louis de la ). Est 
nommé chevalier à la journée 
de Gavre, p. 4 - 

— Son vœu dans rassemblée du 
Vœu du Faisan, ibid. 

— Conduit contre les Liégeois 
une colonne de l’armée du duc, 
ibid. 

— Est envoyé en Angleterre , 
p. 5 . 

— Son mariage, ibid. 

— Fait les honneurs de Paris à 
Louis XI, p. 6 . 

— Est fait chevalier de la Toison- 
d’Or, ibid. 

— Est nommé lieutenant général 
de Hollande, p. n. 

— Devient chambellan du duc de 
Bourgogne, ibid. 

— Est chargé de régler les con- 
ditions du mariage du comte 
de Charolois avec Marguerite, 
sœur du roi d’Angleterre, ibid. 

— Reçoit le serment de fidélité 
des Zeelandois, p. 8. 

— Calme l'effervescence des Gan^ 
tois, ibid . 

-7— Fonde le couvent des riches 
Claires, ibid. 









348 TABLE ALPHABÉTIQUE 



Gbuthuyse ( Louis de la). Sauve 
Édouard IV, roi d’Angleterre, 
P- 9 - 

— Le loge dans son hôtel, p. 10. 

— Est créé comte de Wincester, 

P» ii* * 4 - 

— Devient chef- homme de la 
confrérie des Arbalétriers de 
Bruges, p. 12. 

— Ornemens qu’il donne à l’é- 
glise de Notre-Dame de Bru- 
ges, p. i 3 . 

— Son oratoire , p. i 3 . 

— ta Hanse lui confie ses inté- 
rêts, p. i 5 . 

— Son testament, ibid. 

— Reçoit dans son château d’Oost- 
camp Maximilien et sa femme, 
p. 20. 

— Est chevalier d’honneur de la 
duchesse Marie, p. 20. 

— Assiste au chapitre de la Toi- 
son-d’Or tenu par Maximilien 
en 1478, ibid. 

— Est fait chambellan de Phi- 
lippe, p. 21. 

— Sa signature gravée, ibid. 

Est nommé exécuteur testa- 
mentaire de Marie, p. 23 . 

— Assiste à l’enterrement de Ma- 
rie, ibid. 

— Ses démêlés avec Maximilien , 
P- 24. 

— Est un des démîtes vers Char- 
les VIII, au cnâteau de Mon- 
tilz-lès-Tours, p. 27. 

— Offre à Charles VIII le ma- 
nuscrit du tournoi de son père, 
p. 28. 

— Jugement porté contre lui par 
les chevaliers de la Toison- 
d’Or, p. 32 . 

— Sa mort, p. 33 . 

# — Ses obsèques , ibid. 

— Son hôtel, p. 54 - 

— - Différens portraits de lui„ 

p. 35 . 



Gritiiuyse ( Louis de la ). Fait 
faire les statues de son père et 
de sa mère, ibid. 

— Ses seigneuries, p. 56 . 

— Ses châteaux, p. 37. 

— Son tombeau et celui de sa 
femme, 58 et 41. 

— Son épitaphe et celle de sa 
femme, p. oq. 

— Sa devise, 

— Emblème qu’il prend, p. 4 »* 

— Ses armoiries, ibid. 

— • Sa généalogie, p. 43 . 

— Sa bibliothèque , 81. 
Gbuthuysk [Jean de la), fils de 

Louis, p. 64 et suiv. 

— Est fait prisonnier à la bataille 
de Guinegate, 18 et 65 . 

— Est gouverneur de Bruges, 

p. 58. 

— Commande l’armée contre 
Louis XI, p. 64. 

— Est créé chevalier, p. 65 . 

— Épouse en premières noces 
Marie d’Auxy, p. 75. 

— En secondes noces , Renée de 
Bucil , petite-fille d’Agnès So- 
rel, p. 65 . 

— En troisièmes noces , Marie de 
Melun, p. 76. 

— Est^rand-vcneur de Flandre, 

— Sa signature, n. 67. 

— Est sénéchal d'Anjou , ibid. 

— Est gouverneur du Louvre , 
p. 69.' 

— Don que lui fait Louis XII , 

ibid. 

— Est grand-maître des Arba- 
létriers de France, ibid. 

— Donne une bannière à l’hô- 
pital des lépreux de Bruges, 
p. 70. 

— Est capitaine de cent lances, 
ibid. 

— Est gouverneur et lieutenant 
du Roi en Picardie, ibid. 






t 



DES MATIERES. 



Giumursi ( Jean de U). Meurt à 
Abbeville, dont il étoit gou- 
verneur, p. 71. 

— Son tombeau à Saint-Riquicr, 
ibid. 

— Son épitaphe, ibid. 

— Son hôtel à Abbeville , ibid. 

■ — Fonde plusieurs messes à St.- 
Riquicr, p. 72. 

— Donne à l'église de Saint- 

H. 

II ai. Y. Glose sur le Quadripar- 
tite de Ptolémée, ms., p. i5o. 

Harris de Loon. Le Dit des Hy- 
raus, ms., p. 162. 

Histoire de la Conquête de la 
Toison-d’Or, ms., p. 175. 



349 

Riquier son collier de Saint- 
Michel, p. 7a. 

— Son portrait et scs armes en 
vitreaux , ibid. 

Gruyte (droit de), p. 35. 
Guillaume de Tyr. Histoire, ms., 
p. 223. 

Gu inegate (bataille de), p. 18. 
Gy ron- le -Courtois (roman de), 
ms. , p. 178 et 17g. 



Histoire de la Toison-d’Or, ms., 
p. 17& 

— du saint Greaal, ms., p. 182. 

Histoires troyennes (recueil des), 
ms., p. 173. 

Horloge de Sapience (!’), trad. du 
latin, ms., p. io5. 



I et J. 



Jacques de Voracine. Légende, Josephs. Histoire des Juifs, ms. , 
ms. , p. 216. p. 210. 

Jardin (le) de vertueuse Conso- Journée de Gavre, p. 4- 

lation, ms., p. 107. Joutes annuelles de Bruges, p. 1. 

Instruction d’un jeune Prince, Jouvencel (le) , ms., p. 187. 
ms., p. 147. 

K. 

Kriekrnborch, écrivain de Gand, p. 142 et 202. 

L. 



Lancelot du Lac. Roman, ms., 
p. 182. 

Laurent de Prkmikrfait. Boccace, 
du Dechiet des nobles Hom- 
mes, ms. , p. 261. 

Lefèvre (/toou/). Recueil des His- 
toires troyennes, ms., p. 175. 

— Histoire de Jason, ms., p. 175. 
Legrand ( Jacques ). Le Livre des 

bonnes Mœurs, ms., p. i49- 
Légende dorée (la), ms., p. 2i5. 

— de sainte Catherine , ms. 
p. 219. 



Légende de saint Hubert, ms., 
p. 217. 

Leonard de Arctio. Guerre Pu- 
nique, ms., p. 207. 

LiVKSGUE (Jean). Sa traduction 
de la Guerre Punique , ms. , 
p. 228. 

Lnnt(TUc). Histoire, ms., p. 224. 

Livre de Merveilles (le), ms., 
p. 171. 

Livre des bonnes Mœurs , ms. , 
• . P ' ,49 ‘ r 

. Lucam, en françois, ms., p. 201. 






*■ 



35 o TABLE ALPHABÉTIQUE 



Mamerot ( Sebastien ). Orose en 
françois, ni*., p. ?o 4 . 

Mandeviilk { Jean ). Voyage, ms , 

Massion ( Colard ), premier im- 
primeur de Bruges, p. 12, 

— La Pénitence d’Adam, trad., 
ms. , p. q4 

— Dialqguedes Gi-éatures, trad., 
ms., p. it)H 

MAxiMiLiRsTTètes à l’occasion de 
la naissance d’un de ses enfans, 

p. !2_L 

-—Sa paix avec les Etats de Flan- 
dre, p. *j 5 . 

Méditation à midy, ms., p. 109. 

— à nonne, ms., ibid. 

— & primes, ms., ibid. 

— à tierce, ms., ibid. 



Michault. La Danse aux Aveu- 
gles, ms., p. 168. 

Mielot {Jean). Miroir de l'hu- 
maine Salvation , trad , ras., 

p lo 5 * 

Miniatures du livre du tournoi 
de René d’Anjou , p. 5 i 3 . 
Miroir (le) de rhuntaine Salva- 
tion, ms., p. 104 
— historial de Vincent de Beau- 
vais, ms , p. ao 5 . 

Modo* et Ratio, ms., p i 55 . 
Monstre lit ( Enguerrand de ). 

Chronique, ms. , p. 93q. 

Mort et obsèques du Marie de 
Bourgogne, p. 9 ,5. 

Mortagns {Gérard de). Son épi- 
taphe et son tombeau , p. np. 



.Noms des toumoyeurs du côté Noms des tournoyeurs du côté 
de Gruthuyse, p. 27a. de Ghisteües, p 1 78. 

O. 

Obsèques de Gérard de Morts- Oraisons à la Vierge, ms., p. 110. 
gne, ms., p. iq5. Orose. Histoire traduite en fran- 

— de Louis delà Gruthuyse, cois, ms., p. ao 3 . 

p. 33. Otiiea. Foy. Christine de Pisan. 

— de Louis de Male, comte de Ovide. Métamorphoses, p. i 55 . 

Flandre, p. i 5 ’]. Oxford Mc comte d’). Son sup- 

Opuscula varia, ms. , p. a 55 . plice, p. 948 . 

P. 

Paradis (,/c/m), écrivain, p. 909. Pénitence d’Adam (la). Voyez 
Parison (M.). Sa bibliothèque, Mansion, ms., p. q5. 

p. 88. Pirciforkt ( chronique de ). Ms., 

Parole de l’homme à son âme , p. 186. 

ms., p 109. Pxtmki.. Signe la décharge don- 

Piiresc. A l’intention de publier née à Garnier de Saint-V on 
le tournoi de Renc, p , des livres de Charles YJ, p 544 - 






y Google 



DES MATIÈRES. y ' * 35i 

Pbkbus, tics Déduits de la Chasse, Piteuse complainte, ms. , p. ioq. 

ms., ji. Lia* Pskuvost (Hubert le). ‘Légende 

Piiiurri-LB-Bos. Sa mort, p. 7 de saint Hubert, ms.,p. 217e 
l’iéces dé vers et de prose chré- Ptolbmæus ( Claudius). Géogra- 



tienne, ms., p. 160. 



phia , lat, , jns. , p. ? 5 g. 




•r 



Rské d’Asjou. Abrégé des Faits Richasd Coevs-de-Lios. Sa pri- 
de France, p. 5 uu. son, p. 1 47. 

— Son livre des Tournois, ms. , RuTEBsur. La Voie d’Eiifer.ms., 
p, afi 5 . p. ifa. - ' 

Retour (le) du Cœur perdu, ms., — * 

p-iüS. -, J: 

* ; * 

s. ■ ■ 



Salluste, en franç., ms*, p. 23 j_. Sews (H. de). L’Horloge de Sa- 
Salvain (/. dç). Enlève, par ordre pience , itad. en francois, ms., 
du duc de Bedford, les livres p. io 5 - 
de Charles TI, p. 544 - Seyssil (Claude). Antiquités des 

Salve (Hugues de). Traité de Juifs, de Josèphe, ms., p. 1 iX. 
Noblesse de Jacq. de V alère, Smallicang. Description quil 
ms. , p. igo. Pi donne du tournoi de la Gru- 

Secret des Philosophes , ms., thuyse, p. 320 . 

p. * 45 . Soillot (Charles). Débat de Fé- 

Sept (les) Sages de Rome, p. 17 1 licite, ms. , p. 1 

et 170. 1 Suétone, en frauçi mt.,p. ^i> 



T. 



T 10 non ville ( Guillaume de). Dits Trésor de Bhinetto Latini , ms. , 
des Philosophes, ms., p. i 45 . p. 1Q7. 

Traité de Noblesse, ms., p. iqo. Tristan et Yseidt, roman, ms., 
— du Gaige de Bataille , ras. , p. ift 5 . 

P- 322a 




35a I ' TABLE ALPHAB. DES MATIÈRES. 



J 



V. 



Valèik ( Jacques de). Traité de 
Noblesse, ms., p. 190. 
Vaudetai. Sa Bible manuscrite, 

p. 86 . 

Vegéce, en françois, ms., p. i54* 
Yindomk {François de). Banquet 
donné par la' ville cte Bruges, 
p. a6. 

Vertu (la) du Sacrement de Ma- 
riage, ms., p. na. 

Vie et Miracles de Saint-Louis, 
ms., p. 118 . 



Vilmk&s {Jean de). Constitutions 
de Gage de Batailles , ms. , 
p >89 

Vuicint ds Beauvais. Miroir his- 
torial, ms., p. '2 ni). 

Yita Ad», editio vêtus, in-4°, 
p. ioô. 

Yteu du Faisan, p. 4- 
Vœu du Pan, roman, ms., p. 1 56 
et i58. 

*• 

w. 



Wausi» (Jean). Chronique, ms., nnacrit du tournoi de René, 

p. a4<- P. 3aa. 

Wlsoi» ds ta Colombiers. Vrai 

Wlixrs, Description d’un Ma- Théâtre d’Honneur, p. 3a4- 



rts DR I.A TABLR DSS MATISBES. 




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TABLE DES PLANCHES. 






Porte de la tribune Page >3 

Tribune de Gruthuyse .■* ibid. 

Tombeau de Louis de Bruges 38 

Fenêtre en verre peint 72" 

Miniature du manuscrit 94 




Page 9, ligne 12, i 486 ; lisez, l 464 - 
Page 3 g , ligne 2$ ; supprimez, et. 

Page 87, ligne 22, ILLUSTRI ; lisez, ILLUSTR 1 ’. 

Page 142, ligne 19, la première initiale; lisez, la lettre ini— 

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